Quitter la ville

L’épidémie semble pousser des citadins à vouloir quitter les appartements des grandes métropoles. Les agents immobiliers vont état de demandes en hausse en faveur de villes plus petites, de zones rurales ou du littoral depuis la fin du confinement, avec comme critères de recherche de l’espace, un jardin et une bonne connexion internet.

Le télétravail n’explique pas tout

Cette demande n’est pas uniquement liée au développement du télétravail. Elle révèle des maux plus profonds : coût du logement dans les grandes villes, pollution, difficultés de transport, stress… L’épidémie a eu pour effet de pousser tout un chacun à réfléchir à ses priorités. La recherche d’un meilleur cadre de vie est devenu un objectif pour certaines familles. Même si le phénomène n’est pas massif, l’épidémie l’a probablement accentué. Pour la première fois dans certaines enquêtes le salaire n’est plus en tête de liste des attentes pour chercher un emploi, la qualité de vie prime.

Une nouvelle vision du travail

Le rapport au travail poursuit sa mue également. Pour de multiples raisons, certains salariés veulent réduire leur temps de travail en entreprise ou se mettre à leur compte et mener à bien des projets personnels qui leur tiennent à cœur. Ils se disent que, dans cette grande maison à l’écart de la ville, ils pourront se lancer dans la permaculture, l’apiculture, l’artisanat ou l’accueil touristique, voire dans les quatre activités en parallèle. Gîtes, chambres d’hôtes ou hébergements insolites peuvent y trouver leur place.

La viabilité du projet

La transition vers cette nouvelle vie peut être difficile. La précipitation n’est pas bonne conseillère. Il faut se préparer sérieusement à ce changement de vie pour mettre toutes les chances de son côté quitte à différer la date de départ. Et se rappeler que plus que quitter la ville, il faut partir pour un projet de vie, la première formulation est un refus et on ne crée pas sur un refus, on crée sur des attentes, un projet, des envies, des passions…

Créer un hébergement touristique en crise Covid

Les créations d’entreprises sont moins nombreuses en période de crise. Les incertitudes ont tendance à démotiver les porteurs de projet qui pensent que ce n’est pas le bon moment pour se lancer. Et pourtant, les statistiques montrent que les créations en période de crise donnent naissance à des entreprises plus solides que les autres, ce qui peut surprendre.

Des entreprises plus solides que les autres

En période de crise, le créateur est plus combatif. Il va prendre plus de temps pour préparer son projet, chercher à mieux répondre aux attentes des clients et se différentier. En s’interrogeant sur la pertinence de créer en période de crise, il va être plus inventif, plus fouiller son business plan, plus réfléchir, il va avoir des difficultés supplémentaires pour convaincre ses interlocuteurs banquiers et autres.

Moins facile, plus sûr

Quand on crée en période faste, on se contente souvent de se calquer sur ce qui existe et de le reproduire. En période de crise, un créateur n’a pas d’autre choix que d’être plus attractif que les autres. Trop dangereux pour lui d’attendre le client venir tout seul. Les crises passées ont ainsi favorisé des innovations et permis la démocratisation de nouveaux produits. Il y a fort à parier que la période actuelle va accélérer des évolutions déjà à l’oeuvre voire faire émerger de nouvelles pratiques. Le tourisme ne sera pas à l’écart de ces phénomènes.

Le créateur de chambres d’hôtes ou de gîtes a tout intérêt à innover.

Il y a quelques jours, je répondais à une créatrice qui est en train de préparer l’ouverture de son gîte que les attentes des vacanciers allaient probablement évoluer du fait de la crise sanitaire mais, qu’en réalité, les attentes évoluent fortement depuis des années dans de nombreux domaines.

La gestion d’un gîte ou de chambres d’hôtes n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 10 ans.

La réservation se passe en ligne, la décoration joue un rôle majeur, les habitudes alimentaires évoluent, les pratiques sportives également… Il faut abandonner certaines pratiques et en adopter de nouvelles, en un mot innover.

