Fiscalité et budget pour créer ses chambres d’hôtes
Payer moins d’impôts, c’est a priori le rêve de tout contribuable et c’est intellectuellement légitime. Le problème, c’est que je rencontre des créateurs de chambres d’hôtes qui basent leur modèle économique et leurs choix de statut juridique en fonction de la fiscalité. Je ne dis pas que chercher une optimisation fiscale est inutile, au contraire ! En revanche, construire son budget ou son plan de financement en la considérant comme acquise est dangereux.
En plein débat sur les niches fiscales et les retraites, en pleine crise économique, on se doute bien que les impôts vont augmenter, on le voit déjà pour beaucoup sur les impôts locaux, taxes d’habitation et foncière. Est-il utile de dire que subventions et aides diminuent et sont de plus en plus difficiles à obtenir ?
S’il y a bien un domaine où rien ne dure, où rien n’est acquis, c’est celui de la fiscalité. La loi de finance sera bientôt soumise au Parlement. On parle de modifier le statut de loueur de meublé non professionnel, les crédits d’impôts pour les travaux en matière de développement durable de son habitation semblent remis en cause pour partie, etc. On ne sera fixé que fin d’année, voire début d’année prochaine, mais on ne sera fixé que pour une année, car à la rentrée prochaine, tout peut à nouveau être remis en cause.
Alors faire des choix spécifiques à cause de la fiscalité d’aujourd’hui, mettre en apport de son financement des subventions qu’on n’aura peut-être pas, penser qu’on aura comme trésorerie l’argent qu’on ne versera pas pour cause de crédits d’impôts pour des travaux faits demain, pour moi c’est à peu près comme jouer au loto, peu de gagnants et beaucoup de perdants. Et je comprends qu’on soit tenté de le faire pour alléger un budget trop serré, pour convaincre un banquier récalcitrant. Mais attention, c’est de nature à faire capoter un projet complet.
