Tout le monde en a conscience en ce moment, nous avons un temps plutôt pourri. Du coup, côté touriste, on n’a pas vraiment envie de partir en week-end, on ne réserve pas, voire on annule les séjours déjà programmés.
Du côté professionnels du tourisme dont les chambres d’hôtes, il faut regarder l’envers du décor. On continue probablement à chauffer ne serait-ce que pour lutter contre l’humidité, d’où dépenses. Les chambres sont vides, d’où manque à gagner, alors qu’il reste quand même les frais à payer, remboursement à la banque du prêt, amortissement des travaux, frais de promotion, inscriptions dans les annuaires…

Le tourisme, une activité qui dépend de facteurs extérieurs

Il y a un élément dont ne sont pas toujours assez conscients les porteurs de projet.
Le tourisme n’est pas une activité stable et linéaire. Il dépend de beaucoup de paramètres, la météo, la crise économique, un événement régional comme une marée noire, les choix ou restrictions faits en matière de promotion par la Région, ses propres choix en matière de référencement internet ou d’inscription dans des annuaires ou centrales de réservation…
Parfois les réservations sont très bonnes dès tôt dans l’année, parfois celle-ci se rattrape essentiellement sur l’arrière saison mais il s’est passé entre temps plusieurs mois où on a pu être légitimement très inquiet.
Et le fait est qu’avec l’émergence d’internet, les changements de modes de réservation et les changements sociétaux en matière de loisirs, les années ne se ressemblent plus. On passe de plus en plus à des réservations dernière minute qui font qu’on ne peut avoir une vision claire de son taux de fréquentation que a posteriori.

L’activité chambre d’hôtes se pense sur l’année

Une nuit perdue en maison d’hôtes parce que sans réservation l’est définitivement, ce n’est pas une boîte de conserve ou un bien que le commerçant peut espérer revendre à un autre moment. Et comme dans toute activité économique, la trésorerie est le nerf de la guerre et ne comptez pas sur la compréhension des banques pour regarder avec sympathie votre découvert. Il est donc prudent d’aborder sa première année avec de quoi faire face à un démarrage qui peut être lent et de lisser ensuite sa trésorerie et ses revenus pour que les bonnes années équilibrent les mauvaises.
Et parce que ce n’est pas familier pour tout le monde, il est nécessaire de bien comprendre les différences entre chiffre d’affaires, revenus et trésorerie, j’aimerais bien d’ailleurs qu’on enseigne cela à l’école.