Quitter la ville

L’épidémie semble pousser des citadins à vouloir quitter les appartements des grandes métropoles. Les agents immobiliers vont état de demandes en hausse en faveur de villes plus petites, de zones rurales ou du littoral depuis la fin du confinement, avec comme critères de recherche de l’espace, un jardin et une bonne connexion internet.

Le télétravail n’explique pas tout

Cette demande n’est pas uniquement liée au développement du télétravail. Elle révèle des maux plus profonds : coût du logement dans les grandes villes, pollution, difficultés de transport, stress… L’épidémie a eu pour effet de pousser tout un chacun à réfléchir à ses priorités. La recherche d’un meilleur cadre de vie est devenu un objectif pour certaines familles. Même si le phénomène n’est pas massif, l’épidémie l’a probablement accentué. Pour la première fois dans certaines enquêtes le salaire n’est plus en tête de liste des attentes pour chercher un emploi, la qualité de vie prime.

Une nouvelle vision du travail

Le rapport au travail poursuit sa mue également. Pour de multiples raisons, certains salariés veulent réduire leur temps de travail en entreprise ou se mettre à leur compte et mener à bien des projets personnels qui leur tiennent à cœur. Ils se disent que, dans cette grande maison à l’écart de la ville, ils pourront se lancer dans la permaculture, l’apiculture, l’artisanat ou l’accueil touristique, voire dans les quatre activités en parallèle. Gîtes, chambres d’hôtes ou hébergements insolites peuvent y trouver leur place.

La viabilité du projet

La transition vers cette nouvelle vie peut être difficile. La précipitation n’est pas bonne conseillère. Il faut se préparer sérieusement à ce changement de vie pour mettre toutes les chances de son côté quitte à différer la date de départ. Et se rappeler que plus que quitter la ville, il faut partir pour un projet de vie, la première formulation est un refus et on ne crée pas sur un refus, on crée sur des attentes, un projet, des envies, des passions…

Accueillir Magazine, les articles à la une du numéro 88

Accueillir Magazine n°88 Juillet / Août 2020

Le numéro 88 juillet/août 2020 vient de sortir. La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les sujets qu’elle a choisi de mettre à la une de ce nouveau numéro. 

Un dossier sur le tourisme à pied ou à vélo

Un nombre croissant de touristes s’adonnent aux sports de pleine nature. A pied ou à vélo, les itinéraires sont nombreux et les pratiques variées. Balade, randonnée, marche nordique, randonnée urbaine, trail, cyclotourisme, vtt… il s’agit de belles opportunités pour les loueurs de chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme. Qui sont ces adeptes ? Comment les séduire ? Comment se démarquer ? Accueillir Magazine s’intéresse à ces belles opportunités dans le dossier de ce numéro.

Covid-19, retour d’expérience et état des lieux

Un article double-page s’intéresse également aux conséquences du Covid-19 avec les résultats d’une enquête exclusive auprès des loueurs de chambres d’hôtes, de gîtes et de meublés de tourisme. Comment-ont-ils vécu les derniers mois ? Ont-ils reçu des aides ? Comment gèrent-ils les contraintes sanitaires ?
Sans oublier le point sur la prolongation des aides et qui est éligible.

Impôts, les demandes de remise gracieuse

Dans certains cas, un report d’impôts n’est pas suffisant, mais une demande de remise gracieuse est parfois possible. L’administration fiscale peut accepter d’annuler tout ou partie de la dette. Retour sur une procédure méconnue.

Une fiche pratique sur les vidéos

Les réseaux sociaux – Facebook, Youtube, Instagram… – font la part belle aux vidéos. Les internautes les plébiscitent. Elles sont souvent inspirantes et déclenchent des réservations. Lumière, matériel, montage… une fiche pratique pour réussir ses vidéos et tirer partie des réseaux sociaux.

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 88 juillet/août 2020 sur le site d’Accueillir Magazine.

