Accueillir Magazine, les articles à la une du nouveau numéro 80

Tous les deux mois, la rédaction d’Accueillir Magazine vous concocte un magazine. Le numéro 80 mars/avril 2019 est sorti il y a quelques jours. Petit tour des quatre sujets que nous avons choisi de mettre à la une de ce nouveau numéro.  

Accueillir Magazine numéro 80

Un dossier complet sur la fiscalité des gîtes et des chambres d’hôtes  

Alors que de nombreuses mesures fiscales ont été prises ou annoncées au cours des dernières années, il nous a paru utile de revenir en détail sur les règles fiscales applicables aux chambres d’hôtes et aux meublés de tourisme. Facturation, impôt sur le revenu, TVA, contrôle fiscal… le dossier fait le tour des règles à connaître.  

Un article à jour sur les cotisations sociales des loueurs  

Pas une semaine à la rédaction sans recevoir un appel d’un loueur de chambres d’hôtes ou de meublé de tourisme qui a une information incomplète ou erronée car datée sur les cotisations sociales et sur ce qu’il doit vraiment payer. Nous avons choisi de faire un point précis sur ce sujet dans ce numéro.  

Une fiche pratique sur le bruit

La calme est une des attentes majeures des visiteurs qui réservent un gîte ou une chambre d’hôtes. La fiche pratique de ce numéro est consacré à la lutte contre le bruit. Et cela se prévoit dès le début du projet, dans les travaux prévus dans la maison d’hôtes ou le meublé de tourisme.

Un article sur les objectifs du site Leboncoin

Le site plébiscité des Français occupe une place de plus en plus significative dans le secteur de la location de vacances, qu’il s’agisse de gîtes, meublés de tourisme ou de chambres d’hôtes. Nous sommes allés les voir et vous en disons plus sur leurs objectifs pour les années à venir.  

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 80 mars/avril 2019 sur le site du magazine et vous abonner en ligne.

Accueillir Magazine, découvrez le magazine du secteur

Vous avez comme projet la création d’une maison d’hôtes ou peut-être également d’un ou plusieurs gîtes. Vous souhaitez suivre l’actualité de ce secteur, vous informer sur la fiscalité et la réglementation, repérer de bonnes idées, lire des témoignages de loueurs ou visiter leur maison d’hôtes.
Nous vous proposons de prendre le temps de faire le tour de tous ces sujets tous les deux mois grâce à Accueillir Magazine. Depuis 2006, le magazine informe loueurs et créateurs en toute indépendance avec comme seul objectif de leur être utile pour leur activité.
Pour recevoir le magazine, abonnez-vous dès aujourd’hui !

réussir son projet de chambres d'hôtes et meublés de tourismeaccueillir magazine presse des chambres d'hôtes et gîtesFiscalité des chambres d'hotes et gîtes

Comment tirer parti des centrales de réservation pour vos chambres d’hôtes et gîtes ?

  • Faire une étude de marché pour réfléchir à son offre, son positionnement et à ses prix
  • Se demander comment se différencier des autres offres
  • Réfléchir à la mise en ligne de ses annonces
  • Avoir une obsession, vendre en direct
  • Avoir son site internet

Une des questions centrales du porteur de projet qui prépare l’ouverture de son gîte ou de ses chambres d’hôtes concerne la commercialisation sur internet. En effet, rien ne sert d’investir et de s’investir si c’est pour avoir du mal à remplir ses hébergements au bout du compte. Et comme la rentabilité dépend très fortement du taux d’occupation, la question est majeure.

L’étude de marché est la pierre angulaire

Bien sûr, il ne faut pas négliger l’étude de marché qui reste la pierre angulaire du projet de création de gîtes ou chambres d’hôtes. Il faut réfléchir à son offre, à son positionnement et à ses prix. Cette étape nécessite une grande curiosité et prend du temps, a fortiori si l’on ne connaît pas bien la région où l’on va s’installer. L’étude de marché ne se limite pas à lister les points d’intérêts du territoire ou à recueillir des statistiques, elle doit s’intéresser aux profils et comportements des clients qui réservent et comporter une analyse très précise des offres concurrentes. L’étude de marché doit permettre de construire une stratégie et un plan d’action pour son hébergement. Quelles sont les clientèles qui m’intéressent ? Comment vais-je me différencier des autres offres ? Comment vais-je toucher ces clientèles ? Avec quels outils ?

