Gîtes et chambres d’hôtes, penser habitat flexible

Depuis quelque temps, les professionnels du bâtiment parlent de logements modulables, évolutifs ou flexibles, une idée qui peut intéresser les créateurs de gîtes et chambres d’hôtes qui réfléchissent à leurs travaux et aménagements.

L’idée sous-jacente est de proposer des logements capables de s’adapter plus facilement aux étapes de la vie sans nécessiter des déménagements : arrivée des enfants, vie familiale, familles recomposées, départ des enfants de la maison, hébergement d’un proche âgé, vieillissement des occupants…
La maison utile aujourd’hui n’est probablement pas la même que celle nécessaire dans 10 ans. Le travail de projection n’est pas simple et personne ne peut prédire l’avenir, il dépend de chaque situation personnelle mais certaines préoccupations reviennent régulièrement.

On pense sécurité pour les jeunes enfants mais aussi pour les personnes âgées, adaptabilité au handicap ou à l’âge. On réfléchit cloisons mobiles pour modifier la configuration des chambres ou encore arrivées techniques et de plomberie pour aménager des wc, cuisines ou salles d’eau supplémentaires.
La flexibilité peut porter sur d’autres éléments, comme pouvoir aménager une chambre supplémentaire ou un bureau dans une très grande pièce de vie, pouvoir transformer une ou plusieurs chambres en appartement totalement indépendant…, ou inversement, revenir à une situation antérieure par exemple proposer à nouveau un salon qui avait été converti en chambres d’hôtes et sa salle d’eau attenante,  ou encore pouvoir créer une extension… La liste des possibilités est vaste. La question peut également se poser pour les extérieurs, les cheminements et les espaces de stationnement qui devront s’adapter aux évolutions de la maison.

Lorsque l’on se lance dans des travaux voire dans la construction d’une maison, il me semble important d’imaginer différents scenarii et de se projeter sur le long terme. Cette flexibilité pourra être utile ou pas, elle n’est pas nécessairement beaucoup plus chère à intégrer dans les travaux initiaux, elle pourra également faciliter la revente de la maison le jour venu.

Literie des gîtes et chambres d’hôtes, des erreurs à éviter

L’enjeu de l’achat de la literie en gîtes et chambres d’hôtes

  • la literie, son sommier et matelas doivent plaire au plus grand nombre
  • Le créateur doit payer son lit au juste prix
  • Le lit doit durer, choix des matières, protections, entretien sont pensés pour un usage professionnel
  • Le niveau de confort de la literie doit être adapté au niveau de confort et au prix de l’hébergement

L’achat des lits et le choix des sommiers et des matelas prend souvent du temps aux créateurs de gîtes et chambres d’hôtes. Il faut dire que l’enjeu est important puisqu’il en va de la qualité des séjours et du confort de ses hôtes. Il n’y a pas une réponse unique, le choix du lit dépendra évidemment du niveau de prix de la chambre d’hôtes ou du gîte, meublé de tourisme, c’est une évidence que tous les loueurs n’ont pas le même budget à y consacrer.

Des milliers de références de sommiers et matelas

Dans le domaine de la literie, il y a des milliers de références. Sur un des grands sites d’ameublement grand public, j’ai recensé 400 références de sommiers et 1 600 modèles de matelas. Faut-il choisir des ressorts ? de la mousse ? du latex ? Faut-il un soutien souple ? ferme ? très ferme ? Faut-il un sur-matelas ?
Vous risquez de passer des heures à comparer les densités, les épaisseurs, les hauteurs de lit… Et, en plus, les prix varient du simple au décuple ! Si vous allez en magasin sans avoir préparé votre visite, cela peut tourner au calvaire entre un commercial qui risque de vous faire essayer n’importe quoi pour, au final, vous vendre la référence sur laquelle il y a le plus de stock ou la meilleure marge. Et dans tous les cas, ces magasins vendent au grand public. Quand on achète une literie pour soi, on l’adapte à sa morphologie. Mais quel intérêt d’avoir un vendeur qui vous demande si vous avez des problèmes de dos et comment vous aimez dormir, vos préoccupations sont autres, notre corpulence, notre santé, nos goûts sont tous différents, la literie est choisie pour un usage professionnel.

