Le tourisme, c’est par définition une activité de réseau. Et pourtant nous constatons depuis quatre, cinq ans que les créateurs de chambres d’hôtes montent leurs projets de plus en plus seuls.

J’attribue cela à différentes raisons. D’abord, notre société est de plus en plus individualiste. Ensuite il y a la montée d’internet où on peut avoir l’impression de  tout trouver et maîtriser. Et pourtant internet pousse à la mise en réseau, entre les réseaux sociaux professionnels, les sites comme Facebook, Copain d’avant, etc., on a l’impression d’avoir un réseau formidable, mais on peut finir par ne plus rencontrer personne. Personnellement, on m’annonce régulièrement, que les amis de mes amis étant mes amis, je peux contacter d’un clic plusieurs milliers de personnes. Oui mais tout cela reste très virtuel.

Travailler en réseau, avec sa mairie quand on est dans un petit village, les autres hébergements proches, les artisans, restaurateurs, agriculteurs, contacter les CDT (comités départementaux du tourisme), les syndicats d’initiatives, les CAUE (Conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement) quand on a un bâti traditionnel, les CCI (chambres de Commerce et d’Industrie) quand on a un projet économique et bien sûr lire Accueillir Magazine, ou venir à une de nos formations, mais là on peut m’accuser d’être de parti pris, reste pour moi indispensable.

Ne pas le faire, c’est passer à côté d’une mine d’idées et de conseils, parfois même gratuits, c’est risquer de rater un aspect de votre projet que vous n’avez pas identifié. Et au final, être seul, ce n’est pas bon, partager ses joies et ses soucis, ses expériences, ceux dont vous ne pourrez pas discuter avec vos hôtes, c’est quand même indispensable. S’échanger et recevoir des réservations quand on sera ouvert pour rendre service à ses clients et leur recommander quelqu’un de confiance, c’est prendre soin de ses hôtes.
Et puis rester seul, c’est aussi prendre le risque de se déconnecter du territoire qu’on va présenter à ses hôtes, c’est un peu contradictoire avec l’idée de chambres d’hôtes, ne trouvez-vous pas ?