Quitter la ville ce n’est pas partir à la campagne
Quand on interroge les citadins qui disent vouloir créer des chambres d’hôtes, revient souvent la notion de quitter la ville – enfin c’est surtout vrai pour les Parisiens.
Déformation professionnelle, je suis très sensible au choix des mots et à leur connotation positive ou négative. « Quitter la ville », ce n’est pas « partir à la campagne ». La différence est fondamentale de mon point de vue, le premier on veut fuir un environnement agressif, déshumanisé, stressant, enfin pas besoin de vous raconter, vous avez tous vu des Parisiens débarquer en vacances et avoir besoin de quelques jours pour respirer à nouveau ! On fuit mais on ne se projette pas ailleurs qui sera forcément mieux.
Dans le second cas, « partir à la campagne » c’est une action positive, volontaire, on va quelque part.
D’accord, Freud ou Lacan ne sont pas loin ! N’empêche qu’un projet de vie ne se définit pas par défaut de ne plus en vouloir un autre. Que « ailleurs » a aussi ses contraintes, que le métro à 6 heures du soir ce n’est pas marrant mais la campagne en plein hiver a aussi ses contraintes, qu’un pays souriant vu à travers le prisme du verre de rosé de l’apéritif pendant ses vacances n’a peut-être pas la même facilité de vie quand on y vit. Et que c’est peut-être à réfléchir avant de tout plaquer pour ouvrir ses chambres d’hôtes à la campagne.
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