Créer ou reprendre un gîte de grande capacité, attention aux normes !

  • Sécurité incendie, accessibilité au public…, la mise aux normes ERP d’un gîte de grande capacité génère des coûts conséquents qu’il faut intégrer dans son budget
  • A défaut de respecter les normes ERP, le loueur peut être contraint de fermer une partie des lits pour poursuivre l’activité, ce qui met en danger sa rentabilité
  • En cas d’accident grave, s’il y a infraction, le ministère public peut décider de poursuivre l’exploitant au pénal

Je discute régulièrement avec des créateurs qui souhaitent ouvrir des gîtes de grande capacité. Il s’agit parfois de grands gîtes destinés à accueillir des groupes d’amis ou des cousinades ou parfois de gîtes plus petits pour des familles nombreuses. Ces créateurs méconnaissent souvent les règles en matière de sécurité incendie et d’accessibilité. Or elles ont une importance considérable.

En effet, à partir du moment où le gîte ou le meublé de tourisme a une capacité supérieure à 15 personnes, il est soumis aux normes des établissements recevant du public et sera classé ERP en 5e catégorie avec locaux à sommeil. Ce classement ERP impose de respecter certaines réglementations, notamment dans le domaine de la sécurité incendie mais également dans celui de l’accessibilité au public ou encore de la qualité des eaux chaudes sanitaires.

Ne pas respecter ces normes alors que l’hébergement est un ERP n’est pas raisonnable car c’est de la sécurité des occupants qu’il s’agit. Il faut aussi comprendre qu’en cas d’accident grave, il y aura une enquête de police. Elle ne pourra que constater que l’exploitant s’est soustrait à la réglementation ERP mettant en danger ses hôtes. Il y a alors fort à parier que le procureur de la République décidera de poursuivre l’exploitant du gîte sur le plan pénal. C’est ce qui est arrivé aux deux gérants du bar de Rouen dont l’incendie en août 2016 a fait 14 morts et qui sont poursuivis pour homicides involontaires « par violation délibérée d’une obligation de sécurité ».

Il faut rester logique et faire un choix clair. Le créateur de gîte peut soit rester dans la limitation à 15 personnes, il n’aura pas les règles ERP à respecter mais uniquement celles liées à l’habitation : entretien des cheminées, des chaudières… Il peut aussi décider de dépasser le seuil de 15 personnes et il a alors intérêt à viser bien au-delà de façon à ce que la capacité additionnelle lui permette de couvrir tous les frais liés aux normes ERP. En un mot, pour conclure, il n’y a pas grand intérêt à créer un gîte pour 16 ou 17 personnes.

Literie des gîtes et chambres d’hôtes, des erreurs à éviter

L’enjeu de l’achat de la literie en gîtes et chambres d’hôtes

  • la literie, son sommier et matelas doivent plaire au plus grand nombre
  • Le créateur doit payer son lit au juste prix
  • Le lit doit durer, choix des matières, protections, entretien sont pensés pour un usage professionnel
  • Le niveau de confort de la literie doit être adapté au niveau de confort et au prix de l’hébergement

L’achat des lits et le choix des sommiers et des matelas prend souvent du temps aux créateurs de gîtes et chambres d’hôtes. Il faut dire que l’enjeu est important puisqu’il en va de la qualité des séjours et du confort de ses hôtes. Il n’y a pas une réponse unique, le choix du lit dépendra évidemment du niveau de prix de la chambre d’hôtes ou du gîte, meublé de tourisme, c’est une évidence que tous les loueurs n’ont pas le même budget à y consacrer.

