Création de chambres d’hôtes, penser à soi avant de penser à ses clients

Les chambres d’hôtes reposent sur l’accueil et la rencontre. Pour être accueillant, souriant, disponible, il ne faut pas être débordé, ni épuisé. Je ne crois pas que quand on est fatigué, on peut donner le meilleur de soi-même.

L’envers du décor des chambres d’hôtes

Pour connaître l’envers du décor des chambres d’hôtes et du travail des propriétaires, je pense que quand on se lance dans un projet de création de chambres d’hôtes, il faut avant tout penser à soi et faire jouer à fond ses réflexes de paresseux.
Certains propriétaires réfléchissent tout dans le moindre détail pour le plaisir et le confort de leurs hôtes mais s’oublient dans l’histoire, or dans leurs aménagements, déplacements, ménage, repassage,  il va y avoir des gestes reproduits des milliers de fois. C’est toute cette organisation qui millimétrée et bien pensée va faire gagner du temps. Gagner du temps et pas rogner sur la qualité, c’est le défi.

S’organiser pour le quotidien

Donc si j’étais dans un projet de chambres d’hôtes, je penserai à économiser ma future fatigue. Je choisirai des matériaux résistants et faciles à nettoyer, dans les salles d’eau par exemple, je limiterai un maximum les joints, difficiles à nettoyer,  j’éviterai des meubles comme les tables basses en verre transparent, ces mobiliers qui ont des traces et paraissent sales dès qu’on les touche, pour éviter de passer mes journées à les frotter, je réfléchirai mon linge pour choisir des tissus plus facilement repassables, voir du linge de lit qui n’a pas besoin d’être repassé, nous avons des fournisseurs sur notre site Accueillir magazine qui en proposent, cela fait rêver non ?…

On peut multiplier les exemples, mais cela implique qu’avant de passer aux travaux et à l’achat des matériaux, éléments de décoration, vaisselle, on fait passer le côté pratique avant le côté déco. Il y a suffisamment de choix dans notre société de consommation pour concilier les deux aspects, en revanche cela peut vouloir dire renoncer au linge de lit de ses rêves. Mon calcul est que si vous économisez une heure par jour ou même une demi-heure, sur deux mois de saison avec les chambres d’hôtes réservées tous les soirs, cela veut dire dormir 30 à 60 heures de plus !

Autant, s’économiser, après tout ce n’est pas une assiette à liseré doré qui ne va pas au lave-vaisselle qui va changer la qualité des chambres d’hôtes, ni un détail déco supplémentaire qui se révèle pénible à nettoyer, en revanche, s’économiser, être en forme pour accueillir ses hôtes, être disponible pour eux, cela n’a pas de valeur et c’est garantir la qualité de la rencontre.

 

Achat immobilier, notaire ou agent immobilier, à qui confier votre argent ?

Quand on achète la maison pour y faire ses chambres d’hôtes, on se retrouve parfois avec  un agent immobilier impliqué dans la transaction, jusque là rien que de très classique. Je ne saurai trop en revanche recommander de signer le compromis de vente chez le notaire, cela ne nuit en rien aux droits de l’agent immobilier qui verra ses honoraires mentionnés dans le compromis et donc ses droits garantis. Mais l’achat d’une propriété ou même d’un appartement pour y faire des chambres d’hôtes ou gîtes est souvent complexe et il y a quand même 10 % du montant de l’achat immobilier à verser.