Budget literie à surveiller

En plus, il s’agit d’un budget de plusieurs milliers d’euros et sur lequel cela peut déraper dans tous les sens. On n’a pas le droit de se tromper, il n’est pas question de racheter tous les lits de la maison dans six mois. Au contraire, il faut tout faire pour les entretenir et protéger afin de les conserver plusieurs années et amortir ce qui est un investissement. Si on achète trop cher, c’est de l’argent gaspillé et la multiplication des références a bien pour objectif d’empêcher la comparaison entre les vendeurs de literie et de rendre difficile la notion du juste prix
Acheter cher n’est pas nécessairement la garantie du bon choix, il faut surtout acheter juste, c’est-à-dire la literie qui correspond à son hébergement et qui va plaire au plus grand nombre. C’est une décision à mûrir bien avant l’ouverture du gîte et des chambres d’hôtes.

La literie, avis élogieux ou critiques fréquentes

Lorsque l’on lit les avis de voyageurs, la question du sommeil et de la literie est un des sujets qui revient fréquemment. Soit le lit était confortable, incomparable, soit il était de mauvaise qualité et la nuit a été un enfer. Il y a rarement de demi-mesure sur le sujet et critiques sont souvent très tranchées.
Sachant que les avis de voyageurs ont un impact non négligeable sur les réservations surtout lorsqu’il s’agit de la qualité du sommeil, le créateur ne peut pas traiter ce sujet à la légère. Il ne peut pas prendre le risque de se tromper. Vous même, vous n’avez pas envie de réserver dans une chambre d’hôtes ou une location touristique où vous avez lu que le matelas s’affaisse, que le sommier est pourri, qu’il y a un creux au centre !

Quand on achète une literie pour ses clients en gîtes, meublés de tourisme ou chambres d’hôtes, on est dans une démarche professionnelle, différente des achats que vous avez faits dans votre vie antérieure personnelle. Pour vous aider dans ce choix, vous poser les bonnes questions et vous approprier le vocabulaire du lit, nous avons fait le point. Le numéro 72 novembre/décembre vient de sortir, son dossier est consacré à la literie. Il est en vente sur le site. Lire ce dossier vous fera gagner du temps et de l’argent !

Chambres d’hôtes et salles de bains partagées

Je rebondis sur une question de Nicolas qui se demande combien de salles de bains ou de salles de douche dans une maison d’hôtes.

D’abord, la loi ne prévoit pas des salles d’eau privatives pour chaque chambre d’hôtes. “Art D 324-14. − Chaque chambre d’hôte donne accès à une salle d’eau et à un WC. ” Vous trouverez sur le site d’Accueillir Magazine le texte du décret de référence.
Donc accès, ne dit pas privatif.

En revanche, les labels peuvent avoir d’autres exigences et refuser de labelliser des chambres d’hôtes aux sanitaires partagés, c’est le cas de Gîtes de France. Rappellons que la labellisation n’est pas un classement et qu’il n’existe pas de classement dans le domaine des chambres d’hôtes.
Une démarche de labellisation des chambres d’hôtes par les offices de tourisme existe, elle s’appelle Chambre d’hôtes référence, nous l’avons détaillée dans notre numéro d’Accueillir Magazine 52 de juillet / août 2014. La charte de Chambre d’hôtes référence donne pour choix en ce qui concerne les salles d’eau ou de bains, je cite : “Salle d’eau (jusqu’à 5 personnes) (A partir de 6 personnes, 2 salles d’eau avec lavabo + douche ou baignoire, et 2 WC). Celle-ci ne devra pas être partagée avec les exploitants.”
Cela reste une charte de labellisation, donc pas d’obligation à s’y reporter, mais un bon indicateur.

Chambres d’hôtes, salles de bains privatives ?

Nicolas, quelques réflexions
– il faut se poser la question de la fluidité, on n’imagine pas une seule salle d’eau pour cinq chambres d’hôtes avec des temps d’attente ou des tours à prendre sur papier avec des quarts d’heure chonométrés.
– Cela pose nécessairement la question du prix, nécessairement plus bas que si la salle d’eau est privative.
– C’est une question d’information au consommateur, celui-ci doit savoir ce qu’il réserve et ça c’est non seulement du ressort de la loi mais aussi du bon sens si on ne veut pas le voir se déchaîner dans les avis de voyageurs.

