Rentabilité, louer un meublé ou une location saisonnière ?

Créer un gîte ou location meublée saisonnière, ce peut être un projet complémentaire de la chambre d’hôtes ou un projet à part entière. Nous connaissons des loueurs qui ont fait ce choix d’avoir plusieurs biens meublés, un village de gîtes… Dans tous les cas, il faut penser rentabilité.

Meublé touristique ou Meublé seul, sous quelle forme louer ?

Les créateurs qui se demandent s’ils vont proposer de la location meublée s’interrogent parfois sur le fait de louer le logement en meublé à l’année ou d’opter pour le meublé saisonnier de courte durée. Ils ont souvent en tête l’idée que la location saisonnière est plus rentable et qu’il sera plus facile de récupérer l’usage du logement si besoin.

Calculer la rentabilité

Concernant la rentabilité, il faut prendre en compte tous les éléments pour faire le calcul.
Certes, la fiscalité d’un meublé saisonnier est souvent avantageuse et le prix à la semaine supérieur à celui d’un meublé classique. Mais il y aura des périodes non louées, les équipements nécessaires sont supérieurs à une simple location meublée, il faut prévoir du ménage à chaque changement de locataire et souvent des petites réparations, être là pour accueillir ses locataires et récupérer les clés au départ…
Enfin et pas le moindre, il y aura la gestion avec la promotion du bien, l’envoi des contrats, les paiements, des frais de publicité et d’annonces sur des sites spécialisés, sauf à confier la location du bien à une centrale de réservation ou une agence qui prendront une commission…
Au final, la rentabilité sera peut-être meilleure mais il y aura du travail à fournir et des difficultés à régler au quotidien.

Sur le sujet de la disponibilité du bien locatif, le loueur saisonnier n’élit pas domicile sur place et la location est limitée dans le temps. Ceci étant, pour accéder à ce dispositif qui peut être avantageux, il faut respecter la loi. Dans de nombreuses communes, pour louer en meublé de courte durée, les propriétaires doivent demander un changement d’usage du logement d’habitation qu’il compte proposer à la location. Parfois, cette démarche n’est pas possible ou soumise à de trop fortes contraintes.
Concernant la location meublée classique, il s’agit le plus souvent d’un bail d’un an renouvelable par tacite reconduction. Le loueur peut cependant refuser le renouvellement en respectant un préavis de trois mois pour reprendre ou vendre le logement ou pour un motif légitime et sérieux comme le non-paiement du loyer.
Si le meublé se trouve sur la même propriété que d’autres locations saisonnières ou chambres d’hôtes, la question se pose aussi du partage des lieux par des personnes ayant des envies et des horaires différents.

Respecter les réglementations

Louer en location saisonnière ou en simple meublé, ce choix doit donc être mûri. Il va impacter les travaux et l’aménagement du meublé. Et une fois la décision prise, il convient de respecter toute la réglementation applicable à sa formule d’hébergement pour ne pas être pris en défaut par son locataire ou par un tiers. Et comme toujours avant de prendre sa décision, il convient de ne pas considérer la rentabilité du bien du seul point de vue financier

Réfléchir très tôt au futur site internet de ses chambres d’hôtes

Le site internet de ses chambres d’hôtes, son référencement et globalement la visibilité de la maison d’hôtes sur l’ensemble du net, réseaux sociaux y compris, c’est un sujet que j’ai déjà abordé sur ce blog, mais je veux vraiment insister dessus.

Désormais, le site internet est au coeur de l’activité d’hébergement marchand, même si ce n’est pas le seul vecteur pour avoir un bon taux de fréquentation. Réfléchissez simplement aux mutations du tourisme que vous avez vécu comme client depuis vingt ans, aviez-vous imaginé regarder votre téléphone mobile pour trouver une chambre d’hôtes ou location disponible dans les 10 km autour de votre voiture ? Pensiez-vous regarder la chambre d’hôtes en détail sur un écran d’ordinateur au lieu d’une petite vignette dans un catalogue d’office de tourisme ou de label ?

