Acheter une maison pour l’activité de chambres d’hôtes oui, mais aussi la vendre

Tout le monde n’a pas une maison de famille qui convienne pour y créer des chambres d’hôtes, donc il faut acheter la maison d’hôtes. Comme ce blog s’adresse à ceux qui ont un projet à court, moyen ou long terme, forcément j’y parle souvent immobilier, notamment parce qu’on peut se tromper sur tout sauf sur l’achat de la maison.
On peut changer une peinture, jeter un site internet, déplacer une baignoire, cela fait râler, mais l’achat de la maison, cela engloutit quand même, à quelques exceptions près, tout le patrimoine, voire on a besoin d’un prêt bancaire – qui se rembourse.

Vendre sa maison d’hôtes

Quand on achète une maison pour y faire plusieurs chambres d’hôtes, c’est une grande bâtisse. Le créateur de chambres d’hôtes, devenu exploitant, fait pendant des années des travaux, il valorise énormément le bien immobilier. Piscine, spa, jardin paysagé, fresques, mobilier de qualité…
Le problème se situe à la retraite, on n’a pas toujours un enfant ou un proche qui veut reprendre l’activité, donc on veut vendre la maison d’hôtes, car c’est trop grand pour y vivre seul ou en couple.

Le problème, qui va acheter ? Il y a des maisons d’hôtes qui sont devenues tellement atypiques comme maison d’habitation qu’elles vont avoir du mal à séduire une famille. Qui a envie de mettre des enfants ou adolescents dans une dépendance du bout du jardin ?
Elles atteignent un tel niveau de sophistication, que leur prix est également conséquent, sûrement mérité, mais inatteignable pour l’ensemble de la population qui veut y vivre mais pas en vivre.
Alors certes, il y a des créateurs qui achètent des maisons d’hôtes en activité, mais cela restreint quand même singulièrement le marché, on parle de plus d’une centaine de ventes par an, c’est statistiquement très petit.
Et c’est ainsi que je vois des propriétaire fatigués, malades ou avec un autre projet de vie, devoir continuer l’activité plusieurs saisons, en espérant qu’une opportunité se présente.

Comment réfléchir l’achat ?

Quand on achète une maison pour y faire des chambres d’hôtes, se demander si on l’achèterait pour sa famille, c’est facile à dire, mais cela ne fait pas avancer le dossier tellement c’est compliqué de trouver la bonne maison d’hôtes.
Je prendrais peut-être les choses différemment, en réfléchissant sur le prix d’achat de la maison. Je me dirais que quand je revendrai, sauf à avoir acheté des ruines, ce sera au prix de l’immobilier et que les travaux d’amélioration et d’embellissement ne seront peut-être pas valorisés car cela rendrait alors le bâtiment trop cher. Du coup ils doivent être amortis par l’activité de chambres d’hôtes et donc il faut blinder le business plan, pour qu’au final, mon activité ne m’ait pas coûté plus cher qu’elle ne m’a rapporté. Il faut quand même ajouter à la réflexion économique les années de vie qu’on y passe en imputant un loyer. Avoir une qualité de vie a aussi de la valeur.

NB. Je suis bien conscient que c’est une réflexion de période de crise économique qui vaut ce billet, Avec un peu de chance pour tous ceux qui s’apprêtent à créer, le problème de la revente immobilière ne se posera pas.

Des annonces de maisons d’hôtes à vendre sur le site d’Accueillir Magazine

Chambres d’hôtes et piège de la prison dorée

C’est le paradoxe, on ouvre une maison d’hôtes, tout est beau, propre, pensé pour le confort de ses hôtes. Le loueur et sa famille ont fait ce projet pour accueillir et se retrouvent « enfermés » dans une prison dorée, ils n’ont plus le temps de sortir ni de profiter de leurs équipements. Ce billet m’a été suggéré récemment par une créatrice de chambres d’hôtes et elle a raison.

