Le n°31 janvier / février d’Accueillir Magazine est paru

En gestion, évidemment la nouvelle obligation faite à de nombreux loueurs de chambres d’hôtes de payer des cotisations sociales. Retrouvez sur ces deux pages les textes légaux, leur explication et les différentes simulations selon le chiffre d’affaires.

L’actualité est toujours aussi dense en cette fin d’année dernière, nombreux seuils revalorisés, calendrier fiscal, réformes en tout sens, nos législateurs sont inspirés.

Du côté des idées, la météo, quel rôle elle joue sur vos réservations ?

En dossier, 6 pages sur la literie, contrat pour bien dormir. proposer un hébergement, c ‘est promettre à ses hôtes de bien dormir et la qualité du lit joue un rôle non négligeable, mais cela reste aussi un investissement conséquent, autant ne pas se tromper.

Pratique, mode d’emploi pour faire apparaître votre site internet sur la carte proposée par Google quand on fait une recherche

Acteurs, les offices de tourisme se reclassent et le repas gastronomique français, une pratique culturelle majeure reconnue par l’UNESCO

Mais aussi visite chez des propriétaires de chambres d’hôtes avec la recette venue de l’île de la Réunion et envoyée avec le soleil par la Villa Mascarine , un reportage sous la neige en Ile de France, le Petit Nailly  et l’initiative d’une maison d’hôtes en Savoie, Maholyne, qui se bat pour préserver son Massif des Bauges.

Et bien d’autres sujets dans ce nouveau numéro de janvier / février d’Accueillir Magazine à découvrir sur le site internet du magazine

 

Tous nos voeux pour vous et la réussite de votre maison d’hôtes

Comme il est d’usage en fin d’année, on réfléchit – ou pas – à l’année passée et à celle à venir, on a envie – ou pas – de prendre de bonnes résolutions. Nostalgiques qui regardent vers le passé ou  fonceurs qui ne regardent que demain, peu importe, le 31 décembre est une symbolique, et marquer un temps d’arrêt dans un monde qui va aussi vite, une nécessité.

Pour ceux qui connaissent le secteur de la chambre d’hôtes,  c’est un visage qui a énormément évolué en peu de temps, les créateurs sont désormais multiformes. Besoin d’un revenu complémentaire ou de quelques trimestres de retraite, d’entretenir une maison de famille, de devenir son propre patron, d’entreprendre, de s’installer dans la région de ses rêves, il y a de multiples raisons pour créer ses chambres d’hôtes.

Mais comme hier, avoir des chambres d’hôtes n’est pas une activité anodine, car ses clients, on les a chez soi, ils téléphonent à toute heure et le ménage, le site internet, les mails…, cela ne s’arrête jamais.
Cela demande de ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot, d’aimer le travail – à une époque où on a parfois l’impression que c’est un gros mot ! – d’accepter l’Autre –  alors qu’on est de plus en plus individualiste.
Cela demande beaucoup d’investissement temps – et argent – avec un retour sur investissement qui s’il est rapporté au taux horaire doit faire sourire ceux qui considèrent que l’épanouissement passe par le montant de la rémunération !

Donc, à vous tous qui avez envie d’ouvrir votre maison, d’accueillir, de prendre le temps, d’accorder de l’attention,
qui allez offrir des moments de bonheur, de détente, de récupération, de vie tout simplement,
nous vous présentons tous nos voeux pour cette nouvelle année et le succès de votre projet.

Acheter une maison d’hôtes, ne pas négliger les diagnostics immobiliers

Comme pour tout achat immobilier, pas seulement celui de la maison d’hôtes,  le vendeur doit fournir à l’acheteur un certain nombre de diagnostics et nos législateurs s’intéressant de plus en plus au sujet, la liste des diagnostics obligatoires s’est rallongée au fil des années. L’objectif est de mieux informer l’acheteur sur les caractéristiques du bien qu’il s’apprête à acheter.