Maintenant, c’est une bonne question à se poser, parce que créer une salle d’eau supplémentaire n’est pas toujours possible, on pense par exemple aux appartements, elle peut prendre la place d’une pièce de vie dont on a besoin. Des solutions existent, deux chambres en suite se partageant une salle de bains, la baignoire directement dans la chambre quand elle est spacieuse, la douche derrière un muret dans la chambre, j’ai pratiqué, très sympa et prend très peu de place…
Au final, une remarque, la montée en gamme donne maintenant beaucoup de maisons confortables, voire haut de gamme ou luxueuses, mais la chambre d’hôtes, c’est avant tout l’accueil, et cela laisse de la place avec des maisons plus simples, moins de travaux et d’investissements, des plus petits prix.

Pas de bruit, je dors en chambre d’hôtes, merci !

C’est une demande de la quasi-totalité des hôtes que vous recevrez dans votre maison. Ils recherchent le calme et la tranquillité or ce n’est pas toujours simple de vivre à plusieurs dans une maison d’hôtes. Le bruit est un sujet majeur auquel il convient de réfléchir très tôt bien avant l’ouverture d’un gîte ou de chambres d’hôtes.

Le bruit dérange

Le citadin stressé, le couple d’amoureux, le voyageur professionnel en déplacement…, nous avons tous peur du bruit. Tout un chacun a été confronté au moins une fois dans sa vie à une nuit pénible dans un hébergement sonore. Bruit de canalisation, voisins bruyants, portes qui claquent, circulation automobile, télévisions, trains, aéroports…, les sources de bruit sont nombreuses et peuvent faire d’une nuit un enfer. Or on vient en chambre d’hôtes avec en tête les notions de charme, de rencontre et de se reposer et cela exclut le bruit.

Silence et calme en chambres d’hôtes et gîtes

Parfois les créateurs de gîtes et chambres d’hôtes négligent cet aspect, notamment lors de l’achat de la maison d’hôtes. C’est vrai que c’est compliqué de trouver la maison d’hôtes à acheter et qu’il faut bien faire des concessions, des concessions oui mais pas sur les fondamentaux. Et négliger un environnement sonore qui semble lointain, c’est prendre un gros risque. Je pense à l’autoroute, on est parfois surpris d’entendre de très loin le bruit alors même que la route n’est pas visible. Quelqu’un qui habite sur place ne l’entend plus, mais quand on est pas habitué à un environnement sonore, on perçoit tous les bruits, ce n’est donc pas de la mauvaise fois des hôtes d’être dérangé par des bruits que vous n’entendez plus par habitude.

Autre aspect, décider  des travaux, des revêtements ou du choix du mobilier sans penser à l’insonorisation peut créer de bien mauvaises surprises, à commencer par la déception des hôtes et de très mauvais avis sur internet. Mauvaise e-réputation, des chambres vides, car les clients ne plaisantent pas sur ce sujet. Qui a envie de réserver dans des chambres d’hôtes désignées publiquement comme bruyantes ou dans un gîte dont on indique qu’il est longé par la nationale et qu’on ne peut pas ouvrir les fenêtres ?

Pas de bruit en maison d’hôtes, merci !

Réfléchir au bruit et à l’insonorisation de ses chambres, organiser le fonctionnement de la maison pour limiter les nuisances sonores sont des questions à se poser sérieusement. C’es en fait revenir aux fondamentaux, les hôtes veulent d’abord bien dormir et plus encore, accueil, petit déjeuner…, mais d’abord bien dormir ! Pour ceux qui souhaitent aller plus loin et bien intégrer cet élément dans leur projet de création, nous leur conseillons le dossier consacré au bruit du numéro d’Accueillir Magazine 53 Septembre/Octobre. Vous pouvez l’acheter sur le site internet ou par correspondance.

Baignoire ou douche en chambre d’hôtes ?

