Beaucoup de créateurs s’intéressent au chiffre d’affaires qu’ils tireront de l’activité chambres d’hôtes et / ou gîtes et oublient un peu vite les coûts, à commencer par les charges variables qu’ils considèrent comme quantité négligeable.

Il n’est pas inutile de rappeler que le chiffre d’affaires ce n’est pas ce qu’on met dans sa poche à la fin de l’année. C’est l’addition de tout ce qu’on a gagné, il faut en déduire toutes les dépenses, charges fixes et variables, des impôts et taxes à la facture de téléphone en passant par l’électricité et le pain…

Le lavage du linge, l’achat des aliments et des boissons servis, les consommables et produits d’accueil offerts dans la chambre ou dans la salle de bains, l’eau et l’énergie consommés ne sont pas des coûts négligeables, d’autant qu’ils sont proportionnels au nombre de séjours ou au nombre de nuitées. Ils peuvent représenter facilement 5 à 6 euros pour un séjour d’une nuitée, voire plus si on les sous-traitent.

En réalité, tout dépend des durées de séjour puisque certains coûts (blanchissage…) peuvent être amortis sur plusieurs nuitées alors que d’autres sont fonction du nombre de nuitées ou encore du nombre de personnes accueillies.

Economiser sur ces coûts sans remettre en cause la qualité apportée à ses hôtes est une vraie gageure. Toutes les idées sont bonnes à prendre. Placer des économiseurs d’eau sur les robinets, mettre en concurrence les fournisseurs, sélectionner le meilleur café ou thé tout en restant dans des budgets raisonnables, acheter les bons équipements de lavage ou de repassage…

Au fil des nuitées, tous ces gestes représentent beaucoup d’argent, d’autant que les marges sont souvent faibles. Et il m’arrive d’avoir un appel de propriétaires installés qui se rendent compte à la fin de la première année qu’ils n’ont rien gagné, juste couvert les frais. Et encore tant mieux car il y en a qui ne les couvrent pas ou qui se rendent compte qu’ouvrir leurs chambres d’hôtes l’hiver leur coûte plus cher en chauffage que l’argent qu’ils en retirent. Dans ce cas, autant rester fermé à se reposer.

Je ne peux que recommander à chaque créateur de prendre le temps d’évaluer ses coûts variables pour avoir une idée plus précise de la marge obtenue et de décider ainsi des bons investissements. Il me paraît en effet très difficile de fixer ses prix, de signer avec un prestataire de coffrets, avec une centrale de réservation ou encore de décider de remises pour les longs séjours sans connaître précisément tous ces éléments.