Concerne
les chambres d’hôtes
les gîtes et meublés de tourisme
les hébergements insolites

Dans les premiers temps, on est tellement submergé par tout ce qu’on a à faire, travaux, aménagements, accueil, réservations…, qu’on ne sort plus de chez soi, que pour faire des courses, liées à l’activité bien sûr. On déjeune travaux, on dîne fiscalité, on dort référencement de sites internet. Certains propriétaires en activité se rappellent probablement même avoir campé dans leur partie privée, parce que pas le temps, ni le courage de reprendre des travaux et de s’aménager son coin à soi alors que tout ce qui est dédié aux chambres d’hôtes est impeccable. Certains même ne se baignent pas dans leur propre piscine ou ne vont pas dans leur spa.

C’est la logique du lancement d’une entreprise, peu importe son statut juridique, ou son activité. Après quelques saisons, le rythme vient, on connaît ses moments creux et on retrouve un rythme de vie.

Des outils pour piloter à distance

Le smartphone, la réservation en ligne avec la possibilité de consulter son site internet et ses agendas en ligne, le fait de pouvoir répondre au téléphone, sur WhattsApp, d’avoir les applications de réseaux sociaux, tout ceci permet de sortir de chez soi, de profiter de sa région et de ses passions. Il faut s’organiser pour pouvoir soortir, même si certaines périodes, comme dans tout travail, sont plus stressantes que d’autres.

Alors cela dépend beaucoup des caractères de chacun, certains ont l’art de garder une vie équilibrée peu importe le stress et la charge de travail, d’autres moins !
C’est important pour celui qui est du style à se plonger corps et âme pour gérer un projet de se forcer à se prévoir une plage de temps pour lui où il va faire quelque chose qu’il aime. Parfois on a envie de lâcher, trop de travail, trop de choses qui tournent dans la tête…
En fait, c’est vous qui faites de votre maison un lieu d’accueil unique et vos hôtes seront heureux si vous êtes disponible dans votre tête, si vous êtes détendu et cela passe sûrement par prendre soin de vous et vous ressourcer en vous livrant à vos activités favorites. En ouvrant des chambres d’hôtes, vous ne signez pas pour renoncer à toute vie personnelle !

 

Pourquoi créez-vous des chambres d’hôtes ?

A l’occasion du lancement du livre Mes chambres d’hôtes, mes hôtes et moi de Christiane Villamaux, Accueillir Magazine vous propose de nous parler un peu de votre histoire. Quel a été le déclic qui vous a poussé à ouvrir vos chambres d’hôtes ? Si vous avez un projet, qu’est-ce qui vous pousse aujourd’hui à vous lancer ? S’agit-il d’une décision mûrement réfléchie, d’un rêve de toujours ? Qu’en attendez-vous ? Dites-le nous en quelques mots !

Et découvrez en lisant le livre Mes chambres d’hôtes, mes hôtes et moi, vingt-huit années de souvenirs d’une propriétaire de chambres d’hôtes. Christiane a connu les démarrages de la chambre d’hôtes, quand on ne savait pas encore ce que c’était, elle a vécu l’arrivée d’internet, elle a reçu le monde entier chez elle, des hôtes venus des 4 coins de la planète. Des morceaux de vie partagés le temps d’un séjour chez elle à Caudebec-en-Caux.

Faut-il acheter la maison d’hôtes en SCI ?

SCI (société civile immobilière) ou pas pour sa maison d’hôtes ? La question préoccupe souvent les créateurs lorsqu’ils sont à la recherche d’une maison à acheter pour y faire chambres d’hôtes.

Créer ou pas une SCI demande de faire le point sur sa famille et son patrimoine

Nous le constatons à chacune de nos sessions de formation, 2 jours pour ouvrir sa maison d’hôtes, puisque c’est un des sujets sur lesquels les créateurs avancés dans leur projet et prêts à signer un compromis de vente s’interrogent encore. Il y a en effet deux grandes options, soit détenir le bien en direct, seul ou avec un conjoint, un parent ou un tiers, soit créer une SCI ou société civile immobilière qui sera propriétaire de la propriété.