Créer un hébergement touristique en crise Covid

Les créations d’entreprises sont moins nombreuses en période de crise. Les incertitudes ont tendance à démotiver les porteurs de projet qui pensent que ce n’est pas le bon moment pour se lancer. Et pourtant, les statistiques montrent que les créations en période de crise donnent naissance à des entreprises plus solides que les autres, ce qui peut surprendre.

Des entreprises plus solides que les autres

En période de crise, le créateur est plus combatif. Il va prendre plus de temps pour préparer son projet, chercher à mieux répondre aux attentes des clients et se différentier. En s’interrogeant sur la pertinence de créer en période de crise, il va être plus inventif, plus fouiller son business plan, plus réfléchir, il va avoir des difficultés supplémentaires pour convaincre ses interlocuteurs banquiers et autres.

Moins facile, plus sûr

Quand on crée en période faste, on se contente souvent de se calquer sur ce qui existe et de le reproduire. En période de crise, un créateur n’a pas d’autre choix que d’être plus attractif que les autres. Trop dangereux pour lui d’attendre le client venir tout seul. Les crises passées ont ainsi favorisé des innovations et permis la démocratisation de nouveaux produits. Il y a fort à parier que la période actuelle va accélérer des évolutions déjà à l’oeuvre voire faire émerger de nouvelles pratiques. Le tourisme ne sera pas à l’écart de ces phénomènes.

Le créateur de chambres d’hôtes ou de gîtes a tout intérêt à innover.

Il y a quelques jours, je répondais à une créatrice qui est en train de préparer l’ouverture de son gîte que les attentes des vacanciers allaient probablement évoluer du fait de la crise sanitaire mais, qu’en réalité, les attentes évoluent fortement depuis des années dans de nombreux domaines.

La gestion d’un gîte ou de chambres d’hôtes n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 10 ans.

La réservation se passe en ligne, la décoration joue un rôle majeur, les habitudes alimentaires évoluent, les pratiques sportives également… Il faut abandonner certaines pratiques et en adopter de nouvelles, en un mot innover.

Trois familles d’innovation à suivre

Pour alimenter cette réflexion, je vois trois grandes familles d’innovations possibles pour les années à venir.
La première est liée à l’utilisation des nouvelles technologies qui modifient les comportements avant mais aussi en cours ou après le séjour. La digitalisation ne fait que commencer.
La deuxième consiste à s’intéresser à certaines demandes négligées en offrant des prestations d’hébergement ou des activités personnalisées.
La troisième propose des expériences touristiques plus intenses par exemple autour de thématiques comme la culture, le sport, le bien-être, la gastronomie, l’oenotourisme…

Pourquoi ne pas profiter de cette période particulière pour revisiter son projet de création en faisant preuve d’imagination. Pensez, rêvez, inventez, cela sera réalisable ou pas, rentable ou pas. Certes, il faudra trier, hiérarchiser, renoncer à certains aspects mais pas d’interdit au départ d’un projet, le business plan est là pour rendre le projet réel et faisable.

Accueillir Magazine, les articles à la une du numéro 87

Accueillir Magazine n°87 mai/juin 2020

Le numéro 87 mai/juin 2020 vient de sortir. La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les sujets qu’elle a mis à la une de ce nouveau numéro.

Un dossier spécial sur la relance de l’activité

L’épidémie de Covid-19 a mis à l’arrêt chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme. Avec la fin du confinement, l’activité reprend doucement. Comment relancer son activité ? Comment bénéficier des aides disponibles ? Comment préparer la saison estivale ? Accueillir Magazine consacre un dossier spécial à ces questions.

Une présentation détaillée des bonnes pratiques sanitaires

La rédaction d’Accueillir Magazine détaille les bonnes pratiques à adopter en chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme pour rassurer, protéger et se protéger du coronavirus. Quatre pages pleines de conseils pratiques.

Une fiche pratique sur la communication

Il faut informer les internautes sur le fonctionnement de la maison, présenter les activités accessibles et adapter sa communication. Une fiche pratique fait le point sur toutes les modifications à apporter.

