Législation et réglementation des chambres d’hôtes, il existe des règles à respecter

Je reviens sur un sujet qui me tient à cœur car je croise trop souvent des créateurs qui se lancent sans connaître ou sans vouloir connaître la législation et la réglementation applicables aux chambres d’hôtes.

C’est chez moi, j’aménage des chambres, c’est simple

C’est très sympathique un projet, une belle maison, des travaux de rénovation, des choix de décoration mais tout cela peut être réduit à néant si on ne peut pas louer les chambres d’hôtes, le gîte ou les cabanes ou si les revenus sont insuffisants par rapport à son objectif.

La création d’un hébergement de petite taille donne l’image de la facilité et certains créateurs se font avoir. Un projet se prépare sur tous les plans. Il faut prendre en compte les contraintes personnelles et familiales, les éléments budgétaires, les aspects liés au territoire, les règles d’urbanisme pour les travaux… mais surtout ne pas négliger la législation et la réglementation applicable. Et je vous propose une petite série de questions qu’on m’a posées ces derniers mois.

Non, je ne peux pas tout faire !

Non, je ne peux pas créer cinq chambres d’hôtes dans une maison où je n’habite pas même si le bâtiment est parfaitement adapté. Il s’agit de chambres chez l’habitant.
Non, je ne peux pas créer huit chambres d’hôtes dans ma maison même si financièrement cela irait mieux. La limite est fixée à cinq.
Versus, non, je ne peux pas créer huit chambres d’hôtes dans ma maison, quatre au nom de ma compagne et quatre au mien. La limite est toujours fixée à cinq.
Non, je ne peux pas imposer des séjours de trois nuits minimum même si c’est bien plus pratique. La chambre d’hôtes est un hébergement facturé à la nuitée.
Non je ne peux pas faire table d’hôtes pour une trentaine de couverts tous les soirs même si cela me permet de boucler le budget et le financement. La table d’hôtes est réservée aux hôtes qui dorment sur place et ne peut être ouverte à l’extérieur, sauf à être requalifié en restaurant.
Non, je ne peux pas envoyer mes hôtes au café prendre le petit déjeuner parce que je travaille à l’extérieur, la chambre d’hôtes est une prestation chambre + petit déjeuner assuré par l’habitant.

J’aimerai beaucoup dire oui à tous ceux qui nous appellent, mais voilà, comme dans toute activité, il existe des règles à connaître avant de se lancer et mieux vaut s’y intéresser avant de commencer la recherche d’un bien immobilier ou de demander des devis pour les travaux. Cela évite en général beaucoup de problèmes.

Ne pas improviser la création du gîte ou meublé de tourisme

Internet regorge de conseils pour ouvrir un gîte ou un meublé de tourisme. Les sites, souvent à but commercial, vont vous expliquer que c’est très simple, qu’il y a de nombreux avantages fiscaux et qu’il suffit de faire quelques aménagements, puis d’inscrire la location sur leur site. Ils vont s’occuper de tout.

Une fois de plus, les conseilleurs ne sont pas les payeurs et ce ne sera pas eux qui assumeront les problèmes éventuels. Certes créer un gîte n’est pas très compliqué mais cela suppose un peu de préparation si l’on ne veut pas que cela devienne un cauchemar.

Tout d’abord, il faut être clair sur ses objectifs et ses attentes financières mais également sur l’énergie que l’on pourra y consacrer au quotidien, tant pour assurer la promotion, accueillir les locataires, effectuer le ménage et la gestion. Ensuite, il faut étudier les besoins, vérifier qu’il y a de la demande et se faire une idée des tarifs de location.

C’est à partir de ce moment que l’on peut réfléchir aux équipements qui doivent nécessairement être adaptés aux locataires qu’on souhaite séduire, à commencer par la configuration des lits, simples ou doubles et les équipements électro-ménagers. Et je rajoute parce que j’ai visité dernièrement trois biens mis “brut” en location, les travaux nécessaires et notamment l’électricité aux normes.

Et enfin, il y a les démarches juridiques, les obligations réglementaires, le régime fiscal, les questions d’assurance, le classement éventuel… Tout ceci suppose donc un peu de réflexion préalable.

N’oubliez pas également que vos futurs clients sont de mieux en mieux informés et que certains ne vous rateront pas en laissant des commentaires sur internet ou se plaignant aux services concernés si vous n’avez pas fait les choses dans les règles et que leur séjour se passe mal. Pensez aussi à vos voisins qui peuvent s’inquiéter de cette nouvelle activité et des nuisances éventuelles.

