Le détail qui tue, celui gâche le meilleur accueil

C’est un des côtés néfastes de la pensée humaine. L’autre soir, je dinais au restaurant et mon regard a passé son temps à revenir se poser sur la prise électrique qui était noire de graisse. Ce que j’ai mangé ? Peu importe ! Etait-ce bon ? Aucune importance ! Parce que la seule chose dont je suis sûre, c’est que je n’y retournerai pas.

Le détail tue, alors quand vous allez aménager votre maison, n’oubliez aucun détail. Est-il indispensable d’avoir la dernière baignoire balnéo, si on se souvient des fenêtres qui laissent passer l’air ? Et de manger dans de l’argenterie si on a un matelas défoncé ? Et si les joints de la salle de bains sont noirs ou la bouche de ventilation pas nettoyée depuis quelque temps ? D’accord, je force le trait parce que ce genre de situation est plutôt rare en chambres d’hôtes ou meublé de tourisme.

L’attention au détail, c’est indispensable mais pas si facile car on a tous nos habitudes et je serai bien prête à prendre un pari avec vous, que chaque maître ou maîtresse de maison, aussi bon soit-il a un petit point faible et oublie quelque chose en faisant le ménage. Pourquoi ? Parce qu’il ne le voit pas, leur attention porte sur d’autres éléments plus importants pour eux. Or la propreté doit être irréprochable.
Alors comment faire ? Croiser les regards car plusieurs paires d’yeux valent mieux qu’une, faire une liste des points à vérifier régulièrement, pas ceux du ménage de tous les jours, occuper les chambres d’hôtes de temps en temps pour voir avec les yeux de vos hôtes.

Discrimination, refus de clientèle, après tout je suis chez moi !

Michael commente un de mes billets précédents et me suggère un sujet. Je cite “D’accord pour la protection du consommateur, d’accord pour le libre choix, mais qui protège l’entrepreneur ou le propriétaire ? A lire toutes les “lois”, on est pratiquement obligé d’accepter tous les clients et tous leurs caprices. Pourquoi pas un article (et des commentaires) sur comment éviter une mauvaise clientèle/des problèmes?”

Bon d’accord, le titre que j’ai choisi ce matin est provocateur et injuste, parce quand on choisit d’ouvrir des chambres d’hôtes, c’est avant tout pour le contact avec l’autre. Quand on est introverti et misanthrope, on a quand même plus intérêt à s’orienter vers un autre choix de vie.

La discrimination en chambres d’hôtes peut consister par exemple à refuser des couples homosexuels, à vouloir leur imposer une chambre à deux lits et non pas la suite nuptiale si tel est leur choix, à refuser les enfants…  La loi est là pour rappeler la règle, pas de discrimination, quelles qu’elles soient, et c’est passible de poursuites et il y a des poursuites. Je vous rappelle que l’année dernière, une propriétaire de gite en a fait l’amère expérience. Pour avoir posé comme condition, que des femmes de confession musulmane retirent leur voile dans les parties communes de la maison, elle a été condamnée en première instance, jugement confirmé en appel.

Et donc, non vous ne pouvez pas refuser quelqu’un pour qui il est.

Mais vous restez quand même chez vous. Vous n’avez pas à subir les caprices de vos hôtes. C’est à vous de mettre des règles et de les indiquer clairement. Vous pouvez refuser, non les fumeurs, mais qu’on fume chez vous, déterminer avec souplesse ou non des horaires d’arrivée et de départ, interdire ou non l’accès à des parties privées chez vous… La phrase que vous rencontrerez sur des sites internet dans le monde anglo-saxon “no pets, no kids” est à moitié illégale, les pets ou animaux de compagnie, vous pouvez les refuser, les kids (enfants) non, c’est un refus de clientèle.

