Faire de ses chambres d’hôtes une activité à part entière qui permette de générer des revenus et d’en vivre, c’est la question que se posent de plus en plus de porteurs de projet. Traditionnellement, la chambre d’hôtes, c’est une activité patrimoniale ou complémentaire. Cela permet de garder ou d’entretenir un beau bâtiment, cela permet à un des deux conjoints de se créer son activité pendant que l’autre garde son travail à l’extérieur et cela permet aussi à des agriculteurs d’avoir un complément de revenu.

Mais peut-on créer des chambres d’hôtes et en vivre ?

Je connais quelques loueurs qui vivent de leurs chambres d’hôtes, en revenu principal, donc sur le principe, c’est possible.
Maintenant, il faut raison garder. Si on veut générer des revenus suffisants pour vivre d’une activité, il faut se donner la peine d’appliquer les règles classiques de la création d’une entreprise pour se donner toutes les chances de réussir et cela vaut aussi pour la création de vos chambres d’hôtes. Il va falloir entre autres faire une étude de marché, mettre au point un budget, savoir comment on va communiquer et se faire connaître, quel sera son statut juridique, et ses options fiscales.

Pour dégager un revenu, il faut appliquer les règles de création d’un commerce

Ensuite, on va appliquer  les trois premières règles du commerce : l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement.
Et oui, si  vous voulez vivre de vos chambres d’hôtes, il faudra plus que la pleine saison touristique. Il faudra que les chambres d’hôtes soient occupées toute l’année et tous les territoires ne le permettront pas. Une belle maison ne suffit pas, l’endroit où elle est située est primordial, et quelques kilomètres font la différence. L’étude de marché permettra de regarder comment travaillent les autres hébergements touristiques marchands et le taux d’occupation moyen espéré.

L’achat de la maison en elle-même peut aussi être un piège. Son poids financier, à l’achat avec remboursement du prêt ou en coût d’entretien peuvent plomber un budget. Si ouvrir l’hiver coûte plus cher que les chambres d’hôtes ne rapportent, cela risque d’être très rapidement la fin de l’histoire.

Enfin, il faudra peut-être redimensionner le projet, avec un gîte supplémentaire, une roulotte, une cabane dans les arbres  ou une yourte, la mise en place d’activités complémentaires comme des cours de cuisine, du bien-être, une épicerie de village… Il y a plein d’idées possibles.

Le nerf de la guerre en toute chose, c’est aussi la communication. Avoir les plus belles chambres d’hôtes si elles ne sont pas visibles, ne permettra pas de les remplir.

Dernier point pas politiquement correct en ces temps de manifestation !
Si l’aventure vous tente, soyez conscients que vous quittez le monde des trente-cinq heures pour rejoindre ceux qui les font deux fois par semaine, que vous oubliez les vacances pour vous consacrer à celles des autres, que vous passez dans le monde invisible de ceux qui travaillent beaucoup et plus encore, et avec le sourire parce que en plus vous avez choisi une activité d’accueil en chambres d’hôtes, qui repose sur votre envie de faire plaisir – même quand vous n’avez pas assez dormi.