Accueillir Magazine, les articles à la Une du numéro 99

Le numéro 99 Mai/Juin 2022 d'Accueillir Magazine vient de paraître pour fixer ses prix et déclarer ses impôts en gîtes, meublés de tourisme et chambres d'hôtes
Le numéro 99 Mai/Juin 2022 vient de paraître. La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les articles qu’elle a choisi de mettre à la Une.

Fixer le prix de ses gîtes ou chambres d’hôtes

Dans un contexte de reprise de l’inflation, la fixation des prix est un exercice difficile. Comment faire évoluer ses prix ? Faut-il répercuter la hausse des prix ? Quels sont les éléments à prendre en compte ? Le dossier de ce numéro fait le point sur la fixation des prix et propose des pistes d’action en chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme.

Déclaration d’impôt, mode d’emploi et erreurs à éviter

Chaque année, des loueurs de chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme se trompent lors de la déclaration de leurs revenus et payent trop d’impôts. Il faut dire que le formulaire est loin d’être simple. Nous vous proposons un mode d’emploi des rubriques et cases à compléter dans la déclaration et un recensement des erreurs à éviter.

Meublés de tourisme, vers plus de régulation

La liste des communes qui limitent la création de gîtes et meublés de tourisme s’allonge. Autorisation préalable, procédure de changement d’usage, règle de compensation, numéro d’enregistrement, limitation à 120 jours… la rédaction a choisi de présenter les réglementations applicables.

Gérer une surréservation

Que ce soit en gîte ou en chambre d’hôtes, la surréservation est le cauchemar de nombreux loueurs dès qu’approche la haute saison. Nous vous proposons un article complet pour essayer de l’éviter et agir au mieux en cas de surréservation.

Conjoncture, une forte envie de vacances

70% des Français ont prévu de partir avant fin juin. Que vont-ils faire ? Où vont-ils aller ? La rédaction vous présente les tendances des prochaines semaines.

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Quitter la ville

L’épidémie a amplifié un phénomène, celui du départ des villes vers la campagne ou vers des villes plus petites.

Accueillir Magazine pour les chambres d'hôtes, gîtes et meublés de tourisme

Raz de marée, définitif ou pas, l’avenir le dira. L’immobilier en tout cas est parlant avec des hausses significatives des transactions immobilières ces deux dernières années. Les études immobilières ont fait état de demandes en hausse en faveur de villes plus petites, de zones rurales proches d’une gare ou proches du littoral depuis la fin du confinement, avec comme critères de recherche de l’espace, un jardin et une bonne connexion internet.
Il faudra étudier la part du télétravail avec une semaine répartie entre bureau et maison qui permet de supporter un éloignement et des trajets plus longs. Et la part des résidences secondaires avec peut-être une demande poussée par le sentiment de pouvoir et devoir moins voyager dans les années à venir, aussi pour des raisons de développement durable de plus en plus marquées dans le tourisme.

Le télétravail n’explique pas tout

Cette demande n’est pas uniquement liée au développement du télétravail. Elle révèle des maux plus profonds : coût du logement dans les grandes villes, pollution, difficultés de transport, stress, bruit, anonymat…, la grande ville est devenue difficile à vivre pour beaucoup. L’épidémie a eu pour effet de pousser tout un chacun à réfléchir à ses priorités. La recherche d’un meilleur cadre de vie est devenu un objectif pour beaucoup de familles. Même si le phénomène n’est pas massif, l’épidémie l’a probablement accentué. Pour la première fois dans certaines enquêtes, le salaire n’est plus en tête de liste des attentes pour chercher un emploi, la qualité de vie prime.

Une nouvelle vision du travail

Le rapport au travail poursuit sa mue également. Pour de multiples raisons, certains salariés veulent réduire leur temps de travail en entreprise ou se mettre à leur compte et mener à bien des projets personnels qui leur tiennent à cœur. Ils se disent que, dans cette grande maison à l’écart de la ville, ils pourront se lancer dans la permaculture, l’apiculture, l’artisanat ou l’accueil touristique, voire dans les quatre activités en parallèle – et dans beaucoup d’autres évidemment. Gîtes, chambres d’hôtes ou hébergements insolites peuvent y trouver leur place, y compris en activité secondaire.
Quand on écoute les jeunes, ils ont aussi envie de multi-activités au lieu de travailler pour un seul employeur et beaucoup d’être à leur compte, en tout cas pour une partie de leur activité. Ajouter un complément grâce à un hébergement touristique, gîte ou chambre d’hôtes, peut tout à fait rentrer dans ce schéma.

