40 % des Français se verraient gérants d’une maison d’hôtes !

C’est le résultat d’un sondage récent consacré à la reconversion professionnelle, à l’entrepreunariat et au travail indépendant. Changer de vie, quitter la ville, se lancer dans une nouvelle activité, se mettre à son compte…, beaucoup de Français y pensent et envisagent de passer à l’acte. 40% se verraient bien gérants d’une maison d’hôtes.

Tendance, moderne mais surtout humaine, la chambre d’hôtes est indémodable

La maison d’hôtes concentre toutes ces envies, une vie au calme, loin de la ville, sans transport, ni bouchon, une belle maison, une ouverture sur les autres, des rencontres et la satisfaction de mener un projet à soi, de reprendre la maîtrise de sa vie en quittant ces entreprises et organisations très souvent déshumanisées.
Ce sont tous ces critères qui font de la maison d’hôtes une entreprise d’une modernité à toutes les épreuves, une activité qui traverse le temps sans prendre une ride. Bien sûr, la chambre d’hôtes suit les évolutions de la société, intègre les dernières technologies, le web, la domotique, les tendances, les modes déco…, mais comme elle repose avant tout sur l’accueil, sur le sourire, sur le partage, elle ne se démode jamais.

Ouvrir des chambres d’hôtes, un investissement personnel non négociable

Cette aventure, beaucoup donc ont envie de la vivre et dans le même temps, peu d’appelés iront au bout, concrétiseront leur rêve, passant de l’idée au projet. Déjà pour ces créateurs, il faut souvent prendre en compte l’installation à l’année dans une nouvelle région que l’on connaît parfois mal. Cela passe par de nouveaux repères, faire connaissance avec les habitants et les voisins, chercher des moyens de s’intégrer et à participer aux activités locales.

Ensuite, comme je le dis souvent sur ce blog, il ne faut pas négliger les contraintes liées à l’activité. Beaucoup de travail et d’énergie pour que les séjours de ses clients soient réussis, un souci du détail, de la bonne humeur et une très bonne dose d’organisation pour gérer le quotidien, les réservations, les petits déjeuners, les repas en table d’hôtes, le linge, les courses ou encore le ménage dans les chambres.
Du bon sens, de la débrouillardise, un sens pratique élevé, une capacité à être heureux du bonheur des autres, l’oubli de la procrastination et de la grasse matinée, ce sont les ingrédients de base du caractère d’un loueur de chambres d’hôtes accompli.

Oui, ouvrir une maison d’hôtes est un beau projet et je comprends que 40% des Français y pensent, mais attention, c’est un changement de vie à bien préparer et pour cela, à part lire Accueillir Magazine bien sûr, quoi de mieux que de se préparer de nombreux séjours dans des maisons d’hôtes, pour découvrir, discuter, s’imprégner, partager… Et en ce moment de basse saison, les loueurs sont plus disponibles pour parler de leur activité. Il sera temps de penser business plan quand la décision sera prise, un projet cela commence par se rêver avant de se définir de façon concrète.

Particulier ou professionnel ? Le statut juridique en question

Lorsque l’on se lance dans la location d’un gîte / meublé de tourisme ou de chambres d’hôtes, une question centrale consiste à savoir si l’on va mener cette activité en tant que particulier ou en tant que professionnel. C’est le sujet du statut juridique du loueur. Cela demande d’être bien pensé, en amont du projet.

Que l’on fasse gîte ou chambres d’hôtes, la question du statut juridique est centrale. Il s’agit de l’identité de votre future activité vis-à-vis des tiers ou de l’administration. Et n’oubliez pas, nul n’est censé ignorer la loi ! Et la dissimulation d’activité est une infraction pénale.

Rester simple particulier

Si je loue mon appartement ou ma maison en tant que particulier, cela m’apporte des revenus complémentaires mais je n’ai pas de couverture sociale. Certes, je n’ai pas de cotisation sociale à payer, mais je n’acquiers pas de droits au titre de l’assurance maladie ou de la retraite. Cette solution est envisageable lorsque l’on loue une maison ou un appartement en location saisonnière ou lorsque l’on fait ponctuellement chambre d’hôtes. Certains conditions sont à respecter comme ne pas dépasser un chiffre d’affaires défini par la loi. Ces seuils sont différents selon que ce sont des chambres d’hôtes ou un meublé de tourisme. Le chiffre d’affaire n’est pas le seul élément à prendre en compte. Il faut bien comprendre que cette possibilité d’exercer une activité commerciale sans cotiser a ses limites.

