Changer de métier est un défi qu’il ne faut pas sous-estimer. Encore plus quand il faut en plus changer de région, déménager sa famille, réinvestir son patrimoine. Les tâches seront bien différentes de celles menées par le passé. Etre à son compte peut être stressant. Et l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs Pour beaucoup de loueurs de gîtes, meublés et chambres d’hôtes, l’activité est une reconversion. A un moment, ils ont éprouvé le besoin de changer de vie professionnelle, voire de vie tout court et l’ouverture de leur hébergement à répondu à cette attente. Mais comment être certain qu’il s’agit du bon projet et du bon moment ?

Changement de vie est-ce le bon moment ?

On rentre de vacances avec des envies bucoliques et la ferme intention de ne pas replonger dans le quotidien, métro, RER, TER et leurs retards permanents qui peuvent vraiment pourrir la vie. On peut avoir des problèmes liés à son activité professionnelle, le bore-out, burn-out et bien d’autres malaises de vie ne sont pas des inventions. Chacun des tours de table de nos formations, que ce soit création de chambres d’hôtes ou ouverture de gîtes, le reflète. Quand nous demandons aux porteurs de projet de nous dire où ils en sont dans l’avancement de leur projet et leurs attentes, il y a souvent le fait de vouloir changer de vie, aussi pour ne plus subir l’actuelle.

Cependant, même si le ras le bol est bien là, il ne faut pas construire une nouvelle vie professionnelle sur le seul refus de la précédente. C’est valable d’ailleurs pour n’importe quelle activité autre que les chambres d’hôtes. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas prendre la décision de créer des chambres d’hôtes sur un coup de tête mais s’y préparer. Cela suppose de faire le point sur son métier actuel. Puis-je encore en tirer quelque chose ? S’agit-il d’une lassitude temporaire ? Puis-je envisager un changement de poste ? En quoi mes aspirations ont-elles changé par rapport au moment où ce travail me satisfaisait ?

Fatigue n’est pas envie, épuisement n’est pas motivation, il faut une vraie détermination et des étoiles dans les yeux pour faire une bascule réussie. En fait, il ne faut pas être dans la phase, je n’en peux plus, mais être dans la phase j’ai envie de. Fuir ou aller vers, négatif ou positif, cela change tout dans la démarche.

Je rencontre très fréquemment des loueurs qui viennent d’ouvrir leurs gîtes ou chambres d’hôtes. Et il n’est pas rare qu’ils me disent que le projet trottait dans leur tête depuis de nombreuses années, mais que ce n’était pas le bon moment à cause de l’âge des enfants ou de la situation du conjoint. Changer de vie, cela pourra sembler être pour certains un déclic, mais dans les faits, c’est tout sauf une impulsion, c’est un moment clé qui vient après un cheminement personnel, spirituel, philosophique, un moment où on se rend compte qu’on est prêt. Il est alors temps de passer à l’acte et de se demander si c’est bien vers la chambre d’hôtes qu’on veut se tourner.


Un business plan ne suffit pas. Je suis la première à conseiller de le faire, y compris quand on n’a pas besoin de passer par le prêt bancaire, parce qu’un business plan, c’est une façon intéressante de raconter qui on est et ce qu’on va faire, cela force à aller dans les coins et recoins de l’activité puisqu’il faudra les chiffrer et donc les décrire. Mais un business plan, intervient pour sanctionner positivement ou négativement des données économiques, pas pour prendre une décision de vie.


Changer de vie, oui mais est-ce bien le projet de chambre d’hôtes ?

Sens du client et bonne capacité d’adaptation, patience et humour, sérénité sont recommandés.
Il faut vivre ce changement comme une nouvelle étape professionnelle

Si le besoin de reconversion ne fait pas de doute, il faut réfléchir aux contours du projet. Pourquoi créer des hébergements touristiques et dédier sa vie à l’accueil ? Quels sont mes atouts par rapport à cette activité ? S’agit-il de gîtes ou de meublés de tourisme ou plutôt de chambres d’hôtes avec le partage de certains repas ? Y-aura-t-il des activités complémentaires, des stages, des animations… ?

La qualité de la relation avec ses futurs visiteurs est centrale. Mieux vaut donc être capable d’être à l’aise avec ses clients dès le début du séjour et avoir plutôt bon caractère, y compris lorsque l’on est confronté à des difficultés ou à des mauvaises nouvelles. Sens du client, goût pour les contacts humains, connaissance des langues et cultures étrangères sont des qualités très utiles. Mais aussi zénitude, et capacité à ne pas (trop) stresser, entre humain et imprévus et disons-le quelques clients pas faciles, zen et calme sont nécessaires !

La clientèle est de plus en plus exigeante. Elle est impatiente, elle souhaite des prestations personnalisées, elle veut réussir ses vacances. Se remettre en cause, savoir faire évoluer ses prestations, lui proposer des activités originales sont des démarches indispensables. En même temps, c’est une des facettes qui rend cette activité de chambres d’hôtes si intéressante.