Avoir son propre notaire et pas celui du vendeur

La rédaction de la promesse est importante, c’est pourquoi il faut la confier à un notaire, le sien, différent de celui des vendeurs, car en matière d’immobilier, comme de toute transaction juridique, les intérêts  des acheteurs ne sont pas toujours ceux des vendeurs et autant avoir un notaire de son côté qui valide bien tous les points du projet et le sécurise. Au passage, prendre son propre notaire ne coûte pas plus cher, les deux notaires se partageant alors les honoraires inclus dans ce qui s’appelle globalement “les frais de notaire “et qui comprennent aussi les montants reversés à l’Etat.
Il y a souvent des conditions suspensives à inscrire dans la promesse de vente parce qu’il y a travaux et autorisations à obtenir et que si on ne les a pas, le projet de chambres d’hôtes peut échouer, parce qu’il y a les problèmes complexes de destination de bâtiments, s’il y a des servitudes, si des diagnostics n’ont pas été communiqués à temps…, que les montages juridiques peuvent être à mentionner selon qui achète, si une SCI se substitue aux acheteurs initiaux, si les acheteurs ne sont pas mariés, pacsés… Pour être valides ces conditions suspensives doivent être bien rédigées, mieux vaut un notaire.

Et puis il y a une somme d’argent, environ 10% du montant convenu pour l’achat immobilier à donner à la signature. Pour une somme de cette importance autant la confier à un agent ministériel dont on est sûr qu’il a une assurance et un ordre, celui des notaires. Pas sympa comme réflexion, mais s’il y a un problème, voire un contentieux, et en matière immobilière, cela peut durer des années, autant que l’argent soit bloqué chez un notaire plus que chez un commerçant qui peut disparaître pour plein de raisons parce qu’un commerçant prend sa retraite, vend, déménage, fait faillite…, et ce même si la profession d’agent immobilier est réglementée et assurée.
Autre réflexion, si pour une raison, légitime et hors délai de rétractation légal, vous contestez l’achat à un moment donné, votre notaire peut vous aider,  alors que l’agent immobilier ne sera pas forcément enthousiaste, après tout cela lui fait perdre ses honoraires si la vente échoue.

Enfin, dernière  anecdote, parce que je n’ai pas enquêté ni fait de recherche sur le sujet, cela fait deux ventes parmi des connaissances qui se font chez notaire et dont le notaire de l’acquéreur ne garde pas les fonds versés à signature. Dans la première transaction, il a demandé de faire le chèque à l’ordre du notaire des vendeurs. Bizarre, mais enfin  c’est encore un notaire donc passons. Mais dans le second cas, le notaire a demandé que la somme soit confiée à l’agent immobilier des vendeurs. Moi j’aurai dit non. Si vous avez déjà rencontré ce cas de figure et si vous avez une explication cela m’intéresse. Dans tous les cas autant être averti, car ce n’est pas quand on est à la signature, stressé en train de tout vérifier et de se demander si on a pris la bonne décision, qu’on a le temps de se poser ce type de question.

Crédit de ses chambres d’hôtes, ne pas faire peur, ni confiance, à son banquier !

Évidemment, avoir un crédit pour l’achat de la maison et / ou les travaux des chambres d’hôtes va dépendre de votre situation financière, de vos crédits en cours, etc. Il y a des règles économiques qui s’appliquent,  sachant qu’on vous prêtera plus facilement de l’argent si vous en avez  déjà, qu’on vous en prêtera sur l’achat immobilier plus que sur le business plan de vos chambres d’hôtes. Mais il y a en plus quelques critères qui font peur à tout banquier et qui pourrait faire qu’il ne vous écoutera même pas développer votre projet.

Le banquier a facilement peur

Ces critères, c’est ce qu’il appelle instabilité, je ne parle pas de votre état psy – vu la grande  psychologie des conseillers bancaires que j’ai croisés, cela ne rentre pas dans leurs cases à cocher sur l’écran ! – non, je parle de la vie normale de toute personne un peu active !

Schéma plus fréquent qu’on ne le pense : vous devenez une famille recomposée, donc divorce ou séparation, vous déménagez pour faire un foyer à votre nouvelle famille et vous changez de travail. Si vous vous dites en plus,  on va ouvrir des chambres d’hôtes, on a une grande famille mais les enfants sont grands, l’un de nous a rejoint l’autre et a besoin de travailler, c’est un projet qui nous tient à coeur, on en rêve depuis des années, on va le faire, vous avez – banquièrement parlant – tout faux.
Changements dans la vie personnelle, professionnelle et déménagement sont des signes d’instabilité potentielle pour un banquier.