Etre Professionnel

En revanche, si mon activité de chambre d’hôtes est régulière ou que la location de mon gîte s’accompagne de prestations annexes, service de petit déjeuner, ménage en cours de séjour…, j’ai l’obligation de prendre un statut professionnel. Je vais alors cotiser aux caisses sociales et avoir des droits en retour. Selon le statut juridique que je vais prendre, je peux limiter le montant de mes cotisations sociales, voire ne  payer que les cotisations minimales.

De multiples statuts sont éligibles, auto-entrepreneur devenu micro-entrepreneur, commerçant, SARL ou EURL, SA ou SASU, mais aussi SCI pour la détention des murs.

Pour vous aider à bien comprendre ces enjeux juridiques mais également les régimes fiscaux, nous avons publié des Cahiers pratiques. Ils sont en vente sur notre site internet.
Chambres d’hôtes, Panorama des solutions juridiques et fiscales
Gîte et meublé de tourisme, statut juridique, fiscalité et démarches

Ne vous y trompez pas, ces questions se pensent en amont pour décider des questions centrales de l’amortissement ou pas des travaux et de la TVA ou pas. La majorité des loueurs ne seront pas concernés par ces questions de coûts réels et seront au régime micro en franchise en base de TVA. Mais ne pas faire les bons choix au départ remet en cause la rentabilité de l’activité.

Gîte rural, l’addition risque d’être très salée !

Beaucoup de loueurs de gîtes ruraux sont assujettis au régime micro, c’est-à-dire que leur revenu imposable est calculé à partir de leur chiffre d’affaires annuel déduction faite d’un abattement de 71% pour tenir compte de leurs charges d’exploitation. Dans Accueillir Magazine, nous parlons dans chaque numéro de la fiscalité des meublés de tourisme, gîtes ruraux et chambres d’hôtes car c’est un sujet essentiel pour la rentabilité de son hébergement et pour sa tranquillité d’esprit.
Le régime micro est resté stable depuis quelques années… Il reste inchangé pour les chambres d’hôtes et meublés de tourisme, mais évolue pour les gîtes ruraux !

Gîtes ruraux et régime micro

Attention, l’abattement fiscal des gîtes ruraux change à compter de 2016. Désormais, pour bénéficier de l’abattement fiscal de 71% et du plafond de chiffre d’affaires de 82 200 euros, il faut être classé en étoiles. Le classement en épis de Gîtes de France ne suffit plus. Et ce changement a des conséquences sur les exonérations de cotisation foncière des entreprises, de taxe d’habitation et de taxe foncière qui risquent de disparaître également.

Rappelons que le délai de la prescription fiscale est de trois ans, ce qui signifie que les services fiscaux ne s’intéresseront à la question qu’en 2019, mais l’addition risque d’être très salée car elle portera sur les revenus des années 2016, 2017 et 2018. Les créateurs qui ont le projet d’ouvrir un gîte rural doivent regarder ce sujet sans attendre, les loueurs en activité également.

Suivre la fiscalité de son hébergement

Nous y avons consacré un large article dans notre numéro 61 janvier/février 2016. Il est en vente sur notre site internet. Nous vous en recommandons la lecture car il y a un fort risque de redressement fiscal pour tous les loueurs de gîtes ruraux qui ne seront pas classés en étoiles. La décision du créateur ou du loueur doit être prise maintenant, sans attendre. Il peut y avoir urgence à demander le classement en étoiles. En 2019, il sera trop tard !

Accueillir Magazine fête ses 10 ans avec un dossier sur l’avenir des gîtes et chambres d’hôtes

Début 2006 sortait le premier numéro d’Accueillir Magazine, 10 ans plus tard, le numéro 61 janvier/février 2016 vient de paraître.

