Chambre d’hôtes et hôtellerie, se concurrencer ou travailler ensemble

Ce week-end, je suis tombée sur un reportage au JT de France 2, thème, les chambres d’hôtes font de la concurrence à l’hôtellerie.

Seulement 2 à 3 % de l’hébergement marchand

D’abord quelques chiffres à rétablir : le nombre de maisons d’hôtes n’a pas été multiplié par deux en cinq ans, en fait il est stable et même a diminué légèrement cette année pour la première fois. Il y a environ 23 000 adresses de maisons d’hôtes pour 67 000 chambres d’hôtes, je rappelle qu’une adresse de maison d’hôtes peut proposer de 1 à 5 chambres d’hôtes.

Les maisons d’hôtes représentent environ 2 % de l’hébergement marchand, que localement un hôtelier soit concurrencé par les chambres d’hôtes installées, je le comprends mais que cela représente une menace réelle sur la totalité du territoire, je vous laisse juge.
Que les maisons d’hôtes n’aient pas les mêmes contraintes que les hôteliers, si de plus en plus : piscine, télévision, devoir avoir un statut de professionnel très rapidement, permis d’exploiter… Il suffit de voir le nombre d’articles réglementations et fiscalité que nous publions dans Accueillir Magazine chaque année
Que l’hôtellerie ait trop de normes, j’en suis convaincue et qu’une partie des petits hôtels ne puisse supporter les coûts afférents aux travaux, c’est catastrophique et dangereux pour toute l’économie touristique, mais ce n’est pas en légiférant sur les maisons d’hôtes que la situation des hôtels sera meilleure.
Que les chambres d’hôtes n’aient pas les mêmes coûts, en fait c’est à relativiser, n’oublions pas que les propriétaires de maisons d’hôtes ne sont pas rémunérés pour leurs heures.

Travailler ensemble serait plus productif

Pour une fois dans ce pays, arrêtons de dresser les gens les uns contre les autres. Je préférerais qu’on travaille tous ensemble pour diminuer les contraintes qui pèsent, pour partie inutilement, sur tous et pour dynamiser le tourisme. Chaque forme d’hébergement a ses avantages, répond à une demande et si elle travaille bien, c’est bon pour l’emploi, l’économie et la balance des paiements.
Si on continue à jouer le village gaulois à se bagarrer les uns contre les autres, au final, nous serons tous perdants, maintenant, la concurrence est mondiale ! Ensemble on est plus fort, et puis la vraie concurrence est à venir, l’économie dite collaborative, celle qui permet à tout un chacun de s’improviser hôtelier ou restaurateur à domicile sans aucune contrainte et généralement sans déclarer ses revenus !

 

Publié par

Caroline Kyberd - Accueillir Magazine

Rédactrice en chef d'Accueillir Magazine, la presse des chambres d'hôtes et meublés de tourisme, j'anime aussi les formations pour ouvrir maisons d'hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme. Retrouvez-moi sur https://www.accueillir-magazine.com

17 réflexions au sujet de « Chambre d’hôtes et hôtellerie, se concurrencer ou travailler ensemble »

  1. Bravo pour la qualité des échanges sur le sujet.
    j’ignorais quant à moi le poids des chambres non libellisées ,c’est assez impressionnant, il va falloir y prendre garde avant que la fiscalité et les charges sociales nous y obligent..;et c’est pour trés bientôt!
    il y a du boulot pour le prochain ministre du tourisme et un label ça aide à se faire entendre à ce niveau là.

  2. Propriétaire de chambres d’hotes ( en EIRL !)j’ai assisté recemment a une discussion entre la federation des hoteliers restaurateurs de mon département et le responsable des Gites de France…Il est question a terme que les chambres d’hotes adhèrent au syndicat des professionnels …( comme le souligne C.Kyberg, les charges sont de plus en plus comparables mais notre chiffre d’affaire est lui limité !)Il ne faut pas confondre la situation dans les campagnes ou un hotel de “chaine” n’a pas sa clientèle hors saisons touristique et donc ou les relations entre tous les hebergeurs est détendue et l’arrivée des chambres d’hotes en ville ex chasse gardée des chaines hotelières…Les hôtes que nous recevons en chambre le week-end ou en vacances en famille sont bien souvent les memes qui ont la carte Accor (par exemple) pour leur job en semaine… On ne cherche pas la meme chose et nous ne sommes pas en concurrence… et je conclu en disant que nous ne sommes pas responsables si les petits hoteliers indépendants n’ont pas su se défendre a Bruxelles contre les lobby des grosses chaines pour les nouvelles normes !

