S’installer dans une nouvelle région et y créer des chambres d’hôtes ou gîtes

Il y a de nombreux débats sur les personnes qui viennent s’installer dans une région et y ouvrent des chambres d’hôtes ou des meublés de tourisme. D’aucuns contestent leur légitimité.

Personnellement, je suis, quelque soit le sujet, pour une totale liberté d’agir – dans le respect de l’autre bien sûr ! Je ne vois pas de quel droit on interdirait à un créateur d’aller exercer l’activité de son choix, là où il en a envie. Je suis d’autant plus attachée à ce principe, qu’il représente tout simplement l’un des nombreux petits aspects de ce régime auquel je tiens qui s’appelle la démocratie.

Devenir l’ambassadeur de sa région

Mais, je rejoins et je comprends aussi ceux qui critiquent les nouveaux arrivants, enfin tant que ceux-ci ne s’impliquent pas à fond. Ouvrir une chambre d’hôtes ou propiser des gîtes à des touristes, c’est devenir l’ambassadeur de sa région. Quel intérêt d’y descendre si ce n’est pour papoter avec le propriétaire, déguster les spécialités régionales, découvrir les bonnes petites adresses, connaître les raccourcis… ?
Des amis sont allés dernièrement en chambres d’hôtes du côté de Pau, chez des Anglais, très sympathiques, mais qui ne parlaient pas français et ne connaissaient pas la Région !
C’est un exemple un peu extrême, mais pas si rare. Cependant ce n’est pas le fait que des nouveaux installés. Certains habitants de longue date n’ont pas joué aux touristes depuis longtemps, ne sont pas allés revoir le château, faire la balade en barque sur le marais, ou (re)visité les attractions locales.

Alors, si vous créateur, partez sous d’autres cieux vivre votre rêve, incluez dans la préparation de votre projet de vous intégrer à votre nouvelle région ! Devenez touriste, rencontrez les “locaux”, lisez des guides, découvrez l’art, la culture, la littérature, l’histoire spécifique, la géographie… Bref devenez un vrai local et votre projet trouvera toute sa légitimité !

Les panneaux au bord de la route, est-ce vraiment utile ?

Gros ou petits, aux carrefours stratégiques ou sur un axe très fréquenté, les panneaux fléchant vos chambres d’hôtes ont leur utilité. Mais attention à les réfléchir selon vos attentes.

C’est déjà indiscutablement utile pour aider vos hôtes à venir jusque chez vous, même si de plus en plus les voitures sont équipées de GPS.
Un gros panneau sur une route nationale, c’est aussi une façon de se faire repérer des gens de passage et des habitants des environs. Vos voisins penseront à vous plus souvent et vous recommanderons à leurs amis. Certaines grosses sociétés parisiennes choisissent de construire leur siège au bord du périphérique uniquement pour être visibles de tous ces milliers de conducteurs qui passent tous les jours. En un mot, ce peut être aussi de la publicité.
Mais certains propriétaires n’aiment pas voir sonner des personnes chez eux qui n’ont pas retenu, avec qui ils n’ont pas pu discuter préalablement au téléphone.
A vous de voir où vous placez les panneaux, dans quelle taille et à quels endroits stratégiques, selon que vous voulez faciliter l’itinéraire ou en plus générer des nuitées un peu à l’improviste.

Quelques chiffres sur le secteur des chambres d’hôtes

Les chambres d’hôtes en chiffres (enquête Accueillir Magazine, données actualisées 2023)

  • En 2023, 21 500 loueurs gèrent un total de 60 000 chambres d’hôtes.
  • Le nombre de lits en chambres d’hôtes représente 2% de l’offre totale de lits marchands.
  • 25% des loueurs de chambres d’hôtes sont labellisés, soit 5 400 loueurs (50% des loueurs de chambres d’hôtes étaient labellisés en 2017).
  • Le taux d’occupation d’une chambre d’hôtes est de 30 % en moyenne, soit 110 jours par an.
  • Le prix moyen d’une nuitée est de 86 euros pour deux personnes, petit déjeuner inclus hors taxe de séjour.
  • Le prix moyen d’un repas à la table d’hôtes est de 24 euros par personne.
  • En moyenne, une maison d’une capacité de trois chambres d’hôtes avec un taux d’occupation de 30% réalise un chiffre d’affaires annuel de 28 250 euros.