Une interview exclusive

Ouverture, limite de 100 kilomètres, port du masque, responsabilité du loueur, conditions d’annulation, avoirs… les sujets d’interrogation sont nombreux. Un avocat répond à vos questions.

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 87 mai/juin 2020 sur le site du magazine et vous abonner en ligne.

Porteurs de projet, la parole est à vous !

Certains d’entre vous sont en train de réfléchir voire de préparer l’ouverture de leurs gîtes ou de leurs chambres d’hôtes. Ils y pensent depuis quelques années et ont peut-être commencé à rechercher une maison, à chiffrer des travaux ou à effectuer des démarches. Tout dépend à quel stade de son projet on est.

Le Covid 19 bouleverse tout. L’urgence sanitaire prime sur tout le reste, elle nous oblige à nous adapter afin de se protéger et de protéger nos proches, elle nous conduit à reporter de nombreux déplacements non strictement indispensables. Les chantiers fonctionnent au ralenti, les banques et les offices notariaux aussi. Certaines démarches sont possibles à distance mais pas toutes.

Il est possible d’avancer sur son business plan et étude de marché. La recherche immobilière n’est pas figée, par exemple quand on cherche une maison à acheter, on peut demander au loueur de se déplacer dans la maison avec WhatsApp par exemple pour organiser une visite à distance, il peut prendre des photos détaillées et les envoyer par wetransfer et le créateur peut récupérer les documents nécessaires comme le bilan comptable et s’entretenir avec le vendeur sur son activité, qui vient chez lui, par quel canal il trouve ses clients… Mieux que rien, cela permet d’avancer dans son projet.

Pour les déjà jeunes loueurs, la saison devait commencer dans les prochains jours. Il faut reporter toutes les charges possibles car la trésorerie est probablement très basse – cette remarque est valable pour tous les loueurs !. C’est certainement très difficile sans compter que si les travaux sont interrompus, il est difficile de savoir si on va même pouvoir sauver un peu de la saison.

Nous savons par certains des stagiaires venus participer à une de nos formations les questions qu’ils se posent Et vous, comment vivez-vous cette période ? Votre projet d’ouverture est il menacé ou reporté ? Avez-vous besoin d’aide concernant certaines démarches ? N’hésitez pas à échanger sur ces sujets sur le blog via les commentaires ou sur notre page Facebook.

Crise et continuité oui mais d’abord ne pas être seul

En 2006, j’ai créé ce blog pour réfléchir sur tous les aspects de la création d’une maison d’hôtes, d’un gîte ou d’un petit hébergement touristique et discuter avec vous de ce projet de vie. Je l’alimente régulièrement pour vous donner des idées, des informations, des conseils et vous permettre de réussir votre projet.

Le contexte actuel est particulièrement anxiogène. L’épidémie de Covid 19 est violente. Elle met sous pression les hôpitaux et tout le personnel de santé qui doivent faire face à de très nombreux malades parfois en urgence vitale. Elle aura de fortes conséquences sur l’économie mondiale, et bien sûr sur celle de notre pays. Le tourisme est l’un des secteurs les plus impactés.

Cette situation inquiète de très nombreux loueurs de chambres d’hôtes et de meublés de tourisme qui sont confrontés aux annulations de séjours et à une grande incertitude quant à l’avenir. Pour nombre d’entre eux, le revenu de leur activité est essentiel.
Espérons que nos responsables politiques l’aient compris, toute une série de mesures ont été annoncées à destination des travailleurs indépendants et des micro-entrepreneurs pour les aider à tenir. Les loueurs de chambres d’hôtes et de meublés de tourisme peuvent en bénéficier.