  3. Les sites d’annonces tournent à plein avec de vrais professionnels inscrits mais aussi des personnes qui louent ponctuellement, s’annoncent chambres d’hôtes ou gîtes sans probablement même savoir qu’ils n’en ont pas le droit et sans déclarer au fisc ni supporter les autres charges. Il n’y a souvent pas d’adresse, juste un téléphone portable et l’argent est viré sur un compte Paypal ou même à l’étranger. Dans certaines zones touristiques, cela multiplie l’offre d’hébergement de façon exponentielle et les touristes ne sont même pas forcément conscients qu’ils réservent une offre sauvage. Mais dans les faits, cela nuit aux professionnels parce que le nombre de touristes n’augmente pas dans les mêmes proportions, que le touriste n’est pas forcément satisfait et que cela tire les prix vers le bas.
    Normalement on peut consulter en mairie la liste des maisons d’hôtes déclarées.

  4. Je m’étonne d’entendre tant parler d’offres illégales lorsque dans le même temps, je vois fleurir des sites internet qui tournent à plein régime et proposent des lits chez l’habitant comme airbnb pour ne citer que le plus actif du moment. Si on parle de concurence entre hôtels et chambres d’hôtes, on ne parle pas des offres “illégales” puisqu’elles ne peuvent pas s’appeler chambres d’hôtes… Peut-être voulaient-ils parler de concurence entre les professionels du tourisme et les autres mais c’est moins vendeur non ?!

    Au fait, où peut-on trouver la liste des chambres d’hôtes déclarées en mairie ?

  5. Je m’étonne d’entendre tant parler d’offres illégales lorsque dans le même temps, je vois fleurir des sites internet qui tournent à plein régime et proposent des lits chez l’habitant comme airbnb pour ne citer que le plus actif du moment. Si on parle de concurence entre hôtels et chambres d’hôtes, on ne parle pas des offres “illégales” puisqu’elles ne peuvent pas s’appeler chambres d’hôtes… Peut-être voulairent-ils parler de concurence entre les professionels du tourisme et

    Au fait, où peut-on trouver la liste des chambres d’hôtes déclarées en mairie ?

  6. Bonjour
    Je suis heureuse que vous travaillez avec des maisons d’hôtes, cela rejoint mon propos initial.

    Quelques précisions, j’estime le nombre de maisons d’hôtes labellisées à 60 % du secteur et donc de non labellisées à 40 %. Mais je parle bien des maisons d’hôtes officielles, celles qui ont fait une déclaration en mairie et choisi selon leur chiffre d’affaires un statut juridique, tel que la loi l’a décidé en 2010.
    Je suis d’accord, il y a plein d’offres illégales, je les vois fleurir avec les sites d’annonces et là nul ne sait les évaluer mais elles nuisent à tous, vous hôteliers comme aux maisons d’hôtes déclarées, qui ont fait des investissements et payent leurs charges. Et il y en a beaucoup d’illégales dans votre région, comme dans tout coin très touristique.
    Quant au black, je ne suis pas sûre que les maisons d’hôtes soient plus concernées que beaucoup d’autres commerçants, c’est malheureusement une pratique courante en France.

    Il y a une vraie réflexion à avoir mais, je le maintiens, pas hôtellerie contre chambres d’hôtes déclarées et officielles, mais d’un côté sur les offres illégales qu’elles soient chambres d’hôtes ou locatives ou autres et de l’autre pour diminuer les charges et travaux qui pèsent sur les professionnels et aider au développement du tourisme et de l’emploi.

