Fermetures de chambres d’hôtes, une statistique qu’on ne voit jamais dans les media

Depuis 2007, les chambres d’hôtes doivent se déclarer en mairie. Dans le processus prévu, les préfectures devraient nous sortir un jour le nombre de maisons d’hôtes déclarées en France. Ce n’est pas encore le cas et si ça l’était à l’instant présent, je doute que le chiffre soit fiable. A mon avis, pas mal de maisons d’hôtes ont ignoré cette formalité, à l’ouverture comme à la fermeture. Soit parce qu’elles n’en ont pas entendu parler, soit parce qu’elles l’ont confondue avec l’inscription au RCS (registre du commerce et des sociétés), soit parce qu’elles ont un fonctionnement limite, il y a dans ce secteur des personnes qui s’appellent chambres d’hôtes et qui ne peuvent pas revendiquer cette appellation. Mais ce sera l’objet d’un autre billet, mon propos initial était les statistiques de fermeture de chambres d’hôtes !

Dans mon billet Quelques chiffres sur le secteur des chambres d’hôtes qui date de novembre 2008 – donc qui est toujours d’actualité -, nous évaluons le nombre de maisons d’hôtes à 24 000. Je parle bien de maisons et pas de chambres, le nombre de chambres d’hôtes serait de  trois par maison.

Dans le même temps, les media et labels nous annoncent 1000 à 1500 ouvertures de maisons d’hôtes par an. Une énorme progression donc chaque année !

Et bien non, depuis 2004, le chiffre de maisons d’hôtes sur la France reste à peu près stable. Pourquoi, car on omet de dire qu’il y a des fermetures. Il y a des propriétaires qui souhaitent prendre leur retraite, d’autres qui s’arrêtent pour problème de santé, pour déménagement, mutation du conjoint, pour toutes les raisons que la vie peut apporter. Et puis, point sur lequel je veux insister, il y a ceux qui s’arrêtent dans les trois ans après l’ouverture parce qu’ils ne sont pas heureux dans leur vie, parce qu’ils ont sous-estimé le travail, parce qu’ils n’ont pas le retour économique escompté…

Rien de catastrophique, sauf bien sûr, quand on est l’un d’entre eux. Rien que de très normal, dans tous les secteurs économiques, on voit des entreprises qui s’ouvrent et se ferment, je suis sûre que vous avez tous en tête un restaurant ou un commerce à côté de chez vous qui a ouvert et fermé en seulement quelques mois.

Tous les projets ne sont pas viables, pas bien pensés, aucun business plan ne peut garantir la réussite, la vie réserve des surprises. Mais plus votre projet sera préparé, plus il a de chances de réussir. Et c’est la même chose pour un projet de création de chambres d’hôtes, pas seulement d’ailleurs quand il y a une attente économique.

Acceptez dans votre préparation de penser aussi aux aspects qui ne vous amuseront pas. Ce pourra être le manque de temps personnel, le ménage, le côté répétitif de l’emploi du temps, les aspects comptables… Cela dépend de vous et de vos goûts, mais il y en aura et vous devrez les accomplir jour après jour. Cela vous évitera peut-être de m’appeler comme cette dame, il y a quelques mois, qui voulait mettre sa maison d’hôtes en vente au bout de six mois d’activité seulement et qui m’a dit, “vous comprenez, il faut tout le temps faire le ménage”.

Publié par

Caroline Kyberd - Accueillir Magazine

Rédactrice en chef d'Accueillir Magazine, la presse des chambres d'hôtes et meublés de tourisme, j'anime aussi les formations pour ouvrir maisons d'hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme. Retrouvez-moi sur https://www.accueillir-magazine.com

Une réflexion sur « Fermetures de chambres d’hôtes, une statistique qu’on ne voit jamais dans les media »

  1. Une nouvelle fois votre analyse est juste en ce qui concerne les côtés difficiles de l’activité “chambres d’hôtes”. Ouvrir des chambres d’hôtes c’est devenir une “super ménagère”, la “Reine de l’aspirateur, du fer à repasser, des courses, de l’organisation de tout, tout, tout à l’avance etc…”. Je suis prête pour le concours. Pensez-y Caroline, après le concours de tables de petit-déjeuner !!! En résumé, en saison, il n’y a plus de place pour la vie privée, la vie sociale, les loisirs. Hors saison, c’est la déprime qui peut tomber sur ceux qui se sont installés dans des régions trop isolées. Personnellement, je n’ai que 6 week-end par an libres : 3 en décembre avant Noel et 3 en janvier ! Il faut que le conjoint et les enfants – pour ceux qui en ont encore à la maison – tiennent le coup. Mon mari, qui est un ancien chef d’entreprise à la retraite et une force de la nature, est “obligé” de m’aideren saison et m’a quand même dit cet été : c’est “crevant” d’avoir des chambres d’hôtes. De la part d’un homme hyperactif j’ai trouvé cela révélateur.
    La fatigue se soigne par un bon sommeil mais, comme vous le disiez, la routine est plus dure à supporter. Tous les jours les mêmes gestes avec la même précision pour obtenir la même “perfection” que la veille.
    Ce qui fait tenir le coup est le plaisir d’être “à son compte”, de travailler pour soi, de ne plus être un maillon d’une chaine (je suis une ex-salariée), de dépendre de soi, d’être responsable de tout du début à la fin.
    Malgré la fatique et la routine, je ne changerai pour rien au monde d’activité.

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