La commercialisation ne fait pas tout

Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le choix des outils de promotion n’arrive qu’après l’étude de marché. En effet, difficile de vendre sur Booking ou Airbnb une chambre d’hôtes ou un gîte dont le positionnement n’est pas clair ou dont le prix ne serait pas cohérent. Or le risque est grand de passer à la case commercialisation sans passer par la case étude de marché. Il suffit de quelques clics pour faire n’importe quoi sur une centrale de réservation, comme Booking ou Airbnb. Internet crée un sentiment de facilité alors qu’en réalité la multitude des offres sur la toile complexifie la commercialisation des petits hébergements. Il faut prendre le temps de bien comprendre le fonctionnement des différentes centrales de réservation pour en faire un bon usage ou y renoncer si l’on pense qu’elles ne sont pas adaptées à son hébergement.

Et avoir une obsession, vendre en direct

Formation pour Gagner des réservations en direct sur internet
Formation pour Gagner des réservations en direct sur internet

Trop de personnes aujourd’hui pensent facile de se limiter aux grandes centrales. Une fiche, quelques photos et hop. Oui mais c’est donner une partie non négligeable de la totalité de son chiffre d’affaires, sans savoir si les règles ne changeront pas unilatéralement. Se servir intelligemment de ces grandes centrales de réservation oui, s’en passer, certains loueurs y arrivent, mais tout leur donner, non ! Aucun entrepreneur ne peut prendre le risque de sous-traiter la totalité de son activité à des tiers.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance des centrales de réservation, le numéro 79 janvier/février leur est consacré. Il est en vente sur le site de magazine.

Dégâts, casse ou vol en gîte ou chambres d’hôtes, comment gérer les incidents ?

  • Peu de séjours se passent mal, certains auraient pu être évités
  • Anticiper, se préparer pour devancer les problèmes
  • Connaître ses droits et les réglementations applicables en amont et pour réagir après
  • Assurer correctement son activité sont les clés pour limiter les problèmes et les gérer au mieux quand ils arrivent

Même si la grande majorité des séjours en gîtes ou chambres d’hôtes se passent bien, certains peuvent donner lieu à des incidents. Une grande partie d’entre eux peut être évitée.

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Créateurs de gîtes et chambres d’hôtes, attention au prélèvement à la source

  • le prélèvement à la source entrera en vigueur en janvier 2019
  • 2018 est théoriquement une année blanche
  • C’est plus complexe, selon le statut juridique et fiscal retenu pour l’activité de gîtes et chambres d’hôtes : entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, contribuables soumis à l’impôt sur le revenu, sociétés civiles immobilières transparentes, micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels
  • Attention au statut choisi pour l’activité

Comme vous le savez déjà, le prélèvement à la source entrera en vigueur en janvier 2019. L’année 2018 est théoriquement une année blanche, pas d’impôt à payer sur les revenus 2018 !

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OTA et chambres d’hôtes, faut-il tout miser sur un seul “partenaire” ?

Gîtes et chambres d’hôtes, gardez votre indépendance sur internet,
c’est vital pour ne pas perdre le contrôle de votre activité et votre marge financière !

Je croise régulièrement des créateurs de gîtes ou de chambres d’hôtes qui m’expliquent que le plus simple est de s’inscrire sur Airbnb ou sur Booking et de ne rien faire d’autre. Pas de site internet, pas d’annonce, pas de présence sur les réseaux sociaux… En un mot, LA solution serait de tout miser sur un seul acteur pour louer son hébergement.

Formation pour Gagner des réservations en direct sur internet
Formation pour Gagner des réservations en direct sur internet

Dépendre d’une centrale de réservation est très dangereux pour différentes raisons.

  • Cela signifie se priver de 15 à 20% de son chiffre d’affaires puisque les centrales de réservations vont se rémunérer sur chaque réservation enregistrée. Sachant que la marge avant impôt est de l’ordre de 29% du chiffre d’affaires, si l’on se réfère aux services fiscaux, cela revient peu ou prou à en sacrifier plus de la moitié.
  • Cela met le loueur dans une dépendance totale vis-à-vis d’un seul acteur qui peut le déréférencer à tout moment suite à des plaintes de clients ou qui peut modifier unilatéralement les conditions tarifaires pour décider de prélever plus ou de changer les règles tout court, en matière de réservation, de conditions de paiement, d’annulation….
  • Cela modifie l’activité en elle-même car ce ne sont plus vraiment vos clients, mais ceux de la centrale de réservation.

