Dois-je ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes ?

Chambres d’hôtes et gîtes ou meublés de tourisme sont deux formes différentes d’hébergements touristiques sur le plan réglementaire comme fiscal. Un loueur peut avoir les deux formes sur sa propriété ou des chambres d’hôtes chez lui et un ou des meublés de tourisme ailleurs. Le bâti peut se prêter à un type d’hébergement plutôt qu’un autre. Mais pour ceux qui se posent la question en amont vant d’avoir acheté la propriété, ce n’est pas le même projet de vie.

J’ai déjà fait un billet sur la définition d’un gîte (ou location touristique) et d’une chambre d’hôtes, ce n’est donc pas le propos de ce billet.

Côté client, ce n’est pas la même attente

C’est évident que pour le touriste, locataire de gîte ou de chambres d’hôtes, ce n’est pas le même type de séjour touristique. Il ne loue pas aux mêmes moments, il n’en a pas les mêmes attentes. Quand un client réserve une chambre d’hôtes, il va être servi, il rencontre l’autre, il est ouvert à la discussion. Quand il loue un gîte ou meublé de tourisme, il se recentre sur sa famille ou son groupe, amis ou cousinades, il est plus dans une attente de rester entre soi.

Côté loueur, ce n’est pas le même mode de vie

  • D’abord la chambre d’hôtes est chez soi, y compris dans une dépendance alors qu’on peut avoir meublés de tourisme ou gîtes sur sa propriété, de l’autre côté du village ou même du pays.
  • La chambre d’hôtes est un hébergement à la nuitée, avec le petit déjeuner à servir et avec service dit hôtelier, le lit est fait, le client n’y fait pas le ménage. Côté gîte, le loueur peut proposer un contrat à la nuitée, à la semaine, pour deux nuits minimum, il décide donc de son rythme de fonctionnement.
  • Côté chambres d’hôtes,  on peut avoir arrivées et départs tous les jours, côté meublé de tourisme à son choix, mais toutes les semaines, c’est possible. On peut ou pas proposer des services additionnels, mais aussi se contenter du contrat le plus classique, laisser le client faire le gros du ménage ou lui proposer une option finale de ménage et aucun service en cours de séjour. Le temps et la disponibilité ne sont donc pas les mêmes, y compris si on souhaite garder une autre activité par ailleurs.
  • Quand on loue des gîtes, attention toutefois, le ménage c’est le jour du départ et avant l’arrivée des nouveaux locataires, cela peut être prenant  si on a plusieurs gîtes qui se libèrent et se relouent le même jour.
  • La gestion du meublé de tourisme peut être déléguée en partie ou complètement à un tiers, alors que la chambre d’hôtes est un accueil chez et par l’habitant même si celui-ci peut se faire aider.

Quand on est encore au stade de réflexion de son projet, on peut le réorienter et choisir de créer un ou des gîtes, plutôt que des chambres d’hôtes, ou l’inverse, ou choisir un mix des deux.

On voit aussi les loueurs réfléchir de plus en plus à des lieux hybrides, tantôt loués en chambres d’hôtes, tantôt en gîte en regroupant chambres d’hôtes, la salle à manger et la cuisine dédiée.

Côté communication et réservations, des différences

  • Déjà en nombre de clients, si on loue la semaine, un gîte, c’est au plus 52 semaines, une chambre d’hôtes, c’est au plus 365 séjours, bien sûr, ce sont des chiffres hypothétiques sans compter que, heureusement, en chambres d’hôtes les clients restent souvent plusieurs nuits.
  • En chambres d’hôtes, le loueur s’occupe la plupart du temps de gérer soi-même les réservations, il  est sollicité souvent pour savoir si il y a des disponibilités, il se préoccupe d’être visible sur internet et d’être réservation en ligne.
    Quand on a un seul gîte, on peut le confier à une centrale de réservation ou à une conciergerie. Ceux qui en ont plusieurs, exploités de façon intensive, ont les mêmes préoccupations sur la visibilité de leur offre que les exploitants de chambres d’hôtes. En revanche, ils ont besoin de trouver moins de clients car un locataire prend souvent le gîte pour plusieurs jours, parfois plusieurs semaines.

