Taux de fréquentation, faut-il croire les statistiques ?
Quand je parle avec un créateur de chambres d’hôtes, j’insiste fortement sur la nécessité de faire une étude de marché. Cela a plusieurs vertus, comprendre le tourisme de la région où on va s’installer et quand je dis région, c’est aussi les 10 kilomètres autour de sa maison, découvrir les acteurs du tourisme et les personnes avec qui on va travailler ou du moins avoir des relations, fixer les prix de ses futures chambres d’hôtes, s’approprier son projet en comprenant les atouts et les défauts des autres hébergements présents sur ce territoire, etc.
Dans ce travail sur l’étude de marché, on cherche les statistiques locales. Et j’ai eu plusieurs fois comme objection : oui mais une statistique cela ne veut rien dire.
Pas faux, d’abord les statistiques recouvrent un territoire souvent assez large mais pas représentatif du territoire précis où se trouve la maison d’hôtes, il est difficile de comparer le bord de mer à l’arrière pays, la ville à la campagne et la ville à la banlieue, la plaine à la montagne, une zone industrielle à un territoire touristique. Donc, il faut arriver à avoir à la fois des chiffres globaux et ceux d’une bande de territoire plus restreints et ce n’est pas facile de trouver ces taux de fréquentation.
Ensuite, surtout dans le monde des chambres d’hôtes, il y a des maisons ouvertes toute l’année, d’autres non, des propriétaires qui ont un site internet, des inscriptions dans des annuaires, sont référencés dans des guides et d’autres dont les chambres d’hôtes sont seulement présentes sur le site de leur office de tourisme parce qu’ils ne cherchent pas particulièrement un taux de fréquentation important.
Enfin, je me suis laissée dire que certains ne déclareraient pas toutes les nuitées et donc auraient tendance à donner à la baisse leur remplissage pour limiter les impôts et les charges fiscales, mais ça ce sont sûrement de mauvaises langues !
Alors pourquoi chercher des statistiques ? Parce que cela donne un point de repère moyen autour duquel construire son projet, parce qu’il faut bien partir d’une hypothèse pour dérouler son business plan, parce que si l’ensemble des prestataires sur le territoire ont eu un taux de fréquentation moyen, on peut espérer le faire et cela donne un chiffre d’affaires concret, on peut espérer faire un peu mieux parce que dans une statistique, il y a ceux qui sont au dessus de la moyenne, mais on peut aussi éviter de croire au Père Noël et partir sur des hypothèses de chiffre d’affaires totalement délirants.
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