Baignoire ou douche pour ses chambres d’hôtes, c’est la question qui m’est posée par Jacques, un lecteur du blog. Si j’étais à sa place, voici comment je réfléchirais. Il y a plusieurs critères à prendre en compte pour faire son choix.

La consommation d’eau

Une douche consomme moins qu’une baignoire, encore plus parce qu’on peut y mettre un mousseur pour diminuer le débit sans baisser la qualité.
C’est un critère économique, le coût du mètre cube ne va pas diminuer et c’est une considération écologique et quand on ouvre une maison d’hôtes, on est attentif à l’environnement.

Le temps de ménage, c’est de l’argent

Votre temps – pour moi qui témoigne auprès des créateurs de chambres d’hôtes -, c’est primordial. Nettoyer une douche ou une baignoire, ce n’est pas le même travail, ni le même mal de dos, encore plus quand on peut faire des douches à l’italienne, même “fausses”, avec une petite marche car on ne peut pas toujours creuser pour la pente d’évacuation.
Gagner 10 minutes de ménage par chambre, par jour en pleine saison, si on a cinq chambres, cela représente presque une heure de femme de ménage, ou si c’est vous qui faites le ménage, c’est cinquante minutes de sommeil en plus. Un hébergeur qui dort suffisamment a plus de chances d’avoir le sens de l’humour, une attention aux autres et l’accueil, fait vraiment partie de la qualité, plus qu’une baignoire.
Cependant, je fuis aussi les bacs à douche avec portes coulissantes, la grande majorité est non nettoyable, on finira nécessairement par avoir des traces noires dans les rainures et ça ce n’est pas acceptable en chambres d’hôtes, ni en gîte.

Les attentes des clients

Sur les études hôtellerie, les clients préfèrent majoritairement la douche, ceci dit cela prend beaucoup en compte les voyages d’affaires et urbains où on est plus pressé, ce qui n’est pas le cas non plus d’une “maison d’hôtes destination” où les chambres d’hôtes accueillent des personnes pour le repos et la détente.
Cela dépend aussi si on accueille des familles, dans une chambre familiale, la baignoire est bienvenue car plus facile pour laver les plus petits et laisser un peu jouer les plus grands.
En revanche, les personnes âgées ont du mal dans les baignoires.
C’est d’ailleurs pour cela que les chambres aménagées pour les personnes handicapées sont aussi plébiscitées par tous ceux un peu grands, forts, ou ayant des problèmes de mobilité.

Le coût d’équipement et le retour économique

L’hypothèse évoquée par notre lecteur de mettre baignoire et douche, cela multiplie les coûts (achat équipement et travaux et frais de plomberie), et le temps d’entretien.
Cela prend de la place et l’espace, c’est du luxe surtout si on accueille des citadins.
Est-ce qu’avoir baignoire ou douche cela va faire réserver plus la maison ? J’en doute ou alors ce sera à la marge et pas suffisamment pour que cela soit un critère économique. Dans tous les cas, vous pouvez justifier votre choix de douche par une démarche environnementale et de plus en plus de personnes l’accepteront.

Pour poursuivre la réflexion, on peut prendre en compte le fait d’avoir ou pas dans la maison une piscine et / ou un spa. Si oui, les hôtes vont multiplier les douches et pas les bains. Je ne sais pas vous, mais le bain, c’est une détente fin de journée, après la piscine, ou dans la journée c’est plus douche tonique et on en revient à la consommation d’eau si les hôtes se lavent plusieurs fois par jour.
C’est vrai aussi pour les régions chaudes, où en pleine chaleur, un hôte passera facilement sous la douche pour se rafraîchir pas dans une baignoire.

Surenchère à la montée en gamme

De manière générale, il y a une tendance à la surenchère des équipements qui pousse les créateurs de maisons d’hôtes à faire des investissements de plus en plus conséquents. Et ce parce que les référentiels de classements se basent uniquement sur l’équipement, ils ne mesurent pas la qualité de l’accueil. Alors faut-il nécessairement les suivre ?