L’une de mes grandes inquiétudes les concerne, un entrepreneur individuel se met à son compte car il veut être indépendant. Il est confiant dans l’avenir. Il se fixe des objectifs ambitieux. Il a donc du mal à demander de l’aide, à faire les démarches pour obtenir un report d’échéance auprès de sa banque ou des impôts. Il assimile cela à un échec. Non, ce n’est pas un échec. Il faut savoir se faire aider et ne pas rester seul face aux difficultés.

Je suis également très inquiète pour certains créateurs qui sont en train de préparer l’ouverture de leurs chambres d’hôtes et qui ont des travaux en cours, un prêt relais ou des échéances à tenir. Là aussi, faites vous aider, demandez des reports. Et ne restez pas seul face aux difficultés.

Nous nous sommes organisés afin de pouvoir continuer à vous informer via le blog, les lettres électroniques des abonnés et l’ensemble de nos publications dont le prochain magazine qui sera, je l’espère, dédié à relancer l’activité et faire le meilleur été possible. Nous sommes joignables par courriel ou par téléphone.
Vous nous retrouvez sur Accueillir Magazine et notre page Facebook

Accueillir Magazine, les articles à la une du numéro 86

Le numéro 86 mars/avril 2020 vient de sortir.

La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les quatre sujets qu’elle a mis à la une de ce nouveau numéro.

Un dossier complet sur le petit déjeuner

Le petit déjeuner est un moment phare du séjour en chambres d’hôtes. Les visiteurs y attachent de l’importance, beaucoup prendront leur temps pour en profiter, une vraie pause avant d’attaquer une journée bien remplie. Comment rendre ce moment exceptionnel ? Faut-il faire évoluer son petit déjeuner actuel ? Quels ajustements opérer ? Accueillir Magazine consacre son dossier à ces questions.

Contrôle fiscal, collecte de données massive

L’administration fiscale va débuter une collecte massive de données personnelles afin de mieux traquer certaines fraudes difficiles à repérer. Nous avons fait le choix de présenter le détail de ces nouveaux textes pour vous en expliquer le fonctionnement et les infractions concernées.

Aide au chauffage, mode d’emploi

Les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique changent en 2020 : nouveau CITE, Ma Prim’Renov… Une fiche pratique présente les nouvelles aides.

Apparaître sur les GPS

Etre présent sur les GPS facilite l’accès à l’hébergement et peut générer des réservations. Comment faire apparaître son hébergement sur les GPS ? Quels sont les pré-requis pour y figurer ? Nous avons choisi d’y consacrer un article complet.

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 86 mars/avril 2020 sur le site du magazine et vous abonner en ligne.

Création de chambres d’hôtes, compléter le dossier du dispositif démission reconversion

Le nouveau dispositif de reconversion destiné aux salariés, présenté sur le blog en juillet 2019, est en place. L’indemnisation chômage des salariés démissionnaires nécessite la validation du caractère réel et sérieux du projet de création ou de reprise d’entreprise. Le dossier est à préparer avec le conseiller en évolution professionnelle (CEP) avant d’être présenté à la commission de validation. Certaines rubriques du formulaire ne sont pas simples à compléter.

Description de l’activité de la future entreprise

Dans cette rubrique, le porteur de projet doit décrire l’offre de services et le type d’activité envisagée.

  • La présentation doit mentionner le nombre de chambres d’hôtes créées, le maximum étant de cinq, et la capacité d’hébergement, le maximum étant de 15 personnes.
  • Il parait nécessaire de rappeler que la chambre d’hôtes s’accompagne du service du petit déjeuner
  • et indiquer si d’autres prestations de services ou équipements seront proposés à la clientèle : table d’hôtes, location de vélos, piscine, bains à remous…
  • La description peut être complétée par une présentation du positionnement – simple, confortable, haut de gamme, luxe… – et une indication des prix envisagés.
  • Il faut également indiquer, puisque demandé, qu’il s’agit d’une activité de type commerciale sur le plan juridique, sauf à ce qu’il s’agisse d’une activité de diversification agricole.