Mettre en concurrence sa banque

Alors que faire ? Arrêter de respirer, de vivre ? Surtout pas, nous sommes dans un monde en mouvement et entreprendre en fait partie.
Je pourrais vous dire de prévenir en amont votre conseiller pour qu’il soit au courant des changements, j’ai testé, cela ne marche pas, en tout cas pas sur une grande ville où vous ne rencontrez pas deux fois la même personne, c’est peut-être plus vrai en province où les conseillers bancaires sont plus stables.
Il faut mettre en concurrence sa banque, faire appel aux courtiers, exiger ses droits, des réponses, des justificatifs, – lui n’oublie jamais vos devoirs -, faire appel aux médiateurs. Ne montez pas votre projet de vie, vos créations de chambres d’hôtes en vous disant, oh mon banquier me connaît ! Cela ne marche plus, même si votre conseiller est fiable, il a de moins en moins de marge de manoeuvre, on n’est plus comme autrefois dans une relation de confiance comme on l’a avec son médecin de famille, un banquier est désormais un prestataire comme un autre. Ne vous fiez pas  à une longue relation de plusieurs années, nombreux sont les patrons de PME et TPE qui l’ont appris à leurs dépends pendant la crise.

Faire payer amis et famille pour ses chambres d’hôtes

Reprenons les fondamentaux, vous ouvrez des chambres d’hôtes et pour y dormir on vous paye. Déjà, ce n’est pas toujours évident pour tout le monde de tendre une facture à quelqu’un qui s’en va alors qu’on a noué une relation avec lui, mais ça c’est la règle du jeu et à vous de trouver le bon moment et la bonne façon. Mon propos était plutôt dans ce billet, attention à qui ne va pas payer, parce qu’il pense être invité chez vous. C’est un sujet un peu plus léger que ceux que j’aborde de temps en temps, ni réglementation, ni fiscalité, mais peut-être plus subtil à régler qu’il ne paraît à première vue.

Je pense aux amis et à la famille. S’ils viennent chez vous occuper les chambres d’hôtes en saison touristique, problème. Si vous ne les faites pas payer, vous ratez du chiffre d’affaire, si vous les faites payer, il faut que la règle soit claire pour qu’il n’y ait pas de soupe à la grimace. Si vous invitez la belle-soeur que vous adorez et qui a trimé comme une malade pour vous aider dans les travaux et l’aménagement, logique, mais l’autre belle-soeur, celle qui n’aura rien fait, va mal le prendre. Bien sûr, cela ne vaut que pour ceux qui ont famille et amis, mais en général les personnes qui ouvrent des chambres d’hôtes ont un bon contact avec les autres et donc des relations, donc vous êtes potentiellement concerné.

Attention aussi aux relations croisées, voici une anecdote vécue : un propriétaire et sa femme reçoivent chaque année pendant quinze jours une famille qui leur dit à chaque fois, mais passez nous voir quand vous serez dans notre région. Ils y vont une fois, lors d’un voyage, dîner et dormir une nuit. Saison suivante, la famille redébarque mais pensant ne pas payer, après tout ils avaient invité les propriétaires chez eux, maintenant, ils sont officiellement amis qui se reçoivent les uns les autres. Donc, réfléchissez aux limites que vous allez fixer chez vous.

Si c’était moi, la règle serait que tout le monde paye, quitte à inviter à dîner ses proches ou à leur faire un petit cadeau en partant avec les confitures maison ou autres spécialités. Mais à vous de penser à éviter les querelles de clochers et de vous fâcher avec la moitié de vos cousins, sauf si cela vous arrange après tout de ne plus les voir.

Gîtes et chambres d’hôtes, est-ce compatible sur la même propriété ?

Tout d’abord, pour lever toute ambiguïté éventuelle, c’est possible sur le plan réglementaire d’avoir sur la même propriété gîte et chambres d’hôtes. Ceci évacué, ma réflexion porte sur la compatibilité entre clients de gîtes et clients de chambres d’hôtes. Les mêmes ? Pas faux, on peut parfois louer un gîte, parfois aller en chambre d’hôtes.