Des milliers de références de sommiers et matelas

Dans le domaine de la literie, il y a des milliers de références. Sur un des grands sites d’ameublement grand public, j’ai recensé 400 références de sommiers et 1 600 modèles de matelas. Faut-il choisir des ressorts ? de la mousse ? du latex ? Faut-il un soutien souple ? ferme ? très ferme ? Faut-il un sur-matelas ?
Vous risquez de passer des heures à comparer les densités, les épaisseurs, les hauteurs de lit… Et, en plus, les prix varient du simple au décuple ! Si vous allez en magasin sans avoir préparé votre visite, cela peut tourner au calvaire entre un commercial qui risque de vous faire essayer n’importe quoi pour, au final, vous vendre la référence sur laquelle il y a le plus de stock ou la meilleure marge. Et dans tous les cas, ces magasins vendent au grand public. Quand on achète une literie pour soi, on l’adapte à sa morphologie. Mais quel intérêt d’avoir un vendeur qui vous demande si vous avez des problèmes de dos et comment vous aimez dormir, vos préoccupations sont autres, notre corpulence, notre santé, nos goûts sont tous différents, la literie est choisie pour un usage professionnel.

Budget literie à surveiller

En plus, il s’agit d’un budget de plusieurs milliers d’euros et sur lequel cela peut déraper dans tous les sens. On n’a pas le droit de se tromper, il n’est pas question de racheter tous les lits de la maison dans six mois. Au contraire, il faut tout faire pour les entretenir et protéger afin de les conserver plusieurs années et amortir ce qui est un investissement. Si on achète trop cher, c’est de l’argent gaspillé et la multiplication des références a bien pour objectif d’empêcher la comparaison entre les vendeurs de literie et de rendre difficile la notion du juste prix
Acheter cher n’est pas nécessairement la garantie du bon choix, il faut surtout acheter juste, c’est-à-dire la literie qui correspond à son hébergement et qui va plaire au plus grand nombre. C’est une décision à mûrir bien avant l’ouverture du gîte et des chambres d’hôtes.

La literie, avis élogieux ou critiques fréquentes

Lorsque l’on lit les avis de voyageurs, la question du sommeil et de la literie est un des sujets qui revient fréquemment. Soit le lit était confortable, incomparable, soit il était de mauvaise qualité et la nuit a été un enfer. Il y a rarement de demi-mesure sur le sujet et critiques sont souvent très tranchées.
Sachant que les avis de voyageurs ont un impact non négligeable sur les réservations surtout lorsqu’il s’agit de la qualité du sommeil, le créateur ne peut pas traiter ce sujet à la légère. Il ne peut pas prendre le risque de se tromper. Vous même, vous n’avez pas envie de réserver dans une chambre d’hôtes ou une location touristique où vous avez lu que le matelas s’affaisse, que le sommier est pourri, qu’il y a un creux au centre !

Quand on achète une literie pour ses clients en gîtes, meublés de tourisme ou chambres d’hôtes, on est dans une démarche professionnelle, différente des achats que vous avez faits dans votre vie antérieure personnelle. Pour vous aider dans ce choix, vous poser les bonnes questions et vous approprier le vocabulaire du lit, nous avons fait le point. Le numéro 72 novembre/décembre vient de sortir, son dossier est consacré à la literie. Il est en vente sur le site. Lire ce dossier vous fera gagner du temps et de l’argent !

Chambres d’hôtes et permaculture

Dans de très nombreuses maisons d’hôtes, une part plus ou moins importante des produits servis au petit déjeuner ou en table d’hôtes vient du verger et du potager. Fruits et légumes du jardin, confitures, tartes, salades… La demande des hôtes est forte, l’intérêt des loueurs également.

Les hôtes apprécient ces produits cueillis à maturité et dont la production n’a pas nécessité l’utilisation de trop d’intrants, voire d’intrants naturels exclusivement. Beaucoup de jardins potagers sont en effet gérés selon les principes de la permaculture, c’est-à-dire dans une logique de durabilité et de respect qui s’inspire de la nature : préparation du sol, compostage, densification des cultures, association de plantes afin de créer des synergies, rotation des cultures, paillage afin de conserver l’humidité, utilisation optimale de l’eau… Pour rappel, permaculture, c’est la contraction d’ “agri-culture permanente”.

