Où faut-il s’installer avec ses chambres d’hôtes ?

La martingale du territoire

Les créateurs nous posent régulièrement la question du territoire idéal, le lieu où cela marche à tous les coups, où les chambres d’hôtes seront remplies et la rentabilité sera maximale. Et je réponds que je connais des maisons d’hôtes situées à quelques kilomètres l’une de l’autre et qui connaissent des fortunes diverses.

Contrairement à certaines activités où l’emplacement est une condition nécessaire au succès – la boulangerie sur la rue piétonne, le café près de la gare… – il n’existe pas de règle aussi nette pour une maison d’hôtes.

D’abord, l’essentiel est de s’installer dans un lieu où l’on se sent bien avec sa famille ou ses proches et où l’on pense pouvoir vivre pendant plusieurs années. Parce que, contrairement à un commerce ou bureau classique, ses chambres d’hôtes sont situées sur le lieu même où on habite, c’est donc avant tout un projet de vie. Je le dis et je le répète, une maison d’hôtes repose sur l’accueil, et je ne vois pas comment on peut bien accueillir, si on n’aime pas vraiment sa maison et la région où on habite.

Ensuite, il faut préciser ses objectifs, le chiffre d’affaires attendu, décider de son implication personnelle, faire une petite étude de marché, rencontrer les acteurs locaux… Enfin, il faut trouver la maison qui convient.

Le succès va dépendre certes du lieu mais aussi et beaucoup de votre énergie, de vos choix en terme d’aménagement et de promotion, de votre capacité à accueillir et en définitive du bouche à oreille qui va en découler. Tout ceci demande de la préparation et une très bonne connaissance du territoire où l’on s’installe.

Je suis persuadé que l’on peut réussir un beau projet de maison d’hôtes dans des régions réputées moins touristiques, comme le Limousin ou la Franche-Comté, et que l’on peut échouer dans des régions plus “faciles” touristiquement parlant comme en Provence ou en Val-de-Loire, tout simplement parce que l’on a pas assez préparé son projet en amont et penser avant même d’ouvrir sa commercialisation.

Je sais aussi que cette réponse ne rassure pas. Mais ouvrir des chambres d’hôtes est un projet à chaque fois unique où l’on ne peut pas appliquer les règles traditionnelles du commerce ou même de l’hôtellerie. C’est ce qui en fait tout son charme, c’est aussi ce qui peut donner au moment de créer un sentiment d’insécurité.

Quelle est la différence entre chambres d’hôtes et maison d’hôtes ?

La différence est dans les faits importante. L’appellation “chambre d’hôtes” est réglementée, – définition légale dans la Loi 2006-437 du 14 avril 2006 et son Décret 2007-1173 du 3 août 2007 dont vous trouverez les textes en ligne sur le site d’Accueillir Magazine.

On ne peut utiliser l’appellation “chambre d’hôtes” qu’en respectant la loi et son décret et donc en ayant fait, ce qui en découle, sa déclaration en mairie.
Alors que rien ne définit maison d’hôtes, château d’hôtes, demeure d’hôtes, appartement d’hôtes ou toute autre variante que vous pouvez croiser au hasard du web.

Des petits hôtels surfent sur l’appellation “maison d’hôtes”, des gîtes de groupe aussi… et bien sûr les chambres d’hôtes.
Cela n’empêche dans les faits aucun de ces types d’hébergements de devoir respecter les réglementations en vigueur qui les régissent.
Le seul problème pourrait être dans une sorte de communication mensongère voire carrément de pratique commerciale trompeuse, car en “maison d’hôtes”, le client, pas toujours averti des subtilités juridiques, s’attend à juste titre à un accueil personnalisé chez l’habitant. Si cela n’est pas le cas, le visiteur ne sera pas satisfait et il saura l’exprimer sur le net, les sites d’avis de voyageurs s’en font l’écho.

Nous-mêmes, à la rédaction d’Accueillir Magazine, utilisons les deux dénominations car sinon “chambres d’hôtes” désigne aussi bien le bâtiment que la pièce et on ne s’y retrouverait plus. Cela donnerait des textes aussi limpides que la “chambre d’hôtes” située dans le bâtiment “chambres d’hôtes”, etc.

Quant à Google, il semble proposer indifféremment les mêmes résultats selon qu’on tape maison d’hôtes ou chambres d’hôtes, il fonctionne de plus en plus par champs sémantiques et apparentés, je pense, qu’il assimile plus ou moins les deux appellations comme similaires.