Ci-dessous notre article originel sur le secteur des chambres d’hôtes, cet article date de 2008. Nous avons choisi de laisser les deux versions, car cela permet de voir l’évolution des chambres d’hôtes en quinze anshttps://www.ouvrir-chambres-hotes-leblog.com/faire-connaitre-chambres-hotes/taux-frequentation.html.

Le nombre de propriétaires et le nombre de chambres d’hôtes

En 2008, nous dénombrons un total de 24 000 propriétaires de chambres d’hôtes et 69 700 chambres d’hôtes sur l’ensemble du territoire, soit une moyenne de 3 chambres par propriétaires.

Le nombre d’adresses a progressé régulièrement au cours des 10 dernières années, avec environ 1 000 adresses de plus chaque année. Les maisons d’hôtes constituent 7% des lieux d’hébergement touristique mais ne représentent qu’une offre limitée en raison des petites capacités : environ 1% de l’offre d’hébergement (en nombre de lits).

Le choix du label

14 000 propriétaires de chambres d’hôtes ont choisi de rejoindre un label national :
10 500 sont Gîtes de France (44%)
2 500 propriétaires sont Clévacances (10%)
550 Fleurs de Soleil (2%)
270 Accueil Paysan (1%)
135 Bienvenue au Château (1%)

10 000 propriétaires ne sont pas adhérents de ces principaux labels (42%).

Le taux d’occupation et la durée moyenne de séjour

Le taux d’occupation d’une chambre d’hôtes est de 30 % en moyenne, soit 16 semaines par an. Il varie fortement en fonction de la localisation et de l’objectif du propriétaire.

La durée moyenne de séjours est de trois nuits mais on note une tendance au raccourcissement des séjours.

Les tarifs pratiqués et le chiffre d’affaires

Le prix moyen de la nuitée est de 58 euros pour deux personnes, petit déjeuner inclus. Il varie selon les régions et le niveau de confort proposé par le propriétaire de chambre d’hôtes. Celui de la table d’hôtes est en moyenne de 22 euros par personne.

Une maison d’hôtes d’une capacité de 3 chambres et avec un taux d’occupation de 30% apporte un chiffre d’affaires annuel de 19 000 euros par an.

Plus d’information sur Accueillir Magazine, la presse spécialisée des chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme.

Quels clients allez-vous recevoir dans vos chambres d’hôtes ?

Les chambres d’hôtes ou petits meublés de tourisme sont souvent pensés pour des couples avec ou sans enfant. Oui mais voilà, ce n’est plus le reflet exact de la société d’aujourd’hui. Entre divorces, célibataires, familles recomposées, hommes d’affaire en déplacement, amis randonneurs,  week-end mère-filles et autres, il y a toute une population de touristes et de clients potentiels qui n’arrivent pas toujours à aller en chambres d’hôtes.

Je parle d’expérience !

Dès qu’on veut aller en chambres d’hôtes ou gîte avec une configuration de lits un petit peu atypique, plusieurs chambres ou simplement des lits séparés dans une même maison, cela devient très compliqué. C’est généralement mal expliqué sur les sites internet, il n’y a souvent qu’une seule chambre qui ait des lits jumeaux, ou on rajoute dans une chambre à côté du grand lit, un lit d’appoint dont on se dit que cela ne va pas être franchement confortable, on se sent un  peu lésé.

Si j’étais en train de créer mes chambres d’hôtes, je prendrai cela en compte dans mes choix d’aménagement. Une réflexion sur la literie pour créer des chambres réaménageables. Un choix de lits recomposables, facilement déplaçables, ensemble ils font grand lit, séparés, la chambre d’hôtes devient accessible à des amis, collègues ou famille élargie. Je sais c’est plus de travail mais cela peut être un argument pour séduire un autre type de clients. Et je le mettrai en avant sur mon site internet.

L’étude de marché est indispensable pour comprendre qui vient sur son territoire et aménager ses chambres d’hôtes ou son gîte avec les bons équipements et services. Nous expliqons comment la faire dans nos stages de formation 2 jours pour ouvrir ses chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme.

Autoentrepreneur, RCS, SARL, particulier, qui serez-vous ?

