C’est la rentrée, je change de vie, j’achète une maison et j’y crée mes chambres d’hôtes

Pour beaucoup d’entre vous, c’est la rentrée et vous venez de reprendre le travail. Vous êtes revenus de vacances, vous avez fait plusieurs escapades en chambres d’hôtes, vous appréhendez les trains de banlieue, les jours de grève, le retour dans l’entreprise ou vous allez prendre votre retraite prochainement et c’est décidé, d’ici un an ou deux, vous allez ouvrir votre maison d’hôtes. Reste à trouver la maison à acheter, à faire les travaux, les aménagements…

Mais en fait, c’est une démarche risquée. Plutôt que vous jeter immédiatement dans la recherche et l’achat de la maison, de consulter pléthores de sites d’annonces immobilières, commencez par bien vous documenter sur le secteur des chambres d’hôtes. En effet, rien ne ressemble moins à une maison d’hôtes qu’une autre maison d’hôtes. La localisation, le nombre de chambres, la configuration des lieux, les repas, les prix aussi, tout ceci est lié et rend un projet unique.

Il y a dans le domaine des chambres d’hôtes – comme dans tous autres domaines – des échecs. Je rencontre souvent des créateurs et je ne peux que constater que certains manquent parfois de préparation. Ils ne se projettent pas assez dans leur future vie, ils ne voient que le côté sympathique de la création et la recherche de l’immobilier en fait partie. En plus c’est du concret, on s’y voit, on imagine ses petits déjeuners, on choisit ses rideaux, on sait qu’il y aura une pergola…. Ceux-là ont du mal à répondre à des questions précises comme : Mettrez-vous des lits simples ou doubles dans les chambres ? Qui viendra chez vous ? Les hôtes auront-ils accès à internet ? Comment sera votre journée-type ? Que servirez-vous au petit déjeuner ? Combien cela coûtera-t-il ? Quel sera votre taux de fréquentation ? Comment vous ferez-vous connaître ?

La démarche que je vous propose est nettement moins sexy, étude de marché, coût, rentabilité, nombre d’heures de ménage, quotidien…, pas très attractif, je le reconnais.  Mais je suis convaincue que c’est en essayant de répondre à ces questions et à bien d’autres que l’on se rend compte si cette activité vous convient ainsi qu’au reste de votre famille.  C’est cette réflexion préalable qui permet de définir son projet voire de le faire évoluer pour qu’il colle mieux à sa personnalité. Cela me paraît décisif de passer par cette étape avant de se lancer dans les visites immobilières au risque d’acheter une maison certes charmante mais qui ne cadrerait pas avec vos véritables attentes, au risque d’acheter une maison et de la revendre quelques années après parce qu’on se rendra compte que ce n’est pas la vie dont on avait rêvé ou le bien immobilier qui convenait.

Alors, en cette rentrée, profitez de votre énergie pour vous documenter sur le secteur et réfléchir à ce que vous envisagez comme votre future activité et mode de vie.

Publié par

Caroline Kyberd - Accueillir Magazine

Rédactrice en chef d'Accueillir Magazine, la presse des chambres d'hôtes et meublés de tourisme, j'anime aussi les formations pour ouvrir maisons d'hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme. Retrouvez-moi sur https://www.accueillir-magazine.com

9 réflexions au sujet de « C’est la rentrée, je change de vie, j’achète une maison et j’y crée mes chambres d’hôtes »

  1. Bonjour Caroline,
    Je vous appelerais. C’est bien plus compliqué que ça, d’ailleurs, ça ferait une bonne émission pour la journaliste M6, ils aiment bien le concept “quand le rêve tourne au cauchemard”. Côté Urbanisme (donc mairie) on nous “conseille” de ne rien “éssayer”. Notre maison d’hôte tourne depuis deux saisons avec autorisation de la mairie.

  2. Bonjour Michael,
    en tant que journaliste, je suis toujours intéressée par tous renseignements et les pratiques locales, donc appelez-moi quand vous voulez, d’autant plus que dans notre beau pays, il y a autant d’interprétation des codes et réglementations qu’il y a d’interlocuteurs. Ceci dit, je ne suis pas sûre de comprendre. On vous interdit le changement de destination de votre maison que vous souhaiteriez faire ou on vous oblige à le faire ?
    Bonne après-midi
    Caroline

  3. Je ne cherche nullement à critiquer les agriculteurs mais ils sont loins d’êtres les seuls a avoir de difficultés et tout en étant parmis ceux dont ont s’occupe le plus. Votre question, vous l’avez repondu vous même. Il faut bien trouver une astuce technique pour trier qui peut et qui non, sinon cette discrimination serait trop visible. Si vous ne le comprenez pas encore, je serais ravis de vous téléphoner afin de vous informer de ce qui ce passe dans ce coin.

