Faut-il participer à Bienvenue chez Nous ?

  • Bienvenue chez nous est une émission de téléréalité et pas une émission d’information
  • Les chambres d’hôtes sont choisies en fonction de leur diversité pour susciter des réactions
  • Il y a toujours parmi les couples un caractère fort qui a été choisi par la production pour faire le buzz et qu’on va inciter à se lâcher verbalement
  • L’intérêt et le but de la production ne sont pas ceux des loueurs
  • Pour gagner, il faut être “gentil”, “positif” et pas “juge” ou “critique”
  • C’est une stratégie à réfléchir et il faut anticiper le “pendant l’émission” et “l’après” émission

Ces dernières semaines, l’émission a été très violente pour au moins deux couples de loueurs de chambres d’hôtes lynchés sur le web. Et ce ne sont pas les premiers, poussant même parfois par le passé à la fermeture de la chambre d’hôtes, tant les suites de l’émission sont violentes. Et si les critiques sont si destructrices, c’est bien parce qu’elles attaquent le projet de vie, l’identité même du loueur, de sa famille, son mode de vie, ses choix.

Participer est dangereux, je l’ai déjà écrit sur ce blog. Mais ce n’est que mon opinion et c’est à vous de prendre vos décisions

Pourquoi il ne faut pas y aller

  • Parce que votre métier, ce n’est pas de déjouer les pièges tendus par une équipe de télévision rodée pour faire monter des situations conflictuelles.
  • Parce que garder un micro en permanence veut dire garder le contrôle de ce qu’on dit pendant aussi longtemps.
  • Parce que l’intérêt de la production, c’est de faire de l’audience et les gens heureux n’ont pas d’histoire.
  • Parce que vous ne maîtrisez pas le montage et l’art de sortir en boucle la petite phrase négative en coupant tout le reste des commentaires positifs.
  • Parce que en plus si cela se passe mal, l’émission sera diffusée et rediffusée, réouvrant la blessure à chaque fois – sauf à ce que vous obteniez qu’elle ne soit pas rediffusée.

Mieux vaut qu’on parle de vous en bien ou en mal, est une théorie que je ne partage pas, encore moins dans le domaine de la chambre d’hôtes.
Il suffit d’aller sur la page Facebook de l’émission pour voir des commentaires très tranchés en bien ou en mal, voire parfois un torrent de haine. Pourquoi des personnes prennent au pied de la lettre une émission de téléréalité et ont besoin de la commenter me laisse parfaitement perplexe, mais les réseaux sociaux encouragent ce type de comportement.

Je pense que c’est un gros risque et que si cela se passe mal, il y a beaucoup à perdre pour vous. Je sais que quand la production vous appelle, votre interlocuteur est très positif, insistant, tenace, vante la publicité incontestable que fait l’émission – en bien toujours promet-il – et vous explique combien votre maison d’hôtes est formidable. Je sais combien ils sont convaincants, je les ai eus au téléphone à l’époque où ils voulaient me faire écrire que ce serait positif pour les lecteurs d’Accueillir Magazine de participer ! Sauf que beaucoup de personnes m’expliquent tous les jours combien leurs produits sont les meilleurs, à force, je ne crois plus trop au père Noël !

Si vous décidez de participer à l’émission, établissez une stratégie

Pendant l’émission

  • Tournez toutes vos phrases en positif – entraînez-vous avant
  • Dites-en le moins possible, le silence et le sourire sont efficaces
  • Ne parlez que de ce qui est bien et s’il y a des choses que vous n’aimez pas, n’en dites rien
  • Ne mettez que de bonnes notes, le gagnant c’est le “gentil”, pas forcément celui qui a le chèque en fin de parcours
  • Prenez les critiques en souriant, comme si ce n’était que du positif pour améliorer votre offre