Comme toute activité, devenir loueur de meublé saisonnier ne s’improvise pas, renseignez-vous correctement et ne croyez pas aveuglement le premier site venu.

Pluriactivité et chambres d’hôtes, gérer les administrations

Dans de nombreux projets d’installation ou de reconversion professionnelle, la maison d’hôtes ne constitue qu’une partie du montage et le créateur a prévu en parallèle une autre activité. Il va ainsi gérer des chambres d’hôtes mais également mener une activité artisanale, libérale, commerciale ou salariée.

Cela est parfois nécessaire car l’activité touristique est souvent saisonnière et compte tenu du nombre maximum de cinq chambres d’hôtes, le chiffre d’affaires et le revenu sont nécessairement limités. Ce peut être aussi un choix de vie où on mène de front des activités qu’on aime, l’accueil étant une de ces facettes. Certains loueurs de chambres d’hôtes sont ainsi consultants, coachs, formateurs, enseignants, prestataires informatiques, traiteurs, traducteurs, agent immobiliers, moniteurs de ski, guides… Il y a aussi bien entendu des exploitants agricoles, des viticulteurs ou des commerçants, pour qui la chambre d’hôtes est une activité complémentaire.

Entreprendre dans plusieurs domaines, c’est complexe

Dans ce cas, on parle de pluriactivité, vous serez donc un pluriactif et c’est là que cela se complique. On devrait vous féliciter pour votre dynamisme, votre débrouillardise, votre capacité à mener de front plusieurs projets pour créer votre emploi et même parfois celui d’autres personnes, mais dans les faits, vous entrez certainement dans une prise de tête.

Cette situation est parfois complexe sur le plan fiscal mais surtout sur le plan social car, dans certains cas, vous allez relever de régimes de protection sociale distincts. Et chaque situation obéit à des règles spécifiques selon qu’il s’agit d’un régime salarié ou non-salarié ou d’une activité commerciale, libérale ou artisanale.

Il faut donc au préalable essayer de chiffrer les revenus attendus des différentes activités pour savoir quelle va être votre activité principale, puis bien identifier les interlocuteurs et les contacter pour vérifier les règles à respecter avant d’entamer la moindre démarche. Cela va vous prendre du temps et peut être kafkaïen. Une créatrice m’a raconté récemment ses péripéties entre le Centre de Formalités des Entreprises de la Chambre de Commerce et d’Industrie et l’Urssaf, les uns la renvoyant vers les autres et réciproquement.

Astérix et le laisser-passer A38 de la maison des fous n’est pas loin, courage et prenez avec vous un tube d’aspirine !

Aurai-je un K-Bis pour mes chambres d’hôtes ?

Les créateurs de gîtes ou chambres d’hôtes nous interrogent parfois sur le K-bis. il arrive qu’on leur demande un extrait K-bis pour un dossier administratif ou une démarche quelconque, financement, subvention… Dans certains cas, c’est eux qui demandent à obtenir un K-Bis et se retrouvent en fait immatriculés au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) alors même qu’ils voulaient rester simple particulier ou devenir auto-entrepreneur.

En fait, tous les loueurs n’ont pas nécessairement de K-Bis. En effet, ce terme un peu barbare désigne l’extrait du Registre du Commerce et des Sociétés. Il est délivré par les greffiers des tribunaux de commerce qui gèrent le RCS et enregistrent les déclarations et les actes concernant les entrepreneurs individuels et les sociétés : création, modification, dissolution…

Un particulier ou un auto-entrepreneur peut gérer des chambres d’hôtes sous certaines limites. N’étant pas inscrit au RCS, ils ne peuvent donc pas obtenir de K-Bis. En revanche, l’auto-entrepreneur est inscrit au Registre National des Entreprises (RNE) géré par l’Insee. A ce titre, il dispose d’un code ou numéro Siren, mais ce numéro n’est qu’un identifiant administratif.

Notre pays regorge de statuts et de régimes juridiques et fiscaux. Il est facile de s’y perdre. Je recommande d’être prudent dans ses démarches car chaque acte juridique peut avoir des conséquences, voire porter préjudice. Mieux vaut ne pas signer si on ne comprend pas, il est toujours temps de revenir après s’être fait expliquer le papier concerné.