Je ne peux que conseiller aux créateurs de réfléchir à leur site internet suffisamment tôt. Concevoir un site internet est une tâche compliquée et qui mérite autant d’énergie que l’achat de la maison ou l’éxécution des travaux. En plus, cela prend du temps, temps qu’on n’a pas quand on est dans la dernière ligne droite avant l’ouverture des chambres d’hôtes, temps qu’on peut trouver quand on est en amont en train de réfléchir à son projet.

Dupliquer un site existant en changeant les photos, le lieu et le nom des propriétaires est très facile mais cela ne reflètera pas l’esprit de la maison d’hôtes et la personnalité de ses habitants. L’ouverture de chambres d’hôtes est un acte très personnel, vous, votre voisin ou moi n’aurons pas la même décoration, le même accueil, les mêmes attentions, les mêmes petits soucis de détails, tout ce qui fait qu’une maison d’hôtes est unique. Selon moi, le site internet doit correspondre à cette démarche et faire passer un message d’accueil ainsi que l’esprit de la maison, parce qu’il en est la vitrine ouverte sur le monde pour séduire vos futurs hôtes.

Réussir le site internet de sa maison d’hôtes suppose pas mal de préparatifs. Il faut réfléchir à l’architecture du site, à la structuration des pages, aux textes et aux photos. La page d’accueil mérite beaucoup d’attention. Y mettrez-vous une photo de la maison, une vue des environs, des photos des chambres ? Quels seront les premiers mots ?

Le web a ses clés complexes. Un site internet qui marche, c’est beaucoup plus que quelques pages. Pourquoi certains sites sortent-ils en première position, pourquoi certaines maisons d’hôtes ont-elles fait le plein cet été malgré une météo maussade, pourquoi certaines chambres d’hôtes sont-elles plus réservées que d’autres ? Il y a beaucoup de paramètres à cela, mais le site internet et les actions menées autour en sont un important.
C’est quand on est conscient de cela, qu’on peut se poser les bonnes questions, c’est quand on a consulté des dizaines de sites internet que l’on peut commencer à réfléchir à l’aspect technique, prendre contact avec des prestataires, identifier les bons, demander des devis…

Je rencontre fréquemment des créateurs et propriétaires installés qui me disent ne pas aimer ce côté de l’activité, appréhender le côté code technique, le langage informatique, trouver cela compliqué, que cela prend du temps.
Je comprends, mais dans toute activité commerciale, il y a des aspects rébarbatifs. On ne vous demande pas de développer votre site vous-même, mais d’en comprendre les enjeux. Et n’oubliez pas  que ce site internet vous apportera une grande partie de vos réservations mais peut aussi vous en faire perdre beaucoup et vous en faire rater encore plus.
Alors faites-en un défi, passez du temps à comprendre l’envers du décor d’internet, c’est un bon investissement pour remplir sa maison d’hôtes.

Pour vous aider sur ces sujets, nous avons un cahier pratique dédié à la création du site internet.

Le bilan comptable de la maison d’hôtes

Lorsque le créateur de chambres d’hôtes choisit de créer une société pour mener son activité, il donne naissance à une personne distincte qui va avoir une identité juridique, une adresse, un dirigeant et des biens propres.

La lecture des comptes avant l’achat de la maison d’hôtes et les travaux

Cette société aura l’obligation d’établir des comptes et devra produire des états financiers, dont principalement un compte de résultat et un bilan. Ce dernier document est intéressant car il permet de se poser de nombreuses questions quant aux enjeux financiers. Encore plus quand on anticipe ce bilan comptable avant d’acheter une maison pour créer des chambres d’hôtes et / ou de faire des travaux d’aménagements souvent conséquents.

A l’actif du bilan, on retrouve les biens de la société. Il y a les immobilisations, c’est-à-dire les éléments détenus pour l’activité, les stocks, les créances clients, les autres créances et la trésorerie. Dans une activité de maison d’hôtes, l’un des enjeux principaux concerne l’immobilier, les travaux et l’équipement. Quels sont les éléments nécessaires pour l’activité ? Auront-ils une valeur le jour où je revendrai la maison d’hôtes ? Quels seront les stocks indispensables ? Certains clients risquent-ils de payer avec un délai ? Quel niveau de trésorerie faut-il pour faire face à la basse saison ?