Gîtes, chambres d’hôtes et OTA, vous n’êtes pas partenaires !

Gîtes et chambres d’hôtes, les clés d’un site internet efficace

Le terme de “Partenaire” souvent employé pour décrire ces OTA ou centrales de réservation me choque beaucoup étant donné la taille de ces centrales de réservation. Je dirai plutôt qu’il s’agit de sous-traitance vis-à-vis d’un donneur d’ordre qui ne va d’ailleurs pas tarder à vous expliquer comment accueillir vos hôtes. L’un de ces grands acteurs le fait déjà !

Un partenaire a des intérêts communs avec vous, votre réussite le sert et vice-versa, croyez-vous vraiment que ce soit le cas avec une multinationale ? Plus cet OTA (online travel agency) vous garde sous sa coupe, plus vous dépendez de lui, plus vous travaillez certes, moins vous gagnez d’argent !

Garder le contrôle de son activité

Il me paraît essentiel de lutter contre cette situation et de garder le contrôle de son activité. Oui, il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, oui il faut avoir son propre site internet, oui il faut garder le contact direct avec ses clients, oui il faut préserver sa marge financière…

Cela demande du travail, j’en suis consciente, mais ne cédez pas au discours commercial des grandes centrales de réservation, leur intérêt n’est pas le même que le vôtre. Construisez votre communication pas à pas. N’hésitez pas à acheter le numéro 74 mars/avril 2018, le dossier vous donne les moyens de garder votre indépendance.

Gîtes et chambres d’hôtes, faire appel au crowdfunding

Dans certaines situations, le financement d’un gîte, de chambres d’hôtes ou d’un hébergement complémentaire peut poser des difficultés : manque de trésorerie, refus bancaire… La situation peut être particulièrement délicate lorsque ce projet est essentiel mais qu’il n’est pas rentable en lui-même : travaux d’urgence (suite à sinistre, sauver une bâtiment, obligation de développer une activité pour garder sa maison…)  Le financement participatif ou crowdfunding est parfois la solution. Plusieurs types de crowfunding sont possibles.

  • les prêts aux entreprises ou aux particuliers avec ou sans intérêt
  • les investissements avec part dans le capital ou versement de redevances
  • les dons avec ou sans récompense

Les différentes formes de crowdfunding

Selon le baromètre de l’association Financement Participatif France, ce mode de financement a contribué à 24 126 projets en 2017. La collecte s’est élevé à 336 millions d’euros, soit 44% de plus qu’en 2016. Ceci étant, ces chiffres regroupent des formes variées : prêts rémunérés ou non rémunérés, apports en capital, dons avec ou sans récompense… Afin de préciser les choses, le baromètre fournit la moyenne des contributions recueillies depuis la création des plateformes de collecte : 62 € pour un don avec récompense, 95 € pour un prêt non rémunéré, 310 € pour un prêt rémunéré et 7 745 € pour un investissement en capital. Il faut aussi savoir qu’une opération sur deux échoue, les porteurs de projet n’arrivant pas à collecter les fonds prévus ou à convaincre suffisamment de contributeurs. Il faut donc choisir la bonne formule.

Les projets finançables

Pour un don avec récompense, il paraît difficile de collecter plus 4 500 €, le nombre moyen de contributeurs étant de 72 par projet. Cela peut permettre de monter une opération ponctuelle, sociale, culturelle, thématique, à dimension environnementale ou peut-être de participer au financement de travaux sous réserve que les récompenses soient à la hauteur.
Il faut bien garder à l’esprit que participatif implique vrai projet et dimension sociale, on est dans une dimension altruiste, dans la solidarité ou dans le partage de valeurs .

Pour un prêt rémunéré, les sommes peuvent être beaucoup plus conséquentes, mais il va falloir convaincre les prêteurs que l’entreprise sera en mesure de les rembourser et leur verser un taux d’intérêt souvent supérieur à des prêts classiques. En raison de ces éléments, il est certainement préférable de rester sur des micro-projets, comme la rénovation d’un bâtiment ou la création d’hébergements complémentaires ou insolites.

Dans tous les cas de figures, le créateur a intérêt à bien préparer sa levée de fonds, sélectionner une plateforme adaptée à son projet, soigner sa présentation et faire une promotion intense sur les réseaux sociaux.

