Le mieux est parfois l’ennemi du bien

Cette maxime m’a souvent laissée perplexe quand j’étais petite, mais avec un peu de recul et de réflexion, je constate que le bon sens populaire a souvent raison.
Beaucoup de créateurs me parlent de leur projet en me détaillant tout ce qu’ils ont prévu pour recevoir leurs premiers hôtes : des parures de lits assorties à chacune des chambres, le souci du moindre détail en décoration, des présentations d’assiettes à la table d’hôtes… Ce but est louable, proposer le meilleur à chacun de ses hôtes, et puis, c’est dans ces détails qu’on se fait plaisir quand on est en train d’aménager sa maison au moins en pensée.

Et certains d’entre vous propriétaires installés y réussissent à merveille et pour cela, félicitations. Loin de moi l’idée de dire que ce souci du détail est inutile, c’est d’ailleurs souvent le petit plus dont on se souvient avec émotion.

Je veux cependant attirer l’attention des créateurs  sur le temps et l’énergie qu’ils vont devoir consacrer à la préparation des chambres, au lavage du bon jeu de draps ou d’éponges…
Le mieux est parfois l’ennemi du bien. Pour être heureux de recevoir de nouveaux hôtes chaque jour, il faut aussi réfléchir à tout ce qui va simplifier votre vie et limiter les tâches peu productives. Mieux vaut limiter la fatigue quotidienne, consacrer son énergie à l’accueil de ses hôtes et pouvoir ainsi conserver le sourire et sa disponibilité. Le risque est grand en voulant trop bien faire de devoir courir par monts et par vaux pour faire fonctionner ses chambres d’hôtes en pleine saison.

Fixer les prix de ses chambres d’hôtes

Les prix d’une nuitée en chambre d’hôtes sont variés, voire même très variés. On peut trouver des tarifs autour de 50 euros pour deux personnes, petit déjeuner inclus, comme d’autres au-delà de 300 euros.

Accueillir Magazine n°99 mai/juin 2022
Dossier fixer ses prix pour les chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme

Faire une petite étude de marché

Bien fixer ses prix est essentiel. Trop chers, vous aurez du mal à remplir vos chambres d’hôtes, vos hôtes ne reviendront pas, ils auront eu l’impression de s’être fait plumer, le bouche à oreille sera négatif. Trop bas, vos marges seront faibles, vous aurez tendance à faire des économies sur tous les postes, le client avant de réserver pourra même avoir des doutes sur la qualité et le confort de votre hébergement. Je ne peux donc que conseiller aux créateurs de prendre le temps de bien réfléchir à leurs tarifs avant d’ouvrir leurs chambres d’hôtes.

C’est une des difficultés quand on cherche une maison à acheter pour un projet de chambres d’hôtes, parce qu’il faut évaluer – en plus des difficultés liées à trouver l’immobilier qui convient au bon prix – le potentiel une fois les travaux réalisés et les avantages et inconvénients qu’il y aura – inhérents à chaque maison d’hôtes : celle-ci aura un grand jardin et de petites chambres, celle-là un merveilleux petit déjeuner et pas de place de parking, celle-ci sera parfaite mais loin de tout, etc. On peut multiplier les exemples. Et comme on est loin d’un hébergement standardisé, il va bien falloir évaluer ces plus et ces moins au prix du marché.

Comment faire ? Cela passe nécessairement par une petite étude de marché pour regarder ce qui se passe à côté de chez soi. Ce n’est pas compliqué à faire, cela demande un peu de temps, le but est d’étudier les prix pratiqués par les autres hébergements touristiques sur le territoire.
Chaque territoire a ses tarifs liés à son attractivité touristique, au prix du foncier, à la pénurie ou non de lits marchands… Il y a aussi bien évidemment la catégorie dans laquelle ses chambres d’hôtes se situent. Même s’il n’a pas de classement officiel pour les chambres d’hôtes, on se réfère aux classements des labels – en épis ou en clés, aux étoiles de hôtels. Les consommateurs comparent et repèrent vite le niveau de prix qu’ils peuvent avoir pour un certain niveau de confort. Et les annuaires, les labels, les centrales de réservations facilitent les comparaisons. Et il serait illusoire de vouloir vendre beaucoup plus cher à offre comparable.