Le passif, découvert, pertes et trésorerie

Au passif du bilan, on a les capitaux apportés, les dettes financières et toutes les autres dettes vis-à-vis des fournisseurs, des administrations ou des associés. Ces éléments donnent lieu à d’autres questionnements. Comment est-ce que je finance l’achat de la maison ou la réalisation des travaux ? Quel est le niveau de dette supportable compte tenu de l’activité envisagée ? Faut-il négocier un découvert avec la banque dès le démarrage ?

Que vous créiez une société ou non, il est important d’avoir une vision complète des enjeux. Etablir un bilan comptable prévisionnel même simplifié peut vous permettre de faire ainsi le tour de nombreuses questions et de faire ensuite les bons choix, car l’objectif, c’est bien de réussir votre projet de chambres d’hôtes et pas de scruter avec angoisse vos relevés bancaires.

Agrément pour chambres d’hôtes, comment l’obtenir ?

L’agrément est une question qui revient souvent chez les créateurs lorsqu’ils commencent à réfléchir à leur projet de chambres d’hôtes, l’affiliation auprès d’un label aussi.

Tout d’abord, il n’existe pas d’agrément pour faire chambre d’hôtes. Il n’est pas nécessaire de faire une demande préalable auprès d’une administration locale ou départementale pour obtenir une autorisation d’ouverture. En revanche, comme je l’ai déjà indiqué sur le blog, il faut déclarer son activité de chambres d’hôtes à la mairie un peu avant l’ouverture de son hébergement. Il faut bien sûr que l’activité soit en règle, que ce soit sur le plan de l’urbanisme, des réglementations, des règlements éventuels de copropriété ou lotissement…

Ensuite, il n’y a pas d’obligation de classement lorsque l’on fait chambres d’hôtes et il n’existe pas de classement officiel, comme c’est le cas pour les hôtels, les campings ou les meublés. Le loueur peut, s’il le souhaite, demander le classement de ses chambres d’hôtes auprès d’un label, comme Gîtes de France, Clévacances, Fleurs de Soleil, Accueil Paysan… Il peut aussi choisir de ne pas faire classer ses chambres. La moitié des loueurs de chambres d’hôtes détient un classement, l’autre moitié non.

Le fonctionnement des labels implique également une adhésion. Le loueur qui demande le classement doit également adhérer à l’association des loueurs et celle-ci doit accepter son adhésion. C‘est une spécificité et c’est pour cette raison que l’on parle parfois d’affiliation. Dans d’autres secteurs du tourisme, ce ne sont pas les mêmes structures qui classent les établissements et qui fédèrent les professionnels. Il y a d’un côté des cabinets d’audit agréés et d’un autre des syndicats professionnels.

Demander le classement et adhérer à un label sont des décisions qui nécessitent un peu de réflexion.
Cela représente un budget pour le futur loueur, le coût de l’adhésion à l’association et la cotisation annuelle,  mais surtout très probablement des travaux à effectuer pour obtenir le classement voulu et des investissements pour l’équipement demandé. Le label peut en effet refuser l’adhésion du loueur de chambres d’hôtes si l’hébergement ne répond pas à sa charte.
La question de la labellisation ou du classement ou de l’affiliation à un label est donc une question à traiter en début de projet quand on se dit que ça y est, on y va, on va créer ses chambres d’hôtes.

 

La chambre d’hôtes, une activité économique atypique

La chambre d’hôtes est une activité très atypique. Il est difficile, voire impossible, de formuler un raisonnement économique ou financier qui s’applique à l’ensemble du secteur.