Revenus et rentabilité

Reste à calculer le revenu qu’on peut en retirer. Je dirai que cela dépend du taux d’occupation possible, de l’emplacement où se trouve l’hébergement touristique mais aussi de la souplesse dont on fait preuve quand on a des gîtes. Certains propriétaires de gîtes louent à des professionnels, même à la nuitée ou acceptent des week-ends, ils louent donc aussi en dehors des vacances scolaires mais bien sûr, cela leur fait plus de travail. Que ce soit pour des chambres d’hôtes ou des gîtes, si la dimension économique est importante et qu’on en attend un revenu, tout va reposer sur une étude de marché.

Je vois arriver des personnes qui sont très en amont de leur projet et en discutant avec eux, je découvre qu’ils ne se sont pas posés la question, qu’ils sont partis sur l’idée d’ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes sans bien comprendre la différence entre les deux. Je trouve dommage de ne pas prendre le temps de peser avantages et inconvénients des deux formules, mais surtout il faut se projeter sur le quotidien de sa future activité quand on le peut encore. Une fois les aménagements faits, il sera probablement trop tard ou ce sera coûteux de refaire des travaux.

Article réédité le 16/04/2021, l’original date du 12 novembre 2009

Ouvrir des chambres d’hôtes quand on est seul, est-ce possible ?

Créer seul gîtes et chambres d’hôtes, c’est possible.
Cela demande de l’organisation, de prévoir de l’aide ou des solutions en cas de maladie ou de coup de fatigue, comme pour toute activité ou création d’entreprise et il y en a beaucoup qui sont gérées par des personnes seules.
Cela demande de dimensionner le projet à ses besoins, d’estimer les revenus nécessaires ou attendus, et comme pour tous projets de gîtes ou chambres d’hôtes, l’obsession doit être d’allonger au maximum la saison plus que de multiplier le nombre d’hébergements.  
Les problématiques et le montage du business plan ne sont pas différents de ceux que peut rencontrer un couple.

Pour beaucoup, il faut être en couple pour ouvrir des chambres d’hôtes, c’est vrai que c’est le schéma le plus classique. Souvent l’un des deux s’occupe des chambres d’hôtes, mais le conjoint est là le soir, le week-end, il donne un coup de main pour le ménage, pour répondre au téléphone, pour faire de petits travaux et dîne quand il y a lieu à la table d’hôtes. Parfois, c’est un projet de couple à temps plein, qui en font leur revenu principal.

L’activité de chambres d’hôtes ou gîtes n’est pas réservée aux couples

Tout le monde n’a pas une vie de couple. Nous connaissons des chambres d’hôtes ouvertes par des mère-fille, père-fille, cousin(es) ou des ami(e)s qui ont pris leur première retraite ou lancé leur activité principale ensemble. Et nous connaissons des maisons d’hôtes gérées par des hommes ou des femmes seuls, célibataire, séparé ou veuf, qui se sont lancés. Et pourquoi faudrait-il qu’ils renoncent à leur rêve ?
Bien sûr, cela peut compliquer la donne. Pas toujours facile, car s’occuper d’une maison d’hôtes, cela demande beaucoup de disponibilité. Seul, il faut faire face à tous les sujets quotidiens et être sur tous les fronts en même temps. Mais en même temps, c’est une activité de rencontres, recevoir chez soi cela peut rompre l’isolement. Tous est possible à qui veut entreprendre, cela demande juste réflexion et nous connaissons des loueurs de chambres d’hôtes qui se sont organisés et qui fonctionnent très bien avec même cinq chambres d’hôtes et un gîte.

Créer seul, c’est possible

Un propriétaire qui gérait seul sa maison nous a expliqué son organisation. En saison, il donnait le linge à l’extérieur et fixait de façon précise les horaires, avec la table d’hôtes en plus le soir, tout était minuté et pensé. Pour se reposer, il avait fait le choix de fermer quatre mois dans l’année pour pouvoir souffler.