La règle – je parlerai même de contrat même s’il n’est pas finalisé par une signature sur papier – doit être claire pour tout le monde. Il ne faut pas découvrir quand on a réservé et qu’on arrive chez vous, souvent après plusieurs heures de voiture, que Rufus le yorkshire est refusé et qu’il faut en urgence trouver un autre hébergement.
C’est pour cela que les mentions figurant sur les guides ou sites internet sont très importantes.

Les propriétaires de chambres d’hôtes ou meublés de tourisme préfèrent dans leur grande majorité avoir un contact téléphonique avec leurs futurs hôtes. Ils peuvent ainsi discuter, orienter, guider. Ils sont alors à même de proposer un autre hébergement, une autre solution. Trouver une bonne adresse chez une de leurs amies pour une famille qui sera heureuse de trouver une maison bien adaptée pour les enfants ou pour un couple peu mobile qui serait malheureux dans la chambre qui reste libre au second étage. Mais dans un parcours de plus en plus digital, ce contact existe de moins en moins et c’est le site internet qui doit donner toutes ces informations.

Et les hôtes dans tout cela, et bien ils ont aussi des devoirs et ils ont le choix. Quand ils savent à quoi s’attendre, ils peuvent décider ou non de venir chez vous. Parmi tous les propriétaires que j’ai rencontré, tout se passe bien, surtout quand ils sont fermes et paradoxalement pas trop gentils, parce que souvent quand on vous demande un doigt c’est pour vous prendre le bras.
Le secret, c’est vous, qui vous êtes et votre capacité à “marquer votre territoire” avec douceur et fermeté. Et  l’expérience fera le reste, quelques mois après l’ouverture de vos chambres d’hôtes, vous aurez trouvé vos marques.

Mon projet de chambre d’hôtes n’est pas viable

Une créatrice de chambres d’hôtes m’a contactée. Rien à faire. Personne ne veut l’aider dans son projet en Normandie, les banquiers et les réseaux d’aide lui disent qu’il n’est pas viable et lui refusent le crédit. Elle a peu d’apport et les maisons qu’elle voudrait acheter sont trop chères.

Dans ce cas, pas de solution, il va falloir faire des concessions ou penser son projet autrement.
Différer son projet, en ce moment, les banques ne sont pas prêteuses, c’est le moins qu’on puisse en dire.
Peut-être s’éloigner du littoral pour avoir accès à un immobilier moins cher, attention toutefois à l’emplacement, tous les territoires ne sont pas touristiques et s’il ne passe personne parce qu’il n’y a pas de tourisme de loisir, de tourisme d’affaire ou de tourisme de passage, cela va être assez difficile de remplir ses chambres d’hôtes, et dans le cas de cette créatrice, c’est important pour rembourser la banque.
Imaginer une maison de plus grande capacité pour qu’elle puisse en vivre et rembourser les échéances, quitte à opter pour un autre statut, peut-être un gîte de groupe. C’est vrai qu’une maison d’hôtes, c’est limité à cinq chambres.
Prévoir une activité à côté, des gîtes à louer, un petit commerce, un salon de thé ou si on a une compétence, l’organisation de stages qui aideront en plus à remplir la maison.
Attention, toutefois à prendre en compte les réglementations propres à chaque activité et à se former, cela peut avoir des conséquences importantes, notamment en matière de travaux pour les ERP, établissements recevant du public.

Tous les projets ne peuvent pas voir le jour et aussi décevant que ce puisse être à titre personnel, cela vaut mieux que de se rendre compte que cela ne peut pas fonctionner une fois qu’on s’est endetté jusqu’au cou. Mais on peut parfois aussi rendre viable un projet en le pensant autrement. Et notamment en travaillant la rentabilité de son projet, cela passe par un business plan qui permet sans baisser la qualité de retouver une marge. Dans tous les cas, gardez de la trésorerie.