Quelles sont les formations obligatoires pour ouvrir une maison d’hôtes ?

La semaine passée, une créatrice nous a contactés au sujet du notre stage 2 jours pour ouvrir gîtes, meublés de tourisme et chambres d’hôtes que nous organisons pour aider à la création de ces hébergements touristiques. En discutant avec elle nous nous sommes rendus compte qu’elle n’avait pas une bonne information. Se former relève souvent d’une décision personnelle, parfois d’une obligation réglementaire. Alors quelles formations sont obligatoires pour ouvrir gîtes, meublés de tourisme et chambres d’hôtes ?

Le stage de formation création chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme

Ce stage de formation n’est pas obligatoire, créer des chambres d’hôtes, gîtes ou meublés de tourisme ne demande ni  diplôme ou certificat d’aptitude.

Dans notre stage de formation 2 jours pour ouvrir des gîtes, meublés de tourisme et chambres d’hôtes, nous avons des personnes qui ont ou pas la maison, certains sont très en amont, d’autres sont très avancés et veulent conforter leurs problèmes et ont du mal à trouver des réponses. D’autres me disent, «  j’ai mon projet, mais maintenant, je ne sais pas comment passer à l’acte, par où commencer », une  formation qui aborde toutes les étapes de la création de chambres d’hôtes ou d’un gîte / meublé de tourisme peut les y aider ou, peut-être les dissuader de se lancer ou repenser leur projet s’ils se rendent compte que cette activité ou le lieu d’installation visé ne va pas leur convenir.

C’est sur ce modèle que nous avons construit nos stages, pour vous donner une colonne vertébrale sur laquelle vous construisez votre projet, pour vous faire gagner du temps. Nous passons en revue tout ce qui est réglementations, statuts juridiques, fiscalité et rentabilité, nous vous donnons et expliquons les tableaux financiers du business plan de l’argent, nous parlons urbanisme, immobilier, changements de destination, changement d’usage, équipements, aménagements, travaux, services, nous détaillons les moyens de se faire connaître, les repas, comment anticiper le quotidien de l’activité, ménage, literie, repas…

Pourquoi choisir notre stage de formation, 2 jours pour créer chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme : nous sommes journalistes et publions, depuis 2006, Accueillir Magazine, bimestriel spécialisé sur le secteur des chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme. Nous suivons au quotidien toute l’actualité, les réglementations, la fiscalité, les aspects juridiques.  le support est réactualisé à chaque stage. Nous avons nos lecteurs, dont de très nombreux loueurs installés, au téléphone, par courriel, ils nous posent des questions, nous envoient les courriers reçus par l’administration, nous font part de problèmes rencontrés avec leurs clients ou d’arnaques, et aussi d’équipements dont ils sont contents, d’expériences réussies. Nous allons aussi souvent en chambres d’hôtes, meublés de tourisme, et gîtes, en reportage, voir l’envers du décors, le quotidien des loueurs.
Et nous continuons de répondre aux questions au-delà du stage de deux jours. La formation  jours pour ouvrir meublés de tourisme, gîtes et chambres d’hôtes peut être suivie en présentiel ou distanciel.

Les formations métier

Certains loueurs maintenant installés ont un fait un CAP de cuisine ou pâtisserie, d’autres se sont formés en techniques de bien-être, en bricolage, feng-shui, d’aucuns enfin font des stages de gestions d’entreprise, de tenues de comptabilité, de création de sites internet ou de référencement de sites internet… Exercer l’activité de loueur, c’est tellement varié qu’il y a toujours des points sur lesquels on peut se perfectionner.

Attention cependant, cette liste ne concerne que l’ouverture de la maison d’hôtes proprement dite. Toute autre activité complémentaire comme un accompagnement dans des pratiques sportives peut requérir des attestations ou diplômes spécifiques. Il convient de se renseigner avant de décider d’animer dans sa maison d’hôtes des activités complémentaires.

Le permis d’exploitation est obligatoire si on sert de l’alcool

Formation obligatoire, c’est le stage pour obtenir le permis d’exploitation et une licence boisson si l’on souhaite servir de l’alcool dans sa maison, lors des repas ou à tout moment. Cette formation doit être effectuée dans un organisme agréé par le Ministère de l’Intérieur. La formation standard dure trois jours mais il existe désormais un stage d’une durée plus réduite sur une journée lorsque servir de l’alcool est réservé à la seule table d’hôtes.