Si c’était moi puisque vous me demandez mon avis, je ne mettrais pas les deux, douche et baignoire.
Si j’ai plusieurs chambres, j’en ferai probablement une avec baignoire pour les amateurs et les familles et les autres avec douche.
La qualité de votre maison se juge sur l’ensemble de la prestation. Pour moi, le vrai luxe, ce n’est pas la baignoire ou la douche balnéo, c’est ne me poser aucune question car tout est intuitif. Je déteste me battre avec des mitigeurs, m’ébouillanter ou me prendre de l’eau froide, me tremper les cheveux quand je ne le veux pas parce que je n’ai pas compris le fonctionnement de la douche, ça ça m’agace au plus haut point. En revanche, je n’ai jamais choisi une maison pour une baignoire. D’autres critères sont bien plus importants.

Y a-t-il encore de la place pour des chambres d’hôtes à petit prix ?

La question est venue lors de notre stage de formation la semaine dernière. Un couple part sur l’idée de créer des chambres d’hôtes à petit prix, avec peut-être pour certaines sanitaires partagés – ce qui est possible réglementairement parlant, c’est seulement une question d’information au consommateur.

Mais devant la montée en gamme voulue par les labels, Gîtes de France par exemple n’accepte plus les sanitaires partagés, la médiatisation des chambres d’hôtes, les plus belles du Figaro, des Maisons et des Hôtes, les livres de Marie-Dominique Perrin, les maisons mises en avant dans la communication des comités départementaux du tourisme…, ils ont l’impression que la tendance est aux maisons d’hôtes haut de gamme voire luxe et que les autres ont disparu.

Les prix des chambres d’hôtes

Disparus, oui mais seulement de l’espace médiatique magazine et télé.

Ces maisons d’hôtes haut de gamme représentent 10 % environ de l’offre chambres d’hôtes. On trouve des chambres d’hôtes à tous les prix et plus important en fait, on trouve des clients qui ont tous les niveaux de revenus, y compris faibles, qui ont envie de partager des moments de vie chez les autres. L’hospitalité et la convivialité ne sont pas fonction du revenu.

Le charme de la maison d’hôtes, c’est bien de ne ressembler à nulle autre, elle est le reflet de la personnalité du propriétaire. De l’autre côté, ceux qui louent, vos hôtes sont aussi tous différents avec leurs goûts et envies. Certains choisiront la déco, d’autres la promesse d’une bonne table, d’aucuns craqueront devant le jardin, mais dans la grande majorité des cas, le prix entrera pour une part non négligeable dans le choix de la location.

Fixer ses prix dépend de son offre – maison, chambres…-, de l’étude de marché, de la région où on s’installe. Ce qui est dangereux, c’est de se tromper quand on fixe ses prix sur le positionnement de son offre, pas de choisir d’ouvrir des chambres d’hôtes dans une maison toute simple mais chaleureuse. Tous les choix sont possibles, c’est juste une question de cohérence et de bien réfléchir son projet, qui dans les faits ne doit pas être abordé par la seule question du prix, trop réductrice.

Quelle surface pour mes chambres d’hôtes ?

Je lis tout et son contraire sur la question de la surface minimale des chambres d’hôtes, parfois 10 m², d’autre fois 12 m², voire 15 m². Et pourtant c’est un point essentiel à connaître avant de se lancer dans des travaux ou l’achat immobilier d’une maison d’hôtes.

Tout d’abord, le texte de loi et le décret ne précisent pas ce point. Ils se limitent à parler d’une chambre meublée située chez l’habitant. Par conséquent, la chambre d’hôtes est une chambre et la réglementation impose qu’aucune pièce d’habitation ne soit inférieure à 7 m², surface portée à 9 m² si l’on considère que la chambre d’hôtes est une chambre isolée.

Rentre après en ligne de compte la question des labels puisque certains vont avoir leurs propres exigences quant à la superficie de la chambre et de celle des sanitaires. Il n’y a pas d’obligation à être labellisé mais si on le souhaite mieux vaut se renseigner dès le départ sur les exigences du label car il sera difficile de déplacer les murs par la suite. Autre point à penser, mieux vaut se projeter sur la surface des chambres après travaux, si on doit en prendre une partie pour aménager des salles d’eau et sanitaires privatifs.