Avant, préparez-vous à une compétition

  • Regardez les émissions, vous verrez le déroulé, vous évaluerez les pièges, vous pouvez vous demander avec votre conjoint comment vous auriez réagi
  • Lisez les commentaires de la page Facebook de l’émission et autres, vous comprendrez vite ce qui déclenche la “fureur” des téléspectateurs et vous pourrez y réfléchir pour l’éviter.
  • Passez du temps à nettoyer vos chambres, il y aura toujours un poil, un cheveu, mais une bonde de lavabo sale ou de la poussière au-dessus des tableaux, ce peut être évité, faites une liste de tout ce qu’il faudra vérifier le matin avant l’arrivée des compétiteurs.
  • Choisissez votre menu de façon à le faire sans même y réfléchir.
  • Je sais que les contraintes que vous donne la production sont importantes dans le choix de l’animation, choisissez quelque chose qui met en valeur votre région, les productions agricoles, un artisan…, travaillez avec l’office de tourisme pour la mise au point

En résumé, restez maître de vos décisions, ne vous laissez pas imposer des choix que vous ne voulez pas.
La production de Bienvenue chez nous présente cela comme une compétition de chambres d’hôtes, préparez-vous comme le fait un sportif de haut niveau ou n’y allez pas. Mais à la 5e saison, on ne peut pas ne pas être au courant des mécanismes de cette émission qui se répète semaine après semaine depuis 2012 .

Halte aux arnaques !

  • Fausses réservations contre gros chèques dont une partie devra être remboursée
  • Appels et faux courriers se faisant passer par un organisme officiel menaçant d’amendes pour des dossiers liés à l’accessibilité, au handicap, à l’hygiène, à des obligations de formations…
  • Les arnaques se renouvellent et un loueur bien informé saura les déjouer

Chaque année, je pousse un coup de gueule et je décris régulièrement dans Accueillir Magazine les arnaques à éviter, malheureusement elles se renouvellent régulièrement. Cette fois-ci, il n’y a aucun doute, c’est contre les arnaqueurs de tous poils qui vous font croire qu’il faut payer pour effectuer un diagnostic accessibilité ou acheter à prix d’or une formation hygiène.

Ils sont agressifs, ils vous menacent par téléphone d’amendes, ils vous expliquent que vous risquez une fermeture du gîte ou des chambres d’hôtes, ils vous envoient des courriers bardés de couleurs tricolores.

D’abord, depuis quand, doit-on donner un numéro de carte bancaire au téléphone dans une démarche officielle, depuis quand n’a-t-on pas le temps de réfléchir . Demandez systématiquement le nom et la raison sociale de ceux qui appellent ! Et vérifiez, une petite recherche sur le net et vous démasquerez les escrocs. Et dénoncez-les à la DGCCRF, voire portez plainte si malheureusement vous vous êtes fait avoir. La santé et l’accessibilité sont des sujets suffisamment graves pour prendre le temps de démasquer les escrocs et de déposer des signalements en préfecture.

Concernant l’accessibilité aux personnes handicapées, je vous rappelle que seuls les établissements recevant du public sont concernés. La plupart des chambres d’hôtes et des gîtes n’ont pas à faire d’audit ni à déposer d’agenda d’accessibilité programmée. Et pour les rares loueurs qui ont un bâtiment qui accueille plus de 15 personnes ou qui proposent d’autres activités – salle de réception, magasin… Il faut prendre le temps de se renseigner avant d’engager une quelconque démarche ou de signer un contrat avec un prestataire inconnu.

Concernant l’hygiène alimentaire et les règles HACCP, je le répète la formation hygiène n’est pas obligatoire pour les tables d’hôtes. Il n’est donc pas obligatoire de suivre une formation sur le sujet des risques sanitaires en cuisine. Si vous souhaitez le faire, ce qui peut être utile, il faut sélectionner le bon prestataire qui propose une formation adaptée à de petites structures.