Travaux, attention piège pour votre projet de chambres d’hôtes

Tout projet, chambres d’hôtes ou autres, comporte  pièges et embûches, mais il y en a des erreurs plus graves que d’autres. Quand on achète une maison pour y créer des chambres d’hôtes, la grande difficulté est d’évaluer les travaux à faire et leurs coûts. Chacun est conscient qu’on ne peut pas se tromper dans l’estimation de ce budget.
Tant financièrement parce que cela peut être source de forts dépassements et on n’a pas toujours l’argent pour y faire face, que parce que cela peut retarder l’ouverture des chambres d’hôtes en ratant une saison touristique, sans compter que certains travaux se révèlent en fait irréalisables. L’achat coup de cœur d’une vieille bâtisse pleine de charme à rénover, où on voit déjà ses chambres d’hôtes si douillettes, peut se révéler un désastre.

Il faudrait avant de signer la promesse pouvoir faire tous les devis, mais cela implique aussi d’avoir finalisé tous les plans et tout cela prend du temps et de multiples visites chez les vendeurs. C’est l’idéal, mais pas toujours possible, entre-temps ils ont pu trouver d’autres acheteurs ou ne pas être d’accord pour être dérangés à répétition.

Déjà être conscients des pièges à l’achat, c’est indispensable. Visitez avec le kit de l’acheteur averti, boussole, niveau à bulle, hygromètre, testeur d’humidité, métreur laser… C’est un petit investissement bien utile pour détecter d’éventuels problèmes.

Listez a priori avant de commencer les visites de maisons à vendre tout ce qui doit être vérifié absolument avant de signer la promesse de vente.
On pense bien sûr charpente et toiture, caves et sous-sols, diagnostic énergétique, état de l’électricité, humidité, fenêtres, isolation, chauffage, état parasitaire, assainissement… Cela vous évitera de repartir et de vous dire, mais au fait on n’a pas visité les caves !
Caves et greniers, sont plus importants lors de la visite que la belle pièce en bas avec cheminée et gros potentiel de décoration où vos hôtes seront si bien, parce qu’ils ne seront pas bien et d’ailleurs pas là si la toiture est une passoire et la cave bourrée d’humidité !

On peut se faire accompagner par un architecte ou un entrepreneur, mais aussi compétents qu’ils soient, je ne suis pas sûre qu’une seule visite de deux / trois heures permette de vérifier tous les dangers. Une fois son choix confirmé, parce que le bâtiment, son emplacement, et le prix conviennent, mieux vaut demander une expertise par un expert assuré. Cela a un coût, mais moindre que de se tromper et tomber dans le piège infernal des coûts sans fins et des procès à répétition qui durent des années.

Vous dire qu’il existe une solution fiable qui marche à 100%, je ne m’y risquerais pas, malheureusement dans le domaine des vices cachés et mauvaises surprises, le problème est bien dans leur manque de visibilité. Mais on peut mettre toutes les chances de son côté et au moins éviter les pièges classiques.

Le revenu de mes chambres d’hôtes permet-il d’en vivre ?

La question est fréquente et les créateurs de chambres d’hôtes qui attendent un revenu de leur activité ont raison de se la poser. Pour vous faciliter la tâche et avancer dans votre réflexion, je vous propose de faire un petit calcul selon deux modalités.

Chiffres d’affaire de loueurs de chambres d’hôtes

Premier cas. Le loueur a trois chambres d’hôtes, le prix de la nuitée est de 70 euros petit déjeuner inclus. Compte-tenu de la région, il attend essentiellement une fréquentation sur trois à quatre mois sur l’année, disons 90 nuitées par an par exemple de juin à septembre. Cela va donner un chiffre d’affaires annuel de 18 900 €.

Second cas. Le loueur loue cinq chambres d’hôtes toujours à 70 euros la nuitée, petit déjeuner inclus. La saison est plutôt longue. Les efforts de promotion et de communication permettent d’attirer des visiteurs en basse saison. Disons qu’il atteint 180 nuitées par chambre d’hôtes. Son chiffre d’affaires sera de 63 000 €.

