Ouvrir des chambres d’hôtes en ville, c’est une question que se posent des créateurs. Entre envie de recevoir l’autre et de rompre avec un quotidien anonyme, besoin de garder un  appartement devenu trop grand mais aux charges lourdes, envie d’en acquérir un plus grand mais cher en rentabilisant le surcoût grâce à une chambre d’hôtes, aimer habiter sa ville et la faire partager, il y a plein de profils différents.
Mais avoir des chambres d’hôtes en appartement, même si on en a en général qu’une ou deux, c’est compliqué, plus compliqué, je crois, que dans une grande maison avec un jardin où il y a plein de place.

Le défi de l’aménagement en appartement

Quand le mètre carré coûte une fortune, il faut tout optimiser. L’aménagement d’un appartement d’hôtes avec la rentabilité de l’espace pour créer des salles de bains pour les hôtes et une circulation qui permette à chacun de cohabiter, est un vrai défi. Prenons une chambre parisienne, entre 9 et 12 m², on y met le lit, on y recrée même avec un bout de couloir une salle d’eau et des WC, de la place pour les bagages et les affaires, et on essaye d’en faire un lieu où les hôtes se sentent bien.
Défi aussi pour le maître ou la maîtresse de maison qui devra gérer ménage et linge notamment à sécher et ce probablement sans espace dédié, on imagine mal les draps étendus dans le salon où circulent les hôtes, bon j’exagère il y a des machines séchantes et beaucoup de pressings à proximité.

La vie privée plus difficile

Préserver sa vie privée est plus difficile. Dans une grande maison, on se réserve une aile, un étage, un endroit à soi, il y a de la place. Dans un appartement, il y aura probablement des espaces communs, ne serait-ce que l’entrée. Si en partant travailler, vous croisez vos hôtes, vous risquez fort d’être en retard. Il est probable que les hôtes prendront leurs petits déjeuners dans votre salon ou salle à manger et que le soir, s’ils s’installent dans le salon, vous devrez peut-être émigrer dans votre chambre.

Les parties communes, appartement et copropriété

Il est plus difficile aussi dans un espace réduit de lutter contre le bruit – attention aux voisins  -, vous aussi risquez d’être réveillé à toute heure et ce toute l’année ou d’avoir à faire attention en permanence – ce n’est quand même pas sympa de se disputer et de casser la vaisselle en silence !
Il y a également les problèmes avec les voisins, déjà il faut que le projet soit possible, que le règlement de copropriété le permette. Et que des allées et venues à toutes heures du jour et de la nuit ne gênent pas les voisins.

La question des horaires en ville

En ville, les clients arrivent à toutes heures du jour et de la nuit, avions, trains, parfois en retard, temps de trajet depuis les aéroports, hommes d’affaire aux réunions très matinales… On n’est pas en ville dans le week-end calme et détente de la maison d’hôtes, lieu de refuge du citadin stressé.
Vous n’allez pas rester en permanence chez vous, vous allez travailler, faire des courses, et en ville, on ferme son appartement à clé. Entre digicodes, bips ou clés à confier à ses hôtes et à penser à récupérer,  la sécurité et l’accès facile à toute heure aussi sont un souci.

Carnet de réservation plus facile

Avoir un bon taux de fréquentation et des chambres d’hôtes pleines, c’est possible parce qu’il n’y a pas vraiment de mauvaise saison et que les raisons pour lesquelles quelqu’un doit trouver un hébergement en ville sont très variées. En plus il y a des professionnels qui reviennent souvent et qu’on peut fidéliser.

Ouvrir des chambres d’hôtes en ville a de plus en plus la cote. Les classiques meublés en location saisonnière et meublés touristiques, également. De nouvelles formes font aussi leur apparition, avec des variantes mixtes, locations avec services, appartements d’hôtes… Mais attention, tout n’est pas possible. Si vous souhaitez ouvrir un meublé touristique, lisez notre cahier pratique Ouvrir gîte ou meublé de tourisme, les démarches à la loupe  ou venez à une de nos formations, 1 journée pour ouvrir son meublé de tourisme.