Face aux imprévus, et il y en aura, mieux vaut faire preuve de souplesse et avoir une bonne capacité d’adaptation. Pertes de bagages à l’aéroport, retard dans les transports, problèmes de santé, allergies non annoncées, il faudra s’adapter et tout faire pour le séjour se passe au mieux. Cela repose sur un très bon sens de l’organisation, la gestion quotidienne de la maison d’hôtes doit être sous contrôle, cela laisse le temps de gérer les imprévus.

Et se rappeler comme mantra qu’on a choisi volontairement une activité qui repose sur l’accueil.

La chambre d’hôtes a bien changé, innovation et surtout culture numérique sont attendus

Il faut l’anticiper dès le départ pour ne pas abandonner une forte partie du chiffre d’affaires de ses chambres d’hôtes à des plateformes en ligne.

Le parcours d’information et de réservation d’une chambre d’hôtes est de plus en plus numérique. Difficile de faire l’impasse sur internet. Gérer son site, savoir utiliser les réseaux sociaux, réfléchir à de nouveaux modes de distribution sont des savoir-faire indispensables. Nous rencontrons trop de loueurs qui font l’impasse sur ce versant de l’activité et se livrent pieds et poings liés aux centrales de réservation et à leurs commissions dont on ne sait ce qu’elles vont devenir avec cependant une certitude, elles ne risquent pas de baisser.

En 10 ans, l’activité de loueur de chambres d’hôtes a fortement évolué sur ce plan, comme celle des hôteliers et de nombreuses autres activités. On est loin de l’inscription dans un label, à l’office de tourisme, du panneau sur la route, de l’époque où on “attendait le client”, maintenant, il faut aller le chercher et mettre en place une stratégie numérique.

Par peur de ne pas y arriver – la fameuse fracture numérique – par manque d’envie et aussi, nous le constatons, par épuisement quand on a mené à bien des mois de travaux dans sa maison, de nouveaux loueurs de chambres d’hôtes sous-estiment souvent cette partie. Mais c’est bien dommage de se lancer dans cette activité en sacrifiant dès le départ une bonne partie de son revenu !

Il va falloir accepter cette contrainte, réseaux sociaux, site internet, e-réputation, référencement, prise de photos de qualité, outils de réservation en ligne… font désormais partie du quotidien d’un hébergeur touristique, on peut s’y former.

Changement de vie : devenir travailleur indépendant

C’est un gros changement pour certains qui ont des carrières de salariés ou fonctionnaires, être à son compte peut être angoissant.

Quel va être son revenu est bien sûr une question légitime, et on ne pourra y répondre qu’avec le business plan. Mais, on parle de revenu et non plus de salaire, car quand on se lance dans cette activité en reconversion professionnelle, le revenu dépend du chiffre d’affaire et des charges ! Les entrepreneurs se payent avec ce qui reste dans la caisse. Il vous restera ce que vous aurez gagné moins ce que vous aurez dépensé dont impôts, taxes, contributions fiscales et sociales ! Cela peut être effrayant pour certains, être même un vrai frein. Il n’y a pas de jugement de valeur à porter, nous avons tous nos zones de doute ou nos peurs rationnelles ou irrationnelles, mais il est nécessaire de les prendre en compte avant de se lancer dans une reconversion ou de renoncer ou de reporter la mise en oeuvre. On peut aussi ouvrir des chambres d’hôtes à la retraite quand la dimension économique est moins forte.

Avez-vous ces qualités et ces envies ? Envisagez-vous de vous former pour acquérir les savoir-faire qui vous manqueraient ? Prenez le temps de faire le point avant de vous lancer.

Profitez-en pour aller en chambres d’hôtes. Je vous le conseille, il y a un monde de différence entre une idée virtuelle et une réalité et quoi de mieux que de nombreux séjours pour piocher pleins de bonnes et moins bonnes idées à adapter ou à décider de ne pas mettre en place ?

Alors chambres d’hôtes, êtes-vous prêt, est-ce le moment ? Si oui, nous serons ravis d’être à vos côtés, tous les deux mois avec Accueillir Magazine, un rendez-vous pour tout savoir et ne rien manquer sur tous les aspects de votre nouvelle activité. Et pourquoi ne pas nous retrouver dans une de nos formations pour discuter de votre projet ?

Une reconversion anticipée a toutes les chances de réussir.

Cet article a été initialement publié le le 5 août 2015, il a été mis à jour le 18 septembre 2018

Résumé
Titre de l'article
Se reconvertir avec un projet de chambres d'hôtes
Description
Pour beaucoup de loueurs de gîtes, meublés et chambres d’hôtes, l’activité est une reconversion. Changer de métier est un défi. Les tâches seront différentes, être à son compte peut être stressant. Comment être certain qu'il s’agit du bon projet et du bon moment ?
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