Gîtes et chambres d’hôtes
ne s’improvisent pas

Il y a des questions réglementaires, des questions juridiques et fiscales quand on cumule plusieurs types d’activité, il faut être conscient du “reste à vivre” donc la rentabilité. Et la nécessité de respecter les réglementations locales. Les questions d’urbanisme, dont je suis forcée de dire qu’elles sont beaucoup trop sous-estimées. Pas une semaine sans un appel ou un mail à la rédaction parce que le projet ne se fait pas, le Plan local d’urbanisme ne le permettant pas, avec en corollaire des drames humains si on a déjà acheté la propriété.

Autre aspect à ne pas négliger, de plus en plus, on voit des villes et communautés de communes prendre des mesures pour réguler ces appartements ou maisons achetés pour des locations saisonnières qui déséquilibrent la vie locale. Rappelons que ces mesures concernent les seuls meublés de tourisme aussi appelé gîtes ou locations saisonnières et pas les chambres d’hôtes.

Enfin, le nombre de fausses informations qui circulent sur le net et les forums, lancées par des personnes convaincues d’avoir raison, – et malheureusement aussi par certaines interlocuteurs dans des administrations qui affirment péremptoirement des choses fausses -, incite à croire qu’on est informé. Parfois c’est très grave. Je suis désolée de dire que je vois souvent des projets qui risquent une interdiction administrative à tout moment.

La viabilité du projet

La transition vers cette nouvelle vie peut être difficile. La précipitation n’est pas bonne conseillère. Il faut se préparer sérieusement à ce changement de vie pour mettre toutes les chances de son côté quitte à différer la date de départ. Et se rappeler que plus que quitter la ville, il faut partir pour un projet de vie, la première formulation est un refus et on ne crée pas sur un refus, on crée sur des attentes, un projet, des envies, des passions…

Pour sécuriser et réussir vos projets de chambres d’hôtes, gîtes et meublés de tourisme, retrouvez-nous sur nos stages de formation de deux jours, nous répondrons à vos questions.

Accueillir Magazine pour les chambres d'hôtes, gîtes et meublés de tourisme

Cet article publié le 23 juillet 2020 a été réactualisé le 11 avril 2022.

Accueillir Magazine, les articles à la Une du numéro 98

Accueillir Magazine 98 mars / avril 2022

Le numéro 98 Mars/Avril 2022 vient de paraître. La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les articles qu’elle a choisi de mettre à la Une.

Site internet, lever les freins à la réservation

En moyenne, deux internautes sur 100 réservent sur le site internet d’une chambre d’hôtes, d’un gîte ou d’un meublé de tourisme, et parfois le taux de conversion est encore inférieur. 98 à 99% des clients potentiels sont le plus souvent perdus. Comment rendre le site internet plus efficace ? Comment lever les freins à la réservation ? Quelles améliorations faciles peut-on apporter à son site internet ? Que faut-il prendre en compte lors de sa création ? Nous avons choisi de traiter ce sujet dans le dossier du numéro 98 mars avril 2022.

Rénovations énergétiques, les aides

Comment limiter la facture énergétique ? Il est peut-être le temps de réfléchir à une rénovation thermique. Un article complet en rubrique Pratique pour s’y retrouver dans les aides et avant de se lancer dans les travaux.

Mauvais avis, y réfléchir en amont

Les avis de voyageurs occupent une place importante dans le processus de décision de nombreux voyageurs. Quels sont les points les plus importants aux yeux des clients ? Comment réagir face à un mauvais avis ? Nous avons choisi de faire le point.

Télévisions, des taxes et des redevances

Pas une semaine à la rédaction sans une question sur la contribution à l’audiovisuel public ou sur les redevances SACEM pour les chambres d’hôtes, les gîtes et les meublés de tourisme. Comment sont-elles calculées ? Que doit-on vraiment payer ? Y-a t-il des exceptions ou des réductions ? Attention, les déclarations fiscales sont à faire avant fin avril. Un article à retrouver en rubrique Gestion.

Changer de régime fiscal en 2022

La loi de finances encourage les changements de régime fiscal. Il est désormais plus facile de passer du régime micro au bénéfice réel ou inversement. Nous avons décidé de présenter le nouveau dispositif sans attendre puisqu’il est possible d’agir dès 2022.

