Ce matin, je vais jouer les Cassandre. Vous êtes quelques-uns à m’avoir parlé de votre projet cette année. Et vous avez décidé de créer des chambres d’hôtes, dans une maison qui ne vous appartient pas mais est la propriété de quelqu’un de votre famille ou d’un de vos amis. Autre scénario, vous envisagez de créer dans une maison achetée avec un ami. Autre cas, vous êtes en couple mais pas marié. Et si ça se passe mal, comment allez-vous protéger votre activité ?

Cela paraît idéal, les uns ont une propriété qui va être mise en valeur, entretenue et rapporter un loyer, les autres ont une activité, celle de chambres d’hôtes, sans investir tout leur patrimoine mais peut-être quand même une somme d’argent pour travaux, équipements et évidemment tout ce qui est lié au bon déroulement de l’activité.

Amour, amitié, famille et chambres d’hôtes

Les problèmes existent.

Vous investissez dans la maison familiale qui appartient à vos parents, vos frères et soeurs ne disent rien, même sont d’accord, mais au décès de vos parents, que va-t-il se passer ? Votre investissement va-t-il être pris en compte dans votre héritage et si la maison est vendue car nul n’est censé rester en indivision et parfois on a pas le choix car il faut payer les frais de succession, que devenez-vous ? Et s’ils vous réclament un loyer qui n’était pas dans le business plan, est-ce que l’activité de chambre d’hôtes est toujours rentable ?
Et quand vous co-créez avec un de vos amis ou avec votre concubin ? S’il est chez lui et que vous vous disputez, qu’il décide de la sépration ? Ou si votre ami(e) se marie et que la nouvelle pièce rapportée sème la zizanie, veuille récupérer le maison ? Que devenez-vous ?

Je ne vais pas énumérer le catalogue des catastrophes, disputes, divorces, séparations qui peuvent intervenir.

La chambre d’hôtes, c’est votre activité, il faut la protéger

Les couples mariés, ont pu régler le sujet par avance avec leur régime matrimonial, en pensant séparation, communauté, réduite ou non aux acquêts.  Bon, ce n’est pas idéal mais c’est mieux que rien.

Vous allez développer une activité, lui donner de la valeur, faites en sorte que vous n’en soyez pas dépossédé.
Comme je suis pragmatique, je vous dirai qu’en affaires, on prépare les termes de sortie en même temps qu’on s’associe ou qu’on signe un contrat, qu’entre personnes de bonne intelligence, on peut dire les choses clairement et que si cela pose un problème dès le départ, alors mieux vaudrait s’abstenir.

Un passage chez un notaire, un contrat de location avec bail professionnel à votre nom, une SARL avec deux associés, ce peut être des pistes de réflexion. Et cela se décide en amont et pas après, cela sera trop tard !