D’autres, louent la maison d’hôtes dans son ensemble un mois ou deux l’été et reprennent l’activité de chambre d’hôtes l’hiver. Cela peut pousser aussi à faire un mixte gîtes et chambres d’hôtes pour que tous les hébergements n’aient pas le même rythme d’accueil et de ménage.
Confier son linge à l’extérieur, prendre quelqu’un pour aider au ménage, un stagiaire l’été, avoir des artisans de confiance qui peuvent faire rapidement les réparations… On n’est pas obligé de  proposer la table d’hôtes ou du moins pas tous les soirs. On peut prévoir des solutions alternatives, ne serait-ce que l’accès à une cuisine pour favoriser les séjours longs. Avec une organisation bien rodée, cela fonctionne.
Donc si c’est votre rêve, n’hésitez pas à vous lancer seul mais ne surestimez pas vos forces ! C’est vrai pour tout projet de chambres d’hôtes ou gîtes et meublés de tourisme où il faut annualiser son temps de travail. Finalement à part le frein psychologique, le conseil est le même que pour tous les projets que je rencontre, mettez-vous au coeur du projet, demandez-vous ce que vous en attendez, dimensionnez-le, faites un projet qui vous ressemble, installez-vous dans une région que vous aimez, travaillez votre projet en amont pour bien penser tous les détails et ayez en tête d’être heureux.

La question nous étant posée régulièrement, cet article a été actualisé le 17 février 2021, la première version a été publiée le 13 octobre 2008

Comment ouvrir un gîte ou meublé de tourisme ?

  • Vérifier que le gîte respecte la réglementation ;
  • Déclarer le début de l’activité auprès du greffe du Tribunal de commerce ou du service des impôts ;
  • Déclarer l’ouverture au maire de la commune où se situe le gîte ;
  • Réfléchir à demander le classement du gîte en étoiles.

Côté vocabulaire
On parle de gîte à la campagne, de gîte rural quand le bien est labellisé chez les Gîtes de France, de meublé de tourisme, meublé touristique ou location saisonnière

De nombreux particuliers peuvent avoir le projet de louer une maison en tant que gîte ou meublé de tourisme à des touristes. Cette activité permet de générer du revenu et ainsi de couvrir les coûts – taxe foncière, frais d’entretien… – voire de dégager de la rentabilité. Certaines démarches sont incontournables.

Vérifier que le gîte respecte la réglementation

Le gîte comme toute location doit respecter un certain nombre de règles. Le logement proposé doit être décent et équipé d’un mobilier et matériel suffisant pour permettre au locataire d’y séjourner dans de bonnes conditions. Le propriétaire doit avoir le droit de le louer pour de courtes durées ou effectuer les démarches nécessaire pour obtenir cet accord. Ce point est particulièrement important dans les grandes villes mais également dans toutes les zones qui connaissent une tension locative. Il est utile de ce renseigner à la mairie à ce sujet.

Déclarer le début de l’activité

Le loueur non professionnel doit déclarer l’activité auprès du greffe du Tribunal de commerce ou du service des impôts. Le document à compléter est le formulaire P0i « Déclaration de début d’activité – Personne physique exerçant une activité non salariée indépendante » Cerfa 11921. Cette déclaration permet d’obtenir un numéro SIRET et de choisir son régime d’imposition.
Certains loueurs seront professionnel, il y a des questions à se poser sur le statut juridique et fiscal.

Déclarer l’ouverture du gîte au maire

Le loueur soit également informer le maire de la commune où se situe le gîte de l’ouverture en complétant le formulaire « Déclaration en mairie des meublés de tourisme » Cerfa 14004. Le maire en accuse réception et établit un  récépissé. La déclaration d’ouverture est obligatoire y compris pour des résidences secondaires qui sont louées ponctuellement en gîte.
Dans les grandes villes et dans les communes en tension locative le formulaire de déclaration est remplacée par une procédure d’enregistrement.

Réfléchir au classement en étoiles

Bien que non obligatoire, le classement en étoiles a de nombreux avantages notamment fiscaux. Le loueur a donc tout intérêt à y réfléchir dès le début car, pour obtenir un bon classement, certains équipements sont nécessaires. Pour obtenir le classement, il est nécessaire de faire appel à un organisme agréé ou habilité qui viendra faire une visite de classement sur place et attribuer les étoiles en fonction de la grille nationale.

Ces démarches sont incontournables. Chacune nécessite un peu de temps. Mieux vaut donc s’y prendre plusieurs mois à l’avance pour être prêt au printemps.

Quitter la ville

L’épidémie semble pousser des citadins à vouloir quitter les appartements des grandes métropoles. Les agents immobiliers vont état de demandes en hausse en faveur de villes plus petites, de zones rurales ou du littoral depuis la fin du confinement, avec comme critères de recherche de l’espace, un jardin et une bonne connexion internet.

