Michael commente un de mes billets précédents et me suggère un sujet. Je cite « D’accord pour la protection du consommateur, d’accord pour le libre choix, mais qui protège l’entrepreneur ou le propriétaire ? A lire toutes les « lois », on est pratiquement obligé d’accepter tous les clients et tous leurs caprices. Pourquoi pas un article (et des commentaires) sur comment éviter une mauvaise clientèle/des problèmes? »

Bon d’accord, le titre que j’ai choisi ce matin est provocateur et injuste, parce quand on choisit d’ouvrir des chambres d’hôtes, c’est avant tout pour le contact avec l’autre. Quand on est introverti et misanthrope, on a quand même plus intérêt à s’orienter vers un autre choix de vie.

La discrimination en chambres d’hôtes peut consister par exemple à refuser des couples homosexuels, à vouloir leur imposer une chambre à deux lits et non pas la suite nuptiale si tel est leur choix, à refuser les enfants…  La loi est là pour rappeler la règle, pas de discrimination, quelles qu’elles soient, et c’est passible de poursuites et il y a des poursuites. Je vous rappelle que l’année dernière, une propriétaire de gite en a fait l’amère expérience. Pour avoir posé comme condition, que des femmes de confession musulmane retirent leur voile dans les parties communes de la maison, elle a été condamnée en première instance, jugement confirmé en appel.

Et donc, non vous ne pouvez pas refuser quelqu’un pour qui il est.

Mais vous restez quand même chez vous. Vous n’avez pas à subir les caprices de vos hôtes. C’est à vous de mettre des règles et de les indiquer clairement. Vous pouvez refuser, non les fumeurs, mais qu’on fume chez vous, déterminer avec souplesse ou non des horaires d’arrivée et de départ, interdire ou non l’accès à des parties privées chez vous… La phrase que vous rencontrerez sur des sites internet dans le monde anglo-saxon « no pets, no kids » est à moitié illégale, les pets ou animaux de compagnie, vous pouvez les refuser, les kids non, c’est un refus de clientèle.

La règle – je parlerai même de contrat même s’il n’est pas finalisé par une signature sur papier – doit être claire pour tout le monde. Il ne faut pas découvrir quand on a réservé et qu’on arrive chez vous, souvent après plusieurs heures de voiture, que Rufus le yorkshire est refusé et qu’il faut en urgence trouver un autre hébergement.
C’est pour cela que les mentions figurant sur les guides ou sites internet sont très importantes.

Les propriétaires de chambres d’hôtes préfèrent dans leur grande majorité avoir un contact téléphonique avec leurs futurs hôtes. Ils peuvent ainsi discuter, orienter, guider. Ils sont alors à même de proposer un autre hébergement, une autre solution. Trouver une bonne adresse chez une de leurs amies pour une famille qui sera heureuse de trouver une maison bien adaptée pour les enfants ou pour un couple peu mobile qui serait malheureux dans la chambre qui reste libre au second étage.

Et les hôtes dans tout cela, et bien ils ont aussi des devoirs et ils ont le choix. Quand ils savent à quoi s’attendre, ils peuvent décider ou non de venir chez vous. Parmi tous les propriétaires que j’ai rencontré, tout se passe bien, surtout quand ils sont fermes et paradoxalement pas trop gentils, parce que souvent quand on vous demande un doigt c’est pour vous prendre le bras.
Le secret, c’est vous, qui vous êtes et votre capacité à « marquer votre territoire » avec douceur et fermeté. Et  l’expérience fera le reste, quelques mois après l’ouverture de vos chambres d’hôtes, vous aurez trouvé vos marques.