Pour lire tous ces sujets, et bien d’autres, vous pouvez vous abonner à Accueillir Magazine, pour 39 € 1 an – 6 numéros ou 69 € 2 ans – 12 numéros (tarifs France métropolitaine et DOM)

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L’hébergement hybride, est-ce une bonne idée ?

Certains loueurs font le choix de créer des hébergements qui peuvent se louer tantôt en chambres d’hôtes, tantôt en gîte. Ils voient dans cette formule hybride une façon de plaire à différents types de clients et d’améliorer leur rentabilité.

L’hybridation est à la mode

Pas un jour sans que l’on ne vante les espaces modulables, les formules à mi-chemin en l’hôtel et l’auberge de jeunesse, les chambres qui peuvent devenir des bureaux, les bureaux qui peuvent devenir des salles de réception… L’hybridation est un concept à la mode qui est séduisant à de nombreux titres mais, comme en toute chose, le risque est grand de s’y lancer sans réflexion préalable car cela est plus complexe qu’il y paraît.

Les avantages de l’hébergement hybride

Le principal avantage est probablement de s’adapter au rythme du loueur lui-même. Il peut prendre quelques semaines de vacances en haute saison en louant la maison dans son ensemble en tant que gîte. Il peut limiter sa charge de travail à certains moments de l’année en louant une partie de la maison en meublé de tourisme sur des durées plus longues, par exemple s’il a des contraintes familiales ou une activité professionnelle par ailleurs.
Un autre avantage réside dans le fait d’attirer d’autres types de clients. En basse saison, une location meublée à prix raisonnable peut séduire des étudiants ou des professionnels qui cherchent un logement pour plusieurs semaines ou plusieurs mois alors que l’offre chambres d’hôtes aura plus de mal à les convaincre. En revanche, en haute ou moyenne saison, l’offre chambres d’hôtes retrouve toute sa logique par rapport à une clientèle de loisirs.

Des agendas à maîtriser

Les calendriers doivent être très définis, car dans le channel manager, à l’office de tourisme ou sur une centrale de réservation, vendre sous forme de chambres d’hôtes ou de meublé de tourisme, ce seront des fiches différentes, des prix différents, des services différents, il faut dissocier les deux et ne pas risquer du surbooking, avec le même espace loué deux fois sous des formes différentes.

Les inconvénients de l’hébergement hybride

Le principal inconvénient tient de la communication. Le client qui réserve sur internet a besoin de comprendre rapidement de quoi il s’agit. Selon le moment, il est à la recherche d’une chambre d’hôtes ou d’un gîte. Il faut apporter une réponse claire à sa demande. La caractère hybride de l’hébergement peut le perturber et l’internaute n’a pas le temps de contacter le loueur pour en savoir plus. Il veut être rassuré et réserver immédiatement.
Un autre inconvénient réside dans le fait que les attentes d’un client de gîte ou de chambres d’hôtes ne sont pas les mêmes, ce qui a des conséquences sur les aménagements, les services, la décoration… A force de vouloir satisfaire ces deux clientèles, le risque est de ne plaire à aucune.

Dans certaines situations, créer un hébergement hybride peut être une solution à étudier, surtout lorsque le bâtiment s’y prête. Il faut notamment bien maîtriser les questions fiscales et juridiques car les règles applicables aux chambres d’hôtes et aux gîtes ne sont pas les mêmes.

Créateurs de gîtes et chambres d’hôtes, nos vœux de réussite !

Ouvrir des gîtes ou des chambres d’hôtes est loin d’être un fleuve tranquille. Il faut penser à une foultitude de choses. Entre la recherche du bien immobilier, les travaux, les équipements, les démarches administratives et tous les autres préparatifs, les créateurs sont souvent très occupés, voire parfois préoccupés lorsque tout ne se déroule pas comme prévu. Et il y a généralement des surprises, bonnes et mauvaises.

En ce début d’année, nous vous adressons nos vœux de réussite. Nous vous souhaitons de pouvoir passer ces imprévus et de mener à bien votre projet de chambres d’hôtes, de gîtes ou d’hébergements insolites. Nous espérons que vous pourrez rapidement ouvrir votre porte à l’autre, à cet hôte pour qui vous faites tous ces efforts afin d’accueillir tous ces visiteurs qui sont demandeurs d’un autre tourisme et apprécient tant les hébergements à taille humaine.