Le télétravail n’explique pas tout

Cette demande n’est pas uniquement liée au développement du télétravail. Elle révèle des maux plus profonds : coût du logement dans les grandes villes, pollution, difficultés de transport, stress… L’épidémie a eu pour effet de pousser tout un chacun à réfléchir à ses priorités. La recherche d’un meilleur cadre de vie est devenu un objectif pour certaines familles. Même si le phénomène n’est pas massif, l’épidémie l’a probablement accentué. Pour la première fois dans certaines enquêtes le salaire n’est plus en tête de liste des attentes pour chercher un emploi, la qualité de vie prime.

Une nouvelle vision du travail

Le rapport au travail poursuit sa mue également. Pour de multiples raisons, certains salariés veulent réduire leur temps de travail en entreprise ou se mettre à leur compte et mener à bien des projets personnels qui leur tiennent à cœur. Ils se disent que, dans cette grande maison à l’écart de la ville, ils pourront se lancer dans la permaculture, l’apiculture, l’artisanat ou l’accueil touristique, voire dans les quatre activités en parallèle. Gîtes, chambres d’hôtes ou hébergements insolites peuvent y trouver leur place.

La viabilité du projet

La transition vers cette nouvelle vie peut être difficile. La précipitation n’est pas bonne conseillère. Il faut se préparer sérieusement à ce changement de vie pour mettre toutes les chances de son côté quitte à différer la date de départ. Et se rappeler que plus que quitter la ville, il faut partir pour un projet de vie, la première formulation est un refus et on ne crée pas sur un refus, on crée sur des attentes, un projet, des envies, des passions…

Créer un hébergement touristique en crise Covid

Les créations d’entreprises sont moins nombreuses en période de crise. Les incertitudes ont tendance à démotiver les porteurs de projet qui pensent que ce n’est pas le bon moment pour se lancer. Et pourtant, les statistiques montrent que les créations en période de crise donnent naissance à des entreprises plus solides que les autres, ce qui peut surprendre.

Des entreprises plus solides que les autres

En période de crise, le créateur est plus combatif. Il va prendre plus de temps pour préparer son projet, chercher à mieux répondre aux attentes des clients et se différentier. En s’interrogeant sur la pertinence de créer en période de crise, il va être plus inventif, plus fouiller son business plan, plus réfléchir, il va avoir des difficultés supplémentaires pour convaincre ses interlocuteurs banquiers et autres.

Moins facile, plus sûr

Quand on crée en période faste, on se contente souvent de se calquer sur ce qui existe et de le reproduire. En période de crise, un créateur n’a pas d’autre choix que d’être plus attractif que les autres. Trop dangereux pour lui d’attendre le client venir tout seul. Les crises passées ont ainsi favorisé des innovations et permis la démocratisation de nouveaux produits. Il y a fort à parier que la période actuelle va accélérer des évolutions déjà à l’oeuvre voire faire émerger de nouvelles pratiques. Le tourisme ne sera pas à l’écart de ces phénomènes.

Le créateur de chambres d’hôtes ou de gîtes a tout intérêt à innover.

Il y a quelques jours, je répondais à une créatrice qui est en train de préparer l’ouverture de son gîte que les attentes des vacanciers allaient probablement évoluer du fait de la crise sanitaire mais, qu’en réalité, les attentes évoluent fortement depuis des années dans de nombreux domaines.

La gestion d’un gîte ou de chambres d’hôtes n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 10 ans.

La réservation se passe en ligne, la décoration joue un rôle majeur, les habitudes alimentaires évoluent, les pratiques sportives également… Il faut abandonner certaines pratiques et en adopter de nouvelles, en un mot innover.

Trois familles d’innovation à suivre

Pour alimenter cette réflexion, je vois trois grandes familles d’innovations possibles pour les années à venir.
La première est liée à l’utilisation des nouvelles technologies qui modifient les comportements avant mais aussi en cours ou après le séjour. La digitalisation ne fait que commencer.
La deuxième consiste à s’intéresser à certaines demandes négligées en offrant des prestations d’hébergement ou des activités personnalisées.
La troisième propose des expériences touristiques plus intenses par exemple autour de thématiques comme la culture, le sport, le bien-être, la gastronomie, l’oenotourisme…

Pourquoi ne pas profiter de cette période particulière pour revisiter son projet de création en faisant preuve d’imagination. Pensez, rêvez, inventez, cela sera réalisable ou pas, rentable ou pas. Certes, il faudra trier, hiérarchiser, renoncer à certains aspects mais pas d’interdit au départ d’un projet, le business plan est là pour rendre le projet réel et faisable.