La chambre d’hôtes est d’abord une activité patrimoniale

D’abord, parce que de nombreux propriétaires pratiquent la chambre d’hôtes comme une activité patrimoniale qui permet de garder la maison, de préparer sa transmission aux enfants, de payer les travaux d’entretien mais aussi de faire des rencontres et de conserver une vie sociale bien après l’âge légal de la retraite. Ils ferment une partie de l’année et ne se reconnaissent pas vraiment dans les préoccupations classiques des entrepreneurs, trésorerie, rentabilité, marge, coût horaire…

Choisir d’en vivre

D’autres propriétaires de chambres d’hôtes, moins nombreux, en font une activité à part entière et y consacrent une énergie et un temps largement au-delà des 35 heures. J’en connais plusieurs. Jeunes retraités ou même renonçant à une carrière plus lucrative, ils ont décidé de vivre autrement et de développer d’autres valeurs. Cela non plus, cela ne rentre pas dans une grille d’analyse économique. Je ne connais pas de case “je privilégie d’autres valeurs” dans la rubrique “objectifs financiers” du business plan, ni comme mention dans les actifs de la société “belles rencontres”, ni de réponse au plan carrière professionnelle “objectif de l’année prochaine, me consacrer à mon potager pour ne manger que mes fruits et légumes”.

Business Plan ou Indice du bonheur ?

Dans une logique de pure rentabilité économique, il faudrait valoriser chaque mètre carré de la maison d’hôtes et sélectionner les travaux et investissements les plus rentables quitte à faire des concessions quant à la qualité des abords ou à la taille des pièces. J’imagine la tête du banquier qui lirait dans une demande de prêt le commentaire suivant “nous ne ferons table d’hôtes qu’une ou deux fois par semaine pour que cela reste un véritable plaisir de préparer les repas pour nos hôtes” ou “nous voulons un bassin naturel, cela coûte plus cher, mais nos grenouilles seront heureuses et c’est un tel bonheur de se baigner dans une eau pure”.

Atypique ou totalement moderne ? Précurseur d’un autre mode de société qui ne base pas tout sur la consommation mais recherche un nouvel équilibre ? Sans rentrer dans ces débats philosophiques, si on veut ouvrir des chambres d’hôtes, il faut faire la part des choses entre ce qu’on attend comme “valeurs immatérielles” – pas au sens où l’entendent les experts-comptables mais au sens épanouissement personnel – et ce que l’on vise comme chiffre d’affaire et revenu.

Vos parents vont ouvrir des chambres d’hôtes, attention, organisez-vous !

Sujet un peu décalé mais assez réaliste quand même, après tout, nous sommes sur une période de vacances, je n’ai pas envie de parler de fiscalité ou réglementation quand il y a enfin du soleil à la fenêtre.
Je suis en contact via les réseaux sociaux notamment avec des enfants des créateurs ou de propriétaires : “mes parents ouvrent des chambres d’hôtes et je suis en charge du site internet”, ” je les remplace pendant leurs vacances”, “Ils m’ont demandé de…”

Aider ponctuellement super

Super, loin de moi l’idée de critiquer l’enthousiasme familial, d’autant que s’il y a un projet qui s’y prête, c’est bien celui de la maison d’hôtes tournée avant tout vers l’humain et qui révèle très souvent des valeurs familiales d’ouverture, de partage et d’entraide.

Venir en vacances chez ses parents et aider au petit déjeuner pour leur permettre de se lever un peu plus tard, aider dans les déclarations fiscales, c’est parfait parce que ce sont des opérations ponctuelles.

Il y a un sujet qui pose plus de problèmes pour l’avoir souvent observé, c’est celui du site Internet, parce que justement ce n’est pas une opération ponctuelle.
D’abord il ne s’agit pas que de faire un site, cela beaucoup de personnes savent faire quelques pages en html ou créer un blog rapidement.
Il s’agit d’avoir une stratégie Internet sur le long terme. Il faut un site internet qu’on peut faire évoluer dans le temps avec des fonctionnalités possibles, comme le calcul de l’itinéraire, le module de réservation en ligne, la carte interactive… Il faut entreprendre une politique de référencement ou de visibilité couplée avec d’autres actions sur les médias sociaux par exemple et cela demande beaucoup de connaissances. Il faut un site qu’on met à jour souvent avec les événements locaux, dont on change les photos, les prix…