Trois familles d’innovation à suivre

Pour alimenter cette réflexion, je vois trois grandes familles d’innovations possibles pour les années à venir.
La première est liée à l’utilisation des nouvelles technologies qui modifient les comportements avant mais aussi en cours ou après le séjour. La digitalisation ne fait que commencer.
La deuxième consiste à s’intéresser à certaines demandes négligées en offrant des prestations d’hébergement ou des activités personnalisées.
La troisième propose des expériences touristiques plus intenses par exemple autour de thématiques comme la culture, le sport, le bien-être, la gastronomie, l’oenotourisme…

Pourquoi ne pas profiter de cette période particulière pour revisiter son projet de création en faisant preuve d’imagination. Pensez, rêvez, inventez, cela sera réalisable ou pas, rentable ou pas. Certes, il faudra trier, hiérarchiser, renoncer à certains aspects mais pas d’interdit au départ d’un projet, le business plan est là pour rendre le projet réel et faisable.

Chambres d’hôtes et nouveau modèle de vie

Retrouver du sens, vivre selon ses valeurs, proposer à sa famille un autre mode de vie, ce sont des demandes fortes en cette époque où l’humain est fortement malmené.

Certains se tournent vers l’activité d’accueil et les chambres d’hôtes et meublés de tourisme comme choix de vie. Cela englobe plusieurs notions différentes mais conciliables et c’est bien la magie de la chambre d’hôtes et du gîte de se moduler à volonté.

Le loueur peut faire des choix forts et vivre dans le respect et la bienveillance.

Respect de l’environnement, circuits courts, permaculture, bien-être, accueil, retrouver du sens, sont des mots et expressions que nous entendons de plus en plus dans nos stages de formation, où nous voyons aussi de plus en plus de jeunes couples qui veulent autre chose pour leurs enfants et eux-mêmes.

Il y a le double effet
– de quitter une vie qui ne donne plus satisfaction, où on ne trouve pas de sens tant certaines entreprises ont déconnecté le travail de l’humain et ont perdu ce qui fait l’essence de se lever avec plaisir pour aller faire quelque chose,
– pour partir vers une vie qui permet de vivre en cohérence avec ses valeurs et surtout je crois, je redevenir quelqu’un et pas un identifiant.

Etes-vous prêt à quitter votre vie pour créer chambres d’hôtes ou gîtes ?

Vous êtes peut-être en ce moment en train de lire ce billet. Vous êtes un citadin qui rêve de quitter la ville pour s’installer à la campagne. De très nombreux Français l’envisageraient, dont beaucoup de Franciliens et un tiers d’entre eux aurait même un projet précis, pas que dans les chambres d’hôtes et gîtes, je le précise.

La vie est un chemin et il y a des étapes nécessaires, et celle du deuil en font partie, il faut donc envisager le projet avec recul, il faut parfois quelques mois de plus pour apaiser une souffrance et conforter un projet de vie.
Un projet de vie ne se définit pas par défaut de ne plus en vouloir un autre, mais par envie.

Choix de mots, choix de vie

Déformation professionnelle, je suis très sensible au choix des mots et à leur connotation positive ou négative. C’est frappant quand nous discutons avec des créateurs lors de nos stages de formations. “Quitter la ville”, ce n’est pas “partir vers un projet”.
La différence est fondamentale de mon point de vue. Avec les premiers mots, on veut fuir un environnement agressif, déshumanisé ! On fuit mais on ne se projette pas encore ailleurs , on est peut-être encore dans un sentiment de gâchis et d’échec, le sentiment de n’avoir pas réussi à contrôler l’incontrôlable, ce que j’appelle le processus de deuil d’une vie passée. Les premiers parlent d’une vie qu’ils ne supportent plus.
Dans le second cas, “partir’, c’est bien le projet qui est décrit, c’est une action positive, volontaire, on va quelque part.

Aucun jugement de valeur, il y a simplement parfois le besoin de laisser le temps au temps, cela n’empêche pas de commencer à se renseigner, à se projeter. Il y a un jour où ce sera le bon moment et la réussite sera plus facile.

Un projet de vie se prépare

Certains l’ont prévu dès la retraite et achètent une résidence secondaire dans cet objectif, mais des actifs veulent aussi partir et font acte de candidature pour des postes en province ou demandent une mutation, d’autres s’intéressent aux entreprises à reprendre ou à créer…

Qu’il s’agisse d’ouvrir une maison d’hôtes, des meublés de tourisme ou toute autre activité, il me paraît utile d’insister sur la préparation nécessaire à ce changement de vie surtout sur un plan personnel.