Il existe une prose très abondante sur les avantages et inconvénients de la société civile immobilière, et le sujet est très personnel puisqu’il faut prendre en compte de nombreux paramètres, comme le régime matrimonial quand on est marié ou protéger son compagnon quand on n’est pas marié, la transmission du patrimoine aux enfants, la fiscalité, la SCI peut-être transparente ou pas, le régime des plus-values, les personnes qui achètent et celle qui exploite avec loyer éventuel à reverser…

Réfléchir à acheter ou pas par l’intermédiaire d’une SCi, c’est rentrer dans toutes ces questions très personnelles de patrimoine, de famille, de durée de l’activité et de la volonté de garder à terme ou pas le bien immobilier. C’est un sujet qui mérite l’avis d’un conseil et je rappelle que seul un professionnel agréé, avocat, notaire ou expert-comptable est habilité à faire du conseil juridique. 

Clause de substitution par une SCI

Mon idée n’est pas de revenir sur tous ces aspects, mais plutôt de vous rappeler qu’il est possible d’inclure une clause de substitution lorsque vous signez un compromis de vente.

Le compromis peut alors bénéficier à toute autre personne physique ou morale, par exemple une SCI, que les acheteurs désigneront par la suite, ou pas. Pour le vendeur du bâtiment, cela ne change rien puisque si la SCI n’achetait pas, ce sont les acheteurs ayant signé le compromis qui se sont engagés à aller au bout de l’achat. Introduire cette clause permet de se laisser du temps. Une fois le compromis de vente signé, il restera quelques semaines pour trancher pour acheter en direct ou créer la fameuse SCI qui se substituera lors de la signature de l’acte définitif. Et créer une SCI, si la décision est finalement prise, n’est pas long, votre notaire en charge de l’achat immobilier pourra s’en charger sans problème.

Attention cependant, la clause de substitution porte sur l’acte tel qu’il est rédigé. Il n’est pas possible de substituer une SCI pour l’achat d’une partie des biens décrit dans le compromis, la maison principale par exemple, et d’acheter en direct les dépendances, le terrain ou le fonds de commerce. Comme à mon habitude sur ce blog, je vous conseille donc de réfléchir à cette question juridique dès le début du projet pour ne pas vous rajouter une dose de stress avant la signature du compromis de vente. Cela représente quand même l’investissement le plus important et  le plus définitif de votre projet de chambres d’hôtes.

Ouvrir des chambres d’hôtes et s’installer dans un village

Un village a par définition peu d’habitants. Quand on a enfin trouvé la maison de ses rêves à acheter, qu’elle correspond à son budget et à son projet, qu’elle est dans la région où on voulait s’installer, il serait dommage de ne pas donner suite. Et pourtant quand on vient s’installer dans certains villages, le projet est parfois vu avec peu d’enthousiasme par ces habitants qu’on va croiser souvent.

Plein de raisons possibles, de la jalousie parce que vous avez les moyens d’acheter une grande maison, parce que toute personne née au delà de 30 kilomètres du village est un étranger pour au moins trois générations, parce qu’on a peur des nuisances occasionnées par l’activité chambres d’hôtes, parce qu’on arrive avec ses gros sabots sans percevoir qu’il va falloir se faire adopter…

Comme ce billet m’a été directement inspiré par une propriétaire en activité, je connais son sens de l’humour et son envie d’accueil et de contact. Je peux raconter quelques anecdotes qui lui sont arrivées : problèmes de bornages de terrain ou comment déplacer des clôtures pour 10 centimètres, haie le long de la route taillée à la hussarde laissant les animaux s’échapper alors que celle des voisins est intacte, voisins qui envoient les touristes en quête d’hébergement à la ville voisine, etc.

La question pourrait être pourquoi s’installer dans un village où on ne veut pas de vous et de vos chambres d’hôtes ? Cette question, elle m’y répond en me disant que ces problèmes n’étaient pas apparents quand elle est arrivé dans le village et a exposé son projet. De toutes les façons, quand on voit la difficulté et le temps passé à trouver la bonne maison, y renoncer semble difficile. Et puis, des contacts humains ne se jugent pas en quelques jours, des personnes réticentes peuvent devenir chaleureuses quand ils vous connaîtront mieux et l’inverse est vrai.