En revanche, il n’est pas obligatoire de suivre une formation hygiène, dite HACCP pour faire la seule table d’hôtes. Cela peut être utile et intéressant car ce stage permet de mieux comprendre les risques alimentaires et les points à surveiller lorsque l’on prépare les repas en maison d’hôtes. Il en va de même pour les stages dans le domaine de la sécurité, de l’accueil des personnes handicapées ou du secourisme. Il n’y a pas d’obligation, c’est à chacun de juger en fonction de son activité de ce qui peut être utile ou non.

Si votre établissement est ERP (établissement recevant du public), des formations obligatoires sont imposées aux personnes en charge de la sécurité des clients.

Aller en formation, c’est un moment d’échange. 0n porte un regard extérieur sur son projet ou sa façon de travailler, on sort de son bureau ou de sa vie quotidienne, on apprend quelque chose, on y liste des questions auxquelles on aurait  pas pensé, des réponses aussi évidemment. Parfois on pensait savoir et on se trompait, on récupère des adresses où se renseigner, des fournisseurs possibles à étudier, on aborde toutes les facettes du projet. Cela permet de formuler son projet devant le formateur et les autres participants et tant qu’on ne s’est pas donné la peine d’énoncer ses idées à l’oral ou à l’écrit, elles sont abstraites. On discute avec les autres membres du stage de formation et leur regard sur son projet, leurs projets, éveille des idées, des questions. Pour moi, une formation, quand elle est bien faite, c’est gagner du temps à récupérer le savoir de quelqu’un qui connaît son sujet, au lieu de tout avoir à réinventer, c’est sécuriser son projet parce que ce qui coûte cher et pose problème, ce sont les questions qu’on a oublié de se poser.
Notre objectif, vous permettre de valider les points clés avant de se lancer.

Ce billet a d’abord été écrit le 7 août 2012 et mis à jour le 15 février 2023

Chiffrer les travaux avant d’acheter sa maison d’hôtes

A cette période de l’année, une bonne partie des personnes qui ont un projet de maisons d’hôtes à court ou moyen terme, qu’il s’agisse de faire chambres d’hôtes et/ou locations saisonnières, sillonnent la France et visitent des maisons à vendre. Certaines propriétés sont séduisantes à des prix accessibles mais il y a parfois beaucoup de travaux. L’enjeu est de les chiffrer correctement, ce qui est tout sauf facile.

Comment chiffrer ?

Tout d’abord pour le gros oeuvre, le mieux est de faire appel à un architecte ou à un entrepreneur lors d’une revisite. Il est en effet difficile de se faire son opinion sur la complexité et le coût de la rénovation d’une toiture ou d’un plancher ou de chiffrer convenablement le coût d’un agrandissement ou d’une modification complète des circulations.

Pour les autres travaux, le chiffrage est parfois plus facile. On compte entre 250 et 500 euros par m² pour refaire les revêtements, peinture et sol, lorsque les matériaux sont standards ou de 80 à 150 euros par m² pour une rénovation électrique. Quant aux salles de bains, les fourchettes sont souvent importantes selon l’ampleur des travaux. Cela peut aller de 3 000 à plus de 10 000 euros…

Il existe de nombreux sites internet qui proposent des devis en ligne ou des outils de simulation pour affiner les coûts en fonction des équipements. Cela peut paraître séduisant mais sous condition de bien lister toutes les tâches qui devront être effectuées et de se limiter à des travaux simples. Sur ces sites, construire une terrasse peut paraître abordable sauf si l’on oublie le coût du terrassement car le terrain est en pente. De même, refaire une toiture peut être raisonnable sauf s’il faut reprendre toute la charpente voire consolider les murs. Quant à construire une piscine, cela dépend aussi de ce qu’on va trouver en creusant.

Se faire conseiller avant achat

Pour toutes ces raisons, je pense qu’il ne faut pas hésiter à se faire conseiller avant l’achat. C’est un investissement rentable si on le met en relation avec tous les risques de dérapage du budget travaux ou de non-faisabilité des travaux. Cela suppose cependant que l’on est soi-même au clair sur les travaux à effectuer. Reste à trouver sur place l’homme de l’art qui sera en mesure d’établir des devis rapidement ou au moins de donner des ordres de grandeur fiables avec des délais réalistes.