La famille part avec, cela s’anticipe

Changer de région, quitter la ville pour la campagne, cela engage les proches, ceux qui viendront avec vous mais aussi ceux qui vont s’éloigner en raison des distances, les amis, les grands-parents par exemple et en cas de familles recomposées, cela complique les retrouvailles. Les enfants quitteront leurs amis de classe, auront du trajet pour aller à l’école, devront peut-être aller en internat pour poursuivre leurs études par la suite… Quant aux amis et à la famille restés là-bas, il sera plus difficile de les voir et les moments partagés seront moins nombreux.

Et ce changement de vie sera aussi marqué si vous ouvrez des chambres d’hôtes ou des gîtes. Vous travaillerez beaucoup pendant les vacances et les week-ends, souvent lorsque vos enfants et vos proches ont du temps de libre. Et s’ils viennent vous voir en vacances, ce sera votre pleine saison touristique et vous aurez peu de temps à leur consacrer.

Se créer un nouveau réseau relationnel

“Ailleurs” a aussi ses contraintes, le métro à 6 heures du soir ce n’est pas marrant mais la campagne en plein hiver a aussi ses contraintes, un pays souriant vu à travers le prisme du verre de rosé de l’apéritif pendant ses vacances n’a pas la même facilité de vie quand on y vit.

Une fois sur place, il sera utile de tisser de nouveaux liens. Il faudra apprendre à connaître ses nouveaux voisins et les gens des environs, pas toujours simple. Ne nous voilons pas la face, s’intégrer demande parfois du temps, de l’humilité, des efforts. C’est plus facile quand on a des enfants car eux vous intégreront aux réseaux “parents d’élève”, on peut aussi s’inscrire dans les associations, il y a en fait plein de possibilités, mais ce sera à vous de faire les premiers pas.

Bref, sur le plan personnel, c’est une rupture marquée pour vous et vos proches. Ne sous-estimez pas cela, car en partant pour ouvrir des chambres d’hôtes, on s’engage, avec ses proches, pour un morceau de vie.

Projet de vie et valeurs au pluriel !

Quand on ouvre des chambres d’hôtes, ce n’est pas pour faire fortune. Pour la grande majorité des propriétaires, c’est un investissement patrimonial qui permet de compléter les revenus, de garder et d’entretenir une belle maison. On peut fermer tout ou partie de l’année; adapter le rythme à ses besoins de vie et financiers.
Pour ceux qui vivent des revenus de l’activité, c’est du travail, pour que tout soit beau. Un peu le phénomène iceberg, beaucoup de travail invisible pour que les clients arrivent dans une maison aménagée pour leur confort et passent un moment de vie. Je parle ici en termes purement financiers bien sûr, pas de décompte horaire ni de pointeuse pour calculer le temps passé. On se lance dans cette aventure pour le contact humain, l’accueil, la passion, l’épanouissement personnel et ce sont des valeurs immatérielles.

Les personnes qui ouvrent des chambres d’hôtes ne sont pas des consommateurs

Je m’explique. Je n’ai personnellement jamais rencontré de propriétaires pour qui le shopping soit vital, qui soient addicts à la dernière paire de basket à la mode ou qui craquent au supermarché devant le super yaourt sensé nous rendre beauté, santé et jeunesse !

Ouvrir des chambres d’hôtes ou des meublés de tourisme, c’est avoir une vision de la vie tournée vers des valeurs humaines et avoir un rapport sain avec les biens matériels.
Ouvrir gîtes ou chambres d’hôtes, c’est un projet de vie qui a traversé les âges et qui est complètement moderne voire futuriste.
Cela conjugue la modernité dans les équipements, les moyens de communication, les réseaux sociaux
et à l’heure où notre société connaît une grave crise, pas seulement économique, qu’elle ne pourra surmonter qu’en se réinventant, à l’heure où le modèle de super-consommation a montré ses limites, à l’heure où la planète croule sous les déchets, les propriétaires de chambres d’hôtes font partie des précurseurs d’un modèle de vie “vraie”.
Ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes finalement, c’est d’abord une ouverture d’esprit.