Analyse globale du marché

Dans cette rubrique, le porteur de projet doit présenter les tendances du marché et les évolutions réglementaires, technologiques et sociétales. Il s’agit d’une présentation synthétique du secteur de la chambre d’hôtes et des mutations en cours.

  • Il paraît utile de rappeler qu’il y a près de 23 000 maisons d’hôtes en France dont x dans le département ou dans la ville,
  • que la chambre d’hôtes a profité du développement des courts séjours et d’une demande de rupture et dépaysement,
  • qu’elle fait l’objet d’une définition légale et réglementaire depuis 2006 et de normes à respecter – sécurité, licences boissons… –
  • et que sa commercialisation est fortement influencée par le développement d’internet, tant dans la promotion que pour la réservation.
  • Selon le positionnement choisi, on peut mettre l’accent sur un positionnement développement durable ou thématique.

Analyse de la clientèle

Dans cette rubrique, le porteur de projet doit présenter les principales cibles clientèles et leurs motivations, freins, mobiles et critères de choix.

  • Il peut s’agir d’une clientèle de loisirs ou d’une clientèle professionnelle qu’il convient de décrire précisément,
  • d’une clientèle française ou étrangère,
  • de couples, de familles avec enfants…
  • Cela doit être complété par une analyse des motivations de séjour – repos, visites, shopping, travail, sport…- et des critères de réservation – localisation, prix, équipements, services…
  • Pour aller plus loin, on peut utiliser la technique des personnas qui consiste à décrire en détail le profil des cibles clients.

Analyse de la concurrence

Dans cette rubrique, le porteur de projet doit présenter une analyse de son offre dans l’environnement de marché.

  • Cela nécessite d’analyser les hébergements concurrents de façon détaillée
  • et de présenter les points forts et les points faibles de son offre.
  • Plus la concurrence est forte sur le territoire, plus l’analyse doit être poussée.
  • Le porteur de projet doit pouvoir justifier le choix des cibles clientèles, l’offre, le positionnent et les prix envisagés.
    Une très grande cohérence est nécessaire.

Le dossier de validation précise que ces analyses peuvent être complétées par une étude de marché. Cela paraît nécessaire car les dossiers les plus étayés auront un avantage sur les autres. En revanche, même si le dossier indique que l’étude de marché peut se substituer au remplissage de ces rubriques, il paraît utile de faire l’effort d’une synthèse dans le dossier principal.

Nous traitons tous ces aspects dans nos formations 2 jours pour ouvrir des chambres d’hôtes.

Chambres d’hôtes et nouveau modèle de vie

Retrouver du sens, vivre selon ses valeurs, proposer à sa famille un autre mode de vie, ce sont des demandes fortes en cette époque où l’humain est fortement malmené.

Certains se tournent vers l’activité d’accueil et les chambres d’hôtes et meublés de tourisme comme choix de vie. Cela englobe plusieurs notions différentes mais conciliables et c’est bien la magie de la chambre d’hôtes et du gîte de se moduler à volonté.

Le loueur peut faire des choix forts et vivre dans le respect et la bienveillance.

Respect de l’environnement, circuits courts, permaculture, bien-être, accueil, retrouver du sens, sont des mots et expressions que nous entendons de plus en plus dans nos stages de formation, où nous voyons aussi de plus en plus de jeunes couples qui veulent autre chose pour leurs enfants et eux-mêmes.

Il y a le double effet
– de quitter une vie qui ne donne plus satisfaction, où on ne trouve pas de sens tant certaines entreprises ont déconnecté le travail de l’humain et ont perdu ce qui fait l’essence de se lever avec plaisir pour aller faire quelque chose,
– pour partir vers une vie qui permet de vivre en cohérence avec ses valeurs et surtout je crois, je redevenir quelqu’un et pas un identifiant.

Etes-vous prêt à quitter votre vie pour créer chambres d’hôtes ou gîtes ?