Connaître les charges de fonctionnement de la maison

Dernière chose, pour fixer vos prix, vous devez étudier vos charges de fonctionnement. Combien me coûte le petit déjeuner, le linge de maison et son entretien, le chauffage, le fonctionnement de la piscine, les télévisions dans les chambres d’hôtes… ? Oui, j’ai besoin de connaître tous ces éléments avant de fixer mes prix pour savoir sur quelle marge je vais pouvoir compter. Après, il sera difficile de les modifier fortement.

Le prix auquel proposer ses chambres d’hôtes, est un paramètre fort du business plan. Juste un exemple, cinq euros d’écart sur le prix d’une nuitée, multiplié par cinq chambres d’hôtes, multiplié par un taux d’occupation moyen de 30 %, cela fait 2737 euros de chiffre d’affaire en plus ou en moins en fin d’année. Et cinq euros, cela peut faire la différence pour que le futur hôte choisisse entre l’hébergement voisin et le vôtre.
Une certitude, le prix est une variable non négligeable dans les paramètres de réservation du consommateur.

Un prix moyen de chambre d’hôtes de 69 euros

Pour nombreux de nos concitoyens, la chambre d’hôtes est un hébergement cher. Cette image, pas nécessairement justifiée, a tendance à se propager, peut-être parce que certaines maisons d’hôtes pratiquent des tarifs élevés et que ce sont souvent celles-ci, belles demeures, piscine à débordement, bains à remous, quartiers chics, qui se retrouvent dans la presse magazine. Pourtant, je connais de nombreuses maisons d’hôtes confortables et sympathiques à 60 euros la nuitée, petit déjeuner inclus.
Depuis le lancement du magazine en 2006, nous effectuons régulièrement des enquêtes sur les prix. La dernière étude date de 2012 et repose sur une analyse des tarifs de nuitée pratiqués par 16 000 loueurs de chambres d’hôtes. Elle aboutissait à un prix moyen de 69 euros pour deux personnes, petit déjeuner inclus hors taxe de séjour. Certaines régions étaient autour de 60 euros, l’Alsace, la Lorraine, la Bretagne, l’Auvergne, le Limousin et l’Outre-Mer, d’autres au-delà de 80 euros, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la Corse et l’Ile-de-France.

Je rappelle que nous donnons un modèle de business plan et une trame de budget à tous ceux qui suivent nos formations deux jours pour ouvrir sa maison d’hôtes.

Mise à jour : Le numéro 110 mars / avril 2024 est consacré aux prix en meublés de tourisme et chambres d’hôtes, leur donner du sens pour une meilleure rentabilité.

Vous créez des chambres d’hôtes en famille ou entre amis

Ce matin, je vais jouer les Cassandre. Vous êtes quelques-uns à m’avoir parlé de votre projet cette année. Et vous avez décidé de créer des chambres d’hôtes, dans une maison qui ne vous appartient pas mais est la propriété de quelqu’un de votre famille ou d’un de vos amis. Autre scénario, vous envisagez de créer dans une maison achetée avec un ami. Autre cas, vous êtes en couple mais pas marié. Et si ça se passe mal, comment allez-vous protéger votre activité ?

Cela paraît idéal, les uns ont une propriété qui va être mise en valeur, entretenue et rapporter un loyer, les autres ont une activité, celle de chambres d’hôtes, sans investir tout leur patrimoine mais peut-être quand même une somme d’argent pour travaux, équipements et évidemment tout ce qui est lié au bon déroulement de l’activité.

Amour, amitié, famille et chambres d’hôtes

Les problèmes existent.

Vous investissez dans la maison familiale qui appartient à vos parents, vos frères et soeurs ne disent rien, même sont d’accord, mais au décès de vos parents, que va-t-il se passer ? Votre investissement va-t-il être pris en compte dans votre héritage et si la maison est vendue car nul n’est censé rester en indivision et parfois on a pas le choix car il faut payer les frais de succession, que devenez-vous ? Et s’ils vous réclament un loyer qui n’était pas dans le business plan, est-ce que l’activité de chambre d’hôtes est toujours rentable ?
Et quand vous co-créez avec un de vos amis ou avec votre concubin ? S’il est chez lui et que vous vous disputez, qu’il décide de la sépration ? Ou si votre ami(e) se marie et que la nouvelle pièce rapportée sème la zizanie, veuille récupérer le maison ? Que devenez-vous ?