Ce billet initialement publié en 2009 a été mis à jour en janvier 2020

Salariés démissionnaires pour reconversion

Le 28 juillet 2019, un décret est venu préciser les conditions d’indemnisation chômage des salariés démissionnaires ayant un projet de reconversion ou un projet de création ou de reprise d’entreprise. Ces mesures peuvent intéresser de nombreux créateurs de gîtes et chambres d’hôtes en cours de réflexion.

Mise à jour du 5 septembre 2019, le dispositif est en place, les premiers dossiers sont en cours d’examen, retrouvez des informations complémentaires sur notre billet : Création de chambres d’hôtes, compléter le dossier du dispositif démission reconversion

La procédure est très encadrée

Pour prétendre aux allocations d’assurance chômage, le salarié démissionnaire doit justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois, soit cinq ans d’affiliation continue.

Il doit, préalablement à sa démission, demander à bénéficier d’un Conseil en évolution professionnelle (CEP). Actuellement les FONGECIF/OPACIF assurent cette prestation auprès des salariés mais un appel d’offres est en cours et la liste des organismes habilités pourrait évoluer au 1er janvier 2020. Avec l’aide du CEP, le salarié doit présenter son projet de création ou de reprise de gîtes ou chambres d’hôtes à la Commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR). Celle-ci doit se prononcer sur le « caractère réel et sérieux » du projet afin de donner droit aux allocations chômage. Le salarié démissionnaire a alors six mois pour déposer sa demande d’allocation à Pôle Emploi.

Les critères de décision sont précis

La présentation du projet est l’élément décisif, et ceci probablement dès les premiers entretiens avec l’organisme habilité qui doit accompagner la démarche, soit bien avant la saisie de la commission paritaire interprofessionnelle régionale. Plus le projet a été préparé en amont, plus il a de chances d’être accepté. Le décret précise que la CPIR doit valider la cohérence et la pertinence de certaines informations à fournir et vérifier leur connaissance par le salarié. Ces informations sont classées en trois catégories :

  • Les caractéristiques et les perspectives d’activité ;
  • Les besoins de financement et ressources financières ;
  • Les moyens techniques et humains.

La préparation du projet est essentielle

Il est probable que certains projets seront rejetés. Et l’on peut deviner d’ores et déjà certaines causes de rejet : manque de préparation ou de motivation du salarié, dossier trop peu détaillé, méconnaissance du secteur des gîtes ou des chambres d’hôtes, manque de réalisme dans les hypothèses de chiffre d’affaires ou de rentabilité, incohérences juridiques ou financières… La préparation du projet est essentielle et la rédaction d’un business plan fortement conseillée.

Le texte entre en vigueur le 1er novembre 2019 et il est probable que les premières décisions des CPIR n’interviennent pas avant début 2020. D’ici là, les porteurs de projet peuvent commencer à rédiger une présentation de leur projet puisque la formalisation écrite sera incontournable.

Suivez l’actualité, abonnez-vous à Accueillir Magazine, 6 numéros par an, pour connaître le secteur des gîtes et chambres d’hôtes, construire votre projet et être prêt à répondre à toutes les questions.

Préparer sa reconversion avec un projet de chambres d’hôtes

Changer de métier est un défi qu’il ne faut pas sous-estimer. Encore plus quand il faut en plus changer de région, déménager sa famille, réinvestir son patrimoine. Les tâches seront bien différentes de celles menées par le passé. Etre à son compte peut être stressant. Et l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs Pour beaucoup de loueurs de gîtes, meublés et chambres d’hôtes, l’activité est une reconversion. A un moment, ils ont éprouvé le besoin de changer de vie professionnelle, voire de vie tout court et l’ouverture de leur hébergement à répondu à cette attente. Mais comment être certain qu’il s’agit du bon projet et du bon moment ?

Continuer la lecture de Préparer sa reconversion avec un projet de chambres d’hôtes

Créateurs de gîtes et chambres d’hôtes, tous nos vœux de réussite !

Vous avez envie de changer de vie et de vous mettre à votre compte. Vous hésitez avant de faire le grand saut. Vous vous demandez si c’est le bon moment d’ouvrir des gîtes ou des chambres d’hôtes. Il faut en effet prendre le temps de la réflexion et de préparer ce qui est un grand changement de vie.