Nous obtenons donc un chiffre d’affaires qui peut aller de 1 à 3. Si la seconde maison d’hôtes avait des chambres à 90 €, l’écart serait de 1 à 5 et le chiffre d’affaire de 81 000 €. L’écart serait entre plus fort entre ces deux exemples si nous rajoutions une activité complémentaire dans le second cas, une table d’hôtes, la location d’un gîte, des stages thématiques…

Marge et revenus des chambres d’hôtes

Reste à déduire les coûts directs liés à l’activité, les taxes et charges fixes liées à la maison dont l’emprunt bancaire et les cotisations sociales pour calculer le revenu qu’il peut attendre de sa maison d’hôtes. Il est cependant probable que dans notre premier exemple, le loueur n’en obtiendra qu’un revenu complémentaire. En revanche, notre second loueur peut espérer en un tirer un revenu à part entière.

Les conditions sine qua none pour pouvoir vivre de ses chambres d’hôtes : l’emplacement pour avoir un bon taux de fréquentation et la capacité à se faire connaître par tous moyens et donc de comprendre le monde d’internet.
Ce n’est bien sûr pas suffisant, la cohérence complète du projet et de la maison d’hôtes reste indispensable, ainsi que l’accueil, ce qui veut dire un loueur bien dans sa peau et heureux dans sa vie, cela aucun business plan ne le mesure.

Et attention, le chiffre d’affaire peut faire rêver, mais il y a beaucoup de travail derrière et au final, le taux horaire si on veut comparer avec son travail de salarié reste très faible, compte tenu du nombre d’heures travaillées. Et dans tous les cas, cela commence par une étude de marché et un business plan.

Créer des chambres d’hôtes avec un petit budget, c’est possible

Avec la montée en gamme des chambres d’hôtes et l’espace médiatique très important qui leur est consacré dans la presse, on voit surtout dans les magazines de très belles maisons restaurées avec soin, des grandes chambres, des espaces bien-être, c’est logique, c’est plus facile à photographier et plus facile pour faire rêver ses lecteurs. Mais cela induit aussi en erreur certains porteurs de projet qui n’ont pas le capital nécessaire pour l’achat d’une telle propriété. Et c’est bien le poids du foncier qui compte pour beaucoup dans le projet et le budget de chambres d’hôtes.

Chiffre d’affaire n’est pas marge

Je voudrais insister sur un point qui me semble parfois mal compris : on peut vendre une nuit en chambre d’hôtes cher et perdre de l’argent et vendre une chambre d’hôtes à plus petit prix et gagner de l’argent. Il y a trop souvent confusion entre chiffre d’affaire et revenu alors que c’est bien au final ce qui reste sur le compte une fois tout payé, y compris l’emprunt bancaire qui est important. La rentabilité d’une maison d’hôtes ne dépend pas du prix du bien immobilier.

Il y a des projets pour tous les budgets

Certains porteurs de projet ont l’impression que créer des chambres d’hôtes n’est possible que quand on a un gros capital. Ne soyons pas hypocrites, c’est quand même plus facile, mais je dirai que ce n’est pas le fait de la création de la chambre d’hôtes, c’est plus facile pour tout dans la vie quand on a de l’argent. Pour ceux qui ont un petit budget, il faut déployer ténacité, obstination pour convaincre son banquier et trésors d’imagination pour restaurer, décorer et aménager.

Mener à bien son projet reste possible même quand on a moins de moyens. Et sur les quelques 24000 adresses de maisons d’hôtes en France, toutes ne sont pas dans le luxe, on trouve encore beaucoup de chambres d’hôtes dans des maisons toutes simples mais à l’accueil chaleureux.

Je mets au même plan financier le fait d’acheter une maison avec ou sans travaux. Globalement, cela revient au même financièrement si on prend tout en compte, c’est une différence de temps dans l’apport de trésorerie et si vous faites les travaux vous-même, dans le manque à gagner parce que vous ne travaillez pas par ailleurs ou que vous allez mettre plusieurs années à ouvrir vos chambres d’hôtes.

Je suis allée faire un tour sur les annonces de maisons d’hôtes en vente sur le site d’Accueillir Magazine et il y en a à moins de 300 000 euros. Cela reste une somme importante, mais peut-être plus accessible pour un emprunt bancaire.

Le choix de la région où s’installer

Cela ramène clairement au choix de la région. Certaines sont devenues difficilement accessibles tant le prix de l’immobilier a flambé. Il est indispensable de vivre dans une région qu’on aime et qu’on connaît ou qu’on se donne la peine de connaître. Mais il peut être nécessaire de changer de destination ou de s’éloigner, le prix de l’immobilier variant selon l’endroit où on est, une maison en bord de mer ne se vend pas au même prix que dans les terres à quelques kilomètres. Et on trouve de vrais petits bijoux immobiliers dans certaines provinces pour le prix d’un studio à Paris.

Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on n’est pas dans une région très chère et on pense donc aussi très attractive et donc très touristique, qu’on n’a pas un potentiel important pour remplir ses chambres d’hôtes. On en revient à l’importance de l’étude de marché pour comprendre qui est sur le territoire et qui viendra dans vos chambres d’hôtes et calculer son taux de fréquentation et donc son chiffre d’affaire potentiel. Et à la nécessité de faire un budget pour savoir ce qui restera une fois tout payé et donc la rentabilité.

 

Créer une société pour gérer ses chambres d’hôtes

Très souvent, les loueurs de chambres d’hôtes sont des particuliers ou des auto-entrepreneurs. Certains choisissent cependant de créer une société pour mener leur activité.

La société quand on crée à plusieurs

Le motif le plus fréquent tient au fait que plusieurs personnes souhaitent créer ensemble une maison d’hôtes, des amis, des concubins… Ils choisissent alors de s’associer en constituant une société qui va gérer les chambres d’hôtes.
Il peut y avoir d’autres motivations, comme le fait de vouloir protéger une partie de son patrimoine ou celui de son conjoint lorsque l’on est marié par exemple sous un régime de communauté. La création d’une société permet en effet d’isoler certains actifs professionnels qui vont être placés dans la société.
D’autres raisons sont plus complexes. Il peut s’agir d’un montage fiscal ou financier. On peut combiner une société avec la création d’une société civile immobilière par exemple.

SARL, SAS, SASU, EURL, quelle société pour ses chambres d’hôtes ?

Il existe de nombreuses formes de sociétés commerciales.
En chambres d’hôtes, les statuts de SARL ou d’EURL sont les plus fréquents.
La SARL est une Société A Responsabilité Limitée. Sa création suppose qu’il y ait au moins deux associés. Ils apportent le capital social qui est réparti en parts sociales, se mettent d’accord sur les statuts qui définissent les règles de fonctionnement de l’entreprise et désignent un gérant. Il peut s’agir d’un des associés ou d’un salarié sans part sociale.
L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée est une variante où la société n’a qu’un seul associé. Il existe d’autres formes juridiques comme les Société par Action Simplifiée (SAS) ou les SASU pour leur variante unipersonnelle, avec à chaque fois des différences quant aux conséquences fiscales et sociales.

La constitution d’une société est un acte juridique pas nécessairement complexe mais qui engage fortement les associés. Il faut bien prendre le temps de comprendre toutes les conséquences, qu’il s’agisse du court terme mais aussi du long terme. Il ne faut donc pas hésiter à faire appel à un expert-comptable, un avocat ou un professionnel du droit pour vérifier le montage et poser toutes les questions nécessaires avant de signer les statuts.
Dans tous les cas et quel que soit le choix, comprendre les statuts juridiques et  fiscaux de son activité est indispensable.

Et que pense votre conjoint de la création de chambres d’hôtes ?

C’est un projet de vie et le conjoint fait partie de l’aventure

Que vous soyez seul à gérer les chambres d’hôtes, votre conjoint travaillant par ailleurs, ou que ce soit un projet commun, la création d’entreprise tout comme celle de chambre d’hôtes impactera fortement votre vie à tous les deux. Encore plus en maison d’hôtes, parce que les clients sont sur place, sur la propriété, dans la maison même.
Il est essentiel d’en parler par avance et de discuter largement de la vie quotidienne avant de se lancer et même par la suite, une fois le gîte ou les chambres d’hôtes ouvertes. Il faut en effet être sûrs de ses attentes, de l’implication personnelle qu’implique une activité d’accueil chez soi et être conscient du volume de travail très important que cela représente.

Etre conscient aussi des rythmes de vie qui vont changer, notamment pendant les week-ends, et les vacances scolaires, on vit en décalé de la société, puisqu’on travaille quand les autres sont en vacances. Faute d’avoir regardé avec réalisme la future vie quotidienne, votre couple et votre vie de famille pourraient en souffrir. Or les attentes sont différentes d’une personne à l’autre et aussi quand on est un homme ou une femme. Une constante demeure, quand on crée son activité, on a besoin d’être soutenu par son conjoint.