Alors que faire ? Passer par la mairie du village dans tous les cas, outre les problèmes de PLU et autres à vérifier, cela donnera l’atmosphère. J’ai en tête quelques anecdotes où le maire refusait de parler à un créateur, il n’était jamais disponible, où les voisins étaient résolument hostiles, allant jusqu’à prétendre ne pas connaître la maison quand des hôtes leur demandaient le trajet, où on reste ad vitam aeternam l’étranger… Un petit passage à la mairie pour évaluer la température s’impose, car pourquoi s’installer là où on ne veut pas de vous ?

Expliquer son projet de chambres d’hôtes, consommer local, faire une inauguration pour faire visiter aux voisins, et puis repérer les personnes à qui vous pouvez vous fier et ignorer les autres. Ce n’est pas très loin de ce que vous faites probablement déjà dans votre vie, au bureau ou dans votre immeuble.
Savoir que cela arrive aussi à d’autres permet de relativiser, tout ceci n’est qu’une histoire de nature humaine et ça, je crois qu’on ne peut pas la changer.
Et un clin d’œil à celle qui m’a inspiré ce billet, la nouvelle immatriculation des voitures le permet, adoptez tout de suite le département de votre nouvelle vie, parce que si vous continuez à rouler en 75, je ne donne pas cher de votre réputation locale, n’est-ce pas…

Et je précise qu’il y a plein de villages en France où on sera ravi de vous accueillir, vous et votre projet de chambres d’hôtes, où on verra l’intérêt de votre consommation et de celle de vos hôtes pour les commerçants locaux, pour maintenir une classe ou une école si par bonheur vous avez des enfants à y inscrire, pour votre dynamisme et je vous souhaite d’y trouver une maison où créer vos chambres d’hôtes et vous y épanouir…

Achat de la maison d’hôtes et voisinage, attention aux nuisances

  • L’activité de chambre d’hôtes peut faire peur à un voisin
  • Servitudes et troubles de voisinages sont à prendre en considération
  • Mais le voisinage trop bruyant peut aussi être un problème, les clients souhaitant de la tranquillité
  • Expliquer, aménager mais sécuriser son projet de chambres d’hôtes

Maison d’hôtes et voisins, un cocktail pas toujours simple

Informe-toi du voisin avant de prendre logis…
Et du compagnon avant de prendre la route.
Ce proverbe me paraît plein de bon sens et je ne peux que donner ce conseil à tous les créateurs de maison d’hôtes avant qu’ils n’achètent une maison dans un village ou un hameau qu’ils ne connaissent pas vraiment.

Il existe des obligations et des servitudes liées à un terrain, comme un droit de passage, une servitude de vue, une distance à respecter par rapport à la limite séparative ou encore des obligations d’entretien, mais tout cela n’est qu’un élément de ce que l’on peut appeler les relations de bon voisinage.

L’activité de chambres d’hôtes peut gêner des voisins

Ouvrir une maison d’hôtes, c’est aussi avoir des nombreuses allées et venues de jour et de nuit avec des portières de voitures qui claquent, c’est accueillir des hôtes qui seront peut-être bruyants à table, dans le jardin ou dans la piscine, héberger des enfants qui feront peut-être quelques bêtises ou seront bruyants. En un mot, des imprévus un peu plus nombreux que dans une maison de famille où tout le monde se connaît très bien et où on peut marquer les limites voire sévir. La remarque vaut aussi pour un meublé de tourisme, surtout quand il commence à accueillir plus de quatre personnes.

Or si les relations se dégradent, si le voisin ne supporte pas le moindre bruit et que les deux maisons sont très proches, la vie peut devenir un véritable enfer pour vous ou pour vos futurs hôtes. Ainsi, même si la maison est adaptée pour y ouvrir des chambres d’hôtes, ne sous-estimez pas les abords, les voies d’accès et la proximité avec les voisins. Renseignez-vous sur le voisinage en discutant de votre projet avec les habitants ou les commerçants. Ce sont des éléments qui peuvent pousser à ne pas acheter une maison pourtant parfaite sur tous les autres plans.