 

Relèvement des plafonds micro, quelle conséquence pour les loueurs ?

Avec le  relèvement des plafonds micro,

  • les revenus des meublés de tourisme classés et des chambres d’hôtes peuvent bénéficier de l’abattement forfaitaire de 71% jusqu’à 170 000 euros de chiffre d’affaires, contre 82 800 euros auparavant,
  • Les revenus des des meublés de tourisme non classés peuvent bénéficier de l’abattement forfaitaire de 50% jusqu’à 70 000 euros de chiffre d’affaires contre 33 200 euros auparavant.

Chaque année voit son lot de nouvelles mesures fiscales. Nombreuses sont celles qui consistent en des ajustements de mesures existantes, certaines ont des impacts plus significatifs.

De nouveaux plafonds micro

A compter de 2018, les plafonds du régime des micro-entreprises sont relevés à 170 000 euros pour l’imposition des revenus de la première catégorie et à 70 000 euros pour ceux de la seconde. En clair, les revenus des meublés de tourisme classés et des chambres d’hôtes peuvent bénéficier de l’abattement forfaitaire de 71% jusqu’à 170 000 euros de chiffre d’affaires, contre 82 800 euros auparavant, ceux des meublés de tourisme non classés de l’abattement forfaitaire de 50% jusqu’à 70 000 euros de chiffre d’affaires contre 33 200 euros auparavant.

Un fort impact sur la gestion des meublés

Les grincheux diront que les règles relatives à la TVA ne sont pas modifiées. Ceci étant, la plupart des loueurs de gîtes et meublés de tourisme ne sont pas assujettis à la TVA. Le relèvement des plafonds micro va leur simplifier la gestion puisqu’en cas de dépassement des anciens seuils – 33200 euros et 82 800 euros – ils pourront rester dans le régime micro. Ils n’auront plus l’obligation de tenir une comptabilité au réel. Il n’en demeure pas moins que, dans certains cas, le créateur peut avoir intérêt à opter pour le régime du bénéfice réel dès l’ouverture notamment afin de pouvoir déduire ses travaux.

Un impact non négligeable sur les chambres d’hôtes

Comme les règles de TVA ne sont pas modifiées, l’impact pour les loueurs de chambres d’hôtes est moins significatif. Ceci étant, la mesure ouvre l’abattement de 71% au-delà de 82 800 euros. Le loueur n’a pas l’obligation de tenir une comptabilité au réel, avec tous les coûts qui y sont associés. Il va pouvoir lancer son activité et le dépassement du plafond de 82 800 euros s’il intervient ne sera plus un véritable casse-tête. Il faudra uniquement facturer de la TVA sur les séjours et déduire celle réglée sur les achats.

Le relèvement des plafonds micro change la donne pour les créateurs qui ont des projets ambitieux en terme de chiffre d’affaires. Elle est à étudier en détail. Pour tous ceux qui souhaitent aller plus loin, ils peuvent se reporter aux Cahiers Pratiques en vente sur le site internet et remis à jour ce début d’année pour tenir compte de la loi de la Finances votée fin décembre 2017 Gîte et meublé de tourisme, statut juridique, fiscalité et démarches et Chambres d’hôtes, Panorama des solutions juridiques et fiscales. Et bien sûr nous continuerons à traiter ces sujets dans Accueillir Magazine. Et à expliquer l’intérêt de chaque régime et les conséquences de ces choix dans nos formations 2 jours pour ouvrir meublés de tourisme, gîtes et chambres d’hôtes.

Créateurs de gîtes et chambres d’hôtes, tous nos vœux de réussite !

Vous avez envie de changer de vie et de vous mettre à votre compte. Vous hésitez avant de faire le grand saut. Vous vous demandez si c’est le bon moment d’ouvrir des gîtes ou des chambres d’hôtes. Il faut en effet prendre le temps de la réflexion et de préparer ce qui est un grand changement de vie.

Avec le temps, je sais que certaines ouvertures peuvent aller vite car le créateur est prêt, même s’il ne s’en rend pas toujours totalement compte. D’autres projets ont besoin de mûrir, comme le bon vin, pour se réaliser avec succès quelques années plus tard. S’agit-il de chambres d’hôtes ? Avec ou sans table d’hôtes ? D’un gîte ou d’un ensemble de gîtes ? D’hébergements insolites ? Y aura t’il des activités complémentaires ? A chacun de définir le projet qu’il souhaite mener.

