Comme certains d’entre vous, j’ai regardé l’émission de France 3 qui traitait de travaux. Et la réflexion que je me suis faite, c’est qu’il ne faut pas être souple. Je sais que c’est paradoxal de conseiller à des personnes qui créent des chambres d’hôtes de faire preuve de méfiance et même dureté, mais je crois que dans le domaine des travaux on n’a pas le choix. Loin de moi, l’envie de fustiger les artisans, ils ont aussi de petites entreprises avec peu de capacité d’adaptation et souvent beaucoup de chantiers aux mêmes dates.
Mais signer ses contrats pour faire des travaux en anticipant un procès, faire preuve de fermeté, ne pas hésiter à dégainer lettres recommandées et mises en demeure pour que tout se passe au mieux, a ses avantages.

Quelques conseils avant de signer des travaux:
– vérifier que l’entreprise ou l’artisan est bien assuré, il doit vous remettre son attestation, à garder, et que son assurance couvre bien les travaux demandés.
– regarder un peu sa réputation sur internet, s’il y a des pages entières de consommateurs qui se plaignent, est-ce bien la peine de signer ?
– signer un contrat précis avec les détails des travaux et surtout des plannings détaillés avec des phases marquées pour pouvoir repérer les retards.
– prévoir des pénalités de retard, pas pour les appliquer, sauf énorme retard, mais pour avoir des arguments de pression.
– surtout, ne pas payer la totalité des travaux avant réception définitive et sans réserve, ne verser les fonds que très progressivement et si le chantier avance vraiment.
– ne pas attendre en cas de retard, appeler certes, mais immédiatement constater par écrit et recommandé l’absence de l’entreprise, cela consiste à se donner les moyens de faire un procès si besoin était.
– ne pas être gentil, ne pas accepter les explications au téléphone, si on peut aller chez l’entrepreneur et ne pas en repartir avant d’avoir des garanties, il ira chez le plus « teigneux » et ce sera un autre chantier que le vôtre qui prendra du retard.

Parce que rater une saison peut avoir des conséquences dramatiques et on ne peut pas ouvrir une maison d’hôtes en plein travaux. On n’a pas d’assurance qui peut assurer la perte d’exploitation d’une entreprise qui n’existe pas encore, les emprunts courent, on a peut-être fait des dépenses qui se révèlent inutiles puisque les chambres d’hôtes ne sont pas ouvertes, comme adhésion à un label ou inscriptions dans des annuaires, pas de possibilité de cotiser et donc couverture sociale perdue ou année de retraite pas comptabilisée… Je rappelle que le manque de trésorerie, c’est ce qui fait plonger la grande majorité des entreprises défaillantes. Les travaux sont un passage angoissant mais incontournable de l’activité de chambres d’hôtes, à prendre comme un défi, mais à ne pas sous-estimer !