Jusqu’à huit documents ou constats peuvent être nécessaires et doivent être remis par le vendeur. Ils concernent le risque d’exposition au plomb (CREP), la présence de matériaux ou produits contenant de l’amiante, la présence de termites, l’état de l’installation intérieure de gaz, l’état de l’installation intérieure d’électricité, les risques naturels et technologiques, la performance énergétique du bâtiment et, à partir de 2011, l’état des installations d’assainissement non collectif.

Ces états sont riches d’enseignements par rapport à votre future maison d’hôtes. Ils donnent la liste des travaux indispensables pour mettre en sécurité le gîte ou les chambres d’hôtes (électricité, gaz…). Ils alertent sur les risques naturels – inondations, crues, avalanches … – ou liés à la présence d’entreprises industrielles ou chimiques dans les environs. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) fournit une estimation de la consommation annuelle d’énergie, élément indispensable si vous prévoyez d’ouvrir toute l’année et que la note de chauffage risque d’être élevée. Ces diagnostics peuvent conduire à faire des travaux et donc des coûts à prendre en compte.

Depuis la loi ALUR*, l’acheteur doit recevoir tous ces points avant la signature du compromis de vente qui est souvent retardée de plusieurs jours, mêmes semaines après l’accord oral. Le mieux reste cependant de demander à consulter tous ces documents lors de la visite de la maison de façon à pouvoir poser des questions, faire ses calculs ou aller chercher des informations complémentaires.
Si le vendeur n’a pas pu les fournir parce que ces diagnostics immobiliers ayant souvent une durée de vie limite, il les fait réaliser au dernier moment, il faut quand même demander à votre notaire de prendre le temps de les lire et décaler la signature de la promesse de quelques jours.

Je n’ai abordé que la question des diagnostics immobiliers obligatoires mais l’acheteur peut aussi avoir intérêt à demander des diagnostics ou des avis d’experts sur d’autres aspect de salubrité, hygiène ou sécurité. Je le dis et je le redis sur ce blog, le document important, c’est la promesse de vente qui engage, pas l’acte final. Il faut donc avoir tout vérifié avant de la signer.

* mise à jour en octobre 2015

Création, échec, versus réussite des chambres d’hôtes

S’intéresser aux causes d’échec et de fermetures anticipées des chambres d’hôtes, je ne parle pas de celles liées à une mutation ou à la retraite,  c’est de facto se poser la question de comment réussir. Lorsque je lis la prose sur les échecs dans la création d’entreprise, je retrouve systématiquement la même statistique, celle du taux de survie. 5 entreprises sur 10 ont disparu au bout de cinq ans qu’il s’agisse de toutes petites entreprises ou de plus grosses. Ce taux peut faire peur mais que faut-il vraiment en conclure pour son projet de chambres d’hôtes ?

Certaines études s’intéressent aux causes de la cessation d’activité. Dans de nombreux cas, il s’agit d’éléments jugés par le créateur des chambres d’hôtes comme favorables ou sans lien avec une notion de réussite ou d’échec : départ à la retraite, création d’une autre entreprise, reprise d’un emploi, déménagement…

Le personnel et le projet de vie

Il y a aussi des causes personnelles. Il ne faut pas les négliger, même si les statistiques sont bien peu nombreuses. Le fonctionnement de la maison d’hôtes est lourd, il y a trop de travail, la santé ne suit pas, la vie familiale souffre, le créateur se sent seul, il est un peu désemparé face à toutes les questions qui se posent… Et aussi, il y a l’autre, oui, il y a des porteurs de projet qui ont pensé la création, achat aménagement de la maison comme un projet à part entière et qui ont oublié à un moment qu’il allait y avoir des hôtes et finalement l’accueil ce n’est pas leur mode de vie .Réussir son projet de maison d’hôtes, c’est être clair sur ses aptitudes et ses motivations car ce sont elles qui vont vous soutenir pendant les premières années et les périodes de doute. Préparer son projet, c’est consacrer un peu de temps pour faire le point sur soi et sur ses attentes, sans oublier d’y associer ses proches.