10 ans d’articles, d’actualités, de dossiers et de reportages mais aussi 10 ans de rencontres avec les loueurs de chambres d’hôtes, de gîtes et de meublés, les acteurs du tourisme, les créateurs en train de préparer leur projet d’ouverture… Et que de changements, les réservations de dernière minute, voire seconde, le développement du tourisme international, le rôle des avis de voyageurs, l’arrivée de la réservation en ligne y compris sur mobile, le pouvoir des centrales de réservation, la généralisation du wifi…

Plutôt que regarder derrière nous, le magazine 61 janvier/février 2016 fait le choix de s’intéresser à l’avenir. Que seront les gîtes et les maisons d’hôtes dans 10 ans ? Ce dossier analyse les conséquences des changements en cours pour tracer les contours de l’hébergement de demain. Quelles sont les évolutions à prendre en compte ? Qu’est ce qui fera le succès d’un gîte ou d’une chambre d’hôtes ?

Il est possible de s’abonner en ligne sur le site d’Accueillir Magazine pour recevoir ce numéro, l’occasion pour vous de réfléchir à votre projet de création, peut-être de le faire évoluer. N’oubliez pas que la grande force des gîtes et chambres d’hôtes tient essentiellement à leur taille humaine qui leur donne une grande capacité d’adaptation.

En attendant, la rédaction vous adresse ses meilleurs voeux et vous souhaite une très bonne année 2016.

Gîte et meublé de tourisme, faut-il se mettre au bénéfice réel ?

De nombreux créateurs de gîtes et meublés de tourisme ou qui se définissent comme ‘airbnb” adoptent le régime micro-BIC. Il faut dire que ce régime fiscal est simple, que les formalités sont limitées et que l’abattement accordé aux meublés classés est actuellement très avantageux. Il existe une alternative pour les loueurs professionnels mais également pour les non professionnels, le régime du bénéfice réel. Cette alternative est d’autant plus intéressante que le régime du micro-BIC doit faire l’objet d’une réforme à compter de 2024.

Ce billet de blog a été initialement publié le 21 novembre 2015 et remis à jour le 29 août 2023. Il n’est plus valable, 2024 est une année de transition forte pour la fiscalité des meublés de tourisme et gîtes, suivez l’évolution avec Accueillir Magazine.

Concerne
les chambres d’hôtes
les gîtes et meublés de tourisme
les hébergements insolites

Choisir le bénéfice réel

Le loueur en meublé non professionnel (LMNP) notamment peut choisir d’être imposé en fonction du bénéfice réel du meublé de tourisme et non pas en fonction d’un revenu théorique calculé sur son chiffre d’affaires déduction faite de l’abattement de 71 % (abattement actuellement applicable aux meublés de tourisme classés) ou de celui de 50 % (abattement actuellement applicable aux meublés de tourisme non classés). Dans le régime du bénéfice réel, le LMNP (loueur de meublé non professionnel) va pouvoir reporter ses pertes sur les 10 ans. Il n’est pas taxé sur ses revenus tant qu’il bénéficie d’amortissements ou de pertes reportables.

Tenir sa comptabilité

Bien sûr, la contrepartie de cet avantage fiscal est la tenue d’une comptabilité selon les règles des Bénéfices industriels et commerciaux. Le LMNP pourra ainsi déduire du chiffre d’affaires les charges de fonctionnement, les frais d’entretien, les dépenses de publicité, l’assurance, la taxe foncière, les intérêts d’emprunt mais également les amortissements liés à l’achat du bâtiment, du mobilier et du matériel. C’est pour cette raison que son bénéfice est nécessairement réduit. En cas de pertes liées aux amortissements, il y aura report sur les années ultérieures.

Limiter la plus-value

Lors de la vente du gîte ou du meublé de tourisme, le LMNP va bénéficier du régime de taxation des plus-values des particuliers avec un avantage non-négligeable. Les amortissements qui ont été déduits fiscalement ne sont pas pris en compte. La plus-value est calculée par rapport au prix d’acquisition majoré des frais d’acquisition et des travaux selon les règles fixées par la réglementation fiscale, elle est donc réduite.

Le régime du bénéfice réel est plus complexe que le régime micro mais il offre une véritable opportunité pour se constituer un patrimoine tout en restant non-professionnel et en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse. La perspective d’une réduction des abattements de 50% et 71% dans le cadre de la loi de finances pour 2024 doit pousser à regarder de plus près le régime du bénéfice réel qui risque de s’avérer bien plus intéressant à l’avenir. Il faut cependant attendre les textes, les réseaux sociaux grouillent d’informations considérées comme acquises alors même que le texte sur la loi de finances n’a pas encore été présenté en conseil des ministres ni débattu. Les bonnes décisions se prennent sur des informations fiables à retrouver dans Accueillir Magazine.