La mise en place du potager va prendre du temps et nécessiter beaucoup d’efforts mais la production peut être importante y compris sur des parcelles de taille limitée. Elle peut permettre de couvrir dès la première année une partie des besoins du loueur tant pour sa consommation personnelle que pour les petits-déjeuners et la table d’hôtes. Elle rassure les hôtes qui sont de plus en plus méfiants face aux productions agroalimentaires et sont en demande d’un retour à la nature. Et si c’était déjà vrai il y a quelques années, les successions de scandales alimentaires que nous vivons quotidiennement ne font que renforcer cette tendance.

Bien sûr, tout cela ne s’improvise pas surtout si l’on a aucune expérience du jardinage. Mieux vaut se documenter, s’informer, se faire aider et se limiter à quelques productions au début. Si on ne l’a jamais fait, on aura peut-être intérêt à commencer par des légumes relativement faciles à cultiver, comme les pommes de terre, les carottes, les radis, les tomates, les pois et les salades. Il ne faut pas non plus sous-estimer le temps qu’il faudra y consacrer et ce soit aussi être un plaisir. Beaucoup parmi les loueurs installés ont appris année après année à gérer de mieux en mieux les quantités, les espèces à associer pour repousser naturellement les nuisibles, pour préparer la terre…

L’intérêt des loueurs est double, déjà faire des économies en produisant soi-même une partie des produits au prix de revient nécessairement moindre que dans le commerce, évidemment je ne compte pas le temps passé dans le potager ! Et remplir ses chambres d’hôtes : venir en chambres d’hôtes c’est rechercher des produits locaux, naturels, sains et si on ne les produit pas soi-même, on peut aussi parler des producteurs voisins chez qui on achète. L’intérêt des loueurs est là aussi, faire une promesse de naturel, de locavore, “de produits de nos grand-mères”, c’est déjà aujourd’hui, et ce sera une demande de plus en plus forte qui fera la différence pour remplir ses chambres d’hôtes.

En amont de son projet de chambres d’hôtes, cela vaut la peine de se former, de s’informer, peut-être de commencer tout petit chez soi pour s’exercer et de prévoir dans les aménagements du jardin le bon emplacement pour son potager.

Un parcours de plus en plus digital, le paiement aussi !

S’il y a un changement majeur dont doit être conscient tout créateur de gîte, meublé de tourisme ou chambres d’hôtes, c’est le fait que le parcours du touriste est de plus en plus digital.

Avant, pendant, après

Avant son séjour, le touriste se renseigne sur internet. Choix de la destination, recherche d’un gîte ou d’une maison d’hôtes, repérage des activités ou des visites… internet a pris une place majeure dans la préparation des vacances. Logiquement, la réservation de l’hébergement se fait de plus en plus en ligne, le paiement des acomptes ou des arrhes, voire le paiement total des nuitées également.
Pendant son séjour, le touriste utilise son mobile ou sa tablette pour programmer ses activités, vérifier des horaires, utiliser un guide virtuel pour visiter les sites, choisir et réserver un restaurant ou encore rester en contact avec ses proches. Après son séjour, à son retour chez lui, le parcours digital se poursuit. Il va poster un avis sur le gîte ou sur les chambres d’hôtes, échanger avec des amis, publier des photos sur les réseaux sociaux voire suivre l’actualité d’un site qu’il a découvert lors de son séjour, histoire de rester un peu en vacances.

S’adapter à ces évolutions

Le site internet de l’hébergement n’est plus une vitrine, il doit fournir des services, permettre la réservation en ligne de l’hébergement, faciliter l’organisation du séjour voire mettre le touriste en relation avec d’autres prestataires sur place. Les interactions avec le visiteur sont moins prévisibles. Il peut utiliser de nombreux supports : contacter le loueur par messagerie, par messagerie instantanée, sur les réseaux sociaux, via un annuaire ou une plateforme… Dans ces conditions, difficile de créer des ruptures, de demander à son client d’imprimer le contrat et de l’envoyer par courrier, de lui imposer un contact par téléphone pour préciser tel ou tel point du séjour. Certains visiteurs l’accepteront, d’autres voudront tout faire sur la toile tant il s’y sont habitués.