  7. Je suis hôtelier en région Provence Alpes Côte d’Azur et il faut arrêter de se voiler la face :
    1 – On ne sait toujours pas combien il y a d’adresses de chambres d’hôtes en France. Les chiffres de l’INSEE viennent des labels. Combien d’adresses labelisées en France : 35%
    2 – Dans ma région, c’est une vraie concurrence déloyale. Beaucoup d’adresses déclarent pas plus de 10% de leur chiffre d’affaires. Et toutes les dérives existent…
    3 – Quand je suis complet, je travaille avec 2 maisons d’hôtes. Mais ce sont des pros honnêtes, enregistés sous forme de sarl… et ils jouent le jeu !
    J’attends surtout de l’Etat qu’il fasse une vraie réflexion sur cette situation en France.

  8. Même nos clients nous incitent à faire du black, lorsqu’on leur présente une vraie facture, en bonne et due forme : “non, non, gardez-là” avec un petit signe sans équivoque. C’est une maladie française…

  9. Merci Brigitte pour le “ne rentrons pas dans le jeu”.
    Ce qui m’inquiète le plus, c’est le développement du black, je vois passer tellement d’annonces de locatifs et pseudos chambres d’hôtes sur les sites d’annonces gratuites, pas d’investissements, pas d’impôts et des touristes déçus qui ne font pas la différence. Mais c’est un autre débat.
    Brigitte, vous avez raison pour Patricia, mais je supprime votre remarque pour qu’elle ne reste pas à vie sur le net et je la préviens en direct.
    Bonne journée
    Caroline

  10. Diviser pour mieux règner: thème d’actualité (contre les syndicats, les profs, les fonctionnaires…) -> serrons les coudes et ne rentrons pas dans le jeu!

    Je voudrais juste ajouter que les hôtels marchent aussi sur les plates-bandes des chambres d’hôtes. De plus en plus certains transforment (ou essaient) leurs chambres d’hôtel en chambre d’hôtes, tout en conservant le restaurant (rebaptisé en auberge ou table d’hôtes).
    Où est donc la quiétude des chambres d’hôtes en ayant un restaurant ouvert au public en dessous?
    Je regrette aussi que notre ministre nous occulte totalement dans ses discours, alors que nous sommes au plus près du terrain pour faire apprécier les produits locaux, et faire connaître et apprécier aux touristes étrangers la France par notre côté familial.

    Brigitte

  11. Nous étions sur la même page. Je n’étais pas en opposition mais en complément.

    J’explique : comme votre billet évoquait les hôtels et les chambres d’hôtes, je ne comparait que ceux-ci à ceux là, en assumant que l’INSEE calculait les lits de manière comparable dans les deux cas.
    74700 lits en chambre d’hôtes pour 1223200 lits en hôtels. Total 1297900, soit 5,8% pour les chambres d’hôtes et 94,2% pour les hôtels.

    On peut mettre en doute leur manière de calculer les lits, mais cela ne ferait encore qu’augmenter le % de chambres d’hôtes car il y a peu de chambres de 1 lit, mais pas mal de 3 ou 4…

    Toujours est-il que, même si le % est très faible, pour de nombreux hôteliers, cela pourrait représenter la différence entre perte ou profit, ou entre poursuite et liquidation.
    D’où leur souhait de voir les chambres d’hôtes cesser de faire du dumping.
    Probablement pas justifié pour une maison d’hôtes qui ne fait qu’un petit chiffre.
    Plus pour celles qui tournent bien et qui peuvent avoir un chiffre d’affaire de 10, 20 ou 30% de celui des hôtels voisins.