Nous sommes à vos côtés avec le blog, le magazine papier, les lettres électroniques, les formations, les annonces immobilières… L’ensemble de ces outils sont à votre disposition pour vous permettre d’ouvrir votre hébergement dans les meilleures conditions.

Le magazine de janvier/février 2022 vient de sortir. Nous avons choisi de consacrer son dossier au linge de lit, sujet fondamental s’il en est un de l’accueil en gîtes et chambres d’hôtes. Si vous n’êtes pas encore lecteur du magazine papier, n’hésitez pas à rejoindre les abonnés.

Très bonne année 2022,

L’équipe d’Accueillir Magazine

Difficile achat immobilier de ses chambres d’hôtes ou gîtes

L’engouement pour les résidences secondaires et le développement du télétravail a entraîné une raréfaction des biens disponibles dans de nombreux territoires. Certains porteurs de projet y rencontrent des difficultés à trouver une maison pour y ouvrir gîtes ou chambres d’hôtes tout en restant dans leur budget.

Certains territoires sont en tension

Les tensions les plus fortes concernent des villes moyennes situées à distance raisonnable de la capitale ou des principales métropoles, des villes desservies par les lignes TGV mais aussi de nombreuses communes du littoral et de villégiature. Se greffe une deuxième difficulté liée aux travaux. Dans ces zones où les transactions immobilières se sont multipliées depuis quelques années, il est compliqué de trouver des artisans pour effectuer les rénovations nécessaires dans un délai raisonnable. Et trouver une maison sans travaux est parfois impossible. De plus, la pandémie a compliqué la logistique internationale et de nombreux matériaux de bricolage sont difficiles à approvisionner.

D’autres territoires à considérer

Ces éléments peuvent inciter à s’intéresser à d’autres territoires. La France a un potentiel touristique exceptionnel. Dans chaque département, des villes et villages disposent d’atouts suffisants pour y ouvrir des chambres d’hôtes et des gîtes avec succès. Le territoire compte 490 Stations Vertes, 200 Petites Cités de Caractère, 164 Plus Beaux Villages de France, 70 Villages Etapes… Au total, plus de 1 300 villes sont des communes touristiques au sens de la loi. Et c’est sans compter toutes les communes qui ne peuvent prétendre au statut de commune touristique malgré leurs atouts

Adopter une autre approche

Vu qu’il est très difficile de trouver la maison parfaite dans le lieu idéal pour un prix limité, il peut être utile de commencer par lister ses critères de recherche et de les hiérarchiser. Quel est le critère le plus important ? une région ? un lieu ? une distance par rapport à un lieu ? un type de maison ? un environnement ? Tous les critères ne seront peut-être pas satisfaits mais si les plus importants d’entre eux sont remplis, c’est l’essentiel. Et cela permet de la souplesse géographique. Bien sûr, il faut prendre en compte un critère personnel, partir sur un territoire pour y être heureux. On peut être mer ou montage, ville ou campagne, il faut garder à l’esprit que dans cette maison on va y vivre toute l’année autant qu’y travailler et que la maison d’hôtes ne peut être accueillante qu’avec des loueurs heureux de partager leur région.

Ouvrir une chambre d’hôtes ou des gîtes n’obéit pas à la même logique que les hôtels. Il ne s’agit pas d’ouvrir 30 ou 50 chambres mais au maximum 5 chambres d’hôtes ou un ou deux gîtes. Certains territoires moins touristiques qui ne disposent pas d’hôtels pour accueillir les visiteurs ont besoin de gîtes et chambres d’hôtes et les taux de fréquentation pourraient vous étonner, ce qui ajouté à un immobilier moins cher, conduit à une excellente rentabilité.

L’hébergement insolite, une option à ne pas négliger

  • Un dossier complet d’Accueillir Magazine sur les catégories d’hébergements touristiques insolite, les contraintes d’urbanisme, et les questions à se poser avant d’investir :
    • Choc des cultures, insolite contre urbanisme
    • Camping, PRL, HLL, RML, caravane, identifier sa catégorie d’insolite
    • Tout envisager avant de se lancer

Certains projets de chambres d’hôtes butent sur la question financière. Pour atteindre une rentabilité suffisante, le créateur se dit que la meilleure solution est d’acquérir une maison de grande taille avec des dépendances, mais une fois le plan de financement élaboré le financement ne passe pas faute d’apport suffisant. Se tourner vers l’hébergement insolite peut être la solution.