Le statut juridique est une question de plus en plus importante pour un propriétaire de chambres d’hôtes à laquelle il n’y a pas une réponse type. Non immatriculé, immatriculé au RCS, auto-entrepreneur, en société, au régime micro, au réel, à la TVA ou en franchise, tous ces choix sont possibles, mais un seul est le meilleur pour vous et ce n’est pas nécessairement celui du voisin ou du groupe Facebook.

Pendant longtemps, les propriétaires de chambres d’hôtes sont restés de simples particuliers exerçant une activité complémentaire. Mais de plus en plus de loueurs en font une activité dynamique avec recherche de rentabilité. De plus, passé un seuil de chiffre d’affaires, il est obligatoire de payer des cotisations sociales.

Commentaire, les loueurs de meublés de tourisme ou gîtes ont d’autres types de statuts possibles comme les LMP (loueurs en meublés professionnels) et LMNP (loueurs en meublés non professionnels) ont d’autres raisonnements à avoir, les questions de TVA sont aussi très différentes.

A chacun son statut

Tout dépend qui vous êtes,

  • Entrepreneur, retraité, conjoint d’un salarié, rentier, chômeur
  • Votre âge, si vous avez besoin de cotiser pour votre retraite et si vous avez déjà fait les meilleures années de votre vie professionnelle
  • Si vous êtes, célibataire, veuf, en couple, en couple recomposé avec des enfants du premier lit, marié, pacsé, qui est votre conjoint ?
  • La nécessité ou l’obligation de cotiser à la sécurité sociale
  • Le chiffre d’affaires attendu de vos chambres d’hôtes
  • la part de revenus qui découle de votre activité de chambres d’hôtes et donc l’imposition de votre foyer fiscal
  • Si en complément des chambres d’hôtes, vous proposez des activités commerciales comme la table d’hôtes ou la location de vélo
  • Qui vous prête de l’argent pour l’investissement immobilier, une banque, la famille, laquelle, la vôtre ou celle de votre conjoint ? L’apport entre vous deux est-il du même montant ou investissez-vous de l’argent à vous ou à lui/elle ? Vos enfants sont-ils élevés ? Et si c’est une famille recomposée ?
  • Achetez-vous en SCI (société civile immobilière) ou SARL ou toute forme de société ?
  • Il y a aussi le côté fiscal, le montant de l’investissement, des travaux, si vous êtes à l’ISF, si vous vous installez pour longtemps ou si vous comptez revendre à plus ou moins long terme après avoir restauré une maison (opération immobilière et plus-values)…

Le bon statut juridique du loueur de chambres d’hôtes

Je vois trop de loueurs ne pas se poser assez de questions et en fait même si le statut de micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur) est séduisant, il existe des raisons pour ne pas l’adopter. Réponse, je ne sais donc pas quel est le bon statut pour vous, et celui de votre voisin est peut-être parfait pour lui mais pas pour vous. C’est vraiment une question de rentabilité et puis de sécurité de l’activité, enfin, de ne pas découvrir au moment de prendre la retraite que vous n’avez pas assez cotisé. Vous pouvez comprendre les questions à vous poser et avoir un arbre de décision pour éliminer les solutions non adaptées à vous dans nos stages de formation, avec notre distanciel Chambres d’hôtes, statut juridique et fiscalité , ou notre cahier pratique Chambres d’hôtes, Panorama des solutions juridiques et fiscales .

Cet article publié la première fois le 3 novembre 2008 a été mis à jour le 27 février 2023.

Faut-il prévoir le haut de gamme pour ses chambres d’hôtes ou gîtes ?

Cela fait quelques années qu’on nous explique que dans le monde du tourisme, il n’y a que le low-cost ou le haut de gamme. Un point c’est tout. Je n’y crois pas. Toutes les options sont possibles. Ouvrir des chambres d’hôtes ou meublés de tourisme / gîtes haut de gamme en est une avec ses avantages et inconvénients.

Accueillir Magazine n°99 mai/juin 2022
Dossier fixer ses prix pour les chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme

Des prix plus chers, mais des investissements plus élevés

Les prix auquel on proposera ses chambres d’hôtes sont plus élevés mais le foncier, les travaux et les aménagements plus coûteux. Et puis qu’est-ce que le haut de gamme ? Plus on monte les prix, plus il faut savoir se différencier, apporter des choses différentes, les hôtes seront plus exigeants, vous serez plus sollicités, le ménage tous les jours, la boisson tard le soir. Aucune excuse pour l’erreur, le moindre point faible, une surface de chambre un peu petite, un environnement extérieur pas exceptionnel.