En un mot, ne souscrivez aucun de ces services par téléphone, ne donnez pas votre numéro de carte bancaire et prenez le temps de les dénoncer en préfecture !

 

Bienvenue chez nous et le monde magique des Bisounours

La production de Bienvenue chez nous nous livre une vidéo des dessous d’un tournage . Enfin d’une partie seulement, manque en effet toute la partie montage, celle où la gentille équipe sélectionne les petites phrases assassines pour en faire un gimmick, celle où on choisit le couple qui va devenir la tête de turc de la semaine et se voir ridiculiser et pire sur les réseaux sociaux.
Je n’aime pas cette émission, je l’ai écrit, je la trouve dangereuse. A l’heure des réseaux sociaux, s’exposer aux trolls et calomnies qui polluent le web, c’est risqué. D’autres émissions me plaisent, la Maison France 5 ou Échappées Belles par exemple, les séquences de Télématin ou du 13 heures de France 3. On y présente des réalisations, des projets de vie, des ancrages territoriaux, ce qu’est la maison d’hôtes dans sa diversité.

Revenons à Bienvenue chez Nous, cette vidéo d’une partie de l’envers du décor est très révélatrice. L’équipe est professionnelle, ils sont charmants et le sont certainement dans la vie. Ils le disent, tout est fait pour que les candidats se détendent et se lâchent. Mis en confiance, ils vont parler, trop parler. Et ne savent pas ce qui sera exploité derrière. L’intérêt de la production, c’est l’audimat, le buzz et le coût des nombreux écrans de publicité diffusés entre les séquences. L’intérêt de la production n’est pas le même que celui des maisons d’hôtes, on n’est pas dans le partenariat mais dans la téléréalité.

De mon point de vue, il y a beaucoup plus de raisons à ne pas aller dans cette émission que de prendre le risque de participer. Encore plus lorsqu’on vient d’ouvrir et qu’il y a encore plein de petits réglages et détails à effectuer.
Si vous êtes tenté de la faire, allez jusqu’au bout des repérages. Un tour sur la page Facebook de l’émission vous donnera une autre image de l’envers du décor, la partie où vous êtes lâché à la critique, où votre projet de vie est moqué, massacré, démoli. J’ai eu au téléphone et rencontré des propriétaires qui ont mis des mois à s’en remettre. Quand on ouvre sa maison aux autres, la cruauté peut être plus que déstabilisante, une plongée en enfer dans laquelle on entraîne sa famille, car les voisins aussi auront vu l’émission. Loin des images idylliques de la grande famille gentille de la production !

Je ne dis pas que cela arrive systématiquement. Une maison d’hôtes peut tirer son épingle du jeu, à la condition unique de ne pas chercher à gagner, mais de maîtriser son image et ce qu’on dit, à la condition de ne pas croire le gentil discours de la gentille production.  Cela demande un contrôle certain de soi et son conjoint ou partenaire et une vraie réflexion sur la façon dont on va utiliser l’émission.

Alors avant de signer un contrat que vous ne maîtrisez pas, de prendre le risque de vous exposer à répétition puisque les rediffusions se multiplient, réfléchissez bien, tout ceci en vaut-il la peine ?

Ouvrir des chambres d’hôtes, le rêve N°1 des Français

Le marronnier de la presse

C’est avec un peu d’agacement que j’écris ce billet. Créer une maison d’hôtes serait le rêve N°1 des Français. Pas une semaine sans que les media ne l’affirment de façon péremptoire. Remettons un peu les choses dans l’ordre.

Tout d’abord, tous les Français ne rêvent pas de se mettre à leur compte et de créer une entreprise, grande ou petite. Les chiffres varient selon les enquêtes, mais globalement on serait sur un Français sur trois qui aurait envie de créer un jour son entreprise. Lorsque les questions sont plus précises et fixent un horizon de deux ou trois ans, ils ne sont plus qu’un sur dix. Et si on se limite à des projets de gîtes ou de chambres d’hôtes, les chiffres sont encore plus faibles.

