Chambres d’hôtes, est-ce possible d’éviter les nuitées sèches ?

Les créateurs me demandent souvent si l’on peut imposer des séjours de deux nuits minimum en chambres d’hôtes. En effet, une nuitée sèche représente plus de travail et une succession de très courts séjours n’est pas toujours satisfaisante d’un point de vue personnel car les gens ne font que se croiser, a fortiori si les arrivées sont tardives et les départs matinaux.

Il faut préciser que réglementairement,  la chambre d’hôtes est un hébergement à la nuitée. On ne peut donc pas imposer une durée minimale de séjour. Il en va différemment des loueurs de gîtes ruraux et meublés de tourisme qui peuvent fixer librement la durée des séjours. Chaque année, des loueurs de chambres d’hôtes sont ainsi rappelés à l’ordre par les préfectures qui leur demandent de supprimer les mentions illégales, type “deux nuits minimum” de leur site internet.

De toutes manières, je ne suis pas certaine que le fait d’imposer une durée minimale de séjour soit une bonne chose. En effet, la durée moyenne de séjour en chambre d’hôtes est de l’ordre de deux nuits et de nombreux voyageurs recherchent des chambres d’hôtes pour une seule nuit, les refuser signifie une perte de chiffre d’affaires. Ce choix est particulièrement dangereux pour une maison d’hôtes qui vient d’ouvrir. De plus, un voyageur satisfait de son séjour va en parler autour de lui, poster un commentaire positif sur un site d’avis de voyageurs voire revenir pour un autre séjour. Moins il y aura de clients, moins il y aura de bouche à oreille.

En revanche, rien n’interdit de fixer ses prix en tenant compte du blanchissage et des coûts liés à la nuitée sèche et de proposer, par exemple, des remises pour les séjours en fonction de leur durée. La fixation des prix est un des enjeux cruciaux de la création. Si je peux me permettre, prenez le temps de bien réfléchir à vos prix avant d’ouvrir ! Cela demande étude de marché pour définir ses prix et réflexions sur son offre, son accueil, sa maison d’hôtes, son fonctionnement. Fixer ses prix, nous en parlons dans le numéro en cours d’Accueillir Magazine, c’est une partie du dossier consacré aux prix des chambres d’hôtes.

Publié par

Caroline Kyberd - Accueillir Magazine

Rédactrice en chef d'Accueillir Magazine, la presse des chambres d'hôtes et meublés de tourisme, j'anime aussi les formations pour ouvrir maisons d'hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme. Retrouvez-moi sur https://www.accueillir-magazine.com

8 réflexions au sujet de « Chambres d’hôtes, est-ce possible d’éviter les nuitées sèches ? »

  1. Nous pratiquons depuis le début (2006) la location à la nuitée au même tarif quelque soit la période et le nb de nuitée. Cela permet de faire découvrir notre région et les attraits de celle ci et aussi la table d’hôtes de Sylvie. Depuis la 1ère année nous avons des hôtes qui suite à un passage d’une nuitée reviennent et reste entre 7 et 10 jours. Les efforts que l’on peut faire pour une nuitée sont largement récompensés par cette fidélité. Ils sont revenus cette année et on déjà réserver pour 2017.

  2. Tout a fait d’accord avec l’approche de l’article ; non seulement la chambre d’hôtes est par essence un hébergement à la nuitée, mais souvent, et c’est le cas de notre maison, une étape sur la route des vacances…
    J’ai trouvé la parade : j’applique un supplément de 5€ par chambre en cas de nuitée sèche sur les mois de juillet et août.
    Après enquête auprès de nos hôtes : cela ne choque personne et ils trouvent cela tout a fait normal, surtout quand on évoque avec eux le surcroît de travail. Ils sont bien trop contents de trouver, enfin ! des chambres d’hôtes qui les acceptent une seule nuit.
    Ce petit surcoût permet de prendre un étudiant en job d’été … tout le monde y trouve son compte.
    Quant aux rencontres, aux échanges qui font des chambres d’hôtes des moments si particuliers et pour lesquels on a choisit d’ouvrir sa maison, ils se font autour du repas le soir car la plupart des hôtes qui font étape juste une nuit choisissent la table d’hôtes…
    Après 4 ans d’exercice on constate d’ailleurs que beaucoup de ceux qui sont venus une seule nuit les années précédentes restent 2 voire 3 nuitées consécutives les années suivantes.

  3. Je crois que personne ne va aujourd’hui avec les polémiques Airbnb et la sa “black face” venir chercher des poux a une Chambres d’hôtes déclarée en mairie, légalement exploitée et active pour la promotion de son territoire sur ce terrain; Une nuit ou pas !!
    La question est ailleurs . Propriétaire d’une chambre & Table d’hotes depuis 10 ans, nous voyons déjà l’évolution de notre “métier” _ la parole devrait être donnée a ceux qui font cela depuis 25 ou 30 ans !! _ “Une nuitée de rencontre” simple avec l’habitant il y a 10/15 ans a été remplacé par une “nuitée de rêve” réservée sur Booking yeah ! Le marketing et la Télé sont passés par là !
    Nous nous transformons bon gré mal gré en prestataires de services jugés sur la fourniture d’une prestation conforme ou pas a un descriptif donné dans un rapport qualité prix . Un simple produit touristique quoi !
    Les nuitées uniques sont devenues des prestations para hôtelières et les échanges limités et d’ailleurs pas toujours souhaités par les nouveaux “clients”.
    Par expérience, les bons commentaires sont issus d’hôtes avec lesquels vous avez eu le temps de construire une relation, les mauvais.. ceux qui sur une nuit ne jugent que votre prestation, le standing de votre établissement et votre dévouement a leur service Il suffit de lire les commentaires.
    A chacun de choisir son mode de fonctionnement ! Nous nous veillons au mix nuitées sèches/ séjours avec énormément d’attention, l’ambiance de votre maison en dépend !

  4. bonjour
    toutes les solutions marketing sont possibles pour pousser les clients à rester plus longtemps. Mais la chambre d’hôtes reste un hébergement à la nuitée, c’est le texte de loi – sa référence est dans le texte ci-dessus – qui s’applique et on ne peut refuser la nuitée seule.

  5. Pardonnez moi, mais cette obligation est tombée, suite à la loi de simplification du 17/05/2011 , selon la revue Gites de France ( Coté Gîtes, N°106, Hiver 2014). Je vous invite à la consulter , l’argumentation technique est comme souvent avec nos lois, assez ardue, mais convaincante. En échange , il faut que l’information soit sans ambiguité pour le client.

  6. une incitation positive à un séjour plus long avec par exemple moins 10% dés la seconde nuitée ,c’est quand même bien plus vendeur et convivial que d’interdire une “nuit sèche”.

  7. Merci Caroline. Tout à fait d’accord avec votre approche. Nous avions eu ce débat en interne après un an de fonctionnement et de nombreuses nuitées simples. Depuis, nous avons augmenté notre prix première nuit et pratiquons un rabais de 16 € à partir de la 2ème nuit. Amitiés.

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