Le manque de rentabilité

Ne nous voilons pas la face ! La cessation d’activité peut être liée à des difficultés économiques. Le chiffre d’affaires est insuffisant et les revenus générés trop faibles pour continuer, encore plus quand on a un emprunt immobilier à rembourser. De quoi souligner l’importance de la préparation de son projet, de la construction d’un budget réaliste et de la réalisation d’une étude de marché. De nombreux créateurs de chambres d’hôtes se lancent encore dans leur projet sans s’intéresser réellement à ces sujets et sont rattrapés quelques années plus tard par les difficultés économiques. En fait vous seriez surpris par le nombre de personnes qui se lancent dans l’aventure des chambres d’hôtes – ou d’autres, car ce n’est pas lié spécifiquement à l’activité de chambres d’hôtes -, sans avoir une idée précise des coûts de fonctionnement. Or c’est très basique, mais si vos coûts sont trop importants, il faut soit vendre plus cher, soit les réduire, soit… vous avez un problème !

Un conseil avant de se lancer dans votre achat immobilier ou vos travaux, faites et refaites vos calculs et donnez-vous un peu de temps pour bien réfléchir à ce que sera votre nouvelle vie. Encore mieux, venez en stage de formation avec nous, Charles vous fera réfléchir, entre autres, sur “Faire son budget et soigner la rentabilité”.
Dans tous les cas, analyser les causes possibles d’échec, c’est mettre tous les atouts pour réussir sa création de chambres d’hôtes.

Chambres d’hôtes et évolution de la société

L’INSEE vient de sortir une étude sur les Projections de population, où on apprend que Paris et banlieue n’attireront plus autant, qu’il y aura un retour en zone rurale avec certaines Régions qui vont voir leur population s’accroître et d’autres s’appauvrir. Quel rapport me direz-vous avec mes chambres d’hôtes ? Et bien, vous pouvez y trouver des sources d’inspiration pour vos aménagements. Et éventuellement si vous ne savez pas où acheter la maison d’hôtes, des idées de Régions dynamiques.

Premier constat, la population vieillit, à l’horizon 2060 un tiers de la population âgé de plus de 60 ans. Si j’étais vous, je me demanderai immédiatement ce qui va séduire des seniors dans mon offre. Pas d’escalier, certains équipement confort, douche plus que baignoire, des repas appropriés…

Certaines Régions, Sud et l’Ouest devraient voir la population se concentrer au détriment du Nord-Est, Auvergne et Limousin sont très dynamiques… Si vous n’avez pas une Région de prédilection où vous installer, ce qui est le cas de certains créateurs qui veulent ouvrir des chambres d’hôtes, n’ont plus d’attaches familiales en province, ne sont pas affectivement attachés à un territoire ou souhaitent partir vers un climat plus clément.
Où s’installer dans ce cas pour créer ses chambres d’hôtes ? Et bien je parierai sur une Région dont la démographie va augmenter, cela veut dire dynamisme, activité économique, personnes qui vont recevoir leurs familles, personnes qui vont chercher à s’installer et avoir besoin de se loger en attendant d’avoir acheté la maison de leurs rêves…
Encore une fois, l’activité de chambres d’hôtes ce n’est pas que le touriste en vacances, c’est aussi l’homme d’affaires ou le VRP, la personne qui rend visite à sa famille. Plus une région est dynamique, plus il y a de mouvements et après tout, ce sont bien des personnes en mouvement que vous allez chercher à accueillir, ceux qui restent devant leur télé sur leur canapé ne vous intéressent pas franchement.

Tout ça pourquoi ? Pas pour vous faire lire les études INSEE, vous avez sûrement bien d’autres choses à faire, mais pour rester informé, pour garder l’esprit en alerte et vous demander à chaque fois comment vous pourriez être concerné – et comment mieux faire qu’en vous abonnant à Accueillir Magazine où nous nous lisons et analysons ces tendances ?  Parce que vous avez un projet de création de chambres d’hôtes aujourd’hui, vous accueillerez des touristes demain et vous vendrez ou transmettrez peut-être votre maison d’hôtes après-demain après une vie dédiée à l’accueil et bien remplie. Et si votre projet n’évolue pas en même temps que la société, ses attentes, ses mouvements, il risque à un moment d’être déphasé, démodé, de ne plus plaire et ça ça coûte cher !