Je ne vais pas énumérer le catalogue des catastrophes, disputes, divorces, séparations qui peuvent intervenir.

La chambre d’hôtes, c’est votre activité, il faut la protéger

Les couples mariés, ont pu régler le sujet par avance avec leur régime matrimonial, en pensant séparation, communauté, réduite ou non aux acquêts.  Bon, ce n’est pas idéal mais c’est mieux que rien.

Vous allez développer une activité, lui donner de la valeur, faites en sorte que vous n’en soyez pas dépossédé.
Comme je suis pragmatique, je vous dirai qu’en affaires, on prépare les termes de sortie en même temps qu’on s’associe ou qu’on signe un contrat, qu’entre personnes de bonne intelligence, on peut dire les choses clairement et que si cela pose un problème dès le départ, alors mieux vaudrait s’abstenir.

Un passage chez un notaire, un contrat de location avec bail professionnel à votre nom, une SARL avec deux associés, ce peut être des pistes de réflexion. Et cela se décide en amont et pas après, cela sera trop tard !

Anniversaire du blog, le moment de faire une pause pour réfléchir

Les anniversaires et fêtes de fin d’année ont cet avantage de mettre un petit signal sur le calendrier. On se pose, on regarde en arrière, un peu en avant, on prend de bonnes résolutions. Ce blog pour les créateurs de chambres d’hôtes a un peu plus d’un an et je m’apprête à publier ce billet, le centième, Accueillir Magazine va démarrer sa cinquième année.

Si je regarde, en vrac, ces quatre dernières années et la perception que j’en ai comme observatrice : le tourisme bouge beaucoup, – il est le reflet de la société -, avec les courts séjours, les crises, le poids croissant d’internet avec des règles qui changent tout le temps. Les notions de développement durable commencent tout doucement à être prises en compte par les touristes, des nouveaux acteurs comme les coffrets cadeau sont arrivés, les clients veulent de plus en plus la garantie du beau temps, de vacances réussies et sont de plus en plus prêts à se plaindre, les réglementations se durcissent et la pression pour opter pour un statut de professionnel augmente, les saisons ne se ressemblent plus.

De leur côté, les porteurs de projet préparent de plus en plus leur dossier. Entre le prix de l’investissement immobilier, des travaux et leur profil, ils se renseignent. Par profil, je veux dire que je vois arriver de plus en plus de quadras/quinquas dynamiques, dont les entreprises ne veulent plus, alors qu’ils sont pleins de ressources et qu’ils ont envie d’entreprendre, pas pour l’argent, – ils sont assez clairs sur cet aspect -, mais parce qu’ils en ont envie.

Ceci dit, je parle des porteurs de projet que je connais, je les rencontre aux réunions d’information que j’organise, ils posent des questions, ils se renseignent auprès de nous ou d’autres interlocuteurs, auprès des labels, c’est à eux que ce blog s’adresse. Mais à ma grande perplexité, il existe encore pleins de personnes qui sont convaincues qu’elles vont avoir le jackpot, que c’est une vie de château. Tant mieux pour elles,  sauf que beaucoup ferment rapidement parce qu’elles ont ignoré ou sous-estimé l’envers du décor,elles n’ont vu que l’image d’Epinal, la carte postale de vacances toute l’année. Et cela fait des dégâts.

Un anniversaire, on souhaite de bonnes choses. Je vous souhaite de continuer vos projets, d’en tirer une satisfaction personnelle, de créer de bons souvenirs pour vous, vos hôtes et futurs hôtes. Et de mon côté, je me souhaite que vous continuiez à m’accorder un peu de temps de lecture, pas pour être d’accord avec ce que j’écris, mais pour continuer cet espace de discussion qui permet à chacun de se faire sa propre opinion et de construire SON projet de chambres d’hôtes personnalisé et solide.