Une maison plus petite

Lorsque l’apport financier est limité, mieux vaut s’orienter vers une maison plus petite, donc moins coûteuse, mais avec un terrain suffisant pour y installer des hébergements complémentaires. Sur la base d’un prix de maison de 2 000 € par m², le prix d’achat de 50 m² supplémentaires pour y installer deux chambres en dur est de 100 000 € sans intégrer les frais d’acquisition. En comparaison, l’installation de deux hébergements insolites pourra coûter deux fois moins cher, parfois même moins. Tout va dépendre du type d’hébergement que l’on va choisir : yourtes, bulles, cabanes …

Avec des hébergements complémentaires

L’hébergement insolite est avant tout un hébergement complémentaire qui doit pouvoir s’intégrer au projet global. Il faut prendre le temps de bien le choisir et d’effectuer des calculs prudents pour estimer le taux d’occupation, le chiffre d’affaires et la rentabilité. Autre avantage, un déploiement progressif est possible, l’installation des hébergements pouvant s’effectuer sur deux ou trois ans.

Dernier élément à ne pas négliger, certaines collectivités territoriales soutiennent les créations via des subventions. L’installation d’hébergements insolites se prépare comme tout projet et ne s’improvise en aucun cas, notamment sur les questions d’urbanisme. Si vous souhaitez approfondir ces sujets, vous pouvez acheter le numéro 95 septembre/octobre d’Accueillir Magazine, son dossier est consacré à l’hébergement insolite.

Faut-il se rémunérer lorsque l’on ouvre gîtes ou chambres d’hôtes ?

J’entends souvent des créateurs de gîtes ou de chambres d’hôtes qui ont un projet professionnel me dire que ce n’est pas grave s’ils ne peuvent pas se rémunérer les premières années. Certains ont des allocations chômage, d’autres ont un peu d’épargne… Je ne partage pas cette approche. Que ce soit une activité professionnelle ou un projet de gîte ou chambres d’hôtes patrimonial, par exemple, pour payer les charges d’une belle propriété familiale, pour une retraite active et le plaisir de recevoir et d’échanges, il faut une juste rémunération de son travail.

Ce n’est pas un projet au rabais

La création de gîtes ou de chambres d’hôtes est un vrai projet. Cela suppose de faire des calculs de chiffre d’affaires, de chercher à augmenter la marge pour pouvoir dégager un revenu, bien sûr probablement pas la première année, a fortiori s’il y a des travaux à effectuer, mais rapidement dès que les premiers clients pourront profiter des lieux. Impossible de rester motivé sur le long terme si l’activité ne permet pas de dégager un revenu même limité. A ce sujet, la question de l’endettement est centrale. Il faut rester prudent, les mensualités d’emprunt doivent rester raisonnables et ne pas absorber toute la marge. Il faut calculer le reste à vivre, dans tous les cas les banques le regarderont lors de la demande de prêt.
Pas question non plus de donner une grande partie de son chiffre d’affaires à une conciergerie ou à des intermédiaires pour se retrouver avec une marge quasi nulle.

Etre un bon gestionnaire

Gérer des hébergements, c’est savoir accueillir des clients et faire que leur séjour se passe dans les meilleures conditions, mais c’est aussi gérer des prix, limiter des coûts, suivre sa capacité de remboursement et faire le point régulièrement sur ses finances. Cela passe probablement par un budget, pas celui du business plan que l’on remet à un banquier pour obtenir un prêt et que l’on laissera dans un tiroir par la suite, mais un outil de pilotage que l’on va utiliser au quotidien afin de prendre les bonnes décisions au fil du temps. Cela inclut un tableau de suivi du chiffre d’affaires et des encaissements, un suivi de trésorerie et un compte de résultat prévisionnel.
Il faut être un bon gestionnaire et ce même au régime micro. Nous sommes parfois inquiets de voir des loueurs qui ne savent pas vraiment ce qu’ils ont gagné car ils ont le chiffre d’affaire comme seul outil de pilotage et ne connaissent pas le montant réel de leurs dépenses et investissements. 