Chambres d’hôtes et nouveau modèle de vie

Retrouver du sens, vivre selon ses valeurs, proposer à sa famille un autre mode de vie, ce sont des demandes fortes en cette époque où l’humain est fortement malmené.

Certains se tournent vers l’activité d’accueil et les chambres d’hôtes et meublés de tourisme comme choix de vie. Cela englobe plusieurs notions différentes mais conciliables et c’est bien la magie de la chambre d’hôtes et du gîte de se moduler à volonté.

Le loueur peut faire des choix forts et vivre dans le respect et la bienveillance.

Respect de l’environnement, circuits courts, permaculture, bien-être, accueil, retrouver du sens, sont des mots et expressions que nous entendons de plus en plus dans nos stages de formation, où nous voyons aussi de plus en plus de jeunes couples qui veulent autre chose pour leurs enfants et eux-mêmes.

Il y a le double effet
– de quitter une vie qui ne donne plus satisfaction, où on ne trouve pas de sens tant certaines entreprises ont déconnecté le travail de l’humain et ont perdu ce qui fait l’essence de se lever avec plaisir pour aller faire quelque chose,
– pour partir vers une vie qui permet de vivre en cohérence avec ses valeurs et surtout je crois, je redevenir quelqu’un et pas un identifiant.

Etes-vous prêt à quitter votre vie pour créer chambres d’hôtes ou gîtes ?

Vous êtes peut-être en ce moment en train de lire ce billet. Vous êtes un citadin qui rêve de quitter la ville pour s’installer à la campagne. De très nombreux Français l’envisageraient, dont beaucoup de Franciliens et un tiers d’entre eux aurait même un projet précis, pas que dans les chambres d’hôtes et gîtes, je le précise.

La vie est un chemin et il y a des étapes nécessaires, et celle du deuil en font partie, il faut donc envisager le projet avec recul, il faut parfois quelques mois de plus pour apaiser une souffrance et conforter un projet de vie.
Un projet de vie ne se définit pas par défaut de ne plus en vouloir un autre, mais par envie.

Choix de mots, choix de vie

Déformation professionnelle, je suis très sensible au choix des mots et à leur connotation positive ou négative. C’est frappant quand nous discutons avec des créateurs lors de nos stages de formations. “Quitter la ville”, ce n’est pas “partir vers un projet”.
La différence est fondamentale de mon point de vue. Avec les premiers mots, on veut fuir un environnement agressif, déshumanisé ! On fuit mais on ne se projette pas encore ailleurs , on est peut-être encore dans un sentiment de gâchis et d’échec, le sentiment de n’avoir pas réussi à contrôler l’incontrôlable, ce que j’appelle le processus de deuil d’une vie passée. Les premiers parlent d’une vie qu’ils ne supportent plus.
Dans le second cas, “partir’, c’est bien le projet qui est décrit, c’est une action positive, volontaire, on va quelque part.

Aucun jugement de valeur, il y a simplement parfois le besoin de laisser le temps au temps, cela n’empêche pas de commencer à se renseigner, à se projeter. Il y a un jour où ce sera le bon moment et la réussite sera plus facile.

Un projet de vie se prépare

Certains l’ont prévu dès la retraite et achètent une résidence secondaire dans cet objectif, mais des actifs veulent aussi partir et font acte de candidature pour des postes en province ou demandent une mutation, d’autres s’intéressent aux entreprises à reprendre ou à créer…

Qu’il s’agisse d’ouvrir une maison d’hôtes, des meublés de tourisme ou toute autre activité, il me paraît utile d’insister sur la préparation nécessaire à ce changement de vie surtout sur un plan personnel.