Vais-je faire table d’hôtes ou ouvrir un restaurant ?

  • Faut-il limiter la restauration à ses hôtes dormant sur place ? C’est la
    table d’hôtes proprement dit qui implique aussi un même menu servi à tous à la même table.
  • Peut-on l’ouvrir à l’extérieur en accueillant des personnes qui ne dorment pas sur place ? La table d’hôtes devient restaurant sur le plan réglementaire même si elle peut demeurer table d’hôtes dans l’esprit, soit un même repas servi à une même table.

Certains créateurs de chambres d’hôtes ont dans leur projet l’idée de
proposer le repas à leurs hôtes. Ils aiment cuisiner, ils y voient un moment fort de convivialité mais aussi un moyen de développer leur activité. Et c’est un des éléments qui peut améliorer la rentabilité pour tous ceux qui veulent dégager un revenu.

Dans certains projets de chambres d’hôtes, le créateur envisage d’ouvrir sa table d’hôtes à l’extérieur, autrement dit à des personnes qui ne dorment pas sur place dans les chambres d’hôtes, soit pour le repas du soir, soit simplement pour proposer une assiette froide à des randonneurs d’un GR qui passe au bout de la propriété. Le porteur de projet ou propriétaire déjà installé y voit une façon de compléter ses revenus et d’accroître son activité d’autant que dans certaines zones rurales les restaurants se font parfois très rares.

La table d’hôtes, définition

La forme de restauration la plus courante en chambres d’hôtes est de proposer le soir le dîner à la table d’hôtes. Ce repas pris en commun est réservé aux résidents qui dorment sur place. Selon la période et le nombre de chambres, il y aura autour de la table quatre, six peut-être dix ou quinze convives qui partageront le repas, un même menu, et passeront certainement une très agréable soirée.
Pour le loueur, cela signifie du travail, beaucoup d’organisation – courses, préparation, service, nettoyage… – et une nécessaire capacité d’adaptation puisqu’il ne sait parfois que tardivement combien de convives dîneront le soir venu.

Ouvrir à l’extérieur, c’est un restaurant

Certains créateurs voient les choses un peu différemment et envisagent
d’ouvrir leur table à l’extérieur, comme le fait une auberge. En prenant cette décision, ils devront respecter la réglementation de la restauration. Mais ils pourront rester dans l’esprit d’un accueil familial avec un repas pris en commun et un menu unique. Certains restaurants et chefs ont fait ce choix au cours des dernières années : un nombre de couverts limités et un menu unique qui varie chaque jour en fonction de leur marché, ils privilégient qualité et fraîcheur des produits à quantité, évitent sous-vide et surgelés et n’ont pas à gérer des stocks.

Se former pour devenir un restaurant

Rappelons tout d’abord que dès que la table d’hôtes n’est pas réservée aux résidents, elle devient, de fait, un restaurant et non plus d’une table
d’hôtes à proprement parler. Dès lors, il faut que la cuisine et les repas
respectent les règles de la restauration, tant en terme d’hygiène que
d’équipements avec la mise aux normes de la cuisine. Le respect de ces règles est essentiel pour mener à bien ce projet. Il faudra également suivre une formation HACCP, pour la maîtrise de la sécurité sanitaire. Et veiller à la traçabilité des aliments plus compliquée que celle demandée aux seules tables d’hôtes.

La décision doit être prise avant à cause des travaux

Sur le plan juridique, rien n’empêche d’ouvrir un restaurant et d’avoir dans sa maison des chambres d’hôtes. Cela peut cependant poser des difficultés pour adhérer à un label, certains refusent de labelliser des restaurant avec chambres d’hôtes, c’est leur choix. Lorsque aucun autre restaurateur n’est implanté sur la commune, souvent le cas dans de petits villages, c’est une piste à ne pas négliger pour réussir son projet.