Ensuite, il y a la question du changement de vie car ouvrir des chambres d’hôtes c’est souvent changer de vie, de métier voire de région. Là-aussi on entend des chiffres surprenants. Des millions de Français rêveraient de tout changer, quitter la vie, se reconvertir…, mais combien passent vraiment à l’acte ? Combien le font réellement chaque année ?

La question économique joue, il faut un patrimoine pour se lancer, un apport financier certain, sauf à trouver une location-gérance qui ne sont quand même pas très répandues.

Enfin dernier point et non des moindres, les activités de services ne sont pas le rêve N°1 des Français loin de là, on peut le regretter.

Créer des chambres d’hôtes est un vrai projet qui nécessite du temps de l’énergie, pour que tout soit parfait, il y a beaucoup de travail, la face cachée de l’iceberg. Il peut s’agir d’un rêve mais le définir uniquement de cette manière, c’est ne pas reconnaître la vraie valeur de cette activité et de toutes les tâches quotidiennes que cela suppose. Accueillir dans sa maison, veiller à ce que ses hôtes passent un bon séjour, leur préparer des plats locaux, des confitures maison… c’est la réalité de la chambre d’hôtes.

Donc rêve, peut-être mais qui doit survivre à la confrontation avec la réalité. Et pour cela cela mérite un peu plus que le billet de trois minutes de la rentrée qui laisse croire que c’est une activité à portée de tous, avant le régime des fêtes et l’achat du maillot de bains du printemps,  alors que de nombreux porteurs de projet mettent plusieurs années à faire aboutir leur projet de reconversion.

La chambre d’hôtes vue par la télé, entre caricature et insolite

Quand la télé caricature

Une nouvelle émission sur la chambre d’hôtes hier, qui à nouveau ne me paraît pas représentative de ce qu’est la chambre d’hôtes.

Le résumé de l’émission était, je cite

Des suites avec jacuzzi, des cabanes sur l’eau, ou une chambre dans un tonneau, les maisons d’hôtes sont de plus en plus souvent insolites, sophistiquées et haut de gamme… Il en existe 70 000 en France, un marché qui prospère, mais dans quelles conditions ?

Il existe environ 25000 adresses pour 70000 chambres et cela ne prospère plus depuis 2010 où le nombre de fermetures équivaut à celui des ouvertures, le marché de la chambre d’hôtes si on s’exprime dans ces termes, est à maturité.

Ont été montrées des maisons chères, il en existe qui sont tout à fait légitimes, mais rappelons que les chambres d’hôtes au-delà de 100 € la nuit représentent moins de 10 % de la totalité des chambres d’hôtes en France, mais sont une grande partie de l’espace médiatique de la télé et des magazines déco.

Rappelons aussi aux créateurs, qu’il est difficile d’amortir des investissements conséquents sur seulement cinq chambres d’hôtes et qu’avec la crise, tout le monde n’a pas les moyens de mettre 200 € pour une chambre, il ne faut pas croire qu’il n’y a plus que le haut de gamme pour créer une maison d’hôtes.

L’insolite présenté, très sympathique dans ce grand parc,  n’est pas de la chambre d’hôtes, c’est de l’insolite, avec les réglementations qui vont avec, camping ou PRL (parc résidentiel de loisirs), cela n’empêche pas un accueil par l’habitant, une prestation de qualité, mais cela n’est pas au sens strict de la loi de la chambre d’hôtes. Dommage quand on est une émission d’information, d’entretenir la confusion.

Sont montrés aussi et à dessein je le crains, des infractions à la réglementation, je pense clairement au concept de table d’hôtes ou aux questions d’urbanisme et je crains que les loueurs ainsi exposés n’aient des contrôles à la suite de cette émission.
Or on sait qu’il y a toute une campagne de dénigrement contre la chambre d’hôtes présentée par les syndicats hôteliers le plus souvent comme de l’hôtellerie illégale, encore un sujet qui renforce cette affirmation, bon coup de lobbying pour jeter le discrédit sur tous.