Ouvrir des gîtes ou de chambres d’hôtes est une belle aventure : accueillir des visiteurs du monde entier, leur proposer de vivre des moments de bonheur dans une maison où tout a été pensé pour leur confort, partager des repas avec eux en table d’hôtes, leur faire découvrir les produits du territoire ou du potager, leur faire vivre des émotions, des expériences, leur créer des souvenirs… Ouvrir un hébergement marchand, c’est aussi prendre sa vie en mains et lui donner peut-être – probablement – plus de sens. C’est être acteur de sa vie mais également de sa commune et de son territoire, tisser des liens avec les entreprises des environs, faire venir des touristes sur place, générer des retombées concrètes pour l’économie locale…

L’hébergement est une activité millénaire pratiquée par des millions d’individus qui ont ouvert, en leur temps, des auberges, des maisons d’accueil, des relais de poste, des hôtels, des maisons d’hôtes, des gîtes… Vous faites partie de cette longue histoire. Même si elle est millénaire, cette activité est d’une modernité totale. Les loueurs sont directement confrontés aux attentes et outils modernes. Internet, réservation en ligne, équipements, respect de l’environnement et développement durable…, un hébergement qui ouvre en 2018 doit prendre en compte le monde d’aujourd’hui et de demain.

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite et vous souhaitons une très bonne année 2018.

Créer ou reprendre un gîte de grande capacité, attention aux normes !

  • Sécurité incendie, accessibilité au public…, la mise aux normes ERP d’un gîte de grande capacité génère des coûts conséquents qu’il faut intégrer dans son budget
  • A défaut de respecter les normes ERP, le loueur peut être contraint par décision administrative de fermer une partie des lits, voire l’établissement, pour poursuivre l’activité, ce qui met en danger sa rentabilité
  • En cas d’accident grave, s’il y a infraction, le ministère public peut décider de poursuivre l’exploitant au pénal et les familles de poursuivre au civil.

Une méconnaissance des règles ERP

Je discute régulièrement avec des créateurs qui souhaitent ouvrir des gîtes de grande capacité. Il s’agit parfois de grands gîtes destinés à accueillir des groupes d’amis ou des cousinades ou parfois de gîtes plus petits pour des familles nombreuses. Ces créateurs méconnaissent souvent les règles en matière de sécurité incendie et d’accessibilité. Or elles ont une importance considérable.

En effet, à partir du moment où le gîte ou le meublé de tourisme a une capacité supérieure à 15 personnes, il est soumis aux normes des établissements recevant du public et sera classé ERP en 5e catégorie avec locaux à sommeil. Ce classement ERP impose de respecter certaines réglementations, notamment dans le domaine de la sécurité incendie mais également dans celui de l’accessibilité au public ou encore de la qualité des eaux chaudes sanitaires.

Ne pas respecter ces normes alors que l’hébergement est un ERP n’est pas raisonnable car c’est de la sécurité des occupants qu’il s’agit. Il faut aussi comprendre qu’en cas d’accident grave, il y aura une enquête de police. Elle ne pourra que constater que l’exploitant s’est soustrait à la réglementation ERP mettant en danger ses hôtes. Il y a alors fort à parier que le procureur de la République décidera de poursuivre l’exploitant du gîte sur le plan pénal. C’est ce qui est arrivé aux deux gérants du bar de Rouen dont l’incendie en août 2016 a fait 14 morts et qui sont poursuivis pour homicides involontaires « par violation délibérée d’une obligation de sécurité ». Je rappelle aussi l’incendie du gîte de Wintzenheim avec ses onze morts le 9 août 2023.

Il faut rester logique et faire un choix clair

Le créateur de gîte ou meublé de tourisme peut,

  • soit rester dans la limitation à 15 personnes, il n’aura pas les règles ERP à respecter mais uniquement celles liées à l’habitation : entretien des cheminées, des chaudières…
  • Il peut aussi décider de dépasser le seuil de 15 personnes et il a alors intérêt à viser bien au-delà de façon à ce que la capacité additionnelle lui permette de couvrir tous les frais liés aux normes ERP. En un mot, pour conclure, il n’y a pas grand intérêt à créer un gîte pour 16 ou 17 personnes.

Cet article a été initialement publié le 16 novembre 2017 et mis à jour le 13 août 2023