Vous êtes peut-être en ce moment en train de lire ce billet. Vous êtes un citadin qui rêve de quitter la ville pour s’installer à la campagne. De très nombreux Français l’envisageraient, dont beaucoup de Franciliens et un tiers d’entre eux aurait même un projet précis, pas que dans les chambres d’hôtes et gîtes, je le précise.

La vie est un chemin et il y a des étapes nécessaires, et celle du deuil en font partie, il faut donc envisager le projet avec recul, il faut parfois quelques mois de plus pour apaiser une souffrance et conforter un projet de vie.
Un projet de vie ne se définit pas par défaut de ne plus en vouloir un autre, mais par envie.

Choix de mots, choix de vie

Déformation professionnelle, je suis très sensible au choix des mots et à leur connotation positive ou négative. C’est frappant quand nous discutons avec des créateurs lors de nos stages de formations. “Quitter la ville”, ce n’est pas “partir vers un projet”.
La différence est fondamentale de mon point de vue. Avec les premiers mots, on veut fuir un environnement agressif, déshumanisé ! On fuit mais on ne se projette pas encore ailleurs , on est peut-être encore dans un sentiment de gâchis et d’échec, le sentiment de n’avoir pas réussi à contrôler l’incontrôlable, ce que j’appelle le processus de deuil d’une vie passée. Les premiers parlent d’une vie qu’ils ne supportent plus.
Dans le second cas, “partir’, c’est bien le projet qui est décrit, c’est une action positive, volontaire, on va quelque part.

Aucun jugement de valeur, il y a simplement parfois le besoin de laisser le temps au temps, cela n’empêche pas de commencer à se renseigner, à se projeter. Il y a un jour où ce sera le bon moment et la réussite sera plus facile.

Un projet de vie se prépare

Certains l’ont prévu dès la retraite et achètent une résidence secondaire dans cet objectif, mais des actifs veulent aussi partir et font acte de candidature pour des postes en province ou demandent une mutation, d’autres s’intéressent aux entreprises à reprendre ou à créer…

Qu’il s’agisse d’ouvrir une maison d’hôtes, des meublés de tourisme ou toute autre activité, il me paraît utile d’insister sur la préparation nécessaire à ce changement de vie surtout sur un plan personnel.

La famille part avec, cela s’anticipe

Changer de région, quitter la ville pour la campagne, cela engage les proches, ceux qui viendront avec vous mais aussi ceux qui vont s’éloigner en raison des distances, les amis, les grands-parents par exemple et en cas de familles recomposées, cela complique les retrouvailles. Les enfants quitteront leurs amis de classe, auront du trajet pour aller à l’école, devront peut-être aller en internat pour poursuivre leurs études par la suite… Quant aux amis et à la famille restés là-bas, il sera plus difficile de les voir et les moments partagés seront moins nombreux.

Et ce changement de vie sera aussi marqué si vous ouvrez des chambres d’hôtes ou des gîtes. Vous travaillerez beaucoup pendant les vacances et les week-ends, souvent lorsque vos enfants et vos proches ont du temps de libre. Et s’ils viennent vous voir en vacances, ce sera votre pleine saison touristique et vous aurez peu de temps à leur consacrer.

Se créer un nouveau réseau relationnel

“Ailleurs” a aussi ses contraintes, le métro à 6 heures du soir ce n’est pas marrant mais la campagne en plein hiver a aussi ses contraintes, un pays souriant vu à travers le prisme du verre de rosé de l’apéritif pendant ses vacances n’a pas la même facilité de vie quand on y vit.

Une fois sur place, il sera utile de tisser de nouveaux liens. Il faudra apprendre à connaître ses nouveaux voisins et les gens des environs, pas toujours simple. Ne nous voilons pas la face, s’intégrer demande parfois du temps, de l’humilité, des efforts. C’est plus facile quand on a des enfants car eux vous intégreront aux réseaux “parents d’élève”, on peut aussi s’inscrire dans les associations, il y a en fait plein de possibilités, mais ce sera à vous de faire les premiers pas.