La presse grand public, c’est un catalogue de chambres d’hôtes déco

En cette fin d’année, je reprends les listes d’articles publiés sur des chambres d’hôtes l’année dernière dans les grands hebdomadaires nationaux et je me retrouve devant un catalogue de maisons très déco. Très sympa, mais dans les faits, cela n’est pas représentatif de la variété de maison et de styles qu’on peut trouver partout et que montre heureusement la presse régionale.
Le problème, aucun ! Mais attention à ce que cela ne fausse pas la perception que peuvent avoir des créateurs de ce que doit être leur future maison d’hôtes.

Une sélection très sélective de maisons d’hôtes

Il y a quelques 22000 adresses de maisons d’hôtes en France et je dirai qu’on en voit peut-être 200 dans la presse grand public.  Je crois que c’est une vision journalistique très “parisienne”, même “bobo” qui est affichée. Ces maisons sont souvent très belles et l’objectif de ces articles n’est pas de montrer l’envers du décors, le quotidien mais bien de faire rêver le lecteur, c’est souvent réussi et tant mieux si cela leur donne envie d’aller en chambres d’hôtes.

Le tout Déco possible mais pas obligatoire

Cependant, ce n’est pas forcément la réalité quotidienne de votre future vie.  Il est probable que la plupart de vos futurs hôtes seront des personnes habitant votre région ou celle d’à côté, des personnes qui viennent en famille, qui veulent une maison conviviale, propre, où on se sent à l’aise. Qui certes apprécient une belle décoration, des chambres esthétiques, mais  pour qui ce n’est pas forcément un critère de choix essentiel. Attention, il faut de la décoration, des aménagements sympa, une ambiance, de la cohérence, qu’on s’y sente bien, c’est juste faire le choix du tout déco dernières tendances qui ne me paraît pas indispensable.

Moi je sais ce que j’attends d’une maison d’hôtes, un sourire, un accueil, me sentir bien.  Restez vous-même, faites vos choix dans l’aménagement de votre maison, vos chambres vous ressembleront et ce sera très bien. Et si vous aimez la déco, si vous avez envie de faire des choix audacieux, tant mieux, l’essentiel c’est que la maison d’hôtes vous ressemble, c’est tout

Futur exploitant de chambres d’hôtes, quel sera mon taux horaire ?

Question qui va faire sursauter une bonne partie des lecteurs de ce blog, en tout cas les loueurs de chambres d’hôtes installés, et je les vois déjà râler en se disant : “mais elle est devenue folle”. Et pourtant, c’est la question que m’a posée il y a quelques semaines une dame, elle réfléchissait à créer des chambres d’hôtes. Et elle avait raison de s’interroger. Disons immédiatement, que vu sa réaction quand je lui ai répondu, je pense qu’elle abandonnera son projet, et tant mieux, elle n’était pas faite pour cela, autant s’en apercevoir avant d’avoir investi temps et argent.

Quand on est salarié – dans certaines entreprises ou administrations -, on sait quel est son taux horaire, du moins l’officiel. Schématiquement : salaire et éventuelles primes  divisés par le nombre d’heures travaillées.

Mais ça c’est la version facile. Très nombreuses sont les professions qui savent qu’elles travaillent pour bien moins : cadres avec heures supplémentaires en pagaille, salariés équipés d’ordinateurs portables à la maison, employés et ouvriers qui essayent de soutenir leur entreprise en difficulté, autoentrepreneurs, patrons de petites entreprises, routiers…, la liste est longue. De ce point de vue, il y a vraiment une France coupée en deux, ceux qui travaillent seulement 35 ou 39 h et les autres.

Quand on crée chambres d’hôtes et dans une moindre mesure gîtes, on passe dans la catégorie de ceux dont le temps n’a plus de valeur faciale. Les revenus qui découlent de cette activité ne peuvent être mis en relation avec le temps passé : impossible de facturer au client de la table d’hôtes, le temps passé en cuisine. Comment intégrer dans le prix de la nuitée en chambre d’hôtes celui passé à faire sa comptabilité, à gérer son site internet ? Et l’accueil, le temps consacré à expliquer que visiter, comment s’y rendre, les bonnes adresses, tout ce qui fait la rencontre, l’accueil et la valeur de la maison d’hôtes, comment le comptabiliser ?