Gîtes et chambres d’hôtes, pas les mêmes attentes

Nous sommes tous à un moment clients des uns et des autres, mais ce n’est pas forcément le même type de vacances. En gîte ou meublé de tourisme, on est chez soi le temps de la location, souvent en famille, voire à plusieurs familles, on peut avoir tendance à se simplifier la vie, cuisine simple, tenue décontractée, enfants en vacances qu’on n’a pas envie de faire taire toutes les cinq minutes. D’un autre côté, en chambres d’hôtes, on va chez quelqu’un, on va faire un effort pour s’habiller, éviter le bruit, être en amoureux et si on est en famille on va faire un effort pour calmer les enfants. Donc question, ces différentes vacances sont-elles compatibles ?

Que diriez-vous d’avoir dans la cour sous vos fenêtres, pendant que vous servez une table d’hôtes un peu sophistiquée, les clients des gîtes, décontractés en train de manger en short, une salade avec transistor ?
Que diriez-vous d’avoir dans la piscine la famille en gîte, avec le paquet de gâteaux et le pique-nique, fermement installée pour la journée, avec les jouets semés tout autour, alors que vous servez le petit déjeuner élaboré des chambres d’hôtes à des couples d’amoureux qui ont envie d’émerger en douceur ?

Penser circulation des hôtes et aménagements sur la propriété

On peut avoir sur la même propriété gîtes et chambres d’hôtes, mais attention, cela demande à penser les aménagements.

C’est un peu schématique, mais il faut penser l’organisation des lieux de la maison d’hôtes, pour qu’à certains moments stratégiques de la journée, des personnes, aux attentes et styles de vie différents, aient chacune leur espace de vie.

En fait, je reviens d’une maison d’hôtes qui est en train de transformer son gîte en une nouvelle chambre d’hôtes. La maison forme trois côtés d’un rectangle et le gîte et les chambres d’hôtes existantes donnent sur une cour intérieure. Imaginez, les locataires du gîte, simplement habillés en train de manger leur salade composée d’un côté de la cour, pendant que les clients des chambres d’hôtes, qui ont fait un effort vestimentaire, dînent à la table d’hôtes assez sophistiquée. Difficilement conciliable !
Et pour cela, il faut que l’aménagement et la disposition des lieux s’y prête un minimum, si on est à la recherche d’un bien à acheter pour en faire gîtes et chambres d’hôtes, c’est une des questions que je poserai, parce qu’on peut toujours faire pousser une haie mais difficilement déplacer une aile d’un bâtiment.

Ceci dit, pas mal de maisons d’hôtes proposent les deux formules et c’est parfaitement compatible. A condition, de mon point de vue, d’avoir une séparation bien marquée sur la propriété.

 

Travaux, prévoir le pire pour obtenir le meilleur pour ses chambres d’hôtes

Comme certains d’entre vous, j’ai regardé l’émission de France 3 qui traitait de travaux. Et la réflexion que je me suis faite, c’est qu’il ne faut pas être souple. Je sais que c’est paradoxal de conseiller à des personnes qui créent des chambres d’hôtes de faire preuve de méfiance et même dureté, mais je crois que dans le domaine des travaux on n’a pas le choix. Loin de moi, l’envie de fustiger les artisans, ils ont aussi de petites entreprises avec peu de capacité d’adaptation et souvent beaucoup de chantiers aux mêmes dates.
Mais signer ses contrats pour faire des travaux en anticipant un procès, faire preuve de fermeté, ne pas hésiter à dégainer lettres recommandées et mises en demeure pour que tout se passe au mieux, a ses avantages.