Ce billet de blog a été initialement publié le 21 novembre 2015 et remis à jour le 29 août 2023. Il n’est plus valable, il reste publié pour permettre de comprendre l’évolution de la fiscalité des meublés de tourisme, fortement impactée en 2024.

Taxe de séjour, chambres d’hôtes et gîte, le dossier d’Accueillir Magazine n°60

Nous avons choisi de parler de la réforme de la taxe de séjour pour ce numéro 60 d’Accueillir Magazine novembre / décembre 2015. La taxe de séjour touche chambres d’hôtes, meublés de tourisme et gîtes, quand ils sont situés sur une commune qui y est éligible. Suite à la révision du barème intervenue fin 2014, beaucoup de communes -, trop peut-être – ont fait le choix d’augmenter le montant de la taxe de séjour payée par les touristes.

La hausse de la taxe de séjour

Au cours des dernières années, de nombreux hébergements ont été confrontés à la hausse de la TVA, qui est passée de 5,5%, à 7% puis à 10%, mais également, plus récemment en 2015, à celle de la taxe de séjour dont le plafond a été doublé pour les 5 étoiles et augmenté de 50% pour les 4 étoiles. Au final, l’addition peut être particulièrement salée pour les gîtes et meublés de tourisme de grande capacité, mais également pour tous les longs séjours.

L’enjeu territorial, favoriser les hébergements déclarés ou l’offre illégale ?

La réforme de la taxe de séjour concerne les loueurs de chambres d’hôtes, de gîtes et de meublés de tourisme, les créateurs qui sont en train de préparer leur projet et de fixer leur prix mais également tous les habitants dont les communes vivent du tourisme. La question de la taxe de séjour est un enjeu territorial. Faut-il “plumer” les touristes au risque de les perdre ou qu’ils aillent séjourner dans des hébergements non déclarés  ? A l’heure du collaboratif, la question est centrale ! A moins que de trop augmenter la taxe de séjour locale ne pousse les touristes à séjourner dans des hébergements situés sur des communes moins gourmandes !  Quand les territoires rivalisent en matière de communication pour attirer les touristes et leurs dépenses, la question de la taxe de séjour n’est pas neutre, on ne peut pas gagner des deux côtés ! En une question, faut-il réfléchir à plus long terme pour faire du tourisme un véritable moteur de croissance du territoire ?

Un dossier consacré à la taxe de séjour, côté loueurs de gîtes et chambres d’hôtes

Comprendre le fonctionnement de la taxe de séjour, son mode de calcul fait partie des étapes obligées du créateur et du loueur confrontés à cette réforme. En effet, comment fixer le prix de son gîte, de son meublé de tourisme ou de ses chambres d’hôtes sans en tenir compte. Doit-elle être inclue dans les prix ou payée à part ? Quels sont les touristes exonérés ? Comment se passe la collecte ? Il ne faut pas oublier que le client, l’hôte, le touriste regarde sa facture finale et pas la façon dont elle se décompose !

Dans Accueillir Magazine novembre/décembre, vous pourrez lire le dossier complet sur la taxe de séjour et réfléchir à votre stratégie. Vous pouvez vous abonner en ligne ou par courrier, vous recevrez ce numéro sous huitaine.

Créateurs de chambres d’hôtes ou gîtes, bénéficiez de l’ACCRE

De nombreux créateurs de gîte ou chambres d’hôtes peuvent bénéficier de l’Aide à la création et à la reprise d’entreprise dit ACCRE. Ce dispositif d’exonération des charges sociales permet de réduire significativement les charges de fonctionnement les premières années tout en ayant une couverture sociale.

Ne pas oublier de profiter de l’ACCRE

Nous recevons régulièrement en stages de formation des porteurs de projet, la majorité devant opter pour pour un statut juridique de professionnel, auto-entrepreneur, inscription au RCS ou création de société et devant donc payer des cotisations sociales.
Le dispositif ACCRE est une question qui revient et qui est visiblement mal connue.

De nombreux bénéficiaires

L’ACCRE n’est pas réservée qu’aux demandeurs d’emploi indemnisés. Elle est accessible également à beaucoup d’autres personnes, notamment les demandeurs d’emploi non indemnisés mais inscrits à Pôle emploi six mois au cours des 18 derniers mois ou encore les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).
Le dispositif s’applique à la création de société mais aussi à celle d’entreprise individuelle et donc également à la micro-entreprise. Il peut s’agir d’une création ex nihilo ou d’une reprise d’une entreprise existante. Les modalités de l’exonération de charges sociales varient selon le statut juridique adopté.