Les CAUE peuvent vous aider. Ce sont des services départementaux, conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement. Ils connaissent bien les gîtes et chambres d’hôtes et prennent en compte les problématiques liés à la restauration de bâtis anciens, la rénovation énergétique et l’intégration dans le paysage de piscine ou l’aménagement de jardins.

Il ne faut pas se mentir, c’est compliqué, parce qu’il faut multiplier les visites du bien immobilier pour comprendre le potentiel de la propriété, définir ses attentes finales, en déduire les travaux à faire, leur faisabilité, y compris sur le plan légal. Pendant ce temps, on retarde la promesse de vente, au risque de voir d’autres acheteurs intéressés vous prendre de vitesse. Mais cela vaut mieux que d’acheter un bien immobilier dont les coûts de remise en état seront prohibitifs ou les travaux si longs qu’on ratera une saison touristique en épuisant sa trésorerie.

 

Calculer les prix de revient de ses chambres d’hôtes

Avant de fixer ses tarifs, il est important de connaître les prix de revient de sa maison d’hôtes et je parle bien des prix de revient, au pluriel.
Le prix de revient d’une chambre d’hôtes peut se définir par combien va coûter au propriétaire une nuitée en chambre d’hôtes tout compris une fois la maison d’hôtes ouverte.

Petit déjeuner, table d’hôtes, basse saison, long séjour… des prix de revient

Un prix de revient, cela peut paraître simple à mesurer. On part du budget prévisionnel des chambres d’hôtes avec la liste de toutes les dépenses, charges, taxes et cotisations puis on divise par un nombre prévisionnel de nuitées.

En réalité, le prix de revient est bien plus complexe à calculer car toutes les chambres de la maison ne sont probablement pas identiques : superficie, capacité, baignoire ou douche, coût de chauffage… Les coûts varient selon la durée de séjour puisque habituellement le linge de lit n’est pas changé chaque nuit ou selon la saison pour intégrer les coûts liés à la piscine l’été ou au chauffage l’hiver.

Si l’on prend tous les paramètres en compte, il peut être nécessaire de calculer non pas un prix de revient unique mais des prix selon les types de séjour et les périodes : prix de revient d’un séjour d’une nuit avec deux personnes en été dans la chambre avec douche, le prix de revient d’un séjour de deux nuits à quatre dans la chambre familiale avec baignoire en hiver…
On calcule aussi le prix de revient de son petit déjeuner, de sa table d’hôtes, des prestations complémentaires éventuelles.

La marge dégagée par l’activité chambre d’hôtes

Calculer un prix de revient précis, l’exercice est fastidieux mais va permettre de mieux ajuster ses tarifs chambre par chambre et pour la haute et la basse saison, de fixer les remises éventuelles pour les longs séjours voire de déterminer des suppléments : enfants, animaux, accès spa… Au delà, c’est aussi savoir si on va dégager marge et revenus et si l’activité est rentable. inutile d’attendre la fin de la première année pour savoir ce qu’on a dépensé, versus le chiffre d’affaires généré. Inutile de rouvrir la maison d’hôtes pour un week-end en hiver si cela coûte plus cher à chauffer que le montant de la nuitée. Bref penser prix de revient, c’est piloter son activité.

Le prix de revient ce n’est pas que de la comptabilité

Mais cela a aussi une autre vertu qui cette fois n’est pas purement comptable. Comprendre les prix de revient de chaque élément de son activité de loueur, c’est définir ses priorités, repenser ses investissements, c’est se poser la question de la cohérence, et donc c’est aussi repenser son projet, car une maison d’hôtes repose sur la cohérence.

Je n’aime pas…, normalement je ne réserve pas cette maison d’hôtes !

Ces derniers jours, j’ai regardé quelques épisodes de l’émission de TF1 Bienvenue chez nous. Et parmi les différents points que je n’aime pas dans cette émission, il y en a un sur lequel je souhaite revenir aujourd’hui, notamment parce que je pense qu’il faut y penser lors des aménagements de sa maison d’hôtes.