Attention engagement longue durée difficile

Et tout cela demande un investissement temps au quotidien. Je connais des propriétaires qui ont fait le choix, au début, de confier leur site à la jeune génération née avec un clavier au bout des doigts. Le problème, c’est que la disponibilité ne peut pas toujours être au rendez-vous : études à l’étranger, bébé, nouveau travail prenant, cela devient difficile de se libérer à chaque fois qu’il faut modifier le site Internet de la chambre d’hôtes. Et le site n’est plus à jour avec toutes les conséquences sur le taux de fréquentation des chambres d’hôtes ou alors on doit faire appel à une société de création de sites internet pour un nouveau site.

Alors aider ses parents dans leur aventure chambres d’hôtes oui. Mais si vous choisissez de vous substituer à eux sur certaines opérations, soyez clair : soit vous les formez et les rendez autonomes pour ne plus faire que des interventions ponctuelles, soit vous vous engagez pour longtemps.

Ce peut cependant être aussi le moyen de fonctionner ensemble sur une période donnée, le temps de faire le point sur les besoins de la maison d’hôtes avant de confier cela à un prestataire.

Que faire des dépenses engagées avant l’ouverture de sa maison d’hôtes ?

Très fréquemment, les porteurs de projet engagent des dépenses avant le démarrage de leur activité de chambres d’hôtes. Il peut s’agir de l’achat de documentations, de prestations de formation, – par exemple celles que nous proposons, 2 jours pour ouvrir sa maison d’hôtes ou nos modules en distanciel – , de frais de déplacement, de matériel ou de travaux. Ces dépenses ne sont pas nécessairement perdues et peuvent être déduites des revenus à déclarer et il en va de même de la TVA acquittée sur ces dépenses.

Comprendre les règles comptables

Il faut cependant bien comprendre les règles à respecter pour éviter de mauvaises surprises par la suite. Si vous créez une société, une SARL ou une EURL par exemple, il faut absolument annexer aux statuts la liste de toutes les dépenses effectuées par les associés pour le compte de la société en cours de formation. La signature des statuts permet la reprise de ces engagements par la société qui peut rembourser les associés une fois les fonds disponibles. Si la maison d’hôtes est exploitée sous la forme d’une entreprise individuelle, il s’agit d’une simple note de frais établie par l’exploitant qui détaille chacune de ses dépenses.

La TVA, respecter le formalisme

Concernant la TVA, le formalisme est important puisqu’en l’absence de facture détaillée faisant ressortir la TVA, la taxe ne sera pas déductible. Enfin, et cela peut être important, il est nécessaire de respecter un délai légal, le droit à déduction est généralement perdu si la déduction n’est pas faite dans les deux ou trois ans qui suivent. Je ne peux que conseiller à ceux qui envisagent de très longs travaux de regarder ce point en détail.

Le régime du réel

Enfin, pour déduire ces charges de ses futurs revenus, il faut nécessairement que la maison d’hôtes ait choisi le régime du réel, puisque les dépenses ne sont pas prises en compte dans le régime micro. De plus, le créateur doit conserver tous les justificatifs correspondants, qu’il s’agisse de factures ou de reçus. Par ailleurs, seules des dépenses justifiées par la future activité pourront être déduites fiscalement. Inutile d’espérer déduire ses vacances en chambres d’hôtes des années précédentes !

Charles parle de ces sujets dans son Panorama des solutions juridiques et fiscales.

Créer une microentreprise de chambres d’hôtes

Le mot entreprise fait parfois peur. Le terme microentreprise rassure. Le créateur de chambres d’hôtes a l’impression que le projet sera plus simple et qu’il va échapper à des réglementations complexes, celles des grandes entreprises. Il se trompe un peu.