Quelques conseils avant de signer des travaux:
– vérifier que l’entreprise ou l’artisan est bien assuré, il doit vous remettre son attestation, à garder, et que son assurance couvre bien les travaux demandés.
– regarder un peu sa réputation sur internet, s’il y a des pages entières de consommateurs qui se plaignent, est-ce bien la peine de signer ?
– signer un contrat précis avec les détails des travaux et surtout des plannings détaillés avec des phases marquées pour pouvoir repérer les retards.
– prévoir des pénalités de retard, pas pour les appliquer, sauf énorme retard, mais pour avoir des arguments de pression.
– surtout, ne pas payer la totalité des travaux avant réception définitive et sans réserve, ne verser les fonds que très progressivement et si le chantier avance vraiment.
– ne pas attendre en cas de retard, appeler certes, mais immédiatement constater par écrit et recommandé l’absence de l’entreprise, cela consiste à se donner les moyens de faire un procès si besoin était.
– ne pas être gentil, ne pas accepter les explications au téléphone, si on peut aller chez l’entrepreneur et ne pas en repartir avant d’avoir des garanties, il ira chez le plus “teigneux” et ce sera un autre chantier que le vôtre qui prendra du retard.

Parce que rater une saison peut avoir des conséquences dramatiques et on ne peut pas ouvrir une maison d’hôtes en plein travaux. On n’a pas d’assurance qui peut assurer la perte d’exploitation d’une entreprise qui n’existe pas encore, les emprunts courent, on a peut-être fait des dépenses qui se révèlent inutiles puisque les chambres d’hôtes ne sont pas ouvertes, comme adhésion à un label ou inscriptions dans des annuaires, pas de possibilité de cotiser et donc couverture sociale perdue ou année de retraite pas comptabilisée… Je rappelle que le manque de trésorerie, c’est ce qui fait plonger la grande majorité des entreprises défaillantes. Les travaux sont un passage angoissant mais incontournable de l’activité de chambres d’hôtes, à prendre comme un défi, mais à ne pas sous-estimer !

Installer des yourtes en hébergement insolite

  • Yourte à l’année ou démontable
  • Yourtes avec équipements fixes ou sans
  • HLL ou habitation légère de loisirs, ou camping
  • selon les choix faits, ce ne sont pas les mêmes règles en matière d’urbanisme

Certains créateurs envisagent d’installer des yourtes en complément de leurs chambres d’hôtes ou parfois comme unique hébergement. Il est vrai que ce type d’habitat séduit une large clientèle de familles ou de couples à la recherche d’expériences insolites et d’une proximité avec la nature et les grands espaces.

Accueillir Magazine n°95 septembre / octobre 2021
Accueillir Magazine n°95 septembre / octobre 2021 Dossier hébergement insolite

Attention cependant à installer ces yourtes sur un terrain adapté. La présence d’arbres et végétaux risque d’abîmer la bâche, il est conseillé de les placer dans des espaces dégagés, comme les yourtes mongoles traditionnelles. Pour ceux qui prévoient d’installer plusieurs yourtes, il faut donc envisager l’achat d’un très grand terrain afin que leurs occupants se sentent en pleine nature et non pas dans un campement. La magie de la yourte pourrait être brisée.

Concerne
les chambres d’hôtes
les gîtes et meublés de tourisme
les hébergements insolites

Ne sous-estimez pas les questions réglementaires. Même si la yourte est synonyme de liberté, notre pays dispose de règles dans le domaine de l’urbanisme et de la fiscalité. Il est donc nécessaire de bien vérifier au préalable qu’il sera possible d’installer les yourtes et de choisir une modalité de fonctionnement, camping, parc résidentiel de loisirs…

Reste à choisir le bon modèle. Il existe de nombreux fabricants et importateurs et des modèles de toutes les tailles. On trouve des yourtes à monter pour des budgets abordables, à partir de 2 000 euros hors mobilier pour une surface de 15 m². Même si la yourte n’est louée que quelques mois dans l’année, entre mai et octobre, financièrement, l’investissement est souvent rentable.
Proposer des yourtes à la location est par définition, une activité saisonnière, il faudra donc vérifier que cela permet d’en vivre si c’est au titre d’une activité principale en prenant en compte le fait, que plus que pour tout autre hébergement touristique comme la chambre d’hôtes, l’aléa du temps (climat, pluie, températures) est très fort et une saison vite rétrécie.