Pour les micro-entrepreneurs

L’ACCRE va consister en une réduction des cotisations sociales pendant trois ans. Le taux du régime micro social sera progressif, les charges s’élèveront à 3,4% du chiffre d’affaires les quatre premiers trimestres, puis 6,7% les quatre suivants et 10% les quatre derniers avant d’atteindre le taux de cotisation normal, 13,3%. En un mot, le créateur va pouvoir bénéficier de cotisations sociales réduites et calculées en pourcentage du chiffre d’affaires réellement encaissé pour le lancement du gîte ou des chambres d’hôtes.

Pour les sociétés et les entreprises individuelles

Pour tous ceux qui ne relèvent pas de la micro-entreprise, l’ACCRE est une exonération de charges sociales de 12 mois sur la partie de rémunération inférieure à 120% du SMIC. Ce dispositif est intéressant mais souvent moins favorable que celui des micro-entrepreneurs en cas de création ex nihilo car il est rare d’avoir un très bon chiffre d’affaires dès la première année, or, dans ce second régime, les cotisations sont à plein dès la seconde année.

Mieux vaut donc étudier en détail le dispositif ACCRE avant de choisir son statut juridique pour gérer ses chambres d’hôtes ou gîtes et même avant de faire une quelconque démarche. Ce serait quand même dommage de se priver de ce coup de pouce, pour avoir simplement oublié de faire les démarches dans le bon ordre.

Ce billet a été initialement publié le 10 février 2014, il a été réédité le 6 novembre 2015

Gîte, meublé de tourisme, est-ce rentable ?

Vous entendez souvent dire que la rentabilité d’une location saisonnière est bien meilleure que celle d’une location classique.

Investissez dans une résidence de tourisme !

C’est un thème qui revient sur de nombreux sites internet qui proposent d’investir dans des résidences de tourisme dédiées à la location saisonnière en ville, à la mer ou à la montagne.
Le message est repris en coeur par toute une cohorte de professionnels qui mettent en avant les possibilités de défiscalisation, les tarifs de location élevés ou encore la faiblesse des impayés. En un mot, vous auriez bien tort de ne pas saisir une si belle opportunité ou comme variante, vous êtes bien bête de ne pas le faire.

Parler rentabilité oui mais de quoi parle-t-on exactement ?

Attention, on ne parle pas toujours de la même chose, ces sites cherchent à vendre des résidences dédiées à la location touristique avec location d’un appartement meublé généralement à la semaine, l’exploitant gérant tout pour vous. Vous êtes propriétaire des murs, vous les louez au gestionnaire et lui déléguez la gestion et les travaux… La rentabilité mise en avant par les vendeurs est différente de celle que vous pouvez envisager en achetant ou rénovant un bien immobilier et en le gérant vous-même comme meublé de tourisme.
– Au passage, ces résidences de tourisme ne sont pas toujours de bons placements. Je recommande à tous ceux tentés d’investir d’aller au moins visiter les lieux et de se rendre compte par eux-mêmes de la qualité de leur investissement. Et de se rappeler que la rentabilité dépend du gestionnaire qui peut décider à la révision des baux de changer les conditions, l’actualité récente le démontre.

Un meublé de tourisme n’est pas une résidence de tourisme

Pourquoi cette digression dans le blog ? Parce que j’ai vu arriver un business plan avec une rentabilité basée sur les chiffres avancés par une de ces sociétés vendeuse de murs de résidences de tourisme, chiffres qui au passage intègrent les “économies” réalisées sur les déductions fiscales.
Il faut raison garder. Acheter, rénover une maison ou un appartement pour faire de la location saisonnière peut être une opération rentable. Tout va dépendre des modalités. Cela nécessite de bien préparer son projet, c’est-à-dire de chiffrer les coûts d’acquisition et de rénovation, de s’intéresser aux différents choix fiscaux, à la fixation des tarifs de location d’un gîte ou d’un meublé de tourisme sans oublier la commercialisation et les coûts et modalités de fonctionnement.