La famille part avec, cela s’anticipe

Changer de région, quitter la ville pour la campagne, cela engage les proches, ceux qui viendront avec vous mais aussi ceux qui vont s’éloigner en raison des distances, les amis, les grands-parents par exemple et en cas de familles recomposées, cela complique les retrouvailles. Les enfants quitteront leurs amis de classe, auront du trajet pour aller à l’école, devront peut-être aller en internat pour poursuivre leurs études par la suite… Quant aux amis et à la famille restés là-bas, il sera plus difficile de les voir et les moments partagés seront moins nombreux.

Et ce changement de vie sera aussi marqué si vous ouvrez des chambres d’hôtes ou des gîtes. Vous travaillerez beaucoup pendant les vacances et les week-ends, souvent lorsque vos enfants et vos proches ont du temps de libre. Et s’ils viennent vous voir en vacances, ce sera votre pleine saison touristique et vous aurez peu de temps à leur consacrer.

Se créer un nouveau réseau relationnel

“Ailleurs” a aussi ses contraintes, le métro à 6 heures du soir ce n’est pas marrant mais la campagne en plein hiver a aussi ses contraintes, un pays souriant vu à travers le prisme du verre de rosé de l’apéritif pendant ses vacances n’a pas la même facilité de vie quand on y vit.

Une fois sur place, il sera utile de tisser de nouveaux liens. Il faudra apprendre à connaître ses nouveaux voisins et les gens des environs, pas toujours simple. Ne nous voilons pas la face, s’intégrer demande parfois du temps, de l’humilité, des efforts. C’est plus facile quand on a des enfants car eux vous intégreront aux réseaux “parents d’élève”, on peut aussi s’inscrire dans les associations, il y a en fait plein de possibilités, mais ce sera à vous de faire les premiers pas.

Bref, sur le plan personnel, c’est une rupture marquée pour vous et vos proches. Ne sous-estimez pas cela, car en partant pour ouvrir des chambres d’hôtes, on s’engage, avec ses proches, pour un morceau de vie.

Projet de vie et valeurs au pluriel !

Quand on ouvre des chambres d’hôtes, ce n’est pas pour faire fortune. Pour la grande majorité des propriétaires, c’est un investissement patrimonial qui permet de compléter les revenus, de garder et d’entretenir une belle maison. On peut fermer tout ou partie de l’année; adapter le rythme à ses besoins de vie et financiers.
Pour ceux qui vivent des revenus de l’activité, c’est du travail, pour que tout soit beau. Un peu le phénomène iceberg, beaucoup de travail invisible pour que les clients arrivent dans une maison aménagée pour leur confort et passent un moment de vie. Je parle ici en termes purement financiers bien sûr, pas de décompte horaire ni de pointeuse pour calculer le temps passé. On se lance dans cette aventure pour le contact humain, l’accueil, la passion, l’épanouissement personnel et ce sont des valeurs immatérielles.

Les personnes qui ouvrent des chambres d’hôtes ne sont pas des consommateurs

Je m’explique. Je n’ai personnellement jamais rencontré de propriétaires pour qui le shopping soit vital, qui soient addicts à la dernière paire de basket à la mode ou qui craquent au supermarché devant le super yaourt sensé nous rendre beauté, santé et jeunesse !

Ouvrir des chambres d’hôtes ou des meublés de tourisme, c’est avoir une vision de la vie tournée vers des valeurs humaines et avoir un rapport sain avec les biens matériels.
Ouvrir gîtes ou chambres d’hôtes, c’est un projet de vie qui a traversé les âges et qui est complètement moderne voire futuriste.
Cela conjugue la modernité dans les équipements, les moyens de communication, les réseaux sociaux
et à l’heure où notre société connaît une grave crise, pas seulement économique, qu’elle ne pourra surmonter qu’en se réinventant, à l’heure où le modèle de super-consommation a montré ses limites, à l’heure où la planète croule sous les déchets, les propriétaires de chambres d’hôtes font partie des précurseurs d’un modèle de vie “vraie”.
Ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes finalement, c’est d’abord une ouverture d’esprit.

Ce billet initialement publié en 2009 a été mis à jour en janvier 2020

Salariés démissionnaires pour reconversion

Le 28 juillet 2019, un décret est venu préciser les conditions d’indemnisation chômage des salariés démissionnaires ayant un projet de reconversion ou un projet de création ou de reprise d’entreprise. Ces mesures peuvent intéresser de nombreux créateurs de gîtes et chambres d’hôtes en cours de réflexion.