Les maisons simples  qui fonctionnent depuis des années n’intéressent pas les caméras, il faut faire de l’audience. En tout cas, je n’ai pas trouvé cette émission  représentative de l’ensemble des propriétaires et de leurs maisons, par exemple les loueurs de Gîtes de France Puy-de-Dôme que j’ai rencontrés en Auvergne cette semaine, qui savent bien combien est grande la distorsion entre image et réalité.

Journalisme d’investigation ? En tout cas, caricature ! On commence à avoir l’habitude.

45 minutes pour choisir son statut juridique et fiscal, attention trop simple

Le principe d’un site public, en l’occurrence guichet-entreprises.fr, qui facilite les démarches de création d’entreprise est, dans l’esprit, une bonne idée, mais faire croire qu’en 45 minutes on disposera d’un dossier de création de chambres d’hôtes – ou toute autre activité économique d’ailleurs –  prêt à être déposé me laisse sceptique. Parce que si les démarches ont été simplifiées, l’envers du décor ne l’a pas été. Et en fait, je ne suis même pas sûre que la création d’entreprise ait été simplifiée, aller au CFE (centre de formalité des entreprises) n’était pas compliqué et avait l’avantage de permettre de parler à quelqu’un d’averti.

Il ne faut pas négliger la phase préalable, prendre le temps de réfléchir à son projet personnel, étudier toutes les options avant d’opter pour un statut juridique ou un régime fiscal, comprendre la logique des textes qui s’appliquent aux chambres d’hôtes ou aux locations touristiques, – ce qui n’est pas la même chose… Tout ceci demande du temps et doit être vraiment mûri. Laisser croire que tout est facile, que l’on peut se débarrasser du sujet en 45 minutes ne me semble pas un service à rendre aux porteurs de projet, cela peut même être pervers en plongeant des personnes peu averties dans un univers qu’elles ne maîtrisent pas.

Dans le domaine de la création d’entreprise ou du choix d’un statut, les options sont multiples, le vocabulaire complexe pour ceux qui n’y sont pas habitués, les conséquences lourdes. Disons-le autrement, une fois le dossier déposé, il ne sera plus possible de revenir en arrière et c’est à ce moment là que l’on se rendra compte qu’une autre option juridique ou fiscale aurait été plus adaptée. Il sera hélas trop tard et cela coûte parfois très cher. Nous avons parfois au téléphone des personnes qui se retrouvent engagées dans un statut et s’aperçoivent a posteriori que ce n’était pas le statut qui leur convenait ou même qui était possible dans leur cas. Croyez-moi, c’est compliqué à démêler et cela représente une perte d’énergie qu’on n’a plus pour ses chambres d’hôtes, voire un découragement certain quand on se heurte au mur administratif.

Méfiez-vous donc de tous ceux qui vous expliquent que choisir un statut est facile et qu’il s’agit d’une simple formalité. En réalité, il y a des choix à effectuer. Ils dépendent de votre situation personnelle et familiale, dont votre âge et le nombre d’années encore à cotiser, du chiffre d’affaires et du revenu attendu, du type de projet envisagé, de votre passé professionnel… Ils impliquent votre patrimoine, vos revenus, votre fiscalité, votre retraite, les plus-values éventuelles de votre bien immobilier, bref, pas vraiment quelque chose qu’on peut survoler à la légère…

Cela prend un peu plus que 45 minutes ! Ou alors ce sont les dernières 45 minutes d’un long processus, un peu comme la promesse de la couche unique de peinture, unique après toutes les autres !

Je n’aime pas…, normalement je ne réserve pas cette maison d’hôtes !