Menace sur le régime micro bic des chambres d’hôtes et des meublés

Fiscalité  et fumeurs, titre sibyllin. Mais c’est un bon raccourci pour décrire les séances quelque peu ubuesques de nos parlementaires concernant la fiscalité 2009 des meublés de tourisme et chambres d’hôtes.
Pour ceux sui ne connaissent pas le régime micro bic ou micro fiscal, lisez cet excellent ouvrage toujours remis à jour qui vous expliquera toutes les possibilités liées à la chambres d’hôtes Chambres d’hôtes, Panorama des solutions juridiques et fiscales.

Je la fais court, nous somme début 2009 (nb, pour tous les puristes de la fiscalité, je reconnais que c’est un résumé lapidaire !).
D’abord, en septembre 2008, on découvre à la surprise générale, que la loi de finances au sujet de la niche fiscale des meublés, par le simple ajout de la mention “à l’exclusion de la location meublée” fait basculer tout le modèle d’imposition.
En gros, cela propose de faire passer les loueurs, nombreux, qui ont optés pour le régime du micro bic, gîtes et chambres d’hôtes en prestations de services et non plus en vente de marchandise donc avec un régime fiscal micro-fiscal limité à 32 000 € au lieu de 80 000 € et une imposition qui passait de 29 à 50 % (abattement de 71 % ou 50 %).

Emoi dans le Landernau. Les députés déposent des amendements et Madame Lagarde affirme que les meublés et chambres d’hôtes ne sont pas concernés par cette réforme !
Les députés, apparemment pas très convaincus (ça ce n’est pas bien de ne pas croire une Ministre !), reviennent à la charge. Et Eric Woerth leur concède un amendement qui retire meublés de tourisme et chambres d’hôtes de cette révision fiscale.
Ouf, ils sont sauvés pour cette année. Heureusement ceci dit, car les conséquences auraient été catastrophiques, entre fermetures et retour au noir de nombreuses structures.

Et les fumeurs dans tout cela ? et bien comme chaque fois que le Parlement retire un revenu fiscal, il faut le compenser par un autre revenu, ils l’ont donc imputé à une recette sur les cigarettes, enfin ça ou autre chose ! Ne me demandez surtout pas le rapport.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, cette année encore du moins car il faudra rester vigilant, et suivre l’actualité fiscale dans Accueillir Magazine.

Auto-entrepreneur et chambres d’hôtes, leur laisser le temps

Le nouveau statut d’auto-entrepreneur vient de voir le jour. Les propriétaires de chambres d’hôtes sont très sollicités pour l’adopter, notamment par Hervé Novelli, ministre en charge du tourisme.

Certains devront adopter un statut, auto-entrepreneur, inscription au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) ou en créant une société. D’autres resteront simples particuliers, c’est au cas par cas qu’il faut évaluer sa situation.
Et c’est bien là le problème ! Les règles ne sont pas si simples, bien s’informer et comprendre prend du temps, demande de la réflexion. Alors une loi qui ne laisse que trois mois (d’ici fin mars 2009) pour prendre une décision qui a des conséquences très importantes, ce n’est pas raisonnable. On parle ici d’une décision qui impacte juridique, social, fiscal, en vrac, la retraite, la situation du conjoint, la pérennité de l’activité, la fiscalité, la revente de l’immobilier avec le problème des plus-values, etc.

Nul n’est censé ignorer la loi, mais trop de loi tue la loi, trop de précipitation sème la confusion. Espérons qu’un délai supplémentaire soit finalement accordé pour que tout un chacun assume ses responsabilités dans la sérénité. Sinon, gageons que l’abstention l’emportera et que ce nouveau statut ne connaîtra pas dès cette année, le succès qu’en attend le ministre !

Pour ceux qui se posent des questions légitimes,  un cahier pratique Chambres d’hôtes, Panorama des solutions juridiques et fiscales qui détaille toutes les options ouvertes, fonction de la situation et des objectifs de chacun pour connaître et profiter au mieux des nouvelles mesures, faire le bon choix juridique et fiscal et un outil en ligne sur le site d’Accueillir Magazine, auto-entrepreneur et micro social pour RCS, simulations.