Respecter le voisinage peut dicter des aménagements

Cela peut aussi guider certains choix d’aménagement, comme celui de l’emplacement du parking, des tables de petit déjeuner ou de la piscine afin de limiter les nuisances pour les voisins et même si la vue est un peu moins belle de ce côté du jardin. Le choix des matériaux aussi est important, pour limiter la diffusion du bruit.

Les voisins aussi font du bruit

Et attention, aussi, ce qui est vrai dans un sens est vrai dans l’autre. Si vous achetez une maison et que vos futures chambres d’hôtes donnent sur la piscine du voisin, êtes-vous sûrs que vos futurs hôtes pourront faire la grasse matinée tranquillement ?

D’autres activités commerciales peuvent poser problème, le marché qui s’installe très tôt dans la rue deux fois par semaine, l’école dont la cloche sonne aussi le week-end, le restaurant dont les clients fument dehors aux beaux jours en discutant, la boîte de nuit dont les clients viennent se garer devant la maison faisant du bruit jusqu’à pas d’heure…

Avant d’acheter la maison où accueillir ses clients, il faut étudier l’environnement dans les rues proches, certains problèmes on pourra y remédier, d’autres non. Une chose est claire, la majorité des personnes qui vont en chambres d’hôtes veulent du calme.

Accueillir Magazine n°35 septembre / octobre est paru

Le numéro n°35 septembre / octobre est paru, au sommaire dans la rubrique gestion, de la fiscalité. Il est vrai que l’actualité est riche en la matière. Contribution économique territoriale, redevances Sacem et SPRE, fiscalité du patrimoine, mais aussi l’exemple, vrai, d’un contrôle fiscal ou comment tricher peut mettre son entreprise KO.

Développement durable, s’y investir, ce n’est pas que par conviction ou parce que c’est bon pour son porte-monnaie, mais c’est aussi se démarquer et attirer des consommateurs. Tourisme culturel, des motivations variées pour les adeptes et  6 idées pour remplir en hiver. Plastique, attention Bisphénol A et Couettes ou Couvertures, Avantages / Inconvénients parce qu’en maison d’hôtes, on est dans les bonnes pratiques et le quotidien est lourd.

Une cure de raisin à la Vigneronne à Cruzille en Mâconnais, balades en bateau et chambres d’hôtes près du lac du Der à l’Embarcader à Arrigny dans la Marne et recette de confiture de rhubarbe-pomme-orange de La Demeure aux Hortensias à Pleurtuit, les propriétaires de chambres d’hôtes ont la parole et plein de bonnes idées.

A découvrir sur www.accueillir-magazine.com pour tout savoir sur les maisons d’hôtes.

Qui est le loueur de chambres d’hôtes ?

Dans notre société, on aime bien les sondages, les statistiques et les cases à remplir dans les formulaires  et on étudie les secteurs professionnels sous cet angle, cela permet de publier des enquêtes qui ont leur utilité. Mais dans le secteur des chambres d’hôtes, – si tant est qu’on puisse parler de secteur -, il n’y a pas  d’enquêtes statistiques officielles, on a des retours des labels de chambres d’hôtes et, en tant que journalistes, à Accueillir Magazine, nous passons nos journées à observer, donc nous avons une idée assez précise de ce qui se passe dans le monde des chambres d’hôtes.

Et pourtant, cela reste difficile de répondre à la question favorite de mes confrères journalistes : qui est le créateur ou propriétaire type de chambre d’hôtes.