Ces derniers jours, j’ai regardé quelques épisodes de l’émission de TF1 Bienvenue chez nous. Et parmi les différents points que je n’aime pas dans cette émission, il y en a un sur lequel je souhaite revenir aujourd’hui, notamment parce que je pense qu’il faut y penser lors des aménagements de sa maison d’hôtes.

Donc, j’ai râlé à plusieurs reprises car une grande partie des commentaires des loueurs de chambres d’hôtes candidats tiennent du registre, j’aime / j’aime pas. Certains détestent les salles de bains ouvertes, d’autres le mobilier, les jardins à la française, les choix de rénovation, l’emplacement… Et c’est leur droit et même bien, autant quand on se lance dans l’aventure de la maison d’hôtes avoir des goûts bien trempés. En revanche, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas que c’est laid pour tout le monde ! Un peu comme dans un Dîner presque parfait, quand un concurrent déclare détester un aliment et mettre une mauvaise note à un plat qui en contient, qui peut être très raffiné mais que naturellement lui n’a pas pu apprécier.

D’une part, le réalisateur met en exergue les commentaires bien tranchants et on ne saura jamais en tant que spectateur ce qu’étaient les nuances de la pensée des candidats . Mais en fait tout ceci n’a aucun sens, parce que ces candidats, eux mêmes propriétaires de chambres d’hôtes, n’auraient jamais réservé ces maisons d’hôtes qu’ils ont tant critiquées.

Lorsque je choisis une chambre d’hôtes pour un séjour, je ne choisis jamais ce que je n’aime pas, – sauf cas exceptionnel, quand l’emplacement prime sur le choix pour limiter les trajets, mais là c’est nécessairement un très court séjour type déplacement d’affaires ou occasion comme mariage et je sais que j’ai fait un compromis qui me convient.

Pour réserver, outre le prix, je regarde le descriptif, les photos et je sélectionne une maison d’hôtes qui correspond à mes goûts. Je ne vais pas passer trois ou quatre nuits dans une chambre d’hôtes où la baignoire et les wc ne sont pas séparés de la chambre si cela me déplaît. Je ne vais pas choisir une chambre meublée avec des meubles de style Louis XV si je préfère les meubles modernes et une décoration plus contemporaine. Je ne vais pas dans une maison de ville si je veux la pleine campagne ou à l’inverse, je passe sur la proximité de la route si cela me permet de me balader à pied dans le village sans avoir à reprendre ma voiture. Je peux continuer la liste à l’infini car c’est comme cela que cela se passe dans la réalité.

Demander à des loueurs de juger du cadre de chambres d’hôtes que spontanément ils n’auraient pas louées avec en plus un enjeu de “stratégie” de jeu, ce n’est même plus de la télé réalité, c’est être à côté de la plaque.

Il est très difficile de juger une maison d’hôtes car cela est très personnel. Pour l’évaluer de façon objective, il faut faire abstraction de ses goûts et avoir une démarche de type inspection avec une grille de critères sans implications personnelles. On en revient donc aux éléments factuels, comme la taille de la chambre d’hôtes et des sanitaires, la qualité de la literie, le calme, l’occultation de la lumière, le confort général de la maison et des pièces à vivre, le soin apporté à la décoration et à la préparation du petit déjeuner sans oublier la personnalité du propriétaire qui fait souvent oublier certains désagréments. Et encore, juge-t-on par rapport à des niveaux de confort établis selon des grilles au lieu de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, comme si on pouvait comparer un château et un pavillon moderne, une maison de village et un domaine rural…

La leçon à tirer de tout cela quand on crée des chambres d’hôtes, c’est qu’il faut faire des choix clairs. Aménagements, décoration, équipements, rénovation…, tout doit être cohérent. Ensuite, il faut accepter l’idée que tout le monde n’aimera pas, ce qui n’a pas d’importance, on ne compte pas recevoir 6 milliards d’individus dans ses chambres, autant recevoir des personnes heureuses d’être là parce qu’elles ont choisi cette maison.