Enfin, le confort et le bien-être sont très souvent associés à l’espace. C’est souvent le point fort des maisons d’hôtes qui proposent des chambres et des sanitaires spacieux ou dont l’agencement a été très bien pensé. Vos futurs hôtes, étrangers mais aussi français, y seront très sensibles. D’une certaine façon, la taille des chambres est un élément qui va être pris en compte dans le calcul du coût de la nuitée, c’est un de ces éléments facilement comparables qui déterminent le prix d’un hébergement.

Ceci dit, des petites chambres d’hôtes très bien aménagées et pensées peuvent paraître plus grandes et avoir plein de charme. C’est à considérer car le coût de l’achat immobilier est à prendre en compte dans son projet. Et en cette période de crise économique, je suis convaincue qu’il y a un créneau pour des hébergements un peu moins chers que la moyenne actuelle, dont l’emprunt immobilier pèse moins sur les loueurs, mais chez qui l’accueil a toute sa place.

Créer une ambiance dans sa maison d’hôtes, l’enjeu de la décoration

Décoration, ambiance et charme

Beaucoup de créateurs de gîtes et chambres d’hôtes aiment la déco et certains misent dessus pour séduire leurs futurs visiteurs. Même s’il ne faut pas oublier les autres aspects – étude de marché, actions de promotion traditionnelle, création et référencement du site internet… – on ne peut pas nier l’importance de la décoration dans les hébergements touristiques et surtout sa capacité à séduire voire à dynamiser les réservations. Parce que finalement, une fois toutes les méthodes mises en oeuvre pour être visible sur le net et ailleurs, c’est la déco qui transmet l’ambiance de la maison grâce aux photos. Et les photos, c’est bien l’un des critères sur lesquels le client qui n’est pas encore venu fait son choix.

Au moment de la réservation et de ses recherches sur internet, le visiteur est attiré par cette ambiance si différente de son quotidien. Que la décoration soit simple ou beaucoup plus sophistiquée, elle évoque le dépaysement, celui de se retrouver bientôt dans une maison traditionnelle à la campagne entourée de grands plaines ou de forêts, dans une villa contemporaine de bord de la mer un peu isolée ou au sein d’une station balnéaire ou dans une maison d’architecte très moderne au mobilier design qui évoque telle ou telle époque récente pour ne citer que quelques exemples.

Une fois sur place, le décor fait partie intégrante du séjour. Le visiteur oublie son appartement en ville ou sa maison à la décoration parfois un peu défraîchie, il vit autre chose, une parenthèse dans un hébergement où les détails et aménagements ont été soignés, une maison idéale. Chaque jour, il retrouve avec plaisir ce lieu qui suscite des émotions et contribue à ce sentiment de vacances.

Réfléchir à la décoration de ses chambres d’hôtes avant de les ouvrir, modifier l’ambiance de la maison de temps à autre, avoir une décoration cohérente avec sa maison, le bâti, ses goûts, son accueil, sa table… sont des enjeux de poids. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais il faut faire des choix, ne pas en faire, c’est prendre le risque de ne plaire à personne.
Notre dossier du numéro septembre/octobre est consacré à ce sujet. Six ambiances sont passées à la loupe, un décorateur loueur de chambres d’hôtes donne son point de vue… Accueillir Magazine est en vente sur le site.

Chiffrer les travaux avant d’acheter sa maison d’hôtes

A cette période de l’année, une bonne partie des personnes qui ont un projet de maisons d’hôtes à court ou moyen terme, qu’il s’agisse de faire chambres d’hôtes et/ou locations saisonnières, sillonnent la France et visitent des maisons à vendre. Certaines propriétés sont séduisantes à des prix accessibles mais il y a parfois beaucoup de travaux. L’enjeu est de les chiffrer correctement, ce qui est tout sauf facile.

Comment chiffrer ?

Tout d’abord pour le gros oeuvre, le mieux est de faire appel à un architecte ou à un entrepreneur lors d’une revisite. Il est en effet difficile de se faire son opinion sur la complexité et le coût de la rénovation d’une toiture ou d’un plancher ou de chiffrer convenablement le coût d’un agrandissement ou d’une modification complète des circulations.