S’adapter et évoluer

La création n’est qu’une étape puisqu’une fois les gîtes ou les chambres d’hôtes ouverts, la vie continue. Il faudra s’adapter aux attentes des clients, faire évoluer son offre et ses équipements et ajuster sa communication, à défaut de quoi les hébergements ne séduiront plus autant et rapporteront moins. Impossible de maintenir des prix élevés si les gîtes ou les chambres d’hôtes ne sont pas au goût du jour et qu’aucuns travaux n’ont été effectués depuis des années. Si vous souhaitez un jour les revendre pour prendre votre retraite ou passer à autre chose, cela sera beaucoup plus difficile.

Les allocations chômage et l’épargne vont aider à passer la phase parfois longue des travaux, mais une fois les chambres d’hôtes ou les gîtes ouverts, il faut pouvoir dégager un revenu et investir régulièrement comme toute entreprise doit le faire qu’elle soit grande ou petite. Investir et pas dépenser bien sûr ! En fonction de l’importance du projet, le revenu sera plus ou moins élevé, parfois un simple complément, mais il est ni plus ni moins que la juste rémunération de son travail.

Accueillir Magazine, les articles à la Une du numéro 94

Le numéro 94 Juillet/août 2021 vient de paraître. La rédaction d’Accueillir Magazine vous présente les articles qu’elle a choisi de mettre à la Une.

Accueillir des personnes handicapées

Peu de chambres d’hôtes, de gîtes et de meublés de tourisme sont accessibles aux personnes handicapées. Mais, recevoir des personnes handicapées ne se résume pas à des normes techniques. Puis-je accueillir certains handicaps ? Quelles améliorations effectuer ? Comment concilier accueil et accessibilité ? C’est le thème du dossier de ce numéro qui facilite la vie de ses clients et ouvre la maison d’hôtes à plus de clients potentiels.

Le point sur la taxe de séjour

Les règles en matière de taxe de séjour diffèrent selon les communes mais aussi selon la nature de l’hébergement : meublés de tourisme, chambres d’hôtes, gîtes d’étape, chambres chez l’habitant, hébergements insolites… Certains clients bénéficient d’exemptions. Un article complet en rubrique gestion pour s’y retrouver et être sûr de reverser la juste taxe de séjour.

Infractions, contrôles et sanctions

Sécurité, publicité, affichage des prix…, particuliers ou professionnels, les loueurs peuvent faire l’objet de contrôles sur place ou à distance. Les sanctions diffèrent selon de type d’infraction. Retour sur les missions de la DGCCRF et les types de contrôles pratiqués.

Développement durable, des clés pour agir

Parler de développement durable est une chose, agir est mieux. Gestion de l’énergie, de l’eau et des eaux usées, des déchets, des achats responsables, de la mobilité durable et de la biodiversité, de très nombreuses actions sont possibles. Nous présentons quelques initiatives originales prises par des hébergeurs touristiques.

Ce que veulent les voyageurs

Il est toujours utile de s’interroger sur les attentes des voyageurs que l’on soit en activité ou que l’on prépare l’ouverture de chambres d’hôtes, gîtes ou meublés de tourisme. Et les attentes évoluent avec le temps. Nous vous proposons de faire le point sur une dizaine de sujets : équipements, services, conditions de réservation… Des atouts à mettre en avant pour séduire les clients et faciliter les réservations

Vous pouvez retrouver le sommaire détaillé du numéro 94 sur le site du magazine et vous abonner.

Dois-je ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes ?

Chambres d’hôtes et gîtes ou meublés de tourisme sont deux formes différentes d’hébergements touristiques sur le plan réglementaire comme fiscal. Un loueur peut avoir les deux formes sur sa propriété ou des chambres d’hôtes chez lui et un ou des meublés de tourisme ailleurs. Le bâti peut se prêter à un type d’hébergement plutôt qu’un autre. Mais pour ceux qui se posent la question en amont vant d’avoir acheté la propriété, ce n’est pas le même projet de vie.

J’ai déjà fait un billet sur la définition d’un gîte (ou location touristique) et d’une chambre d’hôtes, ce n’est donc pas le propos de ce billet.

Côté client, ce n’est pas la même attente

C’est évident que pour le touriste, locataire de gîte ou de chambres d’hôtes, ce n’est pas le même type de séjour touristique. Il ne loue pas aux mêmes moments, il n’en a pas les mêmes attentes. Quand un client réserve une chambre d’hôtes, il va être servi, il rencontre l’autre, il est ouvert à la discussion. Quand il loue un gîte ou meublé de tourisme, il se recentre sur sa famille ou son groupe, amis ou cousinades, il est plus dans une attente de rester entre soi.