Donc, j’ai râlé à plusieurs reprises car une grande partie des commentaires des loueurs de chambres d’hôtes candidats tiennent du registre, j’aime / j’aime pas. Certains détestent les salles de bains ouvertes, d’autres le mobilier, les jardins à la française, les choix de rénovation, l’emplacement… Et c’est leur droit et même bien, autant quand on se lance dans l’aventure de la maison d’hôtes avoir des goûts bien trempés. En revanche, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas que c’est laid pour tout le monde ! Un peu comme dans un Dîner presque parfait, quand un concurrent déclare détester un aliment et mettre une mauvaise note à un plat qui en contient, qui peut être très raffiné mais que naturellement lui n’a pas pu apprécier.

D’une part, le réalisateur met en exergue les commentaires bien tranchants et on ne saura jamais en tant que spectateur ce qu’étaient les nuances de la pensée des candidats . Mais en fait tout ceci n’a aucun sens, parce que ces candidats, eux mêmes propriétaires de chambres d’hôtes, n’auraient jamais réservé ces maisons d’hôtes qu’ils ont tant critiquées.

Lorsque je choisis une chambre d’hôtes pour un séjour, je ne choisis jamais ce que je n’aime pas, – sauf cas exceptionnel, quand l’emplacement prime sur le choix pour limiter les trajets, mais là c’est nécessairement un très court séjour type déplacement d’affaires ou occasion comme mariage et je sais que j’ai fait un compromis qui me convient.

Pour réserver, outre le prix, je regarde le descriptif, les photos et je sélectionne une maison d’hôtes qui correspond à mes goûts. Je ne vais pas passer trois ou quatre nuits dans une chambre d’hôtes où la baignoire et les wc ne sont pas séparés de la chambre si cela me déplaît. Je ne vais pas choisir une chambre meublée avec des meubles de style Louis XV si je préfère les meubles modernes et une décoration plus contemporaine. Je ne vais pas dans une maison de ville si je veux la pleine campagne ou à l’inverse, je passe sur la proximité de la route si cela me permet de me balader à pied dans le village sans avoir à reprendre ma voiture. Je peux continuer la liste à l’infini car c’est comme cela que cela se passe dans la réalité.

Demander à des loueurs de juger du cadre de chambres d’hôtes que spontanément ils n’auraient pas louées avec en plus un enjeu de “stratégie” de jeu, ce n’est même plus de la télé réalité, c’est être à côté de la plaque.

Il est très difficile de juger une maison d’hôtes car cela est très personnel. Pour l’évaluer de façon objective, il faut faire abstraction de ses goûts et avoir une démarche de type inspection avec une grille de critères sans implications personnelles. On en revient donc aux éléments factuels, comme la taille de la chambre d’hôtes et des sanitaires, la qualité de la literie, le calme, l’occultation de la lumière, le confort général de la maison et des pièces à vivre, le soin apporté à la décoration et à la préparation du petit déjeuner sans oublier la personnalité du propriétaire qui fait souvent oublier certains désagréments. Et encore, juge-t-on par rapport à des niveaux de confort établis selon des grilles au lieu de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, comme si on pouvait comparer un château et un pavillon moderne, une maison de village et un domaine rural…

La leçon à tirer de tout cela quand on crée des chambres d’hôtes, c’est qu’il faut faire des choix clairs. Aménagements, décoration, équipements, rénovation…, tout doit être cohérent. Ensuite, il faut accepter l’idée que tout le monde n’aimera pas, ce qui n’a pas d’importance, on ne compte pas recevoir 6 milliards d’individus dans ses chambres, autant recevoir des personnes heureuses d’être là parce qu’elles ont choisi cette maison.

NB. Comme cette émission donne parfois lieu à des réactions passionnées, aucune critique sur une maison d’hôtes identifiable ne sera laissée en ligne

Le tourisme dépend pour partie de la météo, les chambres d’hôtes aussi

Tout le monde en a conscience en ce moment, nous avons un temps plutôt pourri. Du coup, côté touriste, on n’a pas vraiment envie de partir en week-end, on ne réserve pas, voire on annule les séjours déjà programmés.
Du côté professionnels du tourisme dont les chambres d’hôtes, il faut regarder l’envers du décor. On continue probablement à chauffer ne serait-ce que pour lutter contre l’humidité, d’où dépenses. Les chambres sont vides, d’où manque à gagner, alors qu’il reste quand même les frais à payer, remboursement à la banque du prêt, amortissement des travaux, frais de promotion, inscriptions dans les annuaires…

