Avec la montée en gamme des chambres d’hôtes et l’espace médiatique très important qui leur est consacré dans la presse, on voit surtout dans les magazines de très belles maisons restaurées avec soin, des grandes chambres, des espaces bien-être, c’est logique, c’est plus facile à photographier et plus facile pour faire rêver ses lecteurs. Mais cela induit aussi en erreur certains porteurs de projet qui n’ont pas le capital nécessaire pour l’achat d’une telle propriété. Et c’est bien le poids du foncier qui compte pour beaucoup dans le projet et le budget de chambres d’hôtes.

Chiffre d’affaire n’est pas marge

Je voudrai insister sur un point qui me semble parfois mal compris : on peut vendre une nuit en chambre d’hôtes cher et perdre de l’argent et vendre une chambre d’hôtes à plus petit prix et gagner de l’argent. Il y a trop souvent confusion entre chiffre d’affaire et revenu alors que c’est bien au final ce qui reste sur le compte une fois tout payé, y compris l’emprunt bancaire qui est important. La rentabilité d’une maison d’hôtes ne dépend pas du prix du bien immobilier.

Il y a des projets pour tous les budgets

Certains porteurs de projet ont l’impression que créer des chambres d’hôtes n’est possible que quand on a un gros capital. Ne soyons pas hypocrites, c’est quand même plus facile, mais je dirai que ce n’est pas le fait de la création de la chambre d’hôtes, c’est plus facile pour tout dans la vie quand on a de l’argent. Pour ceux qui ont un petit budget, il faut déployer ténacité, obstination pour convaincre son banquier et trésors d’imagination pour restaurer, décorer et aménager.

Mener à bien son projet reste possible même quand on a moins de moyens. Et sur les quelques 24000 adresses de maisons d’hôtes en France, toutes ne sont pas dans le luxe, on trouve encore beaucoup de chambres d’hôtes dans des maisons toutes simples mais à l’accueil chaleureux.

Je mets au même plan financier le fait d’acheter une maison avec ou sans travaux. Globalement, cela revient au même financièrement si on prend tout en compte, c’est une différence de temps dans l’apport de trésorerie et si vous faites les travaux vous-même, dans le manque à gagner parce que vous ne travaillez pas par ailleurs ou que vous allez mettre plusieurs années à ouvrir vos chambres d’hôtes.

Je suis allée faire un tour sur les annonces de maisons d’hôtes en vente sur le site d’Accueillir Magazine et il y en a à moins de 300 000 euros. Cela reste une somme importante, mais peut-être plus accessible pour un emprunt bancaire.

Le choix de la région où s’installer

Cela ramène clairement au choix de la région. Certaines sont devenues difficilement accessibles tant le prix de l’immobilier a flambé. Il est indispensable de vivre dans une région qu’on aime et qu’on connaît ou qu’on se donne la peine de connaître. Mais il peut être nécessaire de changer de destination ou de s’éloigner, le prix de l’immobilier variant selon l’endroit où on est, une maison en bord de mer ne se vend pas au même prix que dans les terres à quelques kilomètres. Et on trouve de vrais petits bijoux immobiliers dans certaines provinces pour le prix d’un studio à Paris.

Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on n’est pas dans une région très chère et on pense donc aussi très attractive et donc très touristique, qu’on n’a pas un potentiel important pour remplir ses chambres d’hôtes. On en revient à l’importance de l’étude de marché pour comprendre qui est sur le territoire et qui viendra dans vos chambres d’hôtes et calculer son taux de fréquentation et donc son chiffre d’affaire potentiel. Et à la nécessité de faire un budget pour savoir ce qui restera une fois tout payé et donc la rentabilité.