Rester haut de gamme

Et vous n’avez pas créé, qu’il faut déjà penser à renouveler, réadapter, changer de décoration, rester au goût du jour. Pas nécessairement des investissements lourds mais il faut être en mouvement. Dans ce segment de clientèle exigeante et souhaitant la modernité et les dernières tendances, il faut durer. On ne reste pas haut de gamme très longtemps sans nouveautés, sans travaux, on devient vite juste cher avec une offre obsolète et les consommateurs savent parfaitement comparer les offres ! Alors analysez ce que permet la maison, votre budget et faites le choix de  ce qui vous ressemble le plus. Une chose reste sûre, il faut une cohérence de l’offre et on ne peut être haut de gamme que si chaque détail de sa maison d’hôtes ou meublé de tourisme est haut de gamme, c’est l’idée du maillon faible, c’est celui-ci qui tirera votre offre et vos prix vers le bas.

Dernière remarque, il est possible d’avoir des hébergements à tous prix, ce qui est le plus important c’est d’avoir des hébergements qui vous plaisent avec l’accueil que vous avez envie de pratiquer. Parce qu’avant un business plan, c’est un projet de vie où il faut être heureux.

Nous entrons dans une ère de post-consommation

La chambre d’hôtes est extrêmement moderne si on réfléchit aux modes de consommation de notre société. Dans les années cinquante est né le désir de consommer, on s’équipe en électroménager, on achète une voiture. On passe d’années de privation à l’envie de vivre, la croissance est là. Ensuite, boom, choc pétrolier, apparition du chômage, on est équipé, on pratique la consommation-plaisir, la consommation-passion, on aime les marques, on aime posséder. Enfin, troisième phase en route aujourd’hui, posséder ne permet plus d’exister, consommer pour consommer n’apporte plus rien, on veut “consommer-penser” nécessaire, écolo, éthique, bien-être… Et votre projet de création de chambre d’hôtes dans tout cela ?

La chambre d’hôtes est tendance

Et bien, il s’inscrit parfaitement dans cette réflexion. Nous aurons tous envie de voyager ou du moins de partir ailleurs. Mais face aux mégalopoles du tourisme, aux clubs de vacances ou hôtels avec des centaines de chambres, au bétonnage de côtes pour faire du tourisme à la chaîne, au produit à la chaîne, stéréotypé, sans surprise, nous voulons de plus en plus de l’humain, du bien-être, des attentions. La chambre d’hôtes a de beaux jours devant elle, puisque ce qu’elle propose est justement unique et repose sur l’humain et la qualité de l’accueil.

Mais encore faut-il que le propriétaire sache mettre en avant ces atouts, ce qui fait sa différence. Et malheureusement, il y bien peu de sites internet de maisons d’hôtes qui en parlent, elles parlent du côté pratique, montrent les photos des chambres, parfait mais pas suffisant. Si j’étais en train de créer ma chambre d’hôtes, je démarrerai mon site dès maintenant et je raconterai mon projet de vie. Parce qu’on en revient toujours au même, on ne vient pas chez vous pour dormir, mais pour vivre, pour avoir des émotions, pour se créer des souvenirs. On est dans le tourisme expérientiel, tout ce que recherchent les porteurs de projet.

Quand allez-vous faire connaître vos chambres d’hôtes ou meublés de tourisme?

Je détaillerai les moyens dans d’autres billets. Ce qui me tient à coeur c’est d’insister sur le timing, le planning. Cela se pense avant même l’achat de la maison. Si le critère économique est important dans votre projet, alors le taux d’occupation de vos chambres est important, et cela dès la première année. Même si on sait qu’il faut souvent trois ans au moins pour bien s’installer dans le paysage, pour que le bouche à oreille fonctionne, il faut penser à la façon de se faire connaître avant les premiers travaux.

Pourquoi ? Parce que cela prend du temps et un budget de faire un site internet, de bien le référencer sur les moteurs de recherche, de s’inscrire sur les bons annuaires, de créer son dépliant, ses cartes de visite, ses panneaux au bord de la route… Ce n’est pas si simple de se faire remarquer surtout si vous vous installez dans une région qui a déjà une offre d’hébergement bien fournie.  Si vous voulez avoir vos premiers hôtes dès que les chambres seront finies et la maison aménagée, il faut s’y prendre très tôt, sinon vous prenez le risque que la première saison soit calme et que votre banquier le soit moins !