Mise à jour du 5 septembre 2019, le dispositif est en place, les premiers dossiers sont en cours d’examen, retrouvez des informations complémentaires sur notre billet : Création de chambres d’hôtes, compléter le dossier du dispositif démission reconversion

La procédure est très encadrée

Pour prétendre aux allocations d’assurance chômage, le salarié démissionnaire doit justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois, soit cinq ans d’affiliation continue.

Il doit, préalablement à sa démission, demander à bénéficier d’un Conseil en évolution professionnelle (CEP). Actuellement les FONGECIF/OPACIF assurent cette prestation auprès des salariés mais un appel d’offres est en cours et la liste des organismes habilités pourrait évoluer au 1er janvier 2020. Avec l’aide du CEP, le salarié doit présenter son projet de création ou de reprise de gîtes ou chambres d’hôtes à la Commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR). Celle-ci doit se prononcer sur le « caractère réel et sérieux » du projet afin de donner droit aux allocations chômage. Le salarié démissionnaire a alors six mois pour déposer sa demande d’allocation à Pôle Emploi.

Les critères de décision sont précis

La présentation du projet est l’élément décisif, et ceci probablement dès les premiers entretiens avec l’organisme habilité qui doit accompagner la démarche, soit bien avant la saisie de la commission paritaire interprofessionnelle régionale. Plus le projet a été préparé en amont, plus il a de chances d’être accepté. Le décret précise que la CPIR doit valider la cohérence et la pertinence de certaines informations à fournir et vérifier leur connaissance par le salarié. Ces informations sont classées en trois catégories :

  • Les caractéristiques et les perspectives d’activité ;
  • Les besoins de financement et ressources financières ;
  • Les moyens techniques et humains.

La préparation du projet est essentielle

Il est probable que certains projets seront rejetés. Et l’on peut deviner d’ores et déjà certaines causes de rejet : manque de préparation ou de motivation du salarié, dossier trop peu détaillé, méconnaissance du secteur des gîtes ou des chambres d’hôtes, manque de réalisme dans les hypothèses de chiffre d’affaires ou de rentabilité, incohérences juridiques ou financières… La préparation du projet est essentielle et la rédaction d’un business plan fortement conseillée.

Le texte entre en vigueur le 1er novembre 2019 et il est probable que les premières décisions des CPIR n’interviennent pas avant début 2020. D’ici là, les porteurs de projet peuvent commencer à rédiger une présentation de leur projet puisque la formalisation écrite sera incontournable.

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Préparer sa reconversion avec un projet de chambres d’hôtes

Changer de métier est un défi qu’il ne faut pas sous-estimer. Encore plus quand il faut en plus changer de région, déménager sa famille, réinvestir son patrimoine. Les tâches seront bien différentes de celles menées par le passé. Etre à son compte peut être stressant. Et l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs Pour beaucoup de loueurs de gîtes, meublés et chambres d’hôtes, l’activité est une reconversion. A un moment, ils ont éprouvé le besoin de changer de vie professionnelle, voire de vie tout court et l’ouverture de leur hébergement à répondu à cette attente. Mais comment être certain qu’il s’agit du bon projet et du bon moment ?

Continuer la lecture de Préparer sa reconversion avec un projet de chambres d’hôtes

Créateurs de gîtes et chambres d’hôtes, tous nos vœux de réussite !

Vous avez envie de changer de vie et de vous mettre à votre compte. Vous hésitez avant de faire le grand saut. Vous vous demandez si c’est le bon moment d’ouvrir des gîtes ou des chambres d’hôtes. Il faut en effet prendre le temps de la réflexion et de préparer ce qui est un grand changement de vie.

Avec le temps, je sais que certaines ouvertures peuvent aller vite car le créateur est prêt, même s’il ne s’en rend pas toujours totalement compte. D’autres projets ont besoin de mûrir, comme le bon vin, pour se réaliser avec succès quelques années plus tard. S’agit-il de chambres d’hôtes ? Avec ou sans table d’hôtes ? D’un gîte ou d’un ensemble de gîtes ? D’hébergements insolites ? Y aura t’il des activités complémentaires ? A chacun de définir le projet qu’il souhaite mener.