Et le paiement

Dans ce parcours digital, la question des moyens de paiement est centrale. Année après année, la carte bancaire et les paiements digitaux s’imposent. Il faut s’équiper pour accepter des paiements sur internet avant le séjour ou par carte ou mobile à l’issue sur place. De nouveaux outils existent, les banques ne sont plus les seuls interlocuteurs. Le numéro 71 septembre/octobre vient de sortir, son dossier est consacré aux moyens de paiement. Il est en vente sur le site.

Que faut-il penser de la suppression du RSI ?

Début juillet, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a confirmé que le gouvernement engagera la suppression du Régime social des indépendants (RSI) en 2018. La plupart des créateurs de gîtes et chambres d’hôtes sont concernés puisqu’ils relèvent actuellement du RSI. Que faut-il penser de cette mesure ?

Tout d’abord, il faut préciser que les cotisations sociales ne vont pas disparaître puisqu’il faut bien financer la protection sociale. Le Premier ministre a d’ailleurs précisé que le nouveau régime social des indépendants serait adossé au régime général des salariés. Pour ceux qui l’ignorent, ce sont déjà les URSSAF qui calculent et encaissent les cotisations des travailleurs indépendants et assurent une partie du recouvrement pour le compte du RSI. La véritable question tient donc de la gouvernance à venir. Ira-t-on vers une fusion des caisses comme cela a été le cas entre artisans et commerçants ?

D’autre part, cela fait plus de 10 ans que les couvertures sociales des salariés et des indépendants se rapprochent que ce soit au titre de l’assurance maladie, de la protection familiale ou des droits à la retraite. Et ce mouvement de convergence va se poursuivre car les carrières sont de plus en plus hachées. L’annonce de la mise en place d’une couverture chômage pour les travailleurs indépendants s’inscrit dans cette démarche. Les travailleurs indépendants devront-ils cotiser pour des risques qui ne les concernent pas ?

Enfin, le processus risque de prendre du temps et le Premier ministre a précisé que la suppression serait engagée en 2018, pas nécessairement achevée. Il faut en effet savoir que 2018 est l’année de la fusion des caisses du RSI. Actuellement une trentaine, leur nombre doit passer à 13 fin 2018. Ce projet de réorganisation engagé en 2016 a-t-il encore du sens ?

J’encourage les créateurs de gîtes et chambres d’hôtes à s’informer et à suivre les débats des mois à venir. Il va falloir s’intéresser aux mesures qui vont être prises et ne pas suivre aveuglement l’opinion des professionnels qui n’auront pas tous fait l’effort de se tenir informés en temps réel du détail des réformes.

Suis-je concerné par le permis de louer ?

Dans les prochains mois, de nombreuses communes vont instaurer une procédure d’enregistrement des locations saisonnières. Cette démarche renforce le contrôle des meublés mis en place au cours des dernières années. De nombreux créateurs de gîtes et meublés de tourisme sont concernés.

Des règles qui se durcissent depuis plusieurs années

Au cours des dernières années, toute une série de mesures ont été prises afin de recenser et d’encadrer le développement des gîtes, des meublés de tourisme et des locations de vacances. L’obligation de déclaration en mairie initialement réservée aux seuls logements classés en étoiles a été étendue à tous les meublés de tourisme même non classés, puis la procédure a été élargie à toutes les locations saisonnières, à l’exception de la résidence principale. Désormais, la résidence principale est elle-aussi concernée puisque la nouvelle procédure d’enregistrement porte sur toute forme de location saisonnière. Cela concerne donc 100 % des meublés “airbnb” dans les zones et villes concernées.

A Paris mais pas seulement

Cette procédure d’enregistrement est un véritable permis de louer, puisque la commune pourra refuser d’enregistrer le logement si les règles d’urbanisme ne sont pas respectées, par exemple s’il s’agit d’un bâtiment dont la destination est agricole ou si la déclaration de changement d’usage n’a pas été effectuée. Toutes les villes de plus de 200 000 habitants, celles de la petite couronne parisienne et celles situées en zone tendue sont concernées. Les autres communes pourront également demander au préfet d’instaurer cette procédure sur tout ou partie de leur territoire. Il n’y a donc pas que la ville de Paris qui est concernée mais aussi de nombreuses communes qui souhaitent préserver le logement et par ricochet les commerces, les écoles ou les services publics.

Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, il est essentiel de se renseigner sur les règles d’urbanisme avant de se lancer dans la création de gîtes et ou de meublés de tourisme, encore plus quand on achète un appartement  ou un bâtiment dédié à ce projet. C’est un sujet que nous allons continuer de suivre au magazine. Pour ceux qui s’y intéressent, vous pouvez y retrouver un article sur le sujet dans le numéro 70 juillet / août 2017 qui vient de sortir, le magazine est en vente sur le site internet.

L’importance des photos des gîtes et chambres d’hôtes

Vous êtes loueur ou futur loueur de chambres d’hôtes et /ou de gîtes, vous allez avoir un site internet et être présent sur les réseaux sociaux, vous allez mettre en oeuvre des actions pour vous rendre visible notamment sur internet. Le choix des photos est primordial et à bien réfléchir. Et parfois il est sous-estimé. On a pris les photos à la va-vite et elles sont toujours en ligne quelques années plus tard. Quel dommage !

Choisir les bonnes photos ou comment déclencher des réservations sans rien faire ou presque !

Qu’est-ce qui vous fait rêver à de futures vacances à vos moments perdus ? Qu’est ce qui vous donne envie de réserver une chambre d’hôtes plutôt qu’une autre ? Qu’est ce qui vous rassure sur la qualité d’un gîte ou d’une maison d’hôtes ? Qu’est-ce qui vous informe sur les prestations présentes , Avez-vous envie de lire un texte pour savoir s’il y a une piscine, un spa, quel est le petit déjeuner ou préférez-vous regarder des photos et vous projeter par avance dans vos futures vacances ?
Réponse, les photos et toujours les photos ! C’est une des clés de la réussite pour un petit hébergement qui ne dispose pas d’un gros budget de communication. Prendre et choisir les bonnes photos ne coûte pas plus cher mais va déclencher des réservations, faire appel à un photographe professionnel est un investissement plus qu’une dépense qui sera rentabilisée rapidement.

Le tout n’est pas seulement de faire venir l’internaute sur le site internet de la maison d’hôtes mais c’est de le pousser à réserver un séjour dès le premier passage. Ce sont les photos qui peuvent y conduire et créer un coup de coeur.

Réfléchir ses photos

J’ai souvent pour objection que quand on commence à mettre en place ses outils de communication, on ne peut pas prendre encore ses photos parce que tout n’est pas fini, que la maison est encore en chantier, le jardin pas au mieux de sa forme. Certes, il faut ruser puis remplacer les photos au fur et à mesure qu’on peut les prendre.

Le choix et l’originalité des sujets, l’angle des prises de vue, tout a son importance. Il faut donc y réfléchir avant l’ouverture et réfléchir à comment transmettre au mieux l’âme de sa maison d’hôtes traduire la qualité de son accueil. Nous sommes dans les meilleurs moments pour braquer son objectif, les jardins sont fleuris, le beau temps donne une magnifique lumière. C’est le bon moment pour y réfléchir et s’en occuper.

Vous souhaitez approfondir ce sujet, nous vous proposons d’acheter le numéro 69 mai/juin d’Accueillir Magazine, son dossier est consacré aux photos.

Halte aux arnaques !

  • Fausses réservations contre gros chèques dont une partie devra être remboursée
  • Appels et faux courriers se faisant passer par un organisme officiel menaçant d’amendes pour des dossiers liés à l’accessibilité, au handicap, à l’hygiène, à des obligations de formations…
  • Les arnaques se renouvellent et un loueur bien informé saura les déjouer

Chaque année, je pousse un coup de gueule et je décris régulièrement dans Accueillir Magazine les arnaques à éviter, malheureusement elles se renouvellent régulièrement. Cette fois-ci, il n’y a aucun doute, c’est contre les arnaqueurs de tous poils qui vous font croire qu’il faut payer pour effectuer un diagnostic accessibilité ou acheter à prix d’or une formation hygiène.