Si vous êtes en pleine réflexion pour la création de gîtes ou chambres d’hôtes, posez-vous cette question : êtes-vous prêt à accepter que votre temps ne soit pas monétairement quantifiable ? Et pour en vivre et avoir des revenus acceptables, êtes-vous prêt à travailler beaucoup ? Et la réponse va beaucoup dépendre de votre mentalité, de votre passé professionnel et de votre envie d’entreprendre. Ceci dit, ce que j’ai écrit est vrai pour toute activité où vous serez à votre compte.

Chambres d’hôtes et gîtes à vendre, mais aménagements à faire

Quand j’ai écrit mon précédent billet Chambres d’hôtes et gîtes à vendre, ma réflexion portait sur le prix qu’on peut accepter de payer pour acheter une maison d’hôtes déjà en activité. Je suis passée un peu vite sur un autre aspect. Heureusement Patricia Potier, qui au CDT de Vendée (Comité Départemental du Tourisme) accompagne des créateurs et des exploitants, m’a écrit. En effet, il me paraissait évident, que quand on reprend une chambre d’hôtes en activité, même si on reprend le mobilier et l’équipement, on doit veiller à son niveau de confort, à y mettre sa personnalité, son empreinte, à développer son accueil basé sur sa personnalité. Evident ? Et bien non. Avec son accord, je lui laisse la plume pour partager son expérience sur le terrain.

Je souhaitais réagir à votre article, étant de plus en plus confrontée à ces “reprises”. Il convient en effet d’alerter les repreneurs qui souhaitent racheter pour “faire des chambres d’hôtes” que ces hébergements ne nécessitent certes parfois peu de travaux, mais que cela est très rare.
En effet, il n’est pas rare que les vendeurs soient (en Vendée en tout cas) des retraités, qui ont exploité ces chambres d’hôtes durant de (très) longues années, sans jamais avoir modifié quoi que ce soit…
Très souvent donc, les chambres rachetées ne répondent plus aux attentes des clientèles en termes de confort : une belle et grande salle d’eau (voire de bain) par chambre, de vastes chambres, une déco soignée et mise au goût du jour !!! ce sont peut-être des banalités, mais je reçois beaucoup de coups de fil de futurs propriétaires qui pensent pouvoir poser leur valises “parce qu’il n’y a rien à faire puisque les chambres existent déjà”…. Ils rachètent les meubles, les lits, parfois les dessus de lit et continuent de les mettre à disposition des hôtes (je l’ai vu) !!! Les économies faites en ne faisant pas de travaux peuvent alors être dramatiques pour les repreneurs, et il est primordial de pointer ces détails !

Dans les faits, il existe deux types de maisons d’hôtes à vendre. Celles dans lesquelles l’activité bat son plein avec des outils de communication modernes, dans celles-là il y aura pas ou peu de travaux à faire. D’autres sont des maisons d’hôtes qui ont arrêté récemment l’activité ou dont les propriétaires sachant qu’ils allaient prendre leur retraite n’ont plus investi. Ces maisons d’hôtes, on les achète pour valoriser le foncier, souvent les salles d’eau existent ce qui évite de gros travaux mais on devra refaire la déco, changer les équipements et reconstruire la communication, on est bien sur un achat immobilier et un emplacement qui a tenu ses promesses dans le passé

Chambres d’hôtes et gîtes en activité à vendre

Quand on cherche une maison pour y faire une activité d’hébergement touristique, que ce soit chambres d’hôtes ou gîtes / meublés de tourisme, on peut se poser la question d’acheter une maison d’hôtes en activité.

Chaque année des propriétaires  arrêtent leur activité. Retraite, décès, maladie, mutation du conjoint ou changement d’activité sont autant de raisons, comme dans toute activité économique. Certains exploitants  ferment mais continuent à habiter leur maison, dans ce cas bien sûr pas de marché immobilier. D’autres vendent leurs gîtes et chambres d’hôtes souvent parce qu’ils n’ont plus besoin d’habiter une si vaste propriété.