Il faudra cependant veiller à prendre en compte tous les aspects réglementaires de ce projet. Le statut juridique est  à réfléchir mais ce qui me paraît le plus important, ce sont les travaux liés au bâtiment qui hébergera le restaurant et accueillera des personnes venues de l’extérieur, ce bâtiment est un ERP, établissement recevant du public, et doit être mis aux normes, il faudra faire les travaux liés à la sécurité incendie et à l’accessibilité, ce qui peut être coûteux.
Il faudra également expliquer clairement son projet à ses clients, ils doivent savoir avec qui ils dînent ou s’ils se retrouvent dans la salle d’un
restaurant, ce peut être important dans leur choix d’hébergement quand ils réservent, c’est l’information au consommateur.

Réfléchissez bien à ces deux options avant d’ouvrir votre maison d’hôtes
car une fois les aménagements, équipements et travaux réalisés, il sera
peut-être trop tard ou il faudra réinvestir. Il faudra également penser la
maison et la circulation des hôtes en conséquence pour préserver le calme des chambres d’hôtes.

Cet article a été mis à jour le 3 septembre 2025

 

Comment trouvez-vous vos chambres d’hôtes sur internet ?

Vous avez comme projet de créer des chambres d’hôtes, donc je vais partir du principe que vous y dormez régulièrement et que vous en cherchez de sympathiques. D’un autre côté, vous êtes sur ce blog ou bien vous avez reçu ce billet dans votre boîte aux lettres mail, c’est donc que vous êtes connecté sur le net.
Ma question est la suivante, comment choisissez-vous et réservez-vous vos chambres d’hôtes sur le net ?

Question pas neutre du tout.
En tant que créateur de chambres d’hôtes, vous avez en projet de faire créer un site internet ou de prendre un site clé en mains et d’y mettre quelques textes et photos. Et pour la plupart des personnes que je croise en stage de formation, le site internet est pensé comme une vitrine mais l’envers du décor, la mécanique qui fait qu’un site sort en tête de résultats sur un moteur de recherche n’est pas vraiment analysée.
L’objectif d’un site internet est multiple. Et le côté séduction, c’est très important mais cela vient après.

Après quoi ? Après qu’on l’ait trouvé. Du côté du créateur de site internet, cela s’appelle référencement ou SEO (search engine optimization en anglais). Cela fait appel à plein de techniques compliquées et dont la règle du jeu n’est pas écrite et il faudra trouver un prestataire compétent pour créer le site internet. Et c’est la condition sine qua non pour que vos futures chambres d’hôtes  soient un jour trouvées sur internet par quelqu’un qui aimerait y dormir.

Et j’en reviens à ma question de départ, si vous même, n’avez pas une idée claire de comment on trouve une chambre d’hôtes sur le net, comment allez-vous construire ou faire créer un site internet que quelqu’un un jour trouvera pour y dormir ? Et c’est quand même plus qu’important pour remplir vos futures chambres d’hôtes !

Le planning de création de mes chambres d’hôtes, risques de dérapage

Planning, dur à respecter

Il en va du planning de réalisation comme du business plan, chaque projet de chambre d’hôtes est unique. Selon qu’on achète une maison et qu’on doit y faire des travaux lourds pour créer ses chambres d’hôtes ou qu’on achète une maison d’hôtes en activité avec literie et vaisselle et qu’on “n’a qu’à” poser les bagages, il y a un monde de différence. Mais reprenons quelques aspects qui peuvent faire échouer ou retarder votre projet, une fois la promesse de vente signée.

Il y a des motifs évidents : retard à l’achat de la maison, notamment quand il y a des conditions suspensives à lever ou un prêt bancaire à négocier.
Les travaux, est-ce la peine de dire que dans ce domaine les délais sont une notion très variable ? Si on n’est pas sur place au quotidien pour tout contrôler, si on n’a pas négocié des pénalités de retard, gros risques de dérapage.