Le tourisme, une activité qui dépend de facteurs extérieurs

Il y a un élément dont ne sont pas toujours assez conscients les porteurs de projet.
Le tourisme n’est pas une activité stable et linéaire. Il dépend de beaucoup de paramètres, la météo, la crise économique, un événement régional comme une marée noire, les choix ou restrictions faits en matière de promotion par la Région, ses propres choix en matière de référencement internet ou d’inscription dans des annuaires ou centrales de réservation…
Parfois les réservations sont très bonnes dès tôt dans l’année, parfois celle-ci se rattrape essentiellement sur l’arrière saison mais il s’est passé entre temps plusieurs mois où on a pu être légitimement très inquiet.
Et le fait est qu’avec l’émergence d’internet, les changements de modes de réservation et les changements sociétaux en matière de loisirs, les années ne se ressemblent plus. On passe de plus en plus à des réservations dernière minute qui font qu’on ne peut avoir une vision claire de son taux de fréquentation que a posteriori.

L’activité chambre d’hôtes se pense sur l’année

Une nuit perdue en maison d’hôtes parce que sans réservation l’est définitivement, ce n’est pas une boîte de conserve ou un bien que le commerçant peut espérer revendre à un autre moment. Et comme dans toute activité économique, la trésorerie est le nerf de la guerre et ne comptez pas sur la compréhension des banques pour regarder avec sympathie votre découvert. Il est donc prudent d’aborder sa première année avec de quoi faire face à un démarrage qui peut être lent et de lisser ensuite sa trésorerie et ses revenus pour que les bonnes années équilibrent les mauvaises.
Et parce que ce n’est pas familier pour tout le monde, il est nécessaire de bien comprendre les différences entre chiffre d’affaires, revenus et trésorerie, j’aimerais bien d’ailleurs qu’on enseigne cela à l’école.

Ne mettez pas en danger votre projet de gîte ou chambre d’hôtes

Vous avec un projet de création de gîtes et chambres d’hôtes qui vous tient à cœur et vous cherchez la maison à acheter ou vous êtes en train de demander des devis pour chiffrer les travaux nécessaires. Ne mettez pas en danger votre projet en sous-estimant les questions juridiques et fiscales.

Je rencontre hélas souvent des créateurs qui ne s’intéressent pas suffisamment aux questions juridiques et fiscales, qui ignorent les formalités administratives et réglementaires à effectuer ou qui ne connaissent pas les droits et obligations liés à leur future activité. Je pense qu’ils prennent de gros risques. Ce qui a été toléré à une époque va l’être de moins en moins en période de crise, les propriétaires de chambres d’hôtes installés depuis longtemps sont bien conscients de l’évolution de la réglementation et fiscalité qui a eu lieu ces cinq dernières années.

Bien entendu, je vais vous recommander de vous abonner à Accueillir Magazine car cela vous permet de suivre toutes ces questions notamment parce qu’elles évoluent et qu’il faut s’adapter au fil de l’eau à ces évolutions. Mais il faut aussi savoir se faire conseiller lorsqu’un sujet est particulièrement délicat. Consulter un avocat, un notaire, un expert-comptable ou un architecte est parfois essentiel pour sécuriser le projet.

En attendant, sachez que l’UMIH, principal syndicat hôtelier, est, à partir d’aujourd’hui, en train de porter plainte contre des chambres d’hôtes illégales dans plusieurs départements. Sont visés les loueurs qui ne respectent pas les réglementations applicables : chambres d’hôtes non déclarées en mairie, dépassement de la limite de cinq chambres, non respect des normes incendie lorsqu’elles sont applicables, absence de licence…, le détail des plaintes n’est pas encore connu. A suivre dans Accueillir Magazine.

Avant de faire des choix pour vos chambres d’hôtes, vérifiez la crédibilité de votre information !

Internet est un monde à lui tout seul où on trouve le meilleur comme le pire et le petit monde de la chambres d’hôtes ou du meublé de tourisme ne fait pas exception à la règle. Entre personnes de bonne volonté qui répondent de bonne foi sur les forums mais ne maîtrisent pas forcément la totalité du sujet ou considèrent leur cas personnel comme le seul possible, entre “margoulins” qui créent un blog dans un coin en écrivant n’importe quoi pour gagner quelques sous grâce aux clics sur les publicités présentes sur le site, entre entreprises qui recrutent des stagiaires condamnés à “pisser de la copie”, afin de  faire grimper le site dans les résultats de recherche du web, une personne de bonne foi peut légitimement se faire abuser et tout le monde se faire appeler expert.