Le soutien du conjoint, la clé de la réussite d’un projet

La Caisse d’Epargne vient de s’intéresser au profil des entrepreneurs et notamment à travers une comparaison homme / femme. Cette étude a été réalisée en interrogeant 925 chefs d’entreprises de moins de dix salariés. Elle révèle de nombreuses différences et en dit long sur les motivations qui poussent les uns et les autres à se lancer ainsi que sur la place du conjoint.

D’un côté, les hommes, ils ont créé leur entreprise pour être indépendant plutôt que salarié et pour être plus libre. Les femmes ont été plus souvent motivées par un besoin d’épanouissement personnel et par le goût d’entreprendre. La différence est également très forte concernant l’argent, une motivation peu citée par les femmes mais beaucoup plus fréquemment par les hommes.

L’étude est intéressante également sur la question de l’accompagnement. Lors du démarrage de l’activité, les femmes déclarent s’être beaucoup appuyées sur leur conjoint et sur des experts privés tandis que les hommes citent plus fréquemment la famille, les amis et les relations. Concernant la place du conjoint, les hommes déclarent que l’aide apportée par leur femme a été essentiellement dans les tâches familiales tandis que pour les femmes ce soutien a été dans le projet professionnel.

Dans tous les cas, et ce n’est pas spécifique à l’activité de chambres d’hôtes, discutez-en, les non-dits tuent les couples – je sais ce pourrait être le titre d’une chronique des courriers du coeur -, la vie quotidienne en maison d’hôtes peut aussi être aménagée en fonction des attentes : la fréquence de la table d’hôtes notamment est une des variables d’ajustements. Mais penser que l’activité avec des hôtes dans la maison n’aura pas d’impact est illusoire.

Et si vous continuez, il faudra vous organiser, sinon, revisiter le projet et peut-être penser plus gîtes que chambres d’hôtes, ce qui peut-être une forme de compromis.

 

La législation des chambres d’hôtes

Je rencontre des créateurs de chambres d’hôtes qui ont plein d’idées et c’est tant mieux. Ils veulent sortir des sentiers battus et réfléchissent à des formules originales. Ils imaginent un accueil un peu différent, une configuration des lieux autres…, et pourquoi pas.
Mais attention, cela va parfois jusqu’à vouloir ouvrir son hébergement dans une maison à une autre adresse, avec des petits déjeuners en libre service, avec des durées minimales de séjour…

Loi et décret chambres d’hôtes

Tout ceci est sympathique mais il faut garder à l’esprit qu’il existe un texte de loi et un décret qui définissent l’activité de chambres d’hôtes. Pour mémoire, les chambres doivent être situées chez l’habitant, sur sa propriété dans une dépendance c’est possible. L’habitant assure lui-même l’accueil, il doit fournir systématiquement le petit-déjeuner et le linge de maison et le nombre de chambres est limité à cinq pour une capacité maximale de quinze personnes et il n’y a pas de durée minimale de séjour possible à imposer.

La table d’hôtes, la piscine, le spa et autres aspects sont également réglementés. Rien d’insurmontable mais c’est la loi. Cette législation peut donc limiter la créativité mais il n’est pas possible de s’en exonérer et le fait de se déclarer en mairie en tant que chambres d’hôtes suppose que l’on respecte ces règles.

Ce ne sera pas des chambres d’hôtes

Par conséquent, si l’on souhaite mettre en place un accueil différent, sans petit déjeuner ou aller au-delà de cinq chambres, cela reste possible mais avec une autre appellation que chambres d’hôtes et d’autres contraintes réglementaires.

On peut envisager d’ouvrir un petit hôtel ou un gîte de groupe ou de s’orienter vers une activité de location meublée saisonnière. On peut penser insolite, yourte, roulotte ou cabane, un camping… Il ne faut jamais exclure ces pistes car l’important est certainement de créer un hébergement qui vous ressemble et qui corresponde aux attentes des visiteurs. Attention, le risque c’est que lors de contrôle, l’administration considère que vous n’êtes pas chambre d’hôtes et cela peut avoir de très lourdes conséquences.

Vous voulez sécuriser votre projet, venez à une de nos formations ou achetez le pack du créateur et bien sûr l’abonnement à Accueillir Magazine permet de suivre tout ce qui est réglementation en lisant le numéro reçu chez vous tous les deux mois.