D’abord, la taille de l’entreprise n’est pas un vrai problème. Créer une entreprise, cela revient à se confronter à une foultitude de sujets. Gestion, promotion, organisation… Quelle que soit la taille, les sujets à traiter par le créateur sont souvent les mêmes. Le mot micro est trompeur, car il donne l’illusion de la facilité et peut faire oublier l’importance de l’étude de marché, du budget et des réglementations à respecter.

Créer une microentreprise, c’est passé dans le langage courant mais cela ne correspond en rien à la création d’une entreprise, cela signifie simplement choisir le régime micro-fiscal. C’est là que réside la spécificité “micro”. Il s’agit d’un mode de taxation simplifié où le revenu des chambres d’hôtes est imposé forfaitairement. Il est estimé à 29 % du chiffre d’affaires, ce qui correspond à un abattement de 71 %. Le créateur n’a pas besoin de tenir une comptabilité, ni de recourir à un expert-comptable pour clôturer les comptes et déterminer le revenu. C’est son centre des impôts qui fixe le résultat imposable à sa place.

Etre en microentreprise ne veut pas dire qu’on a opté pour un statut juridique, on peut être resté simple particulier avec le régime micro-fiscal. Et si j’insiste, c’est parce que j’ai souvent l’impression que des propriétaires installés confondent les deux. Et je préfère ne pas penser au jour où ils devront expliquer au fisc qu’ils sont professionnels puisque en microentreprise, alors que la bonne réponse serait autoentrepreneur ou RCS + micro-fiscal.

Pour ceux qui créent vraiment une entreprise, je préfère la dénomination TPE ou très petite entreprise. Je trouve que cela correspond mieux à la réalité d’un petit hébergement où le loueur doit tout penser et prévoir jusque dans les moindres détails, comme on peut le faire dans un travail de précision.

Le stress quotidien du loueur de chambre d’hôtes

Une discussion récente avec un loueur de chambre d’hôtes me pousse à parler d’un sujet tabou, le stress.

Certes gérer des chambres d’hôtes ne peut être comparé à la responsabilité d’un pilote de ligne, sapeur pompier, policier ou chirurgien. Ceci étant le quotidien d’un loueur est fait de nombreux imprévus qui s’accumulent année après année. Il y a des hôtes désagréables, des arrivées tardives, des petits déjeuners ou la table d’hôtes dont il faut mieux ne pas brûler les plats, des changements d’horaires, des interruptions fréquentes, de multiples tâches à effectuer et des délais à respecter…
Il faut également y rajouter un sommeil perturbé par les imprévus nocturnes, les bruits, les inquiétudes et des journées souvent longues, sans parler des incertitudes relatives au chiffre d’affaires, aux nuitées perdues, aux annulations sans motif,, aux réservations en retard et au chiffre d’affaires.
Lorsque la maison est ouverte toute l’année, le loueur accumule cette tension sept jours sur sept, douze mois sur douze, alors que, dans le cas des métiers stressants, il y a des périodes de récupération.

Nous sommes tous différents face au stress. Certains pourront facilement s’adapter à ces imprévus, d’autres auront plus de mal. Ainsi, avant de vous lancer dans cette aventure et d’en définir les contours, je vous conseille de commencer par bien évaluer votre capacité à affronter ces tensions et à ne pas trop surestimer vos forces. Cela peut pousser à planifier des moments de détente hors de la maison, à limiter le nombre de vos chambres ou à envisager une fermeture annuelle en basse saison. Parce que dans tous les cas, la réussite de la maison d’hôtes repose sur vous et votre bonne humeur. C’est ce qui émane de vous qui rend la maison conviviale, vos rires qui rendent vos hôtes heureux et cela demande d’être pour partie au moins un peu zen !

Ouvrir un gîte ou meublé de tourisme

De nombreux créateurs envisagent la création d’un gîte, on parle aussi de meublé de tourisme ou location saisonnière ou meublé touristique, pour compléter le revenu des chambres d’hôtes.