Bref, sur le plan personnel, c’est une rupture marquée pour vous et vos proches. Ne sous-estimez pas cela, car en partant pour ouvrir des chambres d’hôtes, on s’engage, avec ses proches, pour un morceau de vie.

Projet de vie et valeurs au pluriel !

Quand on ouvre des chambres d’hôtes, ce n’est pas pour faire fortune. Pour la grande majorité des propriétaires, c’est un investissement patrimonial qui permet de compléter les revenus, de garder et d’entretenir une belle maison. On peut fermer tout ou partie de l’année; adapter le rythme à ses besoins de vie et financiers.
Pour ceux qui vivent des revenus de l’activité, c’est du travail, pour que tout soit beau. Un peu le phénomène iceberg, beaucoup de travail invisible pour que les clients arrivent dans une maison aménagée pour leur confort et passent un moment de vie. Je parle ici en termes purement financiers bien sûr, pas de décompte horaire ni de pointeuse pour calculer le temps passé. On se lance dans cette aventure pour le contact humain, l’accueil, la passion, l’épanouissement personnel et ce sont des valeurs immatérielles.

Les personnes qui ouvrent des chambres d’hôtes ne sont pas des consommateurs

Je m’explique. Je n’ai personnellement jamais rencontré de propriétaires pour qui le shopping soit vital, qui soient addicts à la dernière paire de basket à la mode ou qui craquent au supermarché devant le super yaourt sensé nous rendre beauté, santé et jeunesse !

Ouvrir des chambres d’hôtes ou des meublés de tourisme, c’est avoir une vision de la vie tournée vers des valeurs humaines et avoir un rapport sain avec les biens matériels.
Ouvrir gîtes ou chambres d’hôtes, c’est un projet de vie qui a traversé les âges et qui est complètement moderne voire futuriste.
Cela conjugue la modernité dans les équipements, les moyens de communication, les réseaux sociaux
et à l’heure où notre société connaît une grave crise, pas seulement économique, qu’elle ne pourra surmonter qu’en se réinventant, à l’heure où le modèle de super-consommation a montré ses limites, à l’heure où la planète croule sous les déchets, les propriétaires de chambres d’hôtes font partie des précurseurs d’un modèle de vie “vraie”.
Ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes finalement, c’est d’abord une ouverture d’esprit.

Ce billet initialement publié en 2009 a été mis à jour en janvier 2020

Accueillir Magazine, les articles à la une du numéro 85

Le numéro 85 janvier/février 2020 d'Accueillir Magazine vient de sortir.
Le numéro 85 janvier/février 2020 d’Accueillir Magazine vient de sortir.

La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les quatre sujets qu’elle a mis à la une de ce nouveau numéro.

Un dossier complet sur les réseaux sociaux

Facebook, Instagram, Linkedin, Pinterest, Twitter… les réseaux sociaux sont de bons outils de communication pour faire connaître sa maison d’hôtes ou son gîte. Et il s’agit d’une alternative aux centrales de réservation. Comment en tirer le meilleur parti ? Comment être visible et générer des réservations ? Notre dossier fait le point.

Prix, attention à l’affichage

Respecter les règles d’affichage des prix n’est pas difficile et cela permet d’éviter une amende, autant bien faire les choses. Nous avons fait le choix de revenir sur les règles d’affichage des prix des chambres d’hôtes pour être au carré en 2020.

Prêter ou louer des vélos

Vous souhaiter prêter ou louer des vélos à vos hôtes. Cela est un peu moins simple qu’il y paraît, un contrat est fortement recommandé. Vous retrouverez une fiche pratique sur le sujet dans ce nouveau numéro.

Retrouver sa maison sur le net

Pas toujours facile de retrouver son hébergement sur la toile ou au sein d’un site internet sans y passer des heures. Certaines options de recherche avancée peuvent être utiles. Nous avons choisi d’y consacrer un article complet.

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 85 janvier/février 2020 sur le site du magazine et vous abonner en ligne.