Le revenu de mes chambres d’hôtes permet-il d’en vivre ?

La question est fréquente et les créateurs de chambres d’hôtes qui attendent un revenu de leur activité ont raison de se la poser. Pour vous faciliter la tâche et avancer dans votre réflexion, je vous propose de faire un petit calcul selon deux modalités.

Chiffres d’affaire de loueurs de chambres d’hôtes

Premier cas. Le loueur a trois chambres d’hôtes, le prix de la nuitée est de 70 euros petit déjeuner inclus. Compte-tenu de la région, il attend essentiellement une fréquentation sur trois à quatre mois sur l’année, disons 90 nuitées par an par exemple de juin à septembre. Cela va donner un chiffre d’affaires annuel de 18 900 €.

Second cas. Le loueur loue cinq chambres d’hôtes toujours à 70 euros la nuitée, petit déjeuner inclus. La saison est plutôt longue. Les efforts de promotion et de communication permettent d’attirer des visiteurs en basse saison. Disons qu’il atteint 180 nuitées par chambre d’hôtes. Son chiffre d’affaires sera de 63 000 €.

Nous obtenons donc un chiffre d’affaires qui peut aller de 1 à 3. Si la seconde maison d’hôtes avait des chambres à 90 €, l’écart serait de 1 à 5 et le chiffre d’affaire de 81 000 €. L’écart serait entre plus fort entre ces deux exemples si nous rajoutions une activité complémentaire dans le second cas, une table d’hôtes, la location d’un gîte, des stages thématiques…

Marge et revenus des chambres d’hôtes

Reste à déduire les coûts directs liés à l’activité, les taxes et charges fixes liées à la maison dont l’emprunt bancaire et les cotisations sociales pour calculer le revenu qu’il peut attendre de sa maison d’hôtes. Il est cependant probable que dans notre premier exemple, le loueur n’en obtiendra qu’un revenu complémentaire. En revanche, notre second loueur peut espérer en un tirer un revenu à part entière.

Les conditions sine qua none pour pouvoir vivre de ses chambres d’hôtes : l’emplacement pour avoir un bon taux de fréquentation et la capacité à se faire connaître par tous moyens et donc de comprendre le monde d’internet.
Ce n’est bien sûr pas suffisant, la cohérence complète du projet et de la maison d’hôtes reste indispensable, ainsi que l’accueil, ce qui veut dire un loueur bien dans sa peau et heureux dans sa vie, cela aucun business plan ne le mesure.

Et attention, le chiffre d’affaire peut faire rêver, mais il y a beaucoup de travail derrière et au final, le taux horaire si on veut comparer avec son travail de salarié reste très faible, compte tenu du nombre d’heures travaillées. Et dans tous les cas, cela commence par une étude de marché et un business plan.

Publié par

Caroline Kyberd - Accueillir Magazine

Rédactrice en chef d'Accueillir Magazine, la presse des chambres d'hôtes et meublés de tourisme, j'anime aussi les formations pour ouvrir maisons d'hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme

Une réflexion sur « Le revenu de mes chambres d’hôtes permet-il d’en vivre ? »

  1. Vous avez raison d’insister sur la différence entre CA et Marge. L’idéal étant d’avoir le moins possible de charges mensuelles (Emprunts et coûts fixes)….donc dans tous nos collègues ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui « exploitent » un bien de famille ou ont déjà payé la maison. Ils n’ont pas besoin de courir après du Chiffre d’affaire pour faire face. Même un bon business plan ne peut prévoir l’évolution du CA à 15 ans ( Durée Emprunt !), l’exigence de la clientèle et les modes de commercialisation évoluant au même rythme que les modèles de smart phone…La prudence s’impose sur les gros investissements..

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