Ils sont agressifs, ils vous menacent par téléphone d’amendes, ils vous expliquent que vous risquez une fermeture du gîte ou des chambres d’hôtes, ils vous envoient des courriers bardés de couleurs tricolores.

D’abord, depuis quand, doit-on donner un numéro de carte bancaire au téléphone dans une démarche officielle, depuis quand n’a-t-on pas le temps de réfléchir . Demandez systématiquement le nom et la raison sociale de ceux qui appellent ! Et vérifiez, une petite recherche sur le net et vous démasquerez les escrocs. Et dénoncez-les à la DGCCRF, voire portez plainte si malheureusement vous vous êtes fait avoir. La santé et l’accessibilité sont des sujets suffisamment graves pour prendre le temps de démasquer les escrocs et de déposer des signalements en préfecture.

Concernant l’accessibilité aux personnes handicapées, je vous rappelle que seuls les établissements recevant du public sont concernés. La plupart des chambres d’hôtes et des gîtes n’ont pas à faire d’audit ni à déposer d’agenda d’accessibilité programmée. Et pour les rares loueurs qui ont un bâtiment qui accueille plus de 15 personnes ou qui proposent d’autres activités – salle de réception, magasin… Il faut prendre le temps de se renseigner avant d’engager une quelconque démarche ou de signer un contrat avec un prestataire inconnu.

Concernant l’hygiène alimentaire et les règles HACCP, je le répète la formation hygiène n’est pas obligatoire pour les tables d’hôtes. Il n’est donc pas obligatoire de suivre une formation sur le sujet des risques sanitaires en cuisine. Si vous souhaitez le faire, ce qui peut être utile, il faut sélectionner le bon prestataire qui propose une formation adaptée à de petites structures.

En un mot, ne souscrivez aucun de ces services par téléphone, ne donnez pas votre numéro de carte bancaire et prenez le temps de les dénoncer en préfecture !

 

Avoir votre notaire est indispensable pour un achat immobilier

Il y a quelques jours une créatrice de gîtes m’a appelée pour me parler de ses mésaventures. Je vous raconte son histoire.

Lorsque l’achat immobilier devient un cauchemar

Il y a quelques mois, elle a signé une promesse pour l’acquisition d’une belle maison où elle prévoyait d’ouvrir des gîtes. Ce n’était pas une propriété déjà en activité, mais la disposition des lieux faisait qu’il y avait peu de travaux et que l’ouverture pouvait être rapide.
La veille de la signature de l’acte de vente, elle revient sur les lieux faire une dernière visite.
Et là, très mauvaise surprise, elle découvre un très gros dégât des eaux dans la partie dédiée aux futurs gîtes.
Mal conseillée par le notaire, celui de son vendeur, elle a, malgré cela, signé l’acte de vente comptant sur la bonne volonté du vendeur pour effectuer les travaux de remise en état.
Quelle erreur ! Le vendeur ne veut plus lui parler, il a déménagé évidemment, les semaines passent et elle va devoir prendre en charge les travaux à sa charge pour ouvrir ses gîtes. Et en plus, elle va rater plusieurs semaines d’activité. Dans les faits, le vendeur n’avait pas fait de déclaration à son assurance.
Que fallait-il faire ? Ne pas signer, reporter de quelques jours, exiger une copie de la déclaration du sinistre à son assurance, une baisse de prix, signer mais avec une somme bloquée chez le notaire le temps de trouver un compromis… En tout cas, prendre le temps de trouver la solution.
Dans tous les cas plutôt que de se retrouver avec des coûts de plusieurs milliers d’euros de travaux et une perte d’exploitation, il fallait mieux louer un gîte pour quelques jours et différer  l’achat immobilier.

Je dis bien qu’elle a été mal conseillée !

Ayez votre propre notaire

Cela ne coûte pas plus cher, votre notaire partagera avec le notaire du vendeur les honoraires.