Hier, s’est tenue la journée ODIT

ODIT, c’est la journée où les professionnels du tourisme réfléchissent à l’avenir du tourisme en général. Les prochains trains seront des lieux de vie où on viendra jouer à des jeux vidéos, le lit de l’hôtel deviendra fauteuil relaxant la journée, le client commandera tout de son lit avec un écran tactile, bref on rêve, on prospecte et c’est passionnant ! Même si très peu de ces innovations verront le jour ou qu’elles resteront pendant longtemps l’apanage des hébergements de luxe, c’est un peu comme les concepts cars du salon de l’automobile, il faut penser l’impossible pour faire avancer le quotidien.

Attention toutefois aussi moderne, avancée, technologique que soit la prestation,  si le contrat de base n’est pas respecté, rien ne sera bien jugé. Si le train est en retard, si le lit n’est pas confortable, si on dort mal, tout le reste sera oublié. Comme le rappelait le représentant de la SNCF, citant ses collègues d’Air France, “quand l’avion est en retard, le plateau repas est mauvais” ou chez vous, dans votre maison d’hôtes, quand le temps est mauvais et que le touriste déprime, il remarque la toile d’araignée qu’il aurait sans cela trouvé craquante et très rustique – campagne !

Au coeur de la relation de confiance avec le client, ne jamais oublier les fondamentaux, ce qu’on lui a promis, c’est à garder en tête. Et la promesse en chambre d’hôtes, c’est l’accueil et le contact, bien dormir et un bon petit déjeuner, les bonnes adresses et les bons conseils, bref c’est vous avant tout !

Protection du consommateur, que de crimes commet-on en ton nom !

Protéger, tout prévoir… J’en ai marre de cette litanie dans les journaux. Certains hommes politiques n’ont que ce mot à la bouche. Alors en tant que consommatrice, bien sûr, je veux qu’on veille aux frontières à ne pas faire entrer des produits dangereux, je veux que les jouets des petits soit testés dans tous les sens pour ne pas qu’ils s’étouffent avec une petite pièce et je ne veux pas manger du lait chinois ou des kebabs (re-re-re)congelés ! Mais je veux aussi être libre de choisir, pas de n’avoir que des produits normés, sous vide, inodores, sans saveur !

La schizophrénie des législateurs

On flanque aux professionnels de tous domaines des règlements dans tous les sens, à croire qu’il faut publier sa petite loi tous les jours ! Au nom de la protection des consommateurs, on veut interdire tout ce qui est risqué, demain ce sera l’interdiction de servir de la confiture maison en chambres d’hôtes, après-demain l’obligation de servir de la cuisine sous vide pour protéger ses hôtes et d’ici quelques temps, on nous livrera des poudres à consommer, ! Et ne faudra-t-il pas, comme dans les banques, faire signer en trois exemplaires à toute personne qui passe le seuil de sa porte une décharge dans laquelle elle spécifiera qu’elle a bien compris tous les risques qu’elle prend en venant dormir dans vos chambres d’hôtes !
Dans le même temps, les partisans d’une écologue responsables parlent des circuits courts, de potagers, de cuisiner sans conservateurs, colorants, gélifiants, rehausseurs de goûts…
Oui mais, ces deux visions ne sont pas compatibles !

Quand normer tue l’esprit d’entreprendre

Si vous cherchez des idées pour tuer l’esprit dinitiative, pour donner envie de rester sous la couette au lieu de se défoncer pour travailler, n’hésitez pas, j’en ai à revendre, il reste après tout encore quelques espaces de liberté ! Quand on ouvre des chambres d’hôtes, un restaurant, un hôtel, on a envie de proposer des bons plats et pas de sous-vide, le premier demande passion travail et investissement, le second est tout sauf une envie mais on y vient parfois parce que tout devient trop compliqué. Je ne veux pas que cela arrive en chambres d’hôtes, je veux des gâteaux et confitures maison, des plats cuisinés. Quelque part il faut bien entrer en résistance contre ceux qui en voulant nous protéger nous gâchent le plaisir de vivre !