  4. Il ne faut pas se comparer aux agriculteurs. Pour favoriser la diversification et avoir d’autres revenus complémentaires à leur exploitation agricole, ils peuvent ouvrir des chambres d’hôtes et gîtes chez eux sans problème. Ils ont une activité à part et des tonnes de problèmes, ils sont dans des régimes sociaux différents pas favorables d’ailleurs en matière de cotisation, payent autant d’impôts pour la partie chambre d’hôtes que les autres.
    La question, serait plutôt pourquoi dans votre coin, on voudrait obliger des propriétaires de chambres d’hôtes à changer la destination de leur bien immobilier, alors que l’activité est chez l’habitant et que finalement en définissant la chambre d’hôtes, le législateur l’a dissociée de fait des meublés de tourisme et de l’hôtellerie.

  5. ce serait donc intéressant de voire de manière juridique au niveau national, voir européen, si une commune a le droit de dicter que seul des agriculteurs* peuvent exercer cette activité dans leurs chambres (en me renseignant dans d’autres départements je n’ai trouvé encore aucune autre commune pratiquant cette “discrimination”. Si vous entendez d’un cas qui se présente, merci de nous en informer.
    * car ce sont les seules qui obtiendront l’accord du changement de destination. Ce serait un peu comme dire, seule les propriétaires de voitures considérées pour les primes à la casse pourraient obtenir une licence de taxi (faut bien en faire de l’humour pour supporter tout ce bordel)

  6. Oui, il peut y avoir localement des pressions pour demander le changement de destination des maisons. Ceci dit, la chambre d’hôtes reste une chambre chez l’habitant, le législateur l’a marqué noir sur blanc dans son décret, cela induit indubitablement la notion d’habitation.

  7. Parfaitement d’accord avec vos conseils mais conc.
    “Là, vous parlez aussi de changement de destination de bâtiments agricoles” je n’avait pas complèté la phrase clé comme je l’avais dans la tête, il faillait lire “si vous pouvez faire le changement d’affectation DE LA PARTIE HABITABLE(!!!)” car chez nous il semble que pour faire CH dans sa propre maison il faut demander un changement d’affectation. On serait plus que 90% dans l’irregularité, c’est à se demander pourquoi ils l’ont inventé cette regle.

  8. Bonjour Michael,
    j’ai abordé ce sujet sur un cas vécu où le maire avait pris un arrêté pour limiter les hébergements touristiques sur sa commune.
    Là, vous parlez aussi de changement de destination de bâtiments agricoles et effectivement, on ne peut pas créer des chambres d’hôtes dans une grange sans avoir fait les démarches nécessaires qui peuvent être refusées. Et il ne suffit pas que d’un voisin pour poser des problèmes, – ce peut être un futur voisin qu’on ne connaît pas encore alors que le projet semble avoir au jour d’aujourd’hui l’accord de tous – mais c’est surtout à la revente de votre bien, que le notaire des acheteurs bloquerait la vente. Et vous risqueriez de ne pas pouvoir vendre autre chose qu’une grange et perdre toute la valeur ajoutée des travaux. Si vous convoitez un bâtiment agricole, prévoyez les clauses de sortie dans votre promesse de vente si vous n’obtenez pas votre changement de destination. Et si vous achetez un bâtiment, prenez un notaire de confiance, il est dans ses attributions de vérifier la nature des biens immobiliers que vous achetez et de vous alerter.

  9. Le sujet tombe bien, je viens d’avoir un entrevue avec notre service d’urbanisme et je vous conseille tous une chose, faites très attention avant de démarrer ou reprendre une maison d’hôte. Je ne me souviens pas que le sujet ai été abordé par Caroline mais il existe des communes qui limitent cette activité aux agriculteurs en tant que revenue complémentaire. Forcement ce ne sera pas votre cas, alors parmis d’autres pièges, verifiez chez le service urbanisme si vous pouvez faire le changement d’affectation en cas d’un nouveau projet ou, en cas de reprise, verifiez que ça a été fait et accordé, et rajoutez une clause dans l’acte à cet égard. En général il ne se passe rien mais il suffit d’un seul voisin pour lancer les problèmes et comme beaucoup de vous chercheront dans une autre région vous aurez forcement l’un ou l’autre habitant n’appréciant pas votre présence, après tout, on est en campagne. A voir si cette réglementation n’est pas contraire au droit national, sans parler d’européen.

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