Pour les autres travaux, le chiffrage est parfois plus facile. On compte entre 250 et 500 euros par m² pour refaire les revêtements, peinture et sol, lorsque les matériaux sont standards ou de 80 à 150 euros par m² pour une rénovation électrique. Quant aux salles de bains, les fourchettes sont souvent importantes selon l’ampleur des travaux. Cela peut aller de 3 000 à plus de 10 000 euros…

Il existe de nombreux sites internet qui proposent des devis en ligne ou des outils de simulation pour affiner les coûts en fonction des équipements. Cela peut paraître séduisant mais sous condition de bien lister toutes les tâches qui devront être effectuées et de se limiter à des travaux simples. Sur ces sites, construire une terrasse peut paraître abordable sauf si l’on oublie le coût du terrassement car le terrain est en pente. De même, refaire une toiture peut être raisonnable sauf s’il faut reprendre toute la charpente voire consolider les murs. Quant à construire une piscine, cela dépend aussi de ce qu’on va trouver en creusant.

Se faire conseiller avant achat

Pour toutes ces raisons, je pense qu’il ne faut pas hésiter à se faire conseiller avant l’achat. C’est un investissement rentable si on le met en relation avec tous les risques de dérapage du budget travaux ou de non-faisabilité des travaux. Cela suppose cependant que l’on est soi-même au clair sur les travaux à effectuer. Reste à trouver sur place l’homme de l’art qui sera en mesure d’établir des devis rapidement ou au moins de donner des ordres de grandeur fiables avec des délais réalistes.

Les CAUE peuvent vous aider. Ce sont des services départementaux, conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement. Ils connaissent bien les gîtes et chambres d’hôtes et prennent en compte les problématiques liés à la restauration de bâtis anciens, la rénovation énergétique et l’intégration dans le paysage de piscine ou l’aménagement de jardins.

Il ne faut pas se mentir, c’est compliqué, parce qu’il faut multiplier les visites du bien immobilier pour comprendre le potentiel de la propriété, définir ses attentes finales, en déduire les travaux à faire, leur faisabilité, y compris sur le plan légal. Pendant ce temps, on retarde la promesse de vente, au risque de voir d’autres acheteurs intéressés vous prendre de vitesse. Mais cela vaut mieux que d’acheter un bien immobilier dont les coûts de remise en état seront prohibitifs ou les travaux si longs qu’on ratera une saison touristique en épuisant sa trésorerie.

 

S’immerger dans le quotidien du loueur ou presque…

Vous êtes en train de réfléchir à votre projet de création de gîtes ou chambres d’hôtes. Vous cherchez une maison, vous dessinez les ébauches des futurs plans et aménagements, vous déplacez les cloisons d’un coup de crayon, vous construisez une extension, vous vous immergez dans les magazines de décoration et faites de nombreux projets.

Attention, il y a un risque de perdre la réalité de vue. Il faut aussi penser pratique et quotidien, réfléchir à votre future vie lorsque vous allez ouvrir les portes de votre maison d’hôtes et accueillir vos visiteurs. Il s’agira alors surtout d’avoir bien réfléchi à tout de façon à ce que les séjours se passent le mieux possible et que votre charge de travail reste supportable, même en haute saison, parce que ce qui fait un séjour réussi, c’est avant tout votre accueil et pas le détail déco de plus.

C’est pour cette raison que je recommande aux porteurs de projet d’aller sur des sites d’avis de voyageurs, comme Tripadvisor, Vinivi ou Zoover, et de consulter les avis laissés par les internautes sur les établissements qu’ils ont fréquentées. Cela donne une bonne image de la réalité de l’accueil au quotidien, de ce qui se passe généralement bien mais aussi des difficultés les plus fréquentes. Y passer quelques heures permet de mieux comprendre les attentes des visiteurs et les points clés qui feront que votre gîte, location saisonnière ou vos chambres d’hôtes seront particulièrement appréciés.

Pour ceux que le sujet des avis de voyageurs intéresse tout particulièrement, je recommande la lecture de notre numéro de mars/avril 2013. Son dossier y est consacré.