Et puis, il y a des raisons moins évidentes.
Si on compte sur des subventions pour ses chambres d’hôtes, il y a parfois l’obligation de ne pas commencer les travaux avant l’accord de la commission, cela peut prendre plusieurs mois pendant lesquels vous êtes bloqués.
Si on a du retard dans la livraison des fournitures : spa, baignoires, matériaux, c’est tout le planning des travaux qui peut être à renégocier, on connait tous le plombier qui ne peut pas travailler à cause de l’électricien qui n’a pas pu avancer à cause du plombier !
Il y a les délais nécessaires pour les déclarations et permis de travaux, à prendre en compte, le risque étant de se faire refuser ou d’avoir à représenter le dossier et donc à refaire de nouveaux devis, notamment quand on a acheté un bâtiment classé, en zone naturelle, proche d’un monument historique, dépendant des bâtiments de France, etc.

Le risque : chaque mois de retard, ce sont des dépenses qui s’accumulent, de la trésorerie qui s’épuise et du chiffre d’affaire qui ne rentre pas. Et si on rate une saison touristique, ce peut être la catastrophe : imaginez, vous comptez ouvrir en avril pour bénéficier dès la première année au moins des vacances scolaires et grands week-ends touristiques et vos chambres d’hôtes sont prêtes seulement en octobre ! Vos finances vont-elles tenir le coup ? Votre banquier va-t-il rester serein ?

Je n’ai aucune méthode pour garantir la réussite d’un chantier de travaux. Sauf à essayer de lister chaque étape avec ses délais minimums, de prévoir l’imprévisible, de s’accorder des marges de sécurité cachées et de la trésorerie de secours.

Faire le business plan des chambres d’hôtes

Le business plan quand on ouvre gîtes, meublés de tourisme ou chambres d’hôtes

  • c’est un document simple et compréhensible
  • A destination du banquier qui doit y retrouver histoire, plan de financement, budget, plan de trésorerie et chiffrages financiers
    Mais aussi, les plans d’action marketing, les opérations à mener, l’évolution sur les premières années et les chiffres réels du territoire qu’on a déterminé par l’étude de marché
    Le banquier ne se déterminera pas au nombre de pages mais au sérieux du contenu et il sait l’évaluer
  • Et pour soi-même, le porteur de projet, car il oblige à éclaircir sa pensée, à traquer les coûts, à estimer sa rentabilité, à se demander comment on va faire, à réfléchir à ses choix juridiques, son statut et les cotisations sociales qui en découlent.
  • En résumé, le business plan, c’est l’histoire et le coût du projet d’un côté, ses perspectives et revenus à en attendre de l’autre, avec au milieu les actions qu’on va mener

Il y a peu de temps une créatrice de chambres d’hôtes m’a expliqué qu’on lui avait conseillé d’utiliser un modèle pour formaliser son business plan. Le dossier était dense avec des tableaux et de multiples onglets à remplir. Il fallait un certain temps rien que pour comprendre le fonctionnement du business plan et il était impossible de répondre à la plupart des questions telles qu’elles étaient formulées.

Business plan oui mais adapté

Il existe en effet sur le net ou sur les sites internet des banques de nombreuses trames de business plan avec des listes de questions à se poser et des quantités de pages. Certains sites en génèrent en série en remplaçant juste le titre ! Le business plan que cette créatrice m’a montré faisait au moins une centaine de pages, impossible à comprendre pour qui n’en a jamais fait. Outre une forte envie de le reposer immédiatement ou d’aller prendre une aspirine, le souci tient au fait que les questions ne sont pas adaptées aux chambres d’hôtes et qu’en définitive le créateur risque de passer à côté des vrais enjeux de sa création de maison d’hôtes. Pour mieux saisir de quoi je parle, je peux vous citer quelques questions types tirées de ces documents : Quel est le volume du marché ? Quel est le pourcentage du marché objectif de l’entreprise ? Quels approvisionnements prévoir ?