On n’est pas dans la petite maison dans la prairie

Cette nouvelle année 2009 démarre. Avec elle, des projets voient le jour. On a un peu tendance, même si on s’en défend parfois, à prendre de bonnes résolutions. Et parmi elles, pourra se glisser celle d’ouvrir des chambres d’hôtes. Loin de moi l’envie de vous en dissuader. Ou plutôt si !
Si vous pensez que vous partez vers un monde merveilleux, digne de la Petite maison dans la Prairie, un monde sans nuage où plein de gentils copains, tout sourire, vous aideront autour d’une table bien garnie, arrêtez tout de suite.
Ouvrir des chambres d’hôtes, ce n’est pas tout rose, comme dans toute activité humaine. Il y aura beaucoup de ménage, de cuisine, de levers matinaux, de couchers tardifs. Et des moments d’angoisse, surtout au début, à attendre le téléphone sonner pour prendre des réservations. Il y aura aussi des hôtes grincheux, peu mais cela arrive, des couples qui se disputeront, des enfants mal élevés.

Il y aura et heureusement beaucoup plus de moments de bonheur, de passion, des rencontres, des tables d’hôtes fabuleuses..

Le problème, c’est que j’ai encore au téléphone de doux rêveurs, optimistes – c’est une vertu certes – mais qui sous-estiment le travail et la difficulté parfois de remplir ses chambres surtout quand on a un crédit à la banque, qui pensent qu’acheter une belle maison suffit. Et je sais trop bien ce que cela donne, comme dans toute activité, une grosse déception et des créateurs qui s’arrêtent au bout de deux ou trois saisons.

Alors si j’ai un voeu pour vous créateurs de chambres d’hôtes, pour bien réussir votre projet, soyez réaliste, renseignez-vous, formez-vous, allez en chambres d’hôtes discuter avec les propriétaires, examinez les côtés positifs mais aussi regardez lucidement les aspects moins sympathiques, soyez réalistes et vous mettrez toutes les chances de votre côté.

Déclaration des chambres d’hôtes à la mairie

Un créateur m’a posé la question, je reviens donc sur la déclaration à faire en mairie quand on ouvre ses chambres d’hôtes, parce qu’il y a parfois confusion avec linscription au RCS, statut que peuvent choisir des propriétaires de chambres d’hôtes.

La déclaration en mairie est une obligation légale

La déclaration en mairie de ses chambres d’hôtes se fait avec un formulaire CERFA, formulaire administratif réglementé et gratuit. Je le précise car j’ai trouvé des sites internet qui le vendaient !!! Il est disponible sur le site du Ministère du Tourisme, vous en trouverez le lien direct sur le site d’Accueillir Magazine, rubrique CERFA. Certaines communes ont dématérialisé cette formalité.

C’est une obligation écrite dans la Loi 2006-437 du 14 avril 2006 et son Décret 2007-1173 du 3 août 2007, qui est faite aux propriétaires de chambres d’hôtes de déclarer qui s’occupe des chambres, combien de chambres sont ouvertes et la période d’ouverture. Celle-ci n’est pas neutre selon la façon dont la taxe de séjour est calculée.

La déclaration en mairie doit être modifiée si un élément listé ci-dessus change, par exemple le nombre de chambres d’hôtes et quand la maison ferme.

L’absence de déclaration est une contravention de troisième classe avec amende pouvant atteindre 450 euros.

Il était initialement prévu une remontée des déclarations faits en mairie sur les préfectures pour avoir des statistiques sur le secteur des chambres d’hôtes. Le Ministre en charge du Tourisme en 2008, Hervé Novelli, qui a mis en place cette déclaration, rappelait souvent cette obligation. Cette remontée de statistiques n’a jamais été faite mais l’obligation légale demeure.