Qui est-il ? Et bien complexe et unique comme le sont les chambres d’hôtes !
Majoritairement en couple mais il y a aussi des solos qui ouvrent des chambres d’hôtes.
Quand ils sont en en couple, les chambres d’hôtes sont gérées par les deux partenaires ou par l’un des deux, même s’il apparaît évident dans ce cas le conjoint est impliqué à un moment ou à un autre.
Des créateurs ouvrent leurs chambres d’hôtes avec la volonté d’en vivre mais ce n’est pas la majorité, la plupart cherchent un revenu complémentaire ou de plus en plus des trimestres de retraite supplémentaires.
La chambre d’hôtes  permet aussi souvent de garder la propriété familiale en faisant face aux charges croissantes liées à l’immobilier ou d’habiter la maison de ses rêves que sans cela on n’aurait pas pu s’acheter.
Pour rappel, une bonne partie des chambres d’hôtes n’ouvre que quelques mois, cela se comprend notamment aux coûts liés au fait de chauffer un grand bâtiment et aussi parce que de jeunes retraités veulent pouvoir profiter de la vie, se reposer, voyager ou prendre du temps pour leurs activités favorites. Mais cela pose un problème quand on veut mettre la chambre d’hôtes  en corrélation avec un secteur économique.
Autrefois, on ouvrait des chambres d’hôtes à la retraite, maintenant on a aussi des quadras dynamiques – voire plus jeunes – qui y cherchent un projet de vie qualitatif.

Je pourrai continuer, mais en fait le message est que la chambre d’hôtes est un projet atypique, puisqu’elle est avant tout le résultat d’une envie et d’une passion, parce qu’elle se passe chez soi, parce qu’elle implique la famille, parce qu’elle joue sur des valeurs…
Et donc le loueur ou créateur de chambre d’hôtes a des difficultés à se placer dans une petite case de formulaire. De mon point de vue, cela rajoute au charme de cette activité.

Crise économique et création de chambres d’hôtes, est-ce encore possible ?

Il est légitime en période de crise économique de se demander si c’est judicieux de créer une nouvelle activité, en l’occurrence des chambres d’hôtes.

Entreprendre malgré la crise

D’abord, si on renonce à ses rêves parce que le contexte est mauvais, on ne fait jamais rien. La crise ne durera pas éternellement, donc autant être prêt quand tout redémarrera car les clients ont toujours envie de partir et aiment définitivement les hébergements touristiques, qu’ils soient chambres d’hôtes ou meublés de tourisme. De plus, ce peut être l’opportunité de faire une bonne opération immobilière si on a pas encore la maison, il sera peut-être aussi plus facile de trouver de bons artisans. Gageons aussi que des personnes qui ont besoin de complément de revenus vont peut-être se poser la question d’ouvrir leurs chambres d’hôtes.
Bien sûr, on peut être amené ou obligé de reporter son projet pour problèmes de financement, surtout si on dépend des emprunts bancaires, car quoi qu’elles disent, les banques ne sont pas prêteuses. Quant aux subventions, elles se font rares et cela ne s’améliorera pas, Etat et Collectivités locales manquant d’argent.

Toutes les études s’accordent à le dire, les Français vont partir en vacances moins loin, donc rester en France et ils vont faire des arbitrages pour leur dépenses. Et dans leurs choix, un hébergement unique avec un accueil personnalisé a toutes ses chances pour les séduire.

Donc verre à moitié vide ou verre à moitié plein, je suis prête à prendre le pari qu’il y aura autant de créations de chambres d’hôtes que les années précédentes (n’oubliez pas que dans le même temps des propriétaires s’arrêtent, ce qui laisse un nombre assez stable de maisons d’hôtes). Alors pourquoi pas vous ?

Crise ou pas crise, créer une activité est toujours risqué et toujours passionnant.

Se lancer, c’est prendre un risque, toujours.
Ce qui va changer, c’est certainement le passage très difficile chez le banquier. Une certitude, ils vont être plus durs pour les prêts immobiliers ou de travaux et si le remboursement est lié à l’activité de chambres d’hôtes, il va falloir un business plan béton et des apports personnels plus conséquents.
Ce qui change la donne aussi, c’est qu’il n’y a pas de place aux dépenses inutiles. Vous allez me dire, il n’en faut pas, jamais ! Pas tout à fait exact, quand on a de la trésorerie, on se lâche plus facilement sur le meuble dont on rêve ou on pense son petit déjeuner pour le plaisir uniquement en oubliant les coûts.