Un projet bien réfléchi et bien mené peut être rentable. Il peut apporter un vrai complément de revenu ou de retraite mais cela nécessite de la préparation pour bien identifier les points clés qui permettent d’obtenir une bonne rentabilité. C’est pour cette raison que nous proposons des ouvrages et une formation dédiés à ce sujet.

La question de la rentabilité des chambres d’hôtes se pose également, nous y avons consacré un billet.

Que penser des sites collaboratifs ?

Airbnb, Housetrip, Bedycasa, Windu, MorningCroissant…, ces nouveaux sites collaboratifs font la promotion de locations saisonnières ou encore de chambres chez l’habitant. Le plus connu d’entre eux, Airbnb, a connu une croissance exceptionnelle en quelques années. Il est donc légitime qu’un créateur de chambres d’hôtes, de gîte ou de meublé de tourisme se demande d’un côté s’il a intérêt à s’inscrire sur ces sites, de l’autre comment faire face à ces plateformes qui permettent à tout un chacun de s’inscrire y compris sans respecter les réglementations et la fiscalité en vigueur, ni faire les investissements liés à l’activité de location marchande.

Opportunité ou concurrence ?

Faut-il miser tout sur eux et ne faire aucune autre démarche ? Pour ce qui me concerne, je n’aime pas mettre tous mes œufs dans le même panier. En effet, si la location de mon gîte ou de mes chambres d’hôtes est un revenu indispensable à mon foyer, je prends un grand risque à ne dépendre que d’un seul acteur. Que se passera t’il s’il décide de déréférencer mon site ou d’augmenter ses prix ? Puis-je éviter de lui payer des commissions sur chaque location effectuée ? Mes clients sont-ils vraiment mes clients ou en réalité ceux du prestataire ?

Les questions sont nombreuses et le sujet des sites collaboratifs est complexe et appelé à évoluer. J’encourage les créateurs à s’y plonger non pas comme utilisateur mais en endossant la peau du loueur pour bien saisir tous les enjeux. Dans notre numéro 59 septembre/octobre 2015 qui vient de sortir, vous pouvez lire les résultats d’une enquête menée début août sur ce sujet. 350 loueurs de meublés de tourisme et de chambres d’hôtes ont répondu en donnant leur point de vue.

La région idéale pour ouvrir des chambres d’hôtes

De nombreux créateurs de chambres d’hôtes savent parfaitement où ils vont s’installer, en général, une région qu’ils apprécient, un retour sur leurs origines familiales, un rapprochement avec leurs enfants, il y a de nombreuses raisons de déménager, toutes légitimes. D’autres sont moins fixés, ils partent sur une destination mer / montagne / campagne ou une activité randonnée / nature / équitation… avec un rayon géographique assez large. Du coup, ils ajoutent une dimension à leur recherche de la propriété idéale, la martingale de l’emplacement qui va marcher à tous les coups.

Y-a-t-il de bons ou mauvais endroits pour s’installer ?

Certes, l’emplacement compte beaucoup mais il faut aussi bien réfléchir à son offre. Quelles sont les attentes des voyageurs qui viennent sur place ? Quels sont les équipements à proposer, les services appréciés, les mille et une attentions qui vont plaire… ? En un mot, il faut se mettre dans la peau du visiteur avant de faire les travaux, d’acheter le mobilier et les équipements et de fixer les prix. Rien ne sert de s’installer dans une “région qui marche à tous les coups” si l’offre est bancale. C’est l’échec assuré.

En revanche, je connais de nombreux loueurs situés dans des régions plus “difficiles” qui ont un bon niveau d’activité car leur offre est cohérente. Leur positionnement est logique, la maison d’hôtes séduit les visiteurs qui viennent dans la région, ils y trouvent ce qu’ils sont venus chercher à un prix correct. Leurs clients satisfaits reviennent, favorisent le bouche à oreille et la maison d’hôtes fonctionne bien.

Je reste convaincue que pour “réussir ses chambres d’hôtes”, même si je ne suis pas très sûre de ce que ce concept recouvre puisque je parlerai plutôt de s’épanouir dans une activité qui est avant tout un projet de vie, il faut d’abord aimer sa région et ensuite bien préparer son projet. Une petite étude de marché me paraît indispensable pour identifier les bons choix et réfléchir à son offre dans le moindre détail. A la visite de la région, la cohérence s’imposera et le choix de la propriété sera le bon. Et tout en découlera.