Ce n’est pas le choix d’un statut juridique

Cette obligation de déclaration en mairie, est indépendante d’un choix de statut juridique ou fiscal, création de société, inscription au RCS, autoentrepreneur ou simple particulier. Elle s’adresse à tous, quel que soit le régime juridique choisi.

Petite remarque qui s’adresse à tous, propriétaires installés et porteurs de projet, pourquoi ne pas faire de cette déclaration en mairie un atout commercial pour rassurer ses hôtes en indiquant dans ses futurs documents et annonces “chambre d’hôtes déclarée en mairie”.

Cet article a été publié initialement le 8 décembre 2008 et mis à jour le 29 août 2023

Le site internet des gîtes et chambres d’hôtes, c’est aussi son référencement

Les créateurs que je rencontre sont très conscients de l’importance d’internet mais pas assez de la nécessité d’avoir un site internet pour présenter leurs chambres d’hôtes et/ ou gîtes.

Avoir un site, ce n’est pas négociable

Même tout simple, mais on ne peut pas lancer une activité économique, son emploi, ses investissements en dépendant d’acters extérieurs. Nombre de loueurs ont eu brutalement leur page suspendue brutalement par un OTA (online travel agency ou centrale de réservation) sans plus aucune réservation, le temps de se justifier et ceci sur la simple plainte d’un client qui n’a pas toujours raison.

Si vous faites le choix d’adhérer à un label, votre site sera présenté sur les différents supports de communication du label.
Vous pouvez aussi prendre des inscriptions payantes à des annuaires spécialisés qui présenteront votre maison parmi d’autres.
La grande majorité des loueurs s’inscrivent sur des centrales de réservation qui leur procurent des clients moyenant commissions et souvent leurs conditions d’annulation.

Mais tout ceci, ce sont des acteurs extérieurs, comment va-t-on vous trouver en direct ?

Un site internet se référence

Quand et comment votre site internet va-t-il être trouvé en direct sur Google. Ce que vous sous-estimez encore plus, c’est la problématique du référencement de votre site, autrement dit comment votre site va être trouvé en direct par les internautes.autres moteurs de recherche ? Et bien pour cela cela prend du temps et demande du travail, il faut penser son site à la fois pour la personne devant son écran qui va le consulter et pour donner de la matière au moteur de recherche en lui donnant un maximum de mots clés, en lui décrivant les images, les liens hypertextes, en rédigeant correctement ses textes avec des règles spécifiques, on appelle cela aussi écrire pour le web…

C’est toute une encyclopédie que l’on peut écrire sur le sujet. Ce dont je suis sûre, c’est que malheureusement la plupart des prestataires qui vous vendent un site clé en main, ficèlent un joli site, agréable à consulter mais inefficace pour les moteurs de recherche et le référencement naturel. Et souvent aussi pour les touristes car ils ne trouvent pas rapidement les informatons qu’ils cherchent.

Alors, avant de signer un contrat pour faire réaliser votre site, essayez d’en comprendre les enjeux et posez-vous les bonnes questions, cela ne vous coûtera pas plus cher au final. Nous organisons des stages d’une journée pour avoir la méthodologie pour créer ou mettre à jour un site internet bien adaptés pour les clients et visibles sur lne net.

Interdiction d’ouverture de chambres d’hôtes par la mairie

Hier lors d’un de nos stages de formation 2 jours pour créer gîtes, meublés de tourisme et chambres d’hôtes, une créatrice de chambres d’hôtes nous fait part d’un village des Vosges où le maire aurait pris un arrêté d’interdiction d’ouverture de chambres d’hôtes. Je ne suis pas allée lire cet arrêté donc je ne peux pas le commenter, mais c’est l’occasion de rappeler quelques fondamentaux.