Avec le temps, je sais que certaines ouvertures peuvent aller vite car le créateur est prêt, même s’il ne s’en rend pas toujours totalement compte. D’autres projets ont besoin de mûrir, comme le bon vin, pour se réaliser avec succès quelques années plus tard. S’agit-il de chambres d’hôtes ? Avec ou sans table d’hôtes ? D’un gîte ou d’un ensemble de gîtes ? D’hébergements insolites ? Y aura t’il des activités complémentaires ? A chacun de définir le projet qu’il souhaite mener.

Ouvrir des gîtes ou de chambres d’hôtes est une belle aventure : accueillir des visiteurs du monde entier, leur proposer de vivre des moments de bonheur dans une maison où tout a été pensé pour leur confort, partager des repas avec eux en table d’hôtes, leur faire découvrir les produits du territoire ou du potager, leur faire vivre des émotions, des expériences, leur créer des souvenirs… Ouvrir un hébergement marchand, c’est aussi prendre sa vie en mains et lui donner peut-être – probablement – plus de sens. C’est être acteur de sa vie mais également de sa commune et de son territoire, tisser des liens avec les entreprises des environs, faire venir des touristes sur place, générer des retombées concrètes pour l’économie locale…

L’hébergement est une activité millénaire pratiquée par des millions d’individus qui ont ouvert, en leur temps, des auberges, des maisons d’accueil, des relais de poste, des hôtels, des maisons d’hôtes, des gîtes… Vous faites partie de cette longue histoire. Même si elle est millénaire, cette activité est d’une modernité totale. Les loueurs sont directement confrontés aux attentes et outils modernes. Internet, réservation en ligne, équipements, respect de l’environnement et développement durable…, un hébergement qui ouvre en 2018 doit prendre en compte le monde d’aujourd’hui et de demain.

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite et vous souhaitons une très bonne année 2018.

Chambres d’hôtes et permaculture

Dans de très nombreuses maisons d’hôtes, une part plus ou moins importante des produits servis au petit déjeuner ou en table d’hôtes vient du verger et du potager. Fruits et légumes du jardin, confitures, tartes, salades… La demande des hôtes est forte, l’intérêt des loueurs également.

Les hôtes apprécient ces produits cueillis à maturité et dont la production n’a pas nécessité l’utilisation de trop d’intrants, voire d’intrants naturels exclusivement. Beaucoup de jardins potagers sont en effet gérés selon les principes de la permaculture, c’est-à-dire dans une logique de durabilité et de respect qui s’inspire de la nature : préparation du sol, compostage, densification des cultures, association de plantes afin de créer des synergies, rotation des cultures, paillage afin de conserver l’humidité, utilisation optimale de l’eau… Pour rappel, permaculture, c’est la contraction d’ “agri-culture permanente”.

La mise en place du potager va prendre du temps et nécessiter beaucoup d’efforts mais la production peut être importante y compris sur des parcelles de taille limitée. Elle peut permettre de couvrir dès la première année une partie des besoins du loueur tant pour sa consommation personnelle que pour les petits-déjeuners et la table d’hôtes. Elle rassure les hôtes qui sont de plus en plus méfiants face aux productions agroalimentaires et sont en demande d’un retour à la nature. Et si c’était déjà vrai il y a quelques années, les successions de scandales alimentaires que nous vivons quotidiennement ne font que renforcer cette tendance.

Bien sûr, tout cela ne s’improvise pas surtout si l’on a aucune expérience du jardinage. Mieux vaut se documenter, s’informer, se faire aider et se limiter à quelques productions au début. Si on ne l’a jamais fait, on aura peut-être intérêt à commencer par des légumes relativement faciles à cultiver, comme les pommes de terre, les carottes, les radis, les tomates, les pois et les salades. Il ne faut pas non plus sous-estimer le temps qu’il faudra y consacrer et ce soit aussi être un plaisir. Beaucoup parmi les loueurs installés ont appris année après année à gérer de mieux en mieux les quantités, les espèces à associer pour repousser naturellement les nuisibles, pour préparer la terre…

L’intérêt des loueurs est double, déjà faire des économies en produisant soi-même une partie des produits au prix de revient nécessairement moindre que dans le commerce, évidemment je ne compte pas le temps passé dans le potager ! Et remplir ses chambres d’hôtes : venir en chambres d’hôtes c’est rechercher des produits locaux, naturels, sains et si on ne les produit pas soi-même, on peut aussi parler des producteurs voisins chez qui on achète. L’intérêt des loueurs est là aussi, faire une promesse de naturel, de locavore, “de produits de nos grand-mères”, c’est déjà aujourd’hui, et ce sera une demande de plus en plus forte qui fera la différence pour remplir ses chambres d’hôtes.