  12. Suis d’accord sur le fait qu’il y a de la place pour tout le monde,que ce soit l’hôtellerie standart ou la para-hôtellerie, pour autant que ces métiers d’accueil soit fait avec passion. A mon sens, la conccurence n’est qu’une vue de l’esprit, à chacun de la dompter et la maitriser pour en faire une saine concurrence. Finalement les chambres d’hôtes ne font que répondre à une demande laissé par le vide de l’hôtellerie familliale dans les années 80 : cette hôtellerie dite de tradition à la francaise que l’on nous a enseigné dans nos écoles hôtelières mais qui n’a pas pu résister aux aléas du temps pour bien des raisons… A présent, il est essentiel que chaque acteur du tourisme travaille ensemble et développe des synergies communes afin de mettre tout en oeuvre pour la satisfaction de nos visiteurs. C’est ma philosophie, celle que j’applique au quotidien pour faire découvrir nos régions. Individuellement, nous ne sommes pas grand chose, les attentes des visiteurs ont beaucoup changé et il nous appartient d’être proactif en la matière. Bref, de profession hôtelière par vocation et récente propriétaire de chambres d’hôtes par passion, accueillir des hôtes reste pour moi une philosophie de vie et je pourrai m’étaler sur le sujet pendant des heures !!!!!

  13. Bataille de chiffres comme d’habitude, puisque vous m’opposez l’INSEE, en voici la référence
    L’INSEE prend en compte les chambres d’hôtes labellisées et indique compter pour les chambres d’hôtes 1 chambre = 2 lits. Elle dit qu’elles représentent en 2011, 0,4 % des lits et c’est l’hôtellerie qui représente 5,9 % des lits pour les capacités d’hébergement, résidences secondaires comprises. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF13533
    Mes chiffres parlent de chambres et incluent les chambres d’hôtes labellisées et non labellisées et mes pourcentages se réfèrent à l’hébergement marchand, y compris hôtels, campings, locations, résidences de tourisme et autres, mais pas les résidences secondaires.

  14. “n’oublions pas que les propriétaires de maisons d’hôtes ne sont pas rémunérés pour leurs heures.”
    Ah bon ? Tout le temps que nous passons à notre activité est fait pour des prunes ?

    Le problème n’est pas la concurrence : les hôtels concurrencent encore plus les chambres d’hôtes.
    Le problème est que la concurrence est faussée par le fait que beaucoup de propriétaires n’incluent pas de charges sociales, de coûts d’utilisation du foncier ni d’heures dans leurs coûts. Ce sont pourtant les postes de dépenses les plus importants des hôtels.

    67000 chambres d’hôtes (l’INSEE dit 74700 lits), cela fait 1675 hôtels de 40 chambres, une bonne quinzaine par département.
    Les 2% (l’INSEE dit 6% des lits) doivent quand même se faire sentir, surtout s’ils correspondent à ce qui leur reste à la fin de l’année.

    La rancoeur des hoteliers n’est donc pas sortie de nulle part. Lorsque nous discutons sans compter avec nos visiteurs, beaucoup d’hôteliers courent après la minute gagnée pour nettoyer chaque chambre afin de s’en sortir à la fin de l’année.

    Ceci dit, je suis bien d’accord sur le fait que nous avons tous à gagner à travailler et s’entraider. Nous le faisons près de chez nous.

  15. Travailler en bonne intelligence avec tous les partenaires existants sur son territoire( village, ville, stations touristiques ou vallée…) permet d’échanger et de fidéliser la clientèle. On ne peut pas “plaire à tout le monde” et il en est de même pour les types d’hébergements, l’attente des touristes est souvent lié à la diversité de l’offre touristique.

  16. Les maisons d’hôtes et les hôtels ne sont pas concurents mais complémentaires. Notre clientèle est différente et ne recherche pas la même chose : convivialité et accueil personnalisé en chambre d’hôtes, partage de la table familiale pour ceux qui proposent la table d’hôtes alors que la clientèle hôtelière recherche surtout une tranquilité et un service plus “standard” en hôtel. Cela m’arrive d’envoyer des clients dans les hôtels lorsque je suis complète et vice-versa !! Tout le monde y trouve son compte, surtout les touristes que l’on ne laisse pas tomber et qui reste dans la région. Il faut travailler en bonne intelligence et en professionnel du tourisme

  17. Très bon article qui remettra certainement les idées en place à certains. Je suis totalement d’accord sur le fait qu’il faut arrêter de toujours vouloir attaquer une profession au profit d’une autre, le tourisme en France est un marché important et il faut que cela continue et encourager toutes les initiatives permettant sont développement. Les chambres d’hôtes sont un des types d’hébergement possible et il répond à des attentes particulières.

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