Evidemment je vais prêcher pour ma paroisse, un magazine professionnel comme Accueillir Magazine est une source fiable, et nous ne faisons que de l’information et de la formation sur le secteur de la chambre d’hôtes et du meublé de tourisme, autrement dit nous somme spécialisés.
Il y a aussi d’autres sources, notamment parmi les acteurs historiques de la chambre d’hôtes qui sont crédibles, présents depuis de nombreuses années et ne vous raconteront pas n’importe quoi pour décrocher un contrat sans se soucier des conséquences.

Peut-on se fier à n’importe quel blog  ou a n’importe quel commentaire ?

Est-ce raisonnable de choisir un prestataire apparu la semaine dernière qui intervient tous azimuts sur tous les sujets et à lui tout seul sait aussi bien choisir un statut juridique, faire une étude de marché, une analyse fiscale, conseille sur les travaux et connaît les dernières nouveautés en matière d’internet… Moi en tout cas, en temps que journaliste lisant tout ce que je peux à temps plein sur le secteur de la chambre d’hôtes depuis sept ans, je ne m’y risquerai pas.

Fausses informations

Mes dernières découvertes, rien que cette dernière semaine
– Une formation qui annonce proposer le permis d’exploiter – pour obtenir la licence boisson – en adaptant le contenu de la formation avec un peu de gestion, de fiscalité, et autres. Ah zut, c’est une formation dont le contenu est fixe avec des acteurs agréés par l’Etat, aucune chance d’obtenir sa licence après.
– Une analyse sur un blog expliquant qu’on peut faire chambres d’hôtes et que ce n’est pas imposable, aussi entendu d’ailleurs lors d’une interview sur une grande radio publique qui m’a fait exploser de rage dans ma voiture. Si vous suivez ce conseil, surtout appelez-moi, je veux voir la tête de votre contrôleur des impôts quand vous défendrez cette position, sources à l’appui !
– Une discussion dans un forum grand public qui explique que oui oui, vous pouvez rester particulier avec cinq chambres et table d’hôtes, le pseudo qui écrit en est sûr. Aïe,aïe, aïe !

Le problème, c’est que conseilleur n’est pas payeur et que chacun est responsable de ses erreurs, de ses décisions et que parfois c’est lourd à gérer et coûteux.
Alors, ne faites pas confiance à tout le monde ! Vérifiez vos sources, vous ne pourrez pas vous en porter plus mal !
C’était mon billet d’humeur – à chacun les siens –  parce que cela me serre aussi le coeur quand j’ai au téléphone des créateurs ou loueurs dans la m… Et c’est plus fréquent que vous ne  le pensez et cela aurait pu être évité à 80 %.

S’immerger dans le quotidien du loueur ou presque…

Vous êtes en train de réfléchir à votre projet de création de gîtes ou chambres d’hôtes. Vous cherchez une maison, vous dessinez les ébauches des futurs plans et aménagements, vous déplacez les cloisons d’un coup de crayon, vous construisez une extension, vous vous immergez dans les magazines de décoration et faites de nombreux projets.

Attention, il y a un risque de perdre la réalité de vue. Il faut aussi penser pratique et quotidien, réfléchir à votre future vie lorsque vous allez ouvrir les portes de votre maison d’hôtes et accueillir vos visiteurs. Il s’agira alors surtout d’avoir bien réfléchi à tout de façon à ce que les séjours se passent le mieux possible et que votre charge de travail reste supportable, même en haute saison, parce que ce qui fait un séjour réussi, c’est avant tout votre accueil et pas le détail déco de plus.

C’est pour cette raison que je recommande aux porteurs de projet d’aller sur des sites d’avis de voyageurs, comme Tripadvisor, Vinivi ou Zoover, et de consulter les avis laissés par les internautes sur les établissements qu’ils ont fréquentées. Cela donne une bonne image de la réalité de l’accueil au quotidien, de ce qui se passe généralement bien mais aussi des difficultés les plus fréquentes. Y passer quelques heures permet de mieux comprendre les attentes des visiteurs et les points clés qui feront que votre gîte, location saisonnière ou vos chambres d’hôtes seront particulièrement appréciés.

Pour ceux que le sujet des avis de voyageurs intéresse tout particulièrement, je recommande la lecture de notre numéro de mars/avril 2013. Son dossier y est consacré.