Qu’acheter ?

Sur ce marché très spécifique de la vente de chambres d’hôtes et gîtes, on peut vraiment parler de niches, il y a des offres différentes. Certains vendent l’immobilier nu, d’autres  proposent en plus la reprise du mobilier et de l’équipement, jusqu’au moindre élément de décoration – on se doute bien qu’ils n’ont pas forcément besoin dans leur future vie de plusieurs grands lits et meubles de salles de bains. Enfin, il y a ceux qui veulent en plus vendre leur fonds de commerce parce qu’ils ont développé une activité économique et une clientèle.

Parmi les porteurs de projets, certains ont besoin de déménager pour créer leurs chambres d’hôtes et/ou gîtes. Acheter des chambres d’hôtes en activité a des avantages, notamment, on gagne du temps et on s’évite de gérer des travaux lourds par exemple pour la création des sanitaires.

Il appartient aux créateurs bien sûr d’estimer le juste prix du marché immobilier à l’endroit où ils prévoient d’acheter une maison pour créer leur hébergement touristique. On peut aussi  calculer le prix du mobilier revendu selon son état et l’investissement qu’il aurait fallu mettre pour un achat neuf. Même si c’est un exercice pas si facile à faire, c’est maîtrisable.

Comment estimer la juste valeur du rachat de  l’activité en cours ?

Personnellement, je me poserai une question sur la question du rachat du fonds de commerce : est-ce que vous allez rentabiliser l’argent investi, par rapport à un démarrage à zéro de l’activité avec la même somme ? Autrement dit, pour la même somme investie soit en rachat de fonds de commerce, soit en  faisant connaître vous-même votre activité, est-ce que vous allez générer le même chiffre d’affaires ?
Mais attention, je prendrai quand même en compte que l’activité est fortement liée à la personnalité du loueur et que rien ne dit que les habitués resteront tous.  Ensuite, j’étudierai la e-réputation de la maison d’hôtes, s’il y a des mauvais avis, ne souhaitez-vous pas changer ? Et ai-je besoin d’ajouter que ma seule réponse quand on me pose la question est que je ne travaille que sur une comptabilité officielle et déclarée aux impôts, le reste n’étant pas vérifiable n’a pas de valeur !

Il existe d’autres aspects à prendre en compte.

Chambres d’hôtes ou gîtes ? Ce n’est pas le même rythme de vie

J’ai déjà fait un billet sur la définition d’un gîte (ou location touristique) et d’une chambre d’hôtes. C’est évident que pour le touriste locataire de gîte ou de chambres d’hôtes, ce n’est pas le même type de séjour touristique. C’est aussi au niveau des réglementations, aménagements, contrats ou autres subtilités juridiques qu’il y a des différences pour l’exploitant.
Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de réfléchir aux différences pour la vie quotidienne que représente le fait d’ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes. Après tout, quand on est encore au stade de réflexion de son projet, on peut le réorienter et choisir de créer un ou des gîtes, plutôt que des chambres d’hôtes, peut permettre plus de souplesse dans son organisation quotidienne.

En chambres d’hôtes, les hôtes sont chez vous, vous les voyez, vous leur parlez, vous être présent le matin au moins pour servir les petits déjeuners, la maison doit être propre au quotidien et selon vos choix, les chambres et les lits refaits tous les jours.
En gîte, vous recevez vos clients locataires, vous leur remettez les clés, votre maison reste privée. Vous ne les voyez plus, ils sont chez eux, sauf bien sûr si vous convenez ensemble de prendre l’apéritif ou de leur donner de bons renseignements parce qu’après tout vous avez envie d’être en contact avec eux. Pas de repas à servir et le ménage c’est le jour du départ et avant l’arrivée des nouveaux locataires, cela peut d’ailleurs beaucoup occuper si on a plusieurs gîtes pendant la haute saison.