En amont de son projet de chambres d’hôtes, cela vaut la peine de se former, de s’informer, peut-être de commencer tout petit chez soi pour s’exercer et de prévoir dans les aménagements du jardin le bon emplacement pour son potager.

Profiter d’une rupture conventionnelle

Depuis quelques années, de nombreux créateurs de gîtes et chambres d’hôtes profitent d’une rupture conventionnelle pour mener à bien leur projet.

Il faut dire que la rupture conventionnelle présente plusieurs avantages. Elle permet au salarié de percevoir une indemnité de rupture versée par son employeur et généralement exonérée d’impôt sur le revenu. Elle ouvre droit à l’allocation chômage sur une durée pouvant aller jusqu’à trois ans pour les plus de 50 ans. Elle permet de bénéficier de l’Aide aux demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise (ACCRE), c’est-à-dire d’une exonération de charges sociales partielle sur une durée allant de un à trois ans.

Ces mesures sont très intéressantes car elles permettent de se lancer dans de bonnes conditions mais il convient de bien les utiliser. A mon sens, il faut avant même le début de la négociation avec son employeur réfléchir aux délais. La recherche et l’achat d’une maison peut prendre du temps et les travaux également. De plus, certaines activités sont saisonnières, mieux vaut ne pas manquer le début de la saison.

Si l’objectif est d’ouvrir son gîte et ses chambres d’hôtes début 2018, il faut probablement envisager une rupture conventionnelle début 2017. Cela laissera toute l’année 2017 pour chercher la maison et vendre sa résidence principale tout en bénéficiant du versement de l’Aide au retour à l’emploi (ARE). Une fois la maison ouverte début 2018, il sera possible de cumuler les revenus des gîtes et des chambres d’hôtes avec le versement partiel de l’ARE sur une durée pouvant aller jusqu’à deux ans.

Dans tous les cas, il faut bien comprendre les formalités administratives de l’ACCRE et l’ARE et l’ordre dans lequel elles doivent être effectuées. Ce serait dommage de ne pas tirer avantage des dispositifs existants simplement pour n’avoir pas fait les démarches dans le bon ordre ou en temps utile.

40 % des Français se verraient gérants d’une maison d’hôtes !

C’est le résultat d’un sondage récent consacré à la reconversion professionnelle, à l’entrepreunariat et au travail indépendant. Changer de vie, quitter la ville, se lancer dans une nouvelle activité, se mettre à son compte…, beaucoup de Français y pensent et envisagent de passer à l’acte. 40% se verraient bien gérants d’une maison d’hôtes.

Tendance, moderne mais surtout humaine, la chambre d’hôtes est indémodable

La maison d’hôtes concentre toutes ces envies, une vie au calme, loin de la ville, sans transport, ni bouchon, une belle maison, une ouverture sur les autres, des rencontres et la satisfaction de mener un projet à soi, de reprendre la maîtrise de sa vie en quittant ces entreprises et organisations très souvent déshumanisées.
Ce sont tous ces critères qui font de la maison d’hôtes une entreprise d’une modernité à toutes les épreuves, une activité qui traverse le temps sans prendre une ride. Bien sûr, la chambre d’hôtes suit les évolutions de la société, intègre les dernières technologies, le web, la domotique, les tendances, les modes déco…, mais comme elle repose avant tout sur l’accueil, sur le sourire, sur le partage, elle ne se démode jamais.

Ouvrir des chambres d’hôtes, un investissement personnel non négociable

Cette aventure, beaucoup donc ont envie de la vivre et dans le même temps, peu d’appelés iront au bout, concrétiseront leur rêve, passant de l’idée au projet. Déjà pour ces créateurs, il faut souvent prendre en compte l’installation à l’année dans une nouvelle région que l’on connaît parfois mal. Cela passe par de nouveaux repères, faire connaissance avec les habitants et les voisins, chercher des moyens de s’intégrer et à participer aux activités locales.