Bonne nouvelle cependant, il en faut, la part consacrée aux loisirs ne faiblit pas. Besoin de fuir le quotidien, envie de visiter, de découverte, d’évasion, Français et étrangers partiront toujours en vacances, les arbitrages financiers auront lieu sur les repas, visites et dépenses sur place. Et ils regarderont les prix et compareront, donc il va falloir proposer ses chambres d’hôtes au juste prix, d’où étude de marché.

Un des vrais enjeux, cela va être de faire connaître votre maison d’hôtes. Vous ne serez pas tout seul à proposer des chambres, il va falloir comprendre les mécanismes du web. La grande majorité des porteurs de projet que je rencontre se servent d’internet du côté utilisateur, on y fait quelques recherches, quelques achats, on lit des informations, on partage photos et autres.
Mais, et c’est normal s’ils n’en ont pas eu besoin dans leur vie professionnelle, ils ne se sont pas demandés comment et pourquoi certains sites internet sortaient bien dans les résultats de recherche et pas les autres. C’est un des sujets qu’il ne faut surtout pas sous-estimer et il ne faut pas attendre l’ouverture de vos chambres d’hôtes pour vous en préoccuper.

Chasse au gaspi, aux coûts cachés, optimisation fiscale, business plan, prix de vente juste, dynamisme pour se faire connaître, ce n’est pas très loin de ce que j’écris sur ce blog depuis trois ans et dans Accueillir Magazine.

Crise ou pas crise, on peut entreprendre. Mais la marge de manoeuvre est très serrée et il n’est plus possible comme il y a quelques années  d’acheter une maison, de faire ses travaux, d’ouvrir ses chambres d’hôtes et d’attendre le client. Ça c’est une époque révolue.

Retrouvez les nouvelles dates de formation, deux jours pour ouvrir sa maison d’hôtes, avec une trame de budget et de business plan à remplir et toutes les explications pour réussir son projet.

Cet article a été initialement écrit le 25 août 2011 et mis à jour le 23 septembre 2023.

Le chiffre d’affaire des chambres d’hôtes, important oui mais pas tout seul

Ce billet pourrait être écrit pour n’importe quelle activité parce qu’il ne reprend que quelques fondamentaux de l’entreprise et du commerçant et n’apprendra rien à ceux qui sont déjà à leur compte ou l’ont été dans une vie professionnelle antérieure. C’est là où je mesure les fractures qu’il peut y avoir dans notre société et combien j’aimerais qu’on mette à l’école quelques fondamentaux économiques – chiffre d’affaire, budget, trésorerie – sans lesquels on ne s’en sort pas si on veut se mettre à son compte, ce qui est bien de plus en plus la réalité de la vie actuelle pour de nombreuses personnes.

Le chiffre d’affaire n’est qu’un indicateur

Revenons sur la question que j’entends souvent : quel sera mon chiffre d’affaire si j’ouvre des chambres d’hôtes à tel endroit ? Ou est-ce raisonnable d’envisager ce chiffre d’affaire pour mon activité… ? Ou j’envisage d’acheter une maison d’hôtes en activité  qui a ce chiffre d’affaires…

Le problème n’est pas la question, après tout si on fait en début de projet, une étude de marché et un business plan, c’est bien pour estimer un chiffre d’affaire potentiel et suivre l’évolution de son chiffre d’affaire quand on est en activité, c’est bien un outil de pilotage dont on ne peut se passer pour savoir où en est son activité et les dépenses qu’on peut engager.

Il faut pousser l’exercice comptable jusqu’au bout

Le problème c’est que cette question est trop rarement suivie de : oui mais est-ce que ce chiffre d’affaire me permettra de m’en sortir, autrement dit est-ce qu’il me permettra de me donner un revenu, de payer mes factures, les taxes et impôts, les remboursements à la banque, les travaux… ? Et cela dépend des coûts de fonctionnement de la maison d’hôtes.
Le chiffre d’affaire me semble être une entité trop valorisée pour certains créateurs qui voient le chiffre en valeur absolue. Petite question, vous préférez 20 000 euros de chiffre d’affaire dont 10 000 dans votre poche une fois vos frais déduits ou 90 000 euros de chiffre d’affaire avec 100 000 euros de dépenses et un banquier brusquement peu aimable ?