Ouvrir des gîtes ou de chambres d’hôtes est une belle aventure : accueillir des visiteurs du monde entier, leur proposer de vivre des moments de bonheur dans une maison où tout a été pensé pour leur confort, partager des repas avec eux en table d’hôtes, leur faire découvrir les produits du territoire ou du potager, leur faire vivre des émotions, des expériences, leur créer des souvenirs… Ouvrir un hébergement marchand, c’est aussi prendre sa vie en mains et lui donner peut-être – probablement – plus de sens. C’est être acteur de sa vie mais également de sa commune et de son territoire, tisser des liens avec les entreprises des environs, faire venir des touristes sur place, générer des retombées concrètes pour l’économie locale…

L’hébergement est une activité millénaire pratiquée par des millions d’individus qui ont ouvert, en leur temps, des auberges, des maisons d’accueil, des relais de poste, des hôtels, des maisons d’hôtes, des gîtes… Vous faites partie de cette longue histoire. Même si elle est millénaire, cette activité est d’une modernité totale. Les loueurs sont directement confrontés aux attentes et outils modernes. Internet, réservation en ligne, équipements, respect de l’environnement et développement durable…, un hébergement qui ouvre en 2018 doit prendre en compte le monde d’aujourd’hui et de demain.

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite et vous souhaitons une très bonne année 2018.

Chambres d’hôtes et permaculture

Dans de très nombreuses maisons d’hôtes, une part plus ou moins importante des produits servis au petit déjeuner ou en table d’hôtes vient du verger et du potager. Fruits et légumes du jardin, confitures, tartes, salades… La demande des hôtes est forte, l’intérêt des loueurs également.

Les hôtes apprécient ces produits cueillis à maturité et dont la production n’a pas nécessité l’utilisation de trop d’intrants, voire d’intrants naturels exclusivement. Beaucoup de jardins potagers sont en effet gérés selon les principes de la permaculture, c’est-à-dire dans une logique de durabilité et de respect qui s’inspire de la nature : préparation du sol, compostage, densification des cultures, association de plantes afin de créer des synergies, rotation des cultures, paillage afin de conserver l’humidité, utilisation optimale de l’eau… Pour rappel, permaculture, c’est la contraction d’ “agri-culture permanente”.

La mise en place du potager va prendre du temps et nécessiter beaucoup d’efforts mais la production peut être importante y compris sur des parcelles de taille limitée. Elle peut permettre de couvrir dès la première année une partie des besoins du loueur tant pour sa consommation personnelle que pour les petits-déjeuners et la table d’hôtes. Elle rassure les hôtes qui sont de plus en plus méfiants face aux productions agroalimentaires et sont en demande d’un retour à la nature. Et si c’était déjà vrai il y a quelques années, les successions de scandales alimentaires que nous vivons quotidiennement ne font que renforcer cette tendance.

Bien sûr, tout cela ne s’improvise pas surtout si l’on a aucune expérience du jardinage. Mieux vaut se documenter, s’informer, se faire aider et se limiter à quelques productions au début. Si on ne l’a jamais fait, on aura peut-être intérêt à commencer par des légumes relativement faciles à cultiver, comme les pommes de terre, les carottes, les radis, les tomates, les pois et les salades. Il ne faut pas non plus sous-estimer le temps qu’il faudra y consacrer et ce soit aussi être un plaisir. Beaucoup parmi les loueurs installés ont appris année après année à gérer de mieux en mieux les quantités, les espèces à associer pour repousser naturellement les nuisibles, pour préparer la terre…

L’intérêt des loueurs est double, déjà faire des économies en produisant soi-même une partie des produits au prix de revient nécessairement moindre que dans le commerce, évidemment je ne compte pas le temps passé dans le potager ! Et remplir ses chambres d’hôtes : venir en chambres d’hôtes c’est rechercher des produits locaux, naturels, sains et si on ne les produit pas soi-même, on peut aussi parler des producteurs voisins chez qui on achète. L’intérêt des loueurs est là aussi, faire une promesse de naturel, de locavore, “de produits de nos grand-mères”, c’est déjà aujourd’hui, et ce sera une demande de plus en plus forte qui fera la différence pour remplir ses chambres d’hôtes.

En amont de son projet de chambres d’hôtes, cela vaut la peine de se former, de s’informer, peut-être de commencer tout petit chez soi pour s’exercer et de prévoir dans les aménagements du jardin le bon emplacement pour son potager.