Gîte et meublé de tourisme, statut juridique, fiscalité et démarches

Ce peut être un projet en lui même, on achète ou on aménage un bien pour le mettre en location de courte durée pour des touristes ou locataires en tout genre qui n’y élisent pas domicile.
Ce peut être aussi un projet complémentaire à la chambre d’hôtes. La limitation à cinq chambres d’hôtes et 15 personnes accueillies n’exclut pas la création d’un autre hébergement distinct sur la même propriété. Les propriétaires y voient une façon d’utiliser une dépendance sans usage mais aussi d’augmenter les revenus des chambres d’hôtes et ou de toucher un autre type de clientèle.

Projet à part entière ou complémentaire, il ne faut pas confondre les deux formules d’hébergement alors que les fonctionnements diffèrent fortement et que les attentes des clients sont très différentes. Et lister les démarches à faire pour être prêt le jour de l’ouverture.

Le gîte ou meublé de tourisme diffère de la chambre d’hôtes

Ce n’est pas le même rythme de vie.
La chambre d’hôtes est un accueil chez l’habitant, dans sa maison ou une dépendance proche. Le gîte est une location meublée saisonnière dont le locataire a la jouissance.
Dans le cas de la chambre d’hôtes, le visiteur a accès aux pièces communes, vit avec d’autres hôtes – quand il y a plusieurs chambres – ainsi qu’avec la famille du loueur et doit respecter quelques règles de vie en commun, horaires de petit déjeuner ou de table d’hôtes, accès…
Dans le cas du gîte, le locataire est indépendant et organise sa journée totalement comme il l’entend. Il dispose nécessairement de la clé de son logement et fait “ce qu’il veut” dans le gîte et il a forcément un coin cuisine pour préparer ses repas. Il peut être un peu bruyant, avoir des horaires décalés… Il est chez lui le temps du contrat.

Créer un gîte ou meublé de tourisme

Alors que la chambre d’hôtes est associée à des rencontres et des échanges, le séjour en gîte signifie plutôt autonomie et retrouvailles en famille. Les contacts avec le loueur sont souvent limités, parfois uniquement à l’arrivée et au départ une semaine plus tard. Beaucoup de locataires ne s’attendent pas à trouver les loueurs sur place, étant habitués à traiter avec un mandataire, une agence immobilière ou un voisin. Certains pourront même être surpris de trouver le loueur sur place. Et ils doivent savoir que leur meublé de tourisme s’intègre dans une propriété, qu’ils croiseront d’autres hôtes, que la piscine est partagée si c’est le cas.

Lorsque qu’un porteur de projet se lance dans l’ouverture d’un gîte – ou d’un meublé de tourisme, il y a tout d’abord la question des travaux, sujets qui polarisent souvent les créateurs alors qu’ils devraient d’abord s’intéresser à la clientèle qu’ils souhaitent y voir venir et aux formules qu’ils vont proposer car les aménagements peuvent en dépendre. En effet, on peut envisager un gîte traditionnel avec uniquement des locations à la semaine, du samedi au samedi, on peut proposer les locations plus courtes, sur les week-ends ou en mid-week, on peut inclure des services complémentaires, fournir systématiquement les draps, faire le ménage en cours de séjour, proposer le petit déjeuner…

Il ne faut pas hésiter à innover. Les formules locatives originales ont du succès. Elles correspondent à des tendances de fond, comme le raccourcissement des durées de séjour et la recherche de formules clés en mains. Pour ceux qui ont encore des doutes, il suffit de regarder le succès de certains grands centres de vacances qui proposent maintenant des cottages en location et qui déclarent des taux d’occupation de 80% à l’année.

Pour les porteurs de projet qui envisagent à la fois la création de gîtes et de chambres d’hôtes sur le même lieu, il convient de réfléchir à ces deux projets bien distinctement, car les visiteurs ne seront pas les mêmes et leurs attentes non plus.

Pour mettre tous les atouts de votre côté, retrouvez-nous dans nos formations. Dans les deux jours pour ouvrir ses chambres d’hôtes et gîtes ainsi qu’une formation focus sur le statut juridique du meublé de tourisme.