Un maire ne peut bien évidemment interdire l’ouverture de chambres d’hôtes sur sa commune, ce serait discriminatoire. De même, la déclaration en mairie est une déclaration, pas une autorisation ou une interdiction.
S’il ne peut interdire les chambres d’hôtes, le maire peut interdire ou limiter les extensions touristiques, et là cela concerne tous les projets de création d’hébergements, pas seulement les chambres d’hôtes. C’est en général lié à des problématiques qu’il rencontre comme l’assainissement des eaux usées, les ressources en eau de la commune… Cet arrêté doit être voté par la commune et a durée d’application.

En revanche, le maire peut s’opposer à une demande d’autorisation de travaux ou à un permis de construire, bien sûr avec motifs justifiés par le PLU (plan local d’urbanisme) et autres règlements liés au Parcs naturels, zone Natura 2000, ou monuments historiques, villages classés… C’est pour cette raison que nous insistons beaucoup sur la nécessité de lire le PLU ou document équivalent avant d’acheter sa propriété car c’est la seule façon de savoir si le projet sera possible quand il comprend des travaux liés à déclaration de travaux ou permis de construire.

Quant aux gîtes ou meublés de tourisme, improprement appelés Airbnb, ils font désormais l’objet de réglementations locales dans les zones tendues. Aux problèmes d’urbanisme, se rajoutent donc la nécessité de vérifier que le projet pourra avoir lieu.

Avant d’acheter une maison pour créer des chambres d’hôtes ou gîtes, ou de vouloir en ouvrir dans sa propre maison, il faut tout vérifier et au moins se renseigner auprès de la mairie, cela vous permettra en plus de voir si votre projet est bien accepté. Cela permet aussi de connaître les grands projets de la commune et ceux-ci peuvent avoir une influence forte, imaginez une dérivation de la route principale pour passer devant chez vous, fini le calme et la grasse matinée et les réservations de clients avec ! Le maire sera sûrement de bon conseil pour vous guider.

S’installer dans une nouvelle région et y créer des chambres d’hôtes ou gîtes

Il y a de nombreux débats sur les personnes qui viennent s’installer dans une région et y ouvrent des chambres d’hôtes ou des meublés de tourisme. D’aucuns contestent leur légitimité.

Personnellement, je suis, quelque soit le sujet, pour une totale liberté d’agir – dans le respect de l’autre bien sûr ! Je ne vois pas de quel droit on interdirait à un créateur d’aller exercer l’activité de son choix, là où il en a envie. Je suis d’autant plus attachée à ce principe, qu’il représente tout simplement l’un des nombreux petits aspects de ce régime auquel je tiens qui s’appelle la démocratie.

Devenir l’ambassadeur de sa région

Mais, je rejoins et je comprends aussi ceux qui critiquent les nouveaux arrivants, enfin tant que ceux-ci ne s’impliquent pas à fond. Ouvrir une chambre d’hôtes ou propiser des gîtes à des touristes, c’est devenir l’ambassadeur de sa région. Quel intérêt d’y descendre si ce n’est pour papoter avec le propriétaire, déguster les spécialités régionales, découvrir les bonnes petites adresses, connaître les raccourcis… ?
Des amis sont allés dernièrement en chambres d’hôtes du côté de Pau, chez des Anglais, très sympathiques, mais qui ne parlaient pas français et ne connaissaient pas la Région !
C’est un exemple un peu extrême, mais pas si rare. Cependant ce n’est pas le fait que des nouveaux installés. Certains habitants de longue date n’ont pas joué aux touristes depuis longtemps, ne sont pas allés revoir le château, faire la balade en barque sur le marais, ou (re)visité les attractions locales.

Alors, si vous créateur, partez sous d’autres cieux vivre votre rêve, incluez dans la préparation de votre projet de vous intégrer à votre nouvelle région ! Devenez touriste, rencontrez les “locaux”, lisez des guides, découvrez l’art, la culture, la littérature, l’histoire spécifique, la géographie… Bref devenez un vrai local et votre projet trouvera toute sa légitimité !