En chambres d’hôtes, on s’occupe la plupart du temps de prendre soi-même les réservations, on est sollicité souvent pour savoir si il y a des disponibilités, on se préoccupe d’être visible.
Pour les gîtes, la plupart des propriétaires confient leurs biens à une centrale de réservation. Les autres ont les mêmes préoccupations sur la visibilité de leur offre que les exploitants de chambres d’hôtes. En revanche, ils ont besoin de trouver moins de clients car un locataire prend souvent le gîte pour quelques jours.

Reste à calculer le revenu qu’on peut en retirer. Je dirai que cela dépend du taux d’occupation possible, de l’emplacement où se trouve l’hébergement touristique et de la souplesse dont on fait preuve quand on a des gîtes. Certains propriétaires de gîtes louent à des hommes d’affaires, même à la nuitée ou acceptent des week-ends, ils louent donc aussi en dehors des vacances scolaires mais bien sûr, cela leur fait plus de travail. Maintenant, que ce soit pour des chambres d’hôtes ou des gîtes, si la dimension économique est importante et qu’on en attend un revenu, il convient de faire une étude de marché.

Tout ça pourquoi ? Je vois arriver des personnes qui sont très en amont de leur projet et en discutant avec eux, je découvre qu’ils ne se sont pas posés la question, qu’ils sont partis sur l’idée d’ouvrir des chambres d’hôtes. Je trouve dommage de ne pas peser avantages et inconvénients des deux formules et de ne pas se projeter sur le quotidien quand on le peut encore.

Faire créer et référencer le site internet de ses chambres d’hôtes

Je réponds à Richard qui me pose une question sur ce billet dédié au référencement du site internet de vos chambres d’hôtes

On m’a dit qu’il est possible de faire appel à des prestataires spécialisés dans le référencement des sites mais leurs tarifs sont très élevés. En connaissez-vous ? Comment être certain de faire le bon choix ? Quel budget doit-on prévoir ?

Oui, il existe des sociétés spécialisées dans le référencement. Mais cela me semble un peu compliqué pour un propriétaire de chambres d’hôtes de devoir gérer d’un côté un prestataire informatique qui crée, anime et gère le site internet et de l’autre une société de référencement qui analyse les besoins et fait des préconisations pour adapter le site. Ce sont des prestations qui me semblent destinées à des sociétés plus importantes.
Choisir un développeur informatique qui crée et référence le site internet de vos chambres d’hôtes et est votre seul interlocuteur me semble plus simple.
Alors comment le choisir  ? Je proposerai deux méthodes qui se rejoignent.

1. Vous repérez des prestataires informatiques – il y en a aussi dans le carnet d’adresses d’Accueillir Magazine – qui proposent des sites clé en main et qui de préférence ont déjà fait des sites dans le tourisme car cela leur permet de mieux appréhender le secteur et d’avoir une idée de mots clés et de terminologie importante. Vous leur demandez des adresses URL de sites déjà réalisés, souvent ils en ont mis en ligne sur leur site commercial  et vous regardez si ces sites internet vous conviennent.

2. Vous trouvez sur Google ou autre moteur de recherche des sites internet qui sortent bien quand vous cherchez un hébergement et vous regardez qui les a a fait. En général le prestataire informatique met un lien vers son site dans le bas de la page d’accueil.

Bonus, vous pouvez essayer de contacter les clients qui ont commandé ces sites internet et leur demander s’ils sont contents de cette prestation.

Quant au budget, je dirai que cela dépend de ce que vous attendez de votre site. Si vous souhaitez un bon taux de fréquentation dans vos chambres d’hôtes, si votre projet a une dimension économique, alors il fut regarder ce site internet comme un investissement marketing et lui dédier un budget, sans oublier un budget complémentaire chaque année pour le faire vivre.
Difficile de vous donner un budget, cela dépend du nombre de pages, si vous incluez des diaporamas, des vidéos, une version en plusieurs langues…, Réfléchissez juste, si vous êtes en train d’acheter une maison, de choisir des carrelages, de créer des salles de bains, d’acheter un jacuzzi, de dessiner un jardin, pour allez, 300 000,  400 000, 500 000 euros, est-ce raisonnable de ne pas investir sur votre site internet qui va être la vitrine de votre maison d’hôtes et la porte d’entrée de vos futurs hôtes ?