Projet économique ou patrimonial ?
Quelle est la différence allez-vous me dire ? Quand on a un projet patrimonial, il est forcément économique ! Oui bien sûr, mais je fais une différence, pour moi ce sont deux projets différents.
Quelle est la différence allez-vous me dire ? Quand on a un projet patrimonial, il est forcément économique ! Oui bien sûr, mais je fais une différence, pour moi ce sont deux projets différents.
Je suis toujours surprise, quand des porteurs de projets me contactent et que je découvre en discutant avec eux que gîte, chambres d’hôtes, oui c’est bien quelque chose comme cela qu’ils veulent faire, mais ce n’est pas non plus très clair.
Que les particuliers qui réservent ne voient pas bien la différence, je pense qu’on en rencontre tous quelques-uns et même de plus en plus. Mais quelqu’un qui pense à créer un hébergement touristique doit bien comprendre les enjeux des deux, car ce ne sont pas les mêmes aménagements, les mêmes investissements surtout en termes de temps et de disponibilités et si c’est une donnée importante dans le budget, ce ne sont peut-être pas non plus les mêmes retombées économiques.
Le gîte est une location meublée de tourisme, généralement à la semaine. Les personnes qui le louent ont la libre disposition d’un appartement ou bâtiment avec au moins une pièce à vivre, une cuisine, une salle d’eau, une ou des chambres… Elles doivent être autonomes, comme chez elles. L’adresse peut être celle du propriétaire quand le gîte est situé sur la propriété, mais il peut se trouver aussi à un tout autre endroit.
La chambre d’hôtes est une chambre chez l’habitant, généralement louée à la nuitée. On partage la maison du propriétaire qui accueille ses hôtes (ou une dépendance sur la propriété) et même si la chambre comporte un coin salon, les pièces à vivre sont communes. Dans la chambre, il y a le linge de maison et le petit déjeuner est fourni. On a accès à une salle d’eau, celle-ci est de plus en plus souvent privative, le niveau de confort ayant fortement progressé ces dernières années. La table d’hôtes est optionnelle.
Quand on ouvre des chambres d’hôtes, ce n’est sûrement pas pour faire fortune, enfin j’espère que ceux qui se lancent le savent. Il est difficile d’en vivre, c’est pour la grande majorité des propriétaires un investissement patrimonial qui permet de compléter les revenus, de garder et d’entretenir une belle maison.
Je parle en termes purement financiers bien sûr, car on se lance aussi dans cette aventure pour le contact humain, l’accueil, la passion, l’épanouissement personnel.
Les personnes qui ouvrent des chambres d’hôtes ne sont pas des consommateurs.
Je m’explique. Je n’ai personnellement jamais rencontré de propriétaires pour qui le shopping soit vital, qui soient addicts à la dernière paire de basket à la mode ou qui craquent au supermarché devant le super yaourt sensé nous rendre beauté, santé et jeunesse !
Ouvrir des chambres d’hôtes, c’est avoir une vision de la vie tournée vers des valeurs humaines et avoir un rapport sain avec les biens matériels.
A l’heure où notre société connaît une grave crise pas seulement économique, qu’elle ne pourra surmonter qu’en se réinventant, à l’heure où le modèle de super-consommation a montré ses limites, à l’heure où la planète croule sous les déchets, les propriétaires de chambres d’hôtes ne sont-ils pas les précurseurs d’un modèle de vie « vraie » ?
Il est légitime en période de crise économique de se demander si c’est judicieux de créer une nouvelle activité, en l’occurrence des chambres d’hôtes.
D’abord, si on renonce à ses rêves parce que le contexte est mauvais, on ne fait jamais rien. La crise ne durera pas éternellement, donc autant être prêt quand tout redémarrera car les gens auront envie de partir et de chasser les pensées négatives des mois précédents. De plus, ce peut être l’opportunité de faire une bonne opération immobilière si on a pas encore la maison, il sera peut-être aussi plus facile de trouver de bons artisans. Gageons aussi que des personnes qui ont besoin de complément de revenus vont peut-être se poser la question d’ouvrir leurs chambres d’hôtes.
Bien sûr, on peut être amené ou obligé de reporter son projet pour problèmes de financement, surtout si on dépend des emprunts bancaires, car quoi qu’elles disent, les banques ne sont pas prêteuses. Quant aux subventions, elles se font rares et cela ne s’améliorera pas, Etat et Collectivités locales manquant d’argent.
Toutes les études s’accordent à le dire, les Français vont partir en vacances moins loin, donc rester en France et ils vont faire des arbitrages pour leur dépenses. Et dans leurs choix, un hébergement unique avec un accueil personnalisé a toutes ses chances pour les séduire.
Donc verre à moitié vide ou verre à moitié plein, je suis prête à prendre le pari qu’il y aura en 2009 autant de créations de chambres d’hôtes que les années précédentes (n’oubliez pas que dans le même temps des propriétaires s’arrêtent, ce qui laisse un nombre assez stable de maisons). Alors pourquoi pas vous ?
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