NB. Comme cette émission donne parfois lieu à des réactions passionnées, aucune critique sur une maison d’hôtes identifiable ne sera laissée en ligne

Ne mettez pas en danger votre projet de gîte ou chambre d’hôtes

Vous avec un projet de création de gîtes et chambres d’hôtes qui vous tient à cœur et vous cherchez la maison à acheter ou vous êtes en train de demander des devis pour chiffrer les travaux nécessaires. Ne mettez pas en danger votre projet en sous-estimant les questions juridiques et fiscales.

Je rencontre hélas souvent des créateurs qui ne s’intéressent pas suffisamment aux questions juridiques et fiscales, qui ignorent les formalités administratives et réglementaires à effectuer ou qui ne connaissent pas les droits et obligations liés à leur future activité. Je pense qu’ils prennent de gros risques. Ce qui a été toléré à une époque va l’être de moins en moins en période de crise, les propriétaires de chambres d’hôtes installés depuis longtemps sont bien conscients de l’évolution de la réglementation et fiscalité qui a eu lieu ces cinq dernières années.

Bien entendu, je vais vous recommander de vous abonner à Accueillir Magazine car cela vous permet de suivre toutes ces questions notamment parce qu’elles évoluent et qu’il faut s’adapter au fil de l’eau à ces évolutions. Mais il faut aussi savoir se faire conseiller lorsqu’un sujet est particulièrement délicat. Consulter un avocat, un notaire, un expert-comptable ou un architecte est parfois essentiel pour sécuriser le projet.

En attendant, sachez que l’UMIH, principal syndicat hôtelier, est, à partir d’aujourd’hui, en train de porter plainte contre des chambres d’hôtes illégales dans plusieurs départements. Sont visés les loueurs qui ne respectent pas les réglementations applicables : chambres d’hôtes non déclarées en mairie, dépassement de la limite de cinq chambres, non respect des normes incendie lorsqu’elles sont applicables, absence de licence…, le détail des plaintes n’est pas encore connu. A suivre dans Accueillir Magazine.

Avant de faire des choix pour vos chambres d’hôtes, vérifiez la crédibilité de votre information !

Internet est un monde à lui tout seul où on trouve le meilleur comme le pire et le petit monde de la chambres d’hôtes ou du meublé de tourisme ne fait pas exception à la règle. Entre personnes de bonne volonté qui répondent de bonne foi sur les forums mais ne maîtrisent pas forcément la totalité du sujet ou considèrent leur cas personnel comme le seul possible, entre “margoulins” qui créent un blog dans un coin en écrivant n’importe quoi pour gagner quelques sous grâce aux clics sur les publicités présentes sur le site, entre entreprises qui recrutent des stagiaires condamnés à “pisser de la copie”, afin de  faire grimper le site dans les résultats de recherche du web, une personne de bonne foi peut légitimement se faire abuser et tout le monde se faire appeler expert.

Evidemment je vais prêcher pour ma paroisse, un magazine professionnel comme Accueillir Magazine est une source fiable, et nous ne faisons que de l’information et de la formation sur le secteur de la chambre d’hôtes et du meublé de tourisme, autrement dit nous somme spécialisés.
Il y a aussi d’autres sources, notamment parmi les acteurs historiques de la chambre d’hôtes qui sont crédibles, présents depuis de nombreuses années et ne vous raconteront pas n’importe quoi pour décrocher un contrat sans se soucier des conséquences.

Peut-on se fier à n’importe quel blog  ou a n’importe quel commentaire ?

Est-ce raisonnable de choisir un prestataire apparu la semaine dernière qui intervient tous azimuts sur tous les sujets et à lui tout seul sait aussi bien choisir un statut juridique, faire une étude de marché, une analyse fiscale, conseille sur les travaux et connaît les dernières nouveautés en matière d’internet… Moi en tout cas, en temps que journaliste lisant tout ce que je peux à temps plein sur le secteur de la chambre d’hôtes depuis sept ans, je ne m’y risquerai pas.