Si vous souhaitez approfondir ces sujets, vous pouvez acheter le numéro 95 septembre/octobre d’Accueillir Magazine, son dossier est consacré à l’hébergement insolite.
NOUVEAU : retrouvez-nous pour une formation en distanciel afin de

  • Mieux connaître les différentes formes d’hébergement insolite
  • Comprendre et s’adapter aux contraintes liées à l’urbanisme
  • Faire le point sur les réglementations applicables aux hébergements insolites
  • Estimer le chiffre d’affaires et la rentabilité

Et si vous envisagez roulotte ou cabane

Gérer des chambres d’hôtes, un emploi du temps à annualiser

Quand pendant les deux jours de formation que nous proposons aux porteurs de projet, nous listons tout ce qu’il y a à faire dans une journée de propriétaire de chambres d’hôtes, cela impose immédiatement le besoin de s’organiser.

Un quotidien dense

Pour que tout soit fluide et impeccable pour les hôtes, il faut beaucoup de temps consacré au ménage, nettoyage, repassage, faire les courses, la cuisine, des petits et gros travaux, une lampe qui casse, une douche qui fuit… sans compter lire ses mails, répondre au téléphone, se faire connaître,  émettre les factures, tenir sa comptabilité, gérer l’imprévu et aussi parce que c’est  quand même la finalité, passer du temps avec ses hôtes.
Donc on ne peut se lancer dans cette activité que quand on est super organisé, qu’on n’a pas les deux pieds dans les mêmes sabots et qu’on a oublié d’être paresseux. Et aussi quand on a la forme physiquement, car que d’escaliers à monter et de lits à refaire !

Un propriétaire en activité est rôdé. Au fil du temps, il s’est organisé.

Répartir le travail sur l’année

Mais quand on ouvre ses chambres d’hôtes, il me semble que lister toutes les activités et les répartir sur l’année, c’est une bonne solution. On pourra passer plus de temps l’hiver ou en basse saison ou bien en semaine, quand les chambres ne sont pas occupées, à la promotion de ses chambres d’hôtes, à visiter ses voisins, restaurateurs, artisans…, à organiser sa comptabilité, à faire ses courses de denrées non périssables…. De façon à dégager du temps quand la maison est pleine par exemple en plein été pour l’accueil et les chambres qui tournent avec le travail que cela représente.

Le tourisme est une activité saisonnière, il y a les basse et haute saisons qui ne sont pas les mêmes selon l’emplacement. La saisonnalité impacte aussi le rythme de vie de l’entrepreneur, en l’occurrence vous, loueur de chambres d’hôtes

Etes-vous prêt à changer de vie ?

Pour être honnête, je n’aime pas trop le mot de conseil. Mais je l’emploie quand même à dessein dans ce billet pour parler d’un postulat qui me semble franchement sous-estimé par les créateurs de projet. Quand je dis sous-estimé, c’est que quand j’en parle dans une formation ou une conversation, j’ai toujours l’impression d’enfoncer les portes ouvertes. Et pourtant accueillir des hôtes chez soi, puisque c’est de cela qu’il s’agit, cela ne me semble pas si évident !

Donc, avant de commencer les démarches, recherche d’immobilier, travaux ou autres  études de marché et quelles que soient les attentes économiques ou patrimoniales que vous avez, il faut être sur de partir pour le bon projet de vie.

Premier conseil, êtes-vous prêt à changer de vie ?