De plus, aucun cheminement de création n’est linéaire. Chacun a sa façon de raisonner et va prendre en compte les différents aspects du projet dans l’ordre qui lui paraît logique. A-t-il déjà le bâtiment ? Doit-il l’acheter ? On voit bien qu’aucune trame type ne résistera longtemps à ce type de questionnement.

Comprendre son business plan avant tout

Mieux vaut oublier tout le jargon des experts des business plan qui compliquent à ravir pour vendre des prestations d’accompagnement et se dire qu’à un moment il est utile de formaliser son projet. Je vous propose d’adopter un format simple, du type :

1/ une description succincte du projet
2/ une présentation du créateur, ses objectifs, ses atouts, ses faiblesses, son entourage
3/ une étude du territoire et du tourisme local avec choix d’un positionnement pour son offre et argumentation
4/ un plan d’action avec l’ensemble des opérations à mener y compris après l’ouverture de la maison d’hôtes
5/ les choix juridiques et fiscaux
6/ les chiffrages financiers, budget, financement et trésorerie

Enfin, il y a des erreurs à éviter, qui sont de nature à faire échouer un projet. Autant les connaître, pour les éviter.

Pour vous aider dans ces réflexions, nous avons mis à votre disposition sur le site d’Accueillir Magazine un fil conducteur adapté à la création de chambres d’hôtes et/ou gîtes et meublés de tourisme.

et nous offrons et expliquons aux stagiaires qui suivent nos formations deux jours pour ouvrir ses gîtes, meublés de tourisme et chambres d’hôtes, une trame de budget et un business plan adaptés, à remplir.

N’aménagez pas vos chambres pour vos hôtes, mais pour vous simplifier le quotidien !

Quand je discute aménagement des chambres d’hôtes et de la maison avec les créateurs de chambres d’hôtes, je constate souvent qu’ils réfléchissent les travaux de leurs chambres d’hôtes en pensant à leurs futurs hôtes, ils veulent leur proposer le meilleur, ils visualisent un résultat, ils pensent décoration, couleurs, matières.
Logique, oui mais pas suffisant. En fait, si j’étais en train de créer des chambres d’hôtes, je penserai à moi et à mon quotidien avant tout !

Quand on crée des chambres d’hôtes, on sous-estime beaucoup, voire on ne se projette pas dans le futur quotidien. Or ce quotidien de propriétaire de chambres d’hôtes va être très prenant. Ménage, nettoyage, lavage, repassage sont partie prenant de l’activité. Alors, y penser avant, c’est privilégier des matières faciles à nettoyer et à entretenir, qui ne s’usent pas et supportent un usage intensif. C’est choisir sa literie de façon à ne pas se casser le dos chaque fois qu’on refait un lit, c’est réfléchir ses rangements pour éviter de traverser la maison et de monter des dizaines d’escaliers chaque fois qu’on change une taie d’oreiller, c’est choisir le bon équipement et les bons produits d’entretien, écologiques si possible…

Au final, quelques minutes gagnées tous les jours, c’est à la fin de l’année, beaucoup de fatigue en moins. Des matériaux qui s’usent peu, c’est moins de travaux de rénovation et donc des dépenses en moins. Et un propriétaire de chambre d’hôtes moins fatigué, c’est aussi la garantie d’un accueil plus détendu. Il ne faut pas se leurrer, quand on est crevé, on a plus de mal à supporter réflexions et petites contrariétés, voire caprices de ses hôtes.
Donc si j’aménageais des chambres d’hôtes, je ferai en sorte de me simplifier mon quotidien. Cela ne veut pas dire renoncer au confort des hôtes, ni au côté déco, ni baisser la qualité, c’est en fait intégrer des contraintes supplémentaires dans mes choix, mais payantes sur le long terme. Et la déco est toujours là mais c’est la cerise sur le gâteau et la la seule finalité.

Remettez-vous au coeur du projet de maison d’hôtes !