Fausses informations

Mes dernières découvertes, rien que cette dernière semaine
– Une formation qui annonce proposer le permis d’exploiter – pour obtenir la licence boisson – en adaptant le contenu de la formation avec un peu de gestion, de fiscalité, et autres. Ah zut, c’est une formation dont le contenu est fixe avec des acteurs agréés par l’Etat, aucune chance d’obtenir sa licence après.
– Une analyse sur un blog expliquant qu’on peut faire chambres d’hôtes et que ce n’est pas imposable, aussi entendu d’ailleurs lors d’une interview sur une grande radio publique qui m’a fait exploser de rage dans ma voiture. Si vous suivez ce conseil, surtout appelez-moi, je veux voir la tête de votre contrôleur des impôts quand vous défendrez cette position, sources à l’appui !
– Une discussion dans un forum grand public qui explique que oui oui, vous pouvez rester particulier avec cinq chambres et table d’hôtes, le pseudo qui écrit en est sûr. Aïe,aïe, aïe !

Le problème, c’est que conseilleur n’est pas payeur et que chacun est responsable de ses erreurs, de ses décisions et que parfois c’est lourd à gérer et coûteux.
Alors, ne faites pas confiance à tout le monde ! Vérifiez vos sources, vous ne pourrez pas vous en porter plus mal !
C’était mon billet d’humeur – à chacun les siens –  parce que cela me serre aussi le coeur quand j’ai au téléphone des créateurs ou loueurs dans la m… Et c’est plus fréquent que vous ne  le pensez et cela aurait pu être évité à 80 %.

Ne pas improviser la création du gîte ou meublé de tourisme

Internet regorge de conseils pour ouvrir un gîte ou un meublé de tourisme. Les sites, souvent à but commercial, vont vous expliquer que c’est très simple, qu’il y a de nombreux avantages fiscaux et qu’il suffit de faire quelques aménagements, puis d’inscrire la location sur leur site. Ils vont s’occuper de tout.

Une fois de plus, les conseilleurs ne sont pas les payeurs et ce ne sera pas eux qui assumeront les problèmes éventuels. Certes créer un gîte n’est pas très compliqué mais cela suppose un peu de préparation si l’on ne veut pas que cela devienne un cauchemar.

Tout d’abord, il faut être clair sur ses objectifs et ses attentes financières mais également sur l’énergie que l’on pourra y consacrer au quotidien, tant pour assurer la promotion, accueillir les locataires, effectuer le ménage et la gestion. Ensuite, il faut étudier les besoins, vérifier qu’il y a de la demande et se faire une idée des tarifs de location.

C’est à partir de ce moment que l’on peut réfléchir aux équipements qui doivent nécessairement être adaptés aux locataires qu’on souhaite séduire, à commencer par la configuration des lits, simples ou doubles et les équipements électro-ménagers. Et je rajoute parce que j’ai visité dernièrement trois biens mis “brut” en location, les travaux nécessaires et notamment l’électricité aux normes.

Et enfin, il y a les démarches juridiques, les obligations réglementaires, le régime fiscal, les questions d’assurance, le classement éventuel… Tout ceci suppose donc un peu de réflexion préalable.

N’oubliez pas également que vos futurs clients sont de mieux en mieux informés et que certains ne vous rateront pas en laissant des commentaires sur internet ou se plaignant aux services concernés si vous n’avez pas fait les choses dans les règles et que leur séjour se passe mal. Pensez aussi à vos voisins qui peuvent s’inquiéter de cette nouvelle activité et des nuisances éventuelles.

Comme toute activité, devenir loueur de meublé saisonnier ne s’improvise pas, renseignez-vous correctement et ne croyez pas aveuglement le premier site venu.