Pour ouvrir des chambres d’hôtes, il faut être prêt à accueillir des étrangers chez soi. Etre toujours disponible, de bonne humeur quels que soient ses  problèmes personnels, se lever tôt pour les petits déjeuners, passer du temps à faire ménage, jardinage, cuisine, mais aussi s’occuper de comptabilité, fiscalité, passer des heures sur internet, au téléphone.
Et la famille, parce que enfants, conjoint, chien, chat sont embarqués avec vous, les hôtes seront dans la maison, sur la propriété et même si c’est dans une dépendance, leur vie en sera affectée.
Et il faudra plusieurs fois par semaine, expliquer quoi visiter, répondre à des questions sur ce qu’il y a à faire autour de la maison d’hôtes, parler de sa vie…

Projet de vie espéré par beaucoup de Français, mais il faut être plus, bien plus, que sociable, je dirai qu’il faut avoir des capacités d’empathie, aimer les gens a priori.
Il me semble que cela demande réflexion, car c’est quand même un nouveau mode de vie et si on n’y est pas heureux… et bien, c’est l’horreur et les hôtes non plus ne se sentiront pas bien.

Deuxième conseil, la création n’est qu’une étape

Et je rappelle que la création des chambres d’hôtes, ce n’est qu’une étape, une étape enthousiasmante, on achète une maison ou on fait des travaux, on décore, l’adrénaline est là à 120 %, mais après il y aura le quotidien. Il faut avant de démarrer son projet se projeter sur ce quotidien qui sera le sien, jour après jour.

Troisième conseil, autant mener son projet en personne informée

Il y a des réglementations dans notre pays, comme dans tout autre d’ailleurs. Les connaître avant, cela évite de faire de mauvais choix, qui peuvent coûter chers. Autant s’informer en amont, il suffit de lire Accueillir Magazine pour connaître l’actualité du secteur et les réglementations en vigueur, et vous pouvez aussi venir à une de nos sessions de formation, deux jours denses, mais vous repartirez avec un projet sécurisé.

Et ensuite ? Cela boucle avec un dernier conseil pour aujourd’hui,  on vit heureux quand on est en mouvement, les propriétaires que je connais ou avec qui je discute régulièrement par téléphone, mail ou Facebook ont tout le temps des projets, d’autres avaient la création comme projet mais plus rien après, c’est moins top.

Coût de fonctionnement des chambres d’hôtes

Quelques créateurs nous contactent, ils aimeraient pour établir leur budget avoir les coûts moyens de fonctionnement d’une maison d’hôtes et malheureusement, je ne sais pas leur donner. Quand un groupe hôtelier, ouvre un nouvel établissement, tout y est millimétré : le petit déjeuner, la marque de la télé, le débit des douches, le salaire des employés, les draps… Il n’y a plus qu’à suivre avec bien sûr des paramètres à adapter selon les régions, comme le coût de l’eau ou le prix du foncier. Mais rien de tel pour une maison d’hôtes.

Je passe sur le fait d’avoir une à cinq chambres ou d’ouvrir tout ou partie de l’année car on pourrait faire un ratio de fonctionnement d’un mois d’activité pour une chambre d’hôtes. Ceci dit, il faudrait produire différents chiffres selon le niveau de confort.

Mais il y a trop de paramètres différents :
La situation géographique et l’isolation de la maison, vous n’allez pas chauffer pareil ou avoir une climatisation selon que vous êtes au sud ou au nord
Douche ou bain, jardin ou piscine, spa, hammam, option bien-être : la consommation d’eau va varier énormément.
Et le petit déjeuner : à la française avec pain et confitures maison ou avec charcuterie, fromages… le coût des aliments peut varier du simple au double, voire au quadruple, multiplié par le nombre de personnes, faites le calcul !
Et si vous intégrez dans votre coût de fonctionnement, l’amortissement de vos équipements, le coût ne sera pas le même d’une maison à l’autre, puisque tout est unique choisi sur mesure par le loueur : marque de lit, types de matelas, décoration, vaisselle, qualité du linge…
Et avez-vous des produits d’accueil,  changez-vous les draps tous les jours (coût du blanchissage), vous faites-vous aider pour le ménage…

En fait,  je pourrais continuer longtemps, le fait que chaque hébergement soit unique, tant par le lieu que par les choix faits par leur propriétaire, rend impossible l’établissement de moyennes. Il vous reste à remplir le budget et pour cela on vous propose une trame dans nos formations