Je le dis et le redis, je trouve inconcevable de passer par le même notaire que le vendeur lorsque l’on engage une grande partie de son patrimoine.
Je pense qu’un texte de loi devrait même l’interdire. Il me semble logique que chaque partie ait son propre conseil. Et si vous souhaitez vraiment passer par le notaire du vendeur, prenez un avocat pour vous conseiller et vous défendre. Cela aurait certainement permis de trouver une solution au dégât des eaux
Un notaire commun ne peut pas défendre à la fois vendeur et acheteur. Il y a d’un côté un vendeur qui veut vendre le plus cher possible et est déjà passé à un autre projet, il ne va pas gérer des problèmes une fois la vente passée. De l’autre, un acheteur qui est fragile, il a mis beaucoup d’émotionnel, il engage son patrimoine, son avenir, a vendu sa maison…

Ce n’est pas la première fois que des loueurs de gîtes et chambres d’hôtes me racontent de telles mésaventures. Dans le cas dont je parle, le projet n’est pas en péril, cela va se gérer avec un moindre mal, si je peux le formuler ainsi.  Dans d’autres cas, ce peut être une véritable catastrophe, bâtiments ou travaux non déclarés, diagnostics immobiliers imprécis ou découverts le jour de la signature, changements de destination non prévus, travaux non identifiés qu’on n’a pas les moyens de financer… si bien que ce qui aurait du être une très belle aventure tourne parfois au cauchemar.
Cela peut être évité, certes parfois en n’achetant pas cette propriété. Je comprends bien la déception, mais c’est un moindre mal par rapport à ne pas pouvoir aller au bout de son projet en ayant en plus engagé son patrimoine.

Vraiment, prenez votre propre notaire et expliquez-lui votre projet !

Quelques statistiques sur les statuts juridiques des créateurs

L’INSEE vient de diffuser les statistiques de la création d’entreprises pour l’année 2016. Ce faisant, il nous fournit quelques informations intéressantes sur les choix juridiques effectués par les entrepreneurs qui se sont lancés l’an passé.

Il recense 30 800 créations d’entreprises dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, dont font partie gîtes et chambres d’hôtes. Il s’agit pour l’essentiel de petites entreprises, 87% n’ont pas de salarié. En 2016, 53,5% de ces créations s’effectuent sous la forme d’une société (SARL, SAS…), 26% sont des entreprises individuelles (hors micro-entreprises) et 20,5% sont des micro-entreprises.
Le premier point à relever concerne la reprise des créations d’entreprises dans l’hébergement et la restauration en 2016 (+8,5%) après une année de baisse en 2015 (-4,1%). Concernant les statuts, les créateurs ont plutôt préféré le statut de micro-entreprise (+10,6%) aux autres formes juridiques (+7,9%). Par rapport aux autres secteurs d’activité, le régime micro garde un attrait, c’est l’un des seuls secteurs où il continue de progresser aux dépens des autres statuts juridiques.

L’INSEE fournit également des données sur les différentes formes de sociétés lorsque les créateurs choisissent ce type de statut. Tout secteur confondu, 56% des sociétés créées en 2016 sont des Sociétés par Actions Simplifiée (SAS) ou des SAS unipersonnelles (SASU), 40% des Sociétés A Responsabilité Limitée (SARL) ou des SARL unipersonnelles (EURL). A noter, la part des SAS continue de progresser fortement aux dépens des SARL, probablement en raison de leur plus grande souplesse, du traitement plus favorable accordé aux distributions de dividendes et peut-être également du fait que leurs dirigeants échappent au Régime social des indépendants (RSI).

Ces statistiques correspondent aux retours que nous avons des créateurs de chambres d’hôtes, à savoir un intérêt toujours marqué pour le régime micro et une préférence pour la SAS / SASU lorsqu’il y a création de société.

Attention, il est nécessaire de faire une analyse au cas par cas afin de choisir le meilleur statut juridique en fonction de votre projet et de votre situation personnelle. Je rappelle q’un statut a des conséquences fiscales, sociales, sur la retraite, sur la protection sociale, sur la protection du patrimoine, la situation du conjoint, sur le cumul d’activité, les plus-values et encore de très nombreuses conséquences. Il faut donc une vraie analyse au cas par cas qui ne peut être calquée sur son voisin.