Ensuite, comme je le dis souvent sur ce blog, il ne faut pas négliger les contraintes liées à l’activité. Beaucoup de travail et d’énergie pour que les séjours de ses clients soient réussis, un souci du détail, de la bonne humeur et une très bonne dose d’organisation pour gérer le quotidien, les réservations, les petits déjeuners, les repas en table d’hôtes, le linge, les courses ou encore le ménage dans les chambres.
Du bon sens, de la débrouillardise, un sens pratique élevé, une capacité à être heureux du bonheur des autres, l’oubli de la procrastination et de la grasse matinée, ce sont les ingrédients de base du caractère d’un loueur de chambres d’hôtes accompli.

Oui, ouvrir une maison d’hôtes est un beau projet et je comprends que 40% des Français y pensent, mais attention, c’est un changement de vie à bien préparer et pour cela, à part lire Accueillir Magazine bien sûr, quoi de mieux que de se préparer de nombreux séjours dans des maisons d’hôtes, pour découvrir, discuter, s’imprégner, partager… Et en ce moment de basse saison, les loueurs sont plus disponibles pour parler de leur activité. Il sera temps de penser business plan quand la décision sera prise, un projet cela commence par se rêver avant de se définir de façon concrète.

Créateurs de chambres d’hôtes ou gîtes, bénéficiez de l’ACCRE

De nombreux créateurs de gîte ou chambres d’hôtes peuvent bénéficier de l’Aide à la création et à la reprise d’entreprise dit ACCRE. Ce dispositif d’exonération des charges sociales permet de réduire significativement les charges de fonctionnement les premières années tout en ayant une couverture sociale.

Ne pas oublier de profiter de l’ACCRE

Nous recevons régulièrement en stages de formation des porteurs de projet, la majorité devant opter pour pour un statut juridique de professionnel, auto-entrepreneur, inscription au RCS ou création de société et devant donc payer des cotisations sociales.
Le dispositif ACCRE est une question qui revient et qui est visiblement mal connue.

De nombreux bénéficiaires

L’ACCRE n’est pas réservée qu’aux demandeurs d’emploi indemnisés. Elle est accessible également à beaucoup d’autres personnes, notamment les demandeurs d’emploi non indemnisés mais inscrits à Pôle emploi six mois au cours des 18 derniers mois ou encore les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).
Le dispositif s’applique à la création de société mais aussi à celle d’entreprise individuelle et donc également à la micro-entreprise. Il peut s’agir d’une création ex nihilo ou d’une reprise d’une entreprise existante. Les modalités de l’exonération de charges sociales varient selon le statut juridique adopté.

Pour les micro-entrepreneurs

L’ACCRE va consister en une réduction des cotisations sociales pendant trois ans. Le taux du régime micro social sera progressif, les charges s’élèveront à 3,4% du chiffre d’affaires les quatre premiers trimestres, puis 6,7% les quatre suivants et 10% les quatre derniers avant d’atteindre le taux de cotisation normal, 13,3%. En un mot, le créateur va pouvoir bénéficier de cotisations sociales réduites et calculées en pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé pour le lancement du gîte ou des chambres d’hôtes.

Pour les sociétés et les entreprises individuelles

Pour tous ceux qui ne relèvent pas de la micro-entreprise, l’ACCRE est une exonération de charges sociales de 12 mois sur la partie de rémunération inférieure à 120% du SMIC. Ce dispositif est intéressant mais souvent moins favorable que celui des micro-entrepreneurs en cas de création ex nihilo car il est rare d’avoir un très bon chiffre d’affaires dès la première année, or, dans ce second régime, les cotisations sont à plein dès la seconde année.

Mieux vaut donc étudier en détail le dispositif ACCRE avant de choisir son statut juridique pour gérer ses chambres d’hôtes ou gîtes et même avant de faire une quelconque démarche. Ce serait quand même dommage de se priver de ce coup de pouce, pour avoir simplement oublié de faire les démarches dans le bon ordre.

Ce billet a été initialement publié le 10 février 2014, il a été réédité le 6 novembre 2015