Côté loueur, ce n’est pas le même mode de vie

  • D’abord la chambre d’hôtes est chez soi, y compris dans une dépendance alors qu’on peut avoir meublés de tourisme ou gîtes sur sa propriété, de l’autre côté du village ou même du pays.
  • La chambre d’hôtes est un hébergement à la nuitée, avec le petit déjeuner à servir et avec service dit hôtelier, le lit est fait, le client n’y fait pas le ménage. Côté gîte, le loueur peut proposer un contrat à la nuitée, à la semaine, pour deux nuits minimum, il décide donc de son rythme de fonctionnement.
  • Côté chambres d’hôtes,  on peut avoir arrivées et départs tous les jours, côté meublé de tourisme à son choix, mais toutes les semaines, c’est possible. On peut ou pas proposer des services additionnels, mais aussi se contenter du contrat le plus classique, laisser le client faire le gros du ménage ou lui proposer une option finale de ménage et aucun service en cours de séjour. Le temps et la disponibilité ne sont donc pas les mêmes, y compris si on souhaite garder une autre activité par ailleurs.
  • Quand on loue des gîtes, attention toutefois, le ménage c’est le jour du départ et avant l’arrivée des nouveaux locataires, cela peut être prenant  si on a plusieurs gîtes qui se libèrent et se relouent le même jour.
  • La gestion du meublé de tourisme peut être déléguée en partie ou complètement à un tiers, alors que la chambre d’hôtes est un accueil chez et par l’habitant même si celui-ci peut se faire aider.

Quand on est encore au stade de réflexion de son projet, on peut le réorienter et choisir de créer un ou des gîtes, plutôt que des chambres d’hôtes, ou l’inverse, ou choisir un mix des deux.

On voit aussi les loueurs réfléchir de plus en plus à des lieux hybrides, tantôt loués en chambres d’hôtes, tantôt en gîte en regroupant chambres d’hôtes, la salle à manger et la cuisine dédiée.

Côté communication et réservations, des différences

  • Déjà en nombre de clients, si on loue la semaine, un gîte, c’est au plus 52 semaines, une chambre d’hôtes, c’est au plus 365 séjours, bien sûr, ce sont des chiffres hypothétiques sans compter que, heureusement, en chambres d’hôtes les clients restent souvent plusieurs nuits.
  • En chambres d’hôtes, le loueur s’occupe la plupart du temps de gérer soi-même les réservations, il  est sollicité souvent pour savoir si il y a des disponibilités, il se préoccupe d’être visible sur internet et d’être réservation en ligne.
    Quand on a un seul gîte, on peut le confier à une centrale de réservation ou à une conciergerie. Ceux qui en ont plusieurs, exploités de façon intensive, ont les mêmes préoccupations sur la visibilité de leur offre que les exploitants de chambres d’hôtes. En revanche, ils ont besoin de trouver moins de clients car un locataire prend souvent le gîte pour plusieurs jours, parfois plusieurs semaines.

Revenus et rentabilité

Reste à calculer le revenu qu’on peut en retirer. Je dirai que cela dépend du taux d’occupation possible, de l’emplacement où se trouve l’hébergement touristique mais aussi de la souplesse dont on fait preuve quand on a des gîtes. Certains propriétaires de gîtes louent à des professionnels, même à la nuitée ou acceptent des week-ends, ils louent donc aussi en dehors des vacances scolaires mais bien sûr, cela leur fait plus de travail. Que ce soit pour des chambres d’hôtes ou des gîtes, si la dimension économique est importante et qu’on en attend un revenu, tout va reposer sur une étude de marché.

Je vois arriver des personnes qui sont très en amont de leur projet et en discutant avec eux, je découvre qu’ils ne se sont pas posés la question, qu’ils sont partis sur l’idée d’ouvrir des chambres d’hôtes ou des gîtes sans bien comprendre la différence entre les deux. Je trouve dommage de ne pas prendre le temps de peser avantages et inconvénients des deux formules, mais surtout il faut se projeter sur le quotidien de sa future activité quand on le peut encore. Une fois les aménagements faits, il sera probablement trop tard ou ce sera coûteux de refaire des travaux.